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Grandir avec deux mamans

24 Fév

« Un grand préjugé envers les enfants de couples homoparentaux concerne l’orientation sexuelle. Les gens vous posent-ils souvent la question?

Non. Ce n’est pas une question que les gens me posent, surtout rendu à mon âge. Personne ne m’a jamais dit que j’étais gai parce que je vivais avec deux mères. Du moins, pas en pleine face. D’ailleurs, les études démontrent que, inversement à ce qu’on peut croire, il n’y a pas plus d’enfants homosexuels dans les familles homoparentales qu’ailleurs. Ça n’a aucun lien. Mais moi, je me suis posé cette question très jeune. J’avais 7 ou 8 ans et je me suis demandé si j’étais gai ou hétéro. J’avais alors avoué à mes mères, un soir, en soupant, que j’aimais les filles. Elles ont trouvé ça très drôle. »

Pour lire l’article en entier, cliquez ici

Interview d’enfants de familles homoparentales lors de la manif

27 Jan

Suivez ce lien pour arriver au reportage fait par Libération le 27 janvier

http://mobile.liberation.fr/societe/2013/01/27/je-suis-la-pour-que-ma-maman-puisse-m-adopter_877172

Témoignage de Gaëlle (1)

22 Jan

Je me permets de témoigner pour votre blog, étant fille de femme homosexuelle.

Je ne suis pas née avec pour parents deux femmes ou deux hommes. Je suis née d’un père et d’une mère. Il y aura presque dix ans, ma mère m’avouait son homosexualité. Jamais je ne fus choquée. Au contraire, jamais je n’ai vu ma mère autant sourire, et le bonheur de sa mère, ça n’a pas de prix!

Aujourd’hui, sa compagne, qui est une femme formidable, attend des jumeaux, deux petits garçons; j’ai hâte qu’ils arrivent! J’attends mes deux nouveaux petits frères avec impatience! Car oui, pour moi, ils seront mes petits frères au même titre que mon frère biologique.

J’ai toujours été fière de ma maman et de sa compagne, ce sont des femmes formidables, et je ne comprends décidément pas tout ce mouvement de lutte contre le mariage gay ou l’homoparentalité. Qui a décrété que l’amour était une femme+un homme? Qui donc à décrété que le bonheur c’était une femme+un homme? Ma mère est homosexuelle, j’ai vécu onze ans avec un père et une mère, et ça va faire dix ans que je vis avec ma mère et sa compagne, bien que je ne les voie pas tous les jours n’étant plus au domicile familiale. Pourtant, je ne suis pas malheureuse. Je vis avec dans mon entourage, deux belle-maman, la nouvelle épouse de mon père, et l’épouse (pour moi la compagne de ma mère est comme son épouse) de ma mère. Jamais je n’ai été malheureuse, jamais je n’ai détesté ma mère pour son homosexualité, idem pour mon frère. Nous le vivons très bien, et sommes fiers! Il n’y pas « d’anormalité » à être homosexuel, il n’y a que de l’amour, il n’y a que du vrai, que du bonheur. Le bonheur de ma mère et de celui de sa compagne va bientôt se concrétiser avec l’arrivée des deux petits bouts de choux. Et je sais qu’ils seront des enfants comblés et les plus heureux du monde, et qu’ils seront fiers un jour de dire « j’aime mes mamans ».

Il est temps que les mentalités évoluent, et que les gens cessent de sentir supérieur parce qu’ils sont « normaux ». Quelqu’un peut-il me donner une définition exacte de ce mot « normal »? Cela n’existe pas, la seule et la véritable chose existante, c’est l’amour, et le bonheur partagé par chacun. On devrait tous ne souhaiter que le bonheur d’autrui, pas les punir ou leur interdire d’officialiser cela.

Moi aujourd’hui, je suis fière, et heureuse de dire « j’aime ma maman et ma belle-maman », même si je ne leur dit pas assez souvent.

J’espère qu’avec ce témoignage, j’ai réussi à faire partager mes idées, mon ressenti et ma vison actuelle des choses.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde!

