Témoignage Stéphanie (4)

26 Nov

Notre enfant n’a que 3 ans, et la seconde est en route. La première grande difficulté pour nous a été de trouver un gynécologue acceptant de traiter mes problèmes d’anovulation. Ensuite, c’est un véritable parcours du combattant que de vivre les inséminations artificielles à l’étranger (de Toulouse nous avons été en Belgique): coût, trajets (fatigue, durée parfois trop courte au moment du monitoring de l’ovulation pour pouvoir se rendre à l’insémination à temps…), organisation (2 jours d’absence au travail à chaque insémination alors que mes collègues ne sont pas au courant de la situation, plus tous les tests en amont…) Difficile de parler de tout ceci à ses collègues, d’autant plus lorsqu’on travaille avec des enfants, que l’on a des relations professionnelles avec les parents, et que l’on ne veut pas être jugée de façon hâtive par tous ces partenaires, alors que l’on voit encore que pour certains homosexualité rime encore avec pédophilie.
Pour ma compagne qui n’a pas porté nos enfants, il est difficile de se faire reconnaître par certains professionnels de l’enfance ou de la santé en tant que parent. Elle ne pourra par exemple pas voter lors de l’élection des parents d’élèves à l’école, ce qui n’est pas capital en soi, mais pourrait être amélioré. Ce qui nous a le plus manqué, ce sont les 11 jours de congé paternité à la naissance de notre fille. L’accouchement s’est très mal passé, j’étais épuisée, et je n’ai pas pu avoir le soutien que toute femme qui vient de mettre au monde un enfant est en droit d’attendre de son conjoint. Elle n’y a pas eu droit, et je trouve cela complètement anormal, car comme un père elle a souhaité cet enfant, elle m’a accompagnée pendant toute la grossesse, elle était là la nuit pour changer les couches du bébé, se lever lorsque je ne le pouvais plus. Elle a fait quelque chose d’assez surhumain : elle a vécu le jour à son travail, et la nuit pour notre famille. Autant vous dire que rapidement nous étions deux à être complètement épuisées.
Eduquer le regard des autres parents me semble aussi une priorité, certains ont vite fait de juger, alors que si par exemple, et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, lorsque l’on va à la maternité voir le film qui présente la péridurale, l’un des trois couples à avoir un enfant présenté dans le film était un couple de même sexe, cela permettrait à ceux-là de poser leurs questions, et peut-être de revoir leur jugement…de trouver la situation normale à force de la voir souvent.

 

Stéphanie

 

 

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