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« Au Québec, dès l’accouchement, le nom des deux mamans est inscrit sur l’acte de naissance »

24 Fév

« Au Québec, la procréation assistée est en partie couverte par la sécurité sociale et accessible à tous, homosexuels ou hétérosexuels. À l’époque, l’achat de sperme était même remboursé par l’État. »

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Témoignage d’Emilie et Johanna (n°3)

5 Avr

Témoignage publié le 20 janvier 2013

Je suis française mais j’ai la chance d’habiter Montréal. Pourquoi,  je dis : « la chance » ?

Parce que la femme que j’aime et avec laquelle je vis est légalement mon épouse

Parce que je suis la mère de mes deux enfants, peu importe si je les ai portés ou non.

Mes enfants ont donc la chance d’avoir deux parents plutôt qu’un.

Ici nous sommes une famille, et on nous reconnaît comme tel. Je n’ai pas à justifier au médecin, à l’école, chez le notaire, ni le banquier que : « oui je suis mariée » et « oui ce sont mes enfants ».

Ici, nous avons été accueillis avec un sourire.

Ici, je n’ai rien eu à faire pour que nos enfants soient nos fils à toutes les deux, à part remplir la déclaration de naissance, la même pour tous les parents. Il faut juste cocher mère ou père dans la bonne case.

Nous recevons des cadeaux de la garderie avec nos 2 noms : maman Mimi et maman Jojo. Mon fils n’a même pas encore senti de préjugés envers sa famille et n’en n’a pas envers les familles hétéros, gaies ni lesbiennes.

Ici non plus ça n’a pas toujours été facile pour nos familles. Il y 12 ans, avant que la loi pour le mariage ne soit votée, les sondages donnaient les mêmes résultats qu’en France, entre 53 et 60% en faveur du mariage gay. Mais les valeurs changent, heureusement. Et donne ça :

Moi, en train de faire une demande de certificat de naissance et la dame qui me demande si je vais demander la double nationalité pour mon fils. Et moi qui lui répond que non car mon fils perdrait une de ses mères sur les papiers français. Elle me répond : « oh oui, j’ai entendu ce qu’il se passe en France en ce moment, entre vous et moi ils sont retardés là-bas ! qu’il reste Canadien alors ! »

Ou encore :

Lors d’une discussion avec une connaissance sur le débat en France : on explique encore que les enfants perdraient une de leurs mamans en France, la copine demande:

« – ah oui ? vous devriez passer par des procédures d’adoption alors? »

– euh, non on pourrait rien du tout ! »

– Nan !!!!! ça se peut encore ?»

Et aussi :

Au café l’autre jour, un monsieur nous parle :

– « Oh, ils sont beaux ces enfants ! », en cœur : « merci ! » « ils sont à qui ? » : – « à nous !», « vous faites une belle famille »

J’espère que les politiciens ne se tromperont pas et choisiront de donner une place à nos familles, pas seulement nos couples, parce que dans 10 ans ce sera juste normal et que tout le monde s’en moquera, sauf nos enfants, nos familles, amis et nous !

 

Émilie et Johanna

Témoignage de Florence et Stéphanie (n°2)

5 Avr

Témoignage publié le 19 janvier 2013

En 2005, Florence et moi avons quitté notre pays natal, la France, pour le Québec. La décision n’a été ni simple ni indolore … Quitter famille et amis, culture et repères n’est pas une mince affaire … Mais nous l’avons fait. Nous l’avons fait par lassitude de la mentalité dans laquelle la France nous enfermait alors qu’ailleurs les choses avançaient … Certains parleront de lâcheté et d’abandon, d’autres de courage de tout quitter pour un pays inconnu, nous, nous avions simplement envie de respirer un air plus frais et cette envie a été plus forte que tout …

L’état des lieux est simple : le Québec marie civilement tous ses citoyens depuis 2003 (le Canada depuis 2005), la filiation est automatique pour tous les couples du moment qu’il s’agit d’un projet parental commun (être marié n’est pas obligatoire évidemment), l’adoption locale (équivalent de la DDASS française) est également ouverte à tous et enfin la PMA est accessible à toutes les femmes sans exception (sinon leur âge).

C’est donc sur ces bases-là et après beaucoup de réflexions, faut-il le rappeler, qu’en 2008 nous avons décidé de rencontrer un médecin dans une des cliniques de fertilité de Montréal. Après bien des péripéties (car non, les lesbiennes ne sont pas toutes fertiles comme on peut le lire dans certains articles ces derniers temps !) notre fils est finalement arrivé en 2011.
Il porte officiellement le nom de ses 2 mamans qui figurent également sur son certificat de naissance en tant que Mère et Mère. Notre enfant et notre famille sont légalement reconnus comme le sont toutes les autres.

