Témoignage de Céline (n°1)

8 Jan

Je suis la maman sociale de deux enfants de 2 ans et demi (pour qui nous avions obtenu une DAP-délégation d’autorité parentale) et 5 mois.

Nous avons commencé les démarches d’adoption il y a quelques semaines. Tout d’abord en appelant le TGI (Tribunal de Grande Instance) de Créteil pour avoir des infos sur la marche à suivre. Une première fois, on m’a dit, « nous n’avons pas de directive du procureur, rappelez nous ». Une deuxième « il faut venir le mardi ou jeudi matin retirer le dossier sur place ».

Finalement, à une rencontre de l’association des Enfants d’Arc en Ciel, nous avons discuté avec un couple qui venait de déposer la requête et qui nous a expliqué avoir obtenu le dossier par courrier.

J’ai donc fait un courrier au TGI et quelques jours plus tard, j’avais le dossier dans ma boite aux lettres.

C’est un dossier assez complet, du même type que celui que l’on a monté pour la DAP, attestations incluses. Et en bonus, l’accord écrit des grands parents biologiques des enfants pour qui on demande l’adoption. Ce qui ne nous arrange pas tellement puisque les relations sont difficiles avec la grand-mère biologique des enfants.

La semaine dernière nous avions rendez-vous chez le notaire. Après plusieurs échanges par mail et téléphone pour se mettre d’accord sur les tarifs notamment. En effet, lors du premier contact, ils voulaient nous facturer deux actes : le recueil du consentement et l’attestation de non rétractation. J’ai donc argumenté grâce aux infos transmises par l’association des Enfants d’Arc en Ciel et j’ai obtenu gain de cause. 250€ pour l’acte (un seul pour nos deux enfants) et l’attestation de non rétractation.

Le jour du rendez-vous, à notre arrivée, on nous informe que la personne avec qui nous avions rendez-vous a eu un empêchement et que c’est une autre personne du cabinet qui  nous recevra. Pourquoi pas, nous on veut juste signer le papier !

Au début de l’entretien elle reprend nos états civils complet (et ceux des enfants). J’avais transmis par mail les actes de naissance en amont même si on ne me les avait pas demandés pour éviter qu’ils les demandent eux même et qu’ils nous  le facturent.

Puis viens le moment de parler du contenu de l’acte et là, problème, elle a rédigé un acte pour une adoption simple. Nous lui expliquons que ce n’est pas notre demande, ni ce qui avait été convenu avec sa collègue. Et elle insiste en nous expliquant que l’adoption plénière rompra les liens de filiation avec la mère biologique. Nous argumentons encore, elle fini par aller se renseigner auprès de la collaboratrice de la notaire qui devait nous recevoir, et revenir en nous disant, je suis désolée, vous aviez raison, l’adoption plénière de l’enfant du conjoint est une exception à la règle vis-à-vis de la rupture du lien biologique.

Donc après une bonne demi-heure d’attente, nous avons enfin pu signer l’acte (sans qu’elle nous ai demandé nos cartes d’identité…

Voilà, maintenant on passe à l’étape recueil des attestations…Nous nous avons prévu un dépôt du dossier fin janvier.

Suite du témoignage:

Nous avons presque terminé la constitution « administrative » du dossier.  Ce n’est pas croyable le nombre de documents qu’il faut fournir pour justifier que je suis bien présente au domicile et que je participe à l’éducation de mes enfants !!!

Nous avons également terminé le recueil des attestations qui nous sont demandées par le tribunal pour prouver, je cite, qu’il existe « un lien affectif entre l’adoptant et l’adopté ». Autant vous dire que cela n’a pas été simple de dire à nos familles, nos amis que nous avions besoin d’attestations pour prouver tout cela. Plusieurs fois on nous a dit, mais qu’allons nous écrire, c’est tellement évident pour nous ? Nous leur avons conseillé de laisser parler leur cœur, de parler de ce qu’ils voient quand ils sont avec nous et nous avons eu de belles surprises qui m’ont mises les larmes aux yeux.

Cela est venu partiellement compenser la colère et l’humiliation que j’ai ressentie de demander à mes proches d’attester que j’aime mes enfants !!!

Nous avons aussi demandé aux professionnels qui côtoient nos enfants (crèche, pédiatre…), à mon directeur… et chaque fois la réponse fut la même, mais comment ça, ce n’est pas automatique avec le mariage ?  Et là on se demande pourquoi on a supporté tant de mois de débat et de battage médiatiques pour qu’au final les gens n’aient en fait rien compris !!!

Maintenant, il nous reste à écrire la requête pour le juge et à trouver les bons mots pour lui expliquer pourquoi je souhaiterai qu’il m’autorise à adopter  mes propres enfants !!! Bien sur il va falloir que je ravale ma colère et que je courbe le dos pour rester correcte, ne froisser personne et que toutes ces procédures se terminent enfin. Qu’enfin notre famille soit tranquille et surtout protégée.

