Témoignage de Virginie (9)

7 Déc

Nous sommes deux femmes, Virginie et Marie Laure. L’une est maman d’Eliot et l’autre de Louise. Notre parcours pour que nos enfants soit présents est un long parcours de 13 ans de vie commune.

Nous nous sommes rencontrées à Strasbourg en 1999. Eliot est né en 2004. C’était une évidence pour nous d’avoir un ou plusieurs enfants. Mais quel parcours du combattant ! D abord trouver un gynécologue qui puisse vous accueillir en tant que couple est déjà très difficile et ensuite parler d’insémination, c’est une hérésie. On s’est entendu dire par le secrétariat médical : «  le rendez vous a été repoussé », « le gynéco est en déplacement. » ou encore « je vous adresse à une consœur ».

Enfin, nous avons trouvé une gynécologue acceptant de nous suivre dans notre démarche.

C’était alors parti pour les premiers rendez-vous en Belgique, le premier essai pour moi avec avant, toute la batterie de tests à effectuer. Au départ, nous avons caché au corps médical chargé des tests en France qu’il s’agissait d’une insémination par peur de leur réaction. Car comme la loi ne nous permet pas d’effectuer une insémination en France, nous sommes à la merci des réactions du corps médical sans avoir le pouvoir de protester.

Au second essai, j ai su que j’étais enceinte. La situation est devenue alors très compliquée pour trouver une place en crèche (Vous pouvez lire mon témoignage dans EJE magazine du mois de mai 2012). Nous avons réalisé combien la place du parent dit « social » est fragile. Mais le pire est survenu à la naissance de notre fils qui est arrivé très en avance. Le cadre du service de néo-natalité de l’hôpital  a interdit à mon compagne d’entrer voir son fils qui venait de naitre en prétextant qu’elle n’était pas la mère. Etant trop faible, je ne pouvais pas encore marcher ; je suis donc allée en fauteuil roulant m’énerver auprès du cadre du service  qui ne voulait rien entendre. Nous avons dû faire valoir nos droits auprès d’un médecin plus haut placé pour lui expliquer le dysfonctionnement de  ce service de l’hôpital. Nous avons dû nous appuyer sur le panneau d’entrée du service qui indique : « Autorisé aux parents » et non pas « Autorisé à papa et à  maman ».

Notre fils est autiste. Il a besoin d’un accompagnement très spécifique : visite chez les médecins, prise en charge en psychomotricité, avec les neuropédiatres etc. Là aussi il a fallu se battre pour que Marie soit acceptée en tant que maman. Je ne vous parlerai que du dernier incident car il serait trop long de tous les énumérer : la secrétaire en génie génétique a interdit à Marie de suivre Eliot en consultation. Cette humiliation a été la goutte d’eau de trop qui nous a obligées à prendre un avocat et de demander une DAP (délégation d’autorité parentale) pour nos enfants.

Heureusement avec notre fille née en 2009, nous avons eu moins de soucis. L’évolution des mœurs avait commencé son petit bonhomme de chemin semble-t-il.

Mais maintenant se pose la question de la filiation et des noms de familles Nous donnons en usuel les noms de famille pour nos deux enfants SUR TOUS LES DOCUMENTS  sauf passeports et CNI. Mais c’est une sacrée hypocrisie. Il est temps que la loi change et la reconnaissance de nos familles soit reconnue et non plus dans une confidentialité relative. Car au final l’histoire de nos enfants ne commence pas en France mais dans un pays étranger. Ce pays étranger qui lui ne cache pas que les enfants sont des dons du ciel pour TOUS.

 

Virginie

 

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