Gaëlle

 

J’ai deux mamans et je vais bien, merci

8 Jan

Témoignage recueilli sur le site Enfants d’Homos

http://enfantsdhomos.tumblr.com/post/36092794241/jai-deux-mamans-et-je-vais-bien-merci

J’ai deux maman et je suis très fière d’elles, de leur combat quotidien pour être considérée aux yeux d’autrui comme une FAMILLE. Parce que oui nous sommes une famille, j’aimerai pouvoir dire qu’on est une famille “comme les autres” mais qu’est-ce qu’une “famille comme les autres” ? Un papa, une maman, un fils et une fille ? cela réduirais les “vraies familles” à peu de monde, et on oublierais en passant les familles avec un seul enfant, avec plus de deux enfants, les familles recomposées, les familles monoparentales… Au jour d’aujourd’hui la “norme” familiale n’existe pas, chaque individu a son propre quotidien, sa propre “norme”. Ma norme à moi c’est d’avoir deux maman. Bien sur pas au sens propre du terme, j’ai une seul maman biologique, qui m’a portée pendant 9 bon mois et une “maman de coeur” qui est mon deuxième parent, la deuxième femme qui m’a élevée.

Mes mamans ont décidé de m’avoir ensemble, ce fût une aventure importante dans laquelle elles se sont engagées ensemble. Elles en ont discuté longuement, pesant le pour et le contre. C’était important pour elles de lier leurs amour dans l’éducation d’un enfant, c’est leur choix. Un ami de mes mamans les a aidées à atteindre ce rêve. C’était important pour mes mamans que j’ai la possibilité de savoir d’où je venais, et je suis né le matin du 11 mars 1994. J’ai grandi dans une grande famille très soudé et aimante avec beaucoup d’oncles et de tantes ainsi que des cousins et cousines. J’ai rencontré mon père biologique à l’age de 15 ans. Aujourd’hui, je suis en L1 de géographie et je me porte très bien ! j’ai vu mon père biologique 6 ou 7 fois depuis, cet homme est encore un inconnu pour moi, et si notre relation doit s’intensifier c’est le temps qui en sera un des facteurs et les affinités… Mais ce père biologique ne remplacera JAMAIS ma deuxième maman que j’aime tout autant que ma maman.

Dans mon entourage je connais d’autre famille homoparental, les enfants sont encore petits et je suis la plus grande. Chacune de nos histoires sont différentes mais elles ont un point commun essentiel : l’amour de nos deux parents !

Si le projet de loi du “mariage pour tous” passe je serai enfin fière de dire que j’ai une FAMILLE, fière d’être française, fière ce mon pays qui a enfin sauté le pas dans l’avenir !

J’ai deux mères et je vais très bien, merci

7 Jan

Témoignage recueilli sur le site Enfants d’Homos

http://enfantsdhomos.tumblr.com/post/36135875124/jai-deux-meres-et-je-vais-tres-bien-merci

 

J’ai été élevée par mes deux mamans et rien ne me paraît plus naturel et confortable que ma famille.

Petite à l’école je ne comprenais pas vraiment pourquoi d’autres enfants trouvaient ça bizarre. Je leur ai expliqué que ma famille n’était pas si différente de la leur et leur mentalités ont évoluées à mes côtés. Mes amis adoraient venir chez moi et jouer avec mon lapin et mon chien, goûter les gâteaux de ma maman, regarder ma momy dessiner des plans de futures maisons et leur expliquer chaque détail.

Aujourd’hui j’ai 17 ans et ce que je ne comprends pas c’est pourquoi, depuis petite, seule l’une de mes mamans est en mesure de m’aider à régler ma vie administrative ? Pourquoi seule l’une de mes mamans a pu venir me chercher à l’école ou m’amener à l’hôpital ?

Je ne considère aucune de mes mamans comme une seconde maman, elles sont ensembles le couple amoureux qui a décidé de fonder une famille il y a 18 ans.