Au quotidien, les choses sont très simples. Les commerçants nous connaissent et nous accueillent toujours avec le sourire, le personnel de la garderie a accueilli notre fils et sa famille sans sourciller. Les choses évoluent dans l’intérêt de l’enfant, pour son bien-être et c’est le plus important à nos yeux.

La France est tout à fait capable d’opérer ces changements sociaux importants mais elle doit passer par-dessus ses (fausses) peurs et ses phobies qui ne sont que le reflet de l’ignorance de certains qui ne côtoient pas et ne connaissent pas nos familles. La religion n’a rien à faire dans ce débat laïc et civil qui ne la concerne en rien.

 

Stéphanie et Florence – Montréal

Témoignage de Jeanne (n°1)

5 Avr

Témoignage publié le 8 janvier 2013

Ma conjointe et moi, françaises, nous sommes installées au Québec afin d’y fonder une famille. Bien nous en a pris.

En effet, depuis 2002, une loi adoptée à l’unanimité par l’Assemblée (ça fait rêver…) a ouvert le mariage et la parentalité aux couples homosexuels. Cette loi prévoit notamment la présomption de parentalité dans le cadre d’un recours à la PMA, ce qui change tout.

Depuis notre première visite à la clinique de fertilité, nous sommes toutes les deux inscrites sur le dossier, nous avons toutes les deux passé des examens médicaux (l’une ceux de fertilité et de MST, l’autre seuls ceux de MST : il s’agit donc aussi d’une mesure de protection…), nous avons toutes les deux échangé avec la psychologue chargée de nous donner l’agrément pour gestation avec un tiers et de juger si nous avions besoin d’un soutien pendant les démarches, nous étions toutes les deux présentes dans la salle lors des inséminations.

Normal. Nous étions deux à décider d’élever des enfants ensemble, nous étions deux à rêver du futur comme famille avec enfants, à discuter de nos valeurs éducatives, à envisager les joies et les défis qui attendent toutes les familles. Nous étions deux à pleurer quand les règles revenaient après une insémination, deux à mordre les oreillers de rage et de douleur après une fausse couche, deux à manquer de larmes de joie après les fameuses 12 premières semaines, deux à préparer la venue du bébé, deux à choisir la poussette, le lit, l’écharpe, les couches, les jouets, les stickers, le parc, deux à chaque rendez-vous de suivi de grossesse, deux à prendre des positions byzantines pendant les cours de préparation à la naissance, deux à travailler pendant l’accouchement.

B est né. Dans la joie et la bonne humeur. Ma conjointe avait retenu de la sage-femme que les endorphines étaient essentielles : elle m’a fait rire pendant tout l’accouchement. L’équipe médicale n’en revenait pas. B est né. Elle s’est écroulée au sol en larmes. La docteure a déposé B sur mon ventre. 5 minutes. Puis l’a tendu à ma conjointe en disant : « votre fils ».  Elle, si pudique, a défait sa chemise en une seconde pour déposer B sur sa peau nue. Quand elle a redéposé B sur mon ventre pour qu’il rampe vers mon sein et boive sa première tétée, elle a gardé sa main sur son dos. Nous étions trois.

Jeanne

Nouvelle rubrique sur le blog des Enfants d’Arc en Ciel – l’asso !

5 Avr

L’association Les Enfants d’Arc-en-Ciel est convaincue de la nécessité de l’entraide et du partage entre les familles et les futures familles LGBTparentales.

Nous militons activement afin de défendre les familles LGBTparentales, en créant une visibilité, en aidant à leur créer une place juridique et sociale, en luttant contre les discriminations qui leur sont faites et en militant pour la protection juridique des enfants et de leur famille. Nous avons toujours choisi la voie de la démonstration des réalités de vie des familles et futures familles LGBTparentales de manière visible et pédagogique. Nos revendications sont issues de ces réalités de vie, les faire partager au plus grand nombre est donc nécessaire pour permettre la compréhension de nos revendications.

Grâce à cette nouvelle rubrique de notre blog, nous souhaitons notamment illustrer les différences de traitement des enfants pourtant conçus de manière identique… selon la nationalité/ lieu de résidence de leurs parents.

Nous avons fait appel à la solidarité des familles homoparentales francophones à l’étranger afin de nous aider à faire avancer les droits des familles LGBTparentales françaises en racontant leur parcours parental et particulièrement comment elles ont pu faire établir la filiation pour protéger leurs enfants dans leur pays.

Nous menons cette action en partenariat avec deux associations de référence :

Homoparentalités.be pour la Belgique

Coalition des familles homoparentales pour le Québec

Alors à votre avis…

Et ailleurs, ça se passe comment ?