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Témoignage Mémé Simone (12)

21 Déc

Je suis arrivée sur ce blog au détour d’un lien sur Libération vers un article parlant de Frigide Barjo(w).. J’ai vraiment beaucoup aimé cet article, il a mis les mots juste sur ce que je pensais de cette hypocrisie, cette mauvaise foi écœurante à propos de  » la protection des enfants  » qui servent de prétexte, de couverture pour masquer un blocage qu’ils ne s’expliquent pas. je trouve ça presque malsain, parce que j’ai l’impression que c’est juste une stratégie médiatique pour dé-diaboliser les contre avec des pseudos craintes pour nos pauvres enfants,  » parce que vous comprenez nous on est généreux et bons et on veut protéger les enfants contre la perversion « … Non mais est-ce qu’ils y croient vraiment ? Est-ce qu’ils croient vraiment que chaque famille est composée d’un papa bleu, autoritaire et viril, d’une maman rose douce et docile et de 2 petits enfants ( fille et garçon pour pousser le cliché jusqu’au bout ) exemplaires. ils tentent de faire rentrer les familles dans un moule étroit et stéréotypé qui ne correspond pas à la majorité des familles, parce que oui, il existe des familles homoparentales, monoparentales, recomposées, avec un enfant, 2 ou 7 enfants, des pères doux et des mères autoritaires… Bref, je m’emporte, comme d’hab’ ! tout ça pour dire : je ne suis pas gay mais c’est pas pour ça que je ne me sens pas concernée par ce sujet et que j’ai pas envie de faire quelque chose pour que ça change. Leurs arguments me dégoûtent, me donnent envie de pleurer et de me jeter par la fenêtre ( dans cet ordre ) et après les avoir entendus en boucle matin et soir, votre blog et l’article qui m’a touché au cœur m’offrent un grand bol d’air !

Simone

Publié le 25 janvier 2013

Témoignage de Marianne (11)

10 Mar

Nous avons, mon mari, moi-même et notre petit Antonin, participé à la manif du mariage pour tous de décembre puis de janvier dernier.
Nous avons suivi en janvier pendant un temps votre cortège de poussettes, celui de l’association Enfants d’Arc-en-ciel, et notamment quand on passait devant Port-Royal (grand centre de PMA, référent notamment pour toutes les DOM-TOM) et un laboratoire d’analyse de fertilité. Une personne a dit au mégaphone à ce moment en les désignant que vous n’y avez pas le droit actuellement.

Moi, j’en ai bénéficié et votre remarque m’a émue au point où les larmes me sont venues aux yeux. Je peux vous dire que notre parcours de PMA a été difficile et que s’il avait fallu que j’aille à l’étranger, que je me justifie auprès de ma famille et amis, que je fasse tout cela sur mes temps de vacances, en me cachant de mon employeur, etc, comme le font des amies que l’on connait, je ne suis pas sure que j’aurais eu le courage d’aller jusqu’au bout !

En même temps, je sais quelle force l’on a lorsqu’on souhaite fonder une famille. Vous êtes vraiment très courageuses. Et j’ai envie de dire à ceux qui sont contre la PMA pour tous : « qui êtes vous pour juger du désir d’enfants des autres ? ».
Voilà mon témoignage de soutien,

Marianne

Témoignage de Betty (10)

29 Jan

Je suis hétéro, mariée, 2 enfants. Et je ne vois pas où est le problème d’autoriser les mariages gays ainsi que la PMA. Enfin si. Le problème pour moi est le suivant: pourquoi n’est-ce pas encore le cas? Tant qu’on s’aime, qu’est-ce que cela peut faire d’être un homme/une femme,  2 femmes ou 2 hommes? L’important c’est d’aimer. Et si l’on veut se marier, construire une famille, élever ses enfants et que ces enfants aient les mêmes droits, quel est le problème? De la même façon, je ne comprends pas pourquoi cela reste si dur à certains d’admettre que peu importe notre couleur de peau, il est normal d’avoir les mêmes droits. Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, on refusait de servir Joséphine Baker au restaurant sous prétexte qu’elle était noire. On est prompts à juger les gens qui par le passé ont tardé à évoluer dans leurs mentalités par peur du changement. Nous ne sommes finalement pas différents aujourd’hui…Chacun doit respecter l’opinion de chacun? C’est si facile à dire lorsque l’opinion des uns entrave les droits des autres!