Nous nous demandons encore si nous allons joindre des photos au dossier car cela n’apparait pas sur la liste des pièces à fournir. Ma compagne dit pourquoi pas… Personnellement je n’ai pas très envie d’exposer encore plus ma famille. Je le ressens comme une effraction supplémentaire de notre intimité. Nous avons déjà demandé les témoignages, fourni tout un tas de documents administratifs…nous nous attendons également, comme pour la DAP (délégation d’autorité parentale) à être convoquées au commissariat et à avoir la visite de la police à la maison… Alors pour les photos, je me dis stop, là c’est trop.

Nous devrions déposer le dossier fin janvier car nous sommes toujours en attente de l’attestation de non rétractation…

Suite du témoignage:

Suite à la rencontre avec l’avocate partenaire des EAC à Paris le mois dernier, nous avons finalisé notre dossier.
Finalement, suite aux conseils de l’avocate, nous avons mis des photos et les factures de la clinique où nous avons fait les IAD.
Nous avons également réutilisé certaines attestations du dossier de DAP. L’avocate nous a dit que celles qui attestent de frais précis peuvent être réutilisées. Par exemple, celle de la sage femme qui dit que j’étais là au cours de préparation à l’accouchement.

Donc une fois notre dossier finalisé, je suis allée le déposer au TGI de Créteil, l’accueil ne fut pas des plus chaleureux, surtout quand j’ai demandé une preuve de dépôt du dossier, mais qu’importe !

Voilà donc une étape de plus de franchie, nous rentrons à présent dans la liste d’attente, qui j’espère, ne sera pas trop longue. Mais j’ai peu d’espoir car pour la DAP nous avions attendu plus d’un an et demi et que la réputation du TGI n’est pas reluisante en matière de rapidité de traitement des dossiers.

Suite au dépôt du dossier au TGI fin janvier, nous pensions que l’attente serait longue. Finalement, pas tant que ça !
L’enquête de police a eu lieu en février : audition au commissariat (seulement moi en tant qu’adoptante) et visite au domicile.
L’audition s’est bien passé, s’était le même policier que pour l’enquête de la DAP et il a repris le PV d’audition précédent donc il m’a simplement demandé d’actualiser les éléments et de lui redire un certains nombre de choses qui était déjà dans le dossier : non, nous ne sommes pas séparées ou en instance de divorce, non je n’ai pas d’autres enfants issus d’une union précédentes…
Puis il m’a demandé de décrire mon quotidien avec les enfants et de lui expliquer pourquoi je demandais l’adoption.
C’est toujours une grande question ça ! Pourquoi ? Parce que ce sont mes enfants…? Non ça, ça ne marche pas bien sur ! J’ai donc redit que j’étais là depuis leur conception et que je les élevais au quotidien…
Après ça, ils sont venus à la maison pour faire le plan du logement. 
 
Lorsque j’ai recontacté le TGI pour savoir où en était notre dossier, on m’a informé que l’audience aurait certainement lieu en avril/mai, mais que nous ne serions pas convoquées. Notre dossier étant complet, notre présence n’était pas nécessaire.
 
Lorsque j’ai rappelé en avril, j’ai pu avoir la date de l’audience…J’ai donc téléphoné le lendemain matin… La personne m’a dit, oui c’est bon, le juge vous a accordé l’adoption.
Et là, je me suis retrouvée un peu bête, seule dans mon bureau…elle venait de m’annoncer quelque chose qui changeait ma vie mais en fait rien ne changeait vraiment… 
Oui, finalement, ça change tout et ça ne change rien à la fois… J’avais envie de le crier sur tous les toit…et en même temps le sentiment que personne ne pouvait comprendre ( à part les familles dans notre situation ) à quel point j’étais soulagée et heureuse que ma famille soit enfin en sécurité.
 
Et puis quelques jours après, j’ai appris que le jour où notre réponse avait été positive, à quelques kilomètres à peine de chez nous, à Versailles, plusieurs jugements avaient été refusés.
Cette injustice et cette inégalité sont inacceptable et montre bien que le combat n’est pas terminé…
 
Aujourd’hui nous sommes le 29 juin, cela fait deux mois que le jugement a été rendu. Mais les actes de naissance des enfants n’ont toujours pas été modifiés. Le procureur n’a pas fait les démarches…nous attendons donc toujours de pouvoir faire modifier notre livret de famille…
 
Après une lettre recommandée et plusieurs appels au TGI les actes de naissance de nos enfants ont enfin étaient modifiés le 19 août dernier.
À notre retour de vacances nous avons enfin pu faire rajouter nos enfants sur notre livret de famille.
Nous abordons donc cette nouvelle année scolaire sereines et heureuses de pouvoir fournir des documents administratifs en conformité avec notre composition familiale.

Céline

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