Et en regardant autour de moi, en pleine période d’adolescence, je peux vous dire que mon environnement familial est bien plus sain, tendre et heureux que celui de mes amis, aux parents coincés dans un mariage malheureux ou divorcés et désillusionnés et tristes. Des familles brisées, des Noëls pleins de disputes, de crises d’hystéries ou de silences pesants.

Mes grands parents n’ont pas toujours acceptés l’homosexualité de mes mères, lorsqu’elles ont grandit, mais aujourd’hui j’ai 2 mamies et 2 papis présents et heureux de m’accueillir pour les vacances scolaires !

J’ai deux mamans et selon mes professeurs je suis bien plus mature que mes camarades de classe.

J’ai 2 mamans et je vais bien, merci!

5 Jan

Témoignage paru sur le site Enfants d’homos

http://enfantsdhomos.tumblr.com/post/36240218780/jai-2-mamans-et-je-vais-bien-merci

Il était une fois, en 1984, la naissance d’une petite fille. Elle ne le sait pas encore mais son schéma familial ne sera en rien comparable avec celui de ses autres ami(e)s…

Ma mère n’avait qu’un voeu : avoir un enfant. Elle flirtait avec une certaine bisexualité et a finalement réussi à tomber enceinte d’un homme marié qu’elle a aimé et qui en retour l’a également aimé mais qui ne voulait pas quitter sa femme. Ma mère a donc passé un «deal» avec lui: «je garde mes enfants et je ne viens jamais t’embêter.» Ma mère, en même temps, entretenait une relation avec la femme qui deviendra ma “2ème” maman.

Ma maman m’a expliqué lorsque j’étais en âge de comprendre l’histoire de ma vie, la place de ma 2ème maman, l’absence de mon père…

Alors oui, mon 2ème parent est une femme. Et alors?

J’ai reçu et reçois encore aujourd’hui énormément d’amour. Toutes les 2 se sont comportées comme tous parents dans le sens conventionnel du terme (j’entends là une mère et un père). Je pourrais vous citer des exemples par centaine : on m’engueulait quand je ramenais des mauvaises notes, on a fêté mes anniversaires, on partait en vacances à la mer ou à la campagne, on faisait des repas de famille, elles se sont inquiétées pour moi, m’ont soutenu, ou ont été fières… Des émotions normales qu’un parent porte à son enfant.

Elles sont mes parents. Elles sont ma famille.

Mon père, je l’ai rencontré à mes 18 ans: juste pour voir à qui je ressemblais… car si vous voyez ma maman biologique, je ne tiens rien d’elle mais tout du père… Ma 2ème maman connaissait mon père (ils ont bossé tous les 3 dans la même boîte) et elle me disait souvent que j’étais son portrait craché. La première rencontre fut émouvante mais pendant quelques secondes… Peut-être me reconnaitre physiquement dans cet homme…. La suite fut à mes yeux plus ennuyeuse. Il m’a parlé de Ses enfants… Limite, je m’en foutais. J’avais vu ce que je voulais voir. Point barre. Pas besoin de se parler de nos vies que nous ne partagerons jamais. Je l’ai revu 2 ans après quand ma mère a quitté sa boîte. Lui était déjà en retraite mais il était venu au pot de départ. On ne s’est jamais parlé. J’ai croisé son regard plusieurs fois et à chaque fois, il détournait le sien… Et ce fut la dernière fois que je le vis. Est-ce qu’il me manque? Non. Je pars du principe qu’une personne ne peut pas me manquer à partir du moment où je ne la connais pas et à partir du moment où nous n’avons rien partagé ensemble.

Alors, oui, petite, voire surtout pré-adolescente, j’enviais les familles «normales» des copines parce que je sentais que la mienne ne serait peut-être pas acceptée… Le regard des autres m’a gêné. Le fait que l’on puisse juger ma famille m’a gêné. Pas d’avoir 2 mamans. Je ne dévoilais rien de ma famille et faisais souvent passer ma 2ème maman pour la meilleure amie de ma mère… Et au fur et à mesure du temps, je l’ai dit plus facilement et surtout aux personnes en qui j’avais confiance.

