Témoignage de Karen (44)

16 Jan

Je ne comprends pas pourquoi je dois justifier l existence de ma famille…

Des parents, des enfants conçus avec amour, éduqués avec amour… Rien d anormal, une vie comme toutes les autres.

Pourtant non, chaque jour nous renvoie à notre différence, remet en question la légitimité de l’existence de mes trois filles et du bien fondé de cette existence.

Nous avons voulu ces 3 enfants, nous les avons eues et nous en sommes occupées comme tous les couples,

Au début le manque de droit nous semblait un détail, juste une ombre au tableau , des « et si un jour… » qui planaient au dessus de nos têtes sans vraiment être là au quotidien, où tout du moins dans mon quotidien de maman bio, car pour le parent social les choses sont sans aucun doute plus réelles .

Puis nous nous sommes séparées, et là tout est devenu plus clair…

Aucun cadre juridique,

Et si mon ex ne voulait plus les voir?

Rien ne l y oblige…

Et si elle ne participe pas financièrement ?

Rien ne l y oblige…

Et ce poids sur mes épaules, cette arme dont je dispose dans ma colère, dans ma souffrance, l’envie, l’espace de quelques secondes de blesser l autre,

Si je veux, elle disparaît de nos vies, je lui enlève les enfants pour toujours…

Cette arme je ne devrais pas en disposer, la loi devrait la protéger elle de moi, devrait protéger mes filles de moi même …

Parce que parfois dans la vie on ne sait plus décider calmement, c est pour ça que les lois existent aussi, pour nous protéger les uns des autres.

Je me dis que si ça m’a traversé l’esprit à moi qui suis éduquée, qui suis posée en règle générale, ça doit donc arriver à d autres…

Heureusement j ai eu la présence d’esprit d’avoir vite rejeté ces pensées, mais il faut protéger ceux et celles qui n y parviendraient pas!

Mon ex compagne EST indéniablement parent à part entière, et chaque fois que je croise son regard dans le regard de nos filles, cet amour, cette complicité, je le sens , je le vois , et personne n’a la légitimité pour en juger.

Est ce que moi je viens juger la famille et le droit à procréer des autres ?

Non, je n en ai pas le droit et eux non plus.

Quelqu’un a-t-il vu son émotion à leur naissance? Son expression devant les tests de grossesse positifs?

Sa douceur, sa patience, les éclats de rire échangés, les câlins, les larmes qui coulent pour quelques jours passés sans ses filles…

Non, ceci n appartient qu’à nous, et je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui nous devons apporter la preuve de l’existence de ce qui n’appartient qu’à nous.

Juste pour tenter d’obtenir la même chose que d’autres ont comme ça, parce qu’ils sont hétéros.

Karen

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