Témoignage de Marie (1)

26 Nov

En couple depuis 4 ans, nous nous aimons et essayons de faire un bébé depuis maintenant un an et demi. Rien d’anormal jusque là me direz vous, si ce n’est que nous sommes deux femmes. Et que pour voir aboutir ce beau projet, nous devons suivre un vrai parcours du combattant. Nous ne parlerons pas ici du traitement hormonal nous obligeant à faire des piqûres nous même à heure fixe, lorsqu’on choisi, comme nous, de passer par une procréation médicalement assistée ; nous ne parlerons pas des effets secondaires que cela peut entraîner ; nous ne parlerons pas non plus des échographies et prises de sang à faire parfois 3 ou 4 jours d’affilé afin de savoir à quel moment nous serons prêtes pour l’insémination ou la FIV.

Non nous n’en parlerons pas, car ce parcours est finalement le même pour un couple hétéro qui aurait un problème de fertilité.

En revanche, nous voudrions évoquer toutes ces démarches précédemment citées dans un pays qui ne nous autorise pas cette procédure. Nous voudrions parler des gynécologues ou médecins français qui osent, eux, nous suivre dans ces parcours « hors la loi », afin de nous délivrer les ordonnances ou nous faire les échos, et à qui nous tirons notre chapeau. Nous voudrions parler des allers-retours en Espagne ou en Belgique parce que la loi française nous pousse à aller faire ailleurs ce que nous n’avons pas le droit de faire en France. Nous voudrions parler du côté financier qui, même s’il n’est pas un sacrifice quand on a, comme nous, un réel désir d’enfant, est vécu comme une injustice quand il faut dépenser plus de 10 000 euros en frais médicaux, transports et hôtel.

Nous pourrions encore parler de tellement de choses, mais celle qui nous semble aujourd’hui la plus importante c’est de nous dire qu’après toutes ces embûches, les enfants qui naîtront de cet amour et de ce désir incontestable, n’auront, aux yeux de notre pays, pas de reconnaissance légale. Ces enfants n’auront qu’une mère : leur mère biologique. Mais dites-moi, comment va-t-on demain pouvoir expliquer que cet enfant reconnu en Belgique comme notre enfant, comme l’enfant de notre couple, comment va-t-on pouvoir lui expliquer qu’en réalité sa deuxième maman qui l’aime, l’affectionne, l’éduque, le soigne, le nourrit… N’est en réalité pas son deuxième parent aux yeux de la loi de son pays ??!!

Nous souhaiterions de tout cœur que les lois changent face à toutes ces injustices, afin que nos parcours soient moins contraignants, mais surtout parce que, plus que tout, nous souhaitons que nos enfants grandissent dans le pays des droits de l’Homme où l’Egalité des droits est la même pour tous.

 

 

Marie

 

 

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