Je suis hétérosexuelle et je l’ai toujours été. Etre élevée par un couple homo m’a permis d’être plus ouverte, dans ce sens où je savais que oui, l’on pouvait aussi tomber amoureux d’une fille, même si l’on en était soi-même une.

Aujourd’hui, je pense être quelqu’un d’équilibré. Je suis amoureuse, je bosse. Je fais ma petite vie quoi!

On entend souvent parler du bien-être de l’enfant, etc. Déjà on en parle souvent au conditionnel comme si on n’existait pas. J’ai toujours l’impression d’être considérée comme un objet dans ces débats. Et je crie devant ma Tv: “Youhou! On est là!!!! On existe.”

L’autre jour, à la TV, des politiciens, contre le projet de loi, s’offusquaient de l’avenir des livrets de famille. Oh la la, on devrait retirer la mention «père» et «mère» et la remplacer par « parent ». Sacrilège! Mais tout ça n’est que futilité à mes yeux. Il y a beaucoup plus important. Comme le point suivant.

Légalement notre famille n’est RIEN. Voilà personnellement ce qui m’importe. L’enfant se construit avec 2 personnes du même sexe mais pour lui, ceci est secondaire. Il reçoit de l’Amour et c’est tout ce qui compte. Mais son 2ème parent (le non biologique) n’est pas reconnu. Ma mère biologique est tombée malade il y a quelques années… Heureusement, elle s’en est sortie et j’étais majeure mais que serais-je devenu si le pire était arrivé lorsque j’étais enfant voire ado? On m’aurait arraché à ma 2ème maman et , ça aurait été dramatique pour moi. Encore hier, ma maman et moi discutions de cette histoire de filiation. Elle a construit des choses avec ma 2ème maman qui n’est plus très jeune… Si il lui arrive quelque chose, ma maman n’aura rien.

Nous voulons un cadre légal pour nos familles. Pour qu’enfin, nous puissions exister aux yeux de la société.

Je suis fille d’homos et je vis normalement

4 Jan

Témoignage paru sur le blog: Enfants d’homos

http://enfantsdhomos.tumblr.com/post/36346260945/je-suis-fille-dhomos-et-je-vis-normalement

Je suis fille de parents homosexuels, j’ai trop souvent eu besoin de le cacher, je me suis longtemps sentie inexistante aux yeux de la société, puis, illégale, mauvaise, bonne à me faire soigner etc.

Il y a peu de temps, j’ai été voir une pièce de théâtre contre l’homophobie qui était suivie d’un débat, et je me souviens avoir dit qu’il était aussi important d’inclure les enfants de parents homosexuels dans le débat, car nous sommes également victime de l’homophobie. Je me souviens avoir été rejetée à l’école primaire, que les enfants n’avaient pas le droit de me parler ou me toucher car leurs parents disaient de moi que j’avais une maladie, à cause de mes mamans, et de mon papa.
Je me souviens avoir hurlé de colère en entendant les uns et les autres parler de déséquilibre moral et sexuel chez les enfants d’homo.

Je me souviens également avoir été aimée, entourée, soutenue, disputée, punie, gâtée, être partie en vacances, avoir été habillée tous les jours, avoir appris à prendre une douche quotidiennement, être allée au cinéma, au théâtre, avoir pris des cours de musique, de danse, avoir fait une vrai crise d’ado…
Bref, je me souviens avoir eu une enfance, une adolescence tout à fait banale, parfois même chiante, parfois merveilleuse, parfois triste, parfois très heureuse.

Et je sais qu’aujourd’hui, je ne suis pas bien différente des “autres”, si ce n’est que je suis ouvertement allergique à toute forme d’homophobie, et qu’il m’arrive parfois d’en pleurer.

Donc, voilà, je déballe un peu mon sac, car ces derniers jours, j’en ai gros sur la patate, comme vous je l’imagine bien.

Charlotte de DECLA