J’ai la chance d’avoir côtoyé familles hétéro/homo/mono parentales: nous avons les mêmes problèmes, les mêmes peurs et les mêmes joies pour nos enfants.

Nos enfants ne sont ni mieux, ni moins bien éduqués. Tout cela varie selon la façon de les élever et le caractère de l’enfant, pas suivant l’orientation sexuelle du parent. Mais une chose est sure ils sont aimés ces mouflets!

Bah oui l’orientation sexuelle ne fait pas tout messieurs, dames. Rendons à César ce qui est à César: on peut être un(e) crétin(e), homo ou hétéro, on restera un crétin(e), mais ça faut mieux ne pas chercher à limiter les « reproductions » par ce critère, parce que comme on est tous le crétin de quelqu’un, on risquerait l’extinction de la race humaine.

Que l’on soit gays ou hétéros, ayons les mêmes chances de construire une famille; nous ne sommes ni mieux ni pire, nous faisons de notre mieux pour être heureux et puis c’est tout!

Nous avons choisi pour notre fille 2 marraines lors du baptême républicain et un parrain pour le baptême religieux. Et si c’était à refaire? Nous n’aurions fait qu’un baptême républicain parce que non, je ne me reconnais plus dans une église qui prône l’amour et la tolérance mais qui refuse d’admettre et de célébrer l’amour entre 2 personnes du même sexe!

Nous n’avons pas choisi ces 2 marraines pour leur orientation sexuelle, mais parce que nous voulions que ces personnes équilibrées, joyeuses et droites fassent partie de notre famille. Jennifer et Herveline font partie de ma famille. Mon mari est le parrain de leur fille. Pourquoi leur fille n’a pas les mêmes droits que la nôtre?

Que les couples puissent s’aimer, se marier, divorcer, homos ou hétéros ayons les mêmes droits, ce sont les impôts, notaires et avocats qui seront contents ;)!

Une petite anecdote: nous avons migré au Canada il y a peu. Et ben là, ils sont pétés de rire à l’idée que ça crée une polémique alors que chez eux, cela n’a pas changé leur mode de vie lorsque le Québec a autorisé en 2003 les mariages gays. Ils reconnaissent que la France était parmi les premiers à pays à abolir la loi qui établissait comme maladie d’être homosexuels (sympa de subir la lobotomie dans les années 60-70 parce qu’on avait le « malheur » d’aimer quelqu’un du même sexe). Et ils sont amusés que nous, si fiers de notre pays, peinons à faire preuve de bon sens: le GBS, Gros Bon Sens comme ils disent! Alors, vivement que l’on ait ce GBS et que l’orientation sexuelle devienne aussi banale que d’être assis à côté d’un black dans un bus. Que les familles hétéro ou homoparentales soient banalisées et que tous les enfants et leurs parents soient protégés par les mêmes lois, alléluia!!!

 

Betty

 

 

Témoignage de Françoise (9)

23 Jan

Sur le chemin de la vie, j’ai rencontré ma petite sœur de cœur. Avec dans son cœur et dans son âme une  vie amoureuse épanouie mais quel combat familial pour arriver là où elle en est aujourd’hui.

Souffrance, tristesse, séparation, rejet, incompréhension, survie mais toujours l’AMOUR pour l’une et l’autre puis pour cette petite fille qui est arrivée il y a 9 ans et qui fait de ce petit trio une famille exemplaire.

Joie, bonheur, Amour…. que faut il de plus quand on les voit réunis ???? Il faut L’EGALITE, pour que chacune puisse trouver l’apaisement, que demain leur permette la sécurité de leur fille , que la 2ème maman soit reconnue comme telle, qu’il puisse y avoir l’envie de faire d’autres enfants sans quitter son pays la France qui se dit pays des droits de l’Homme et de L’Enfant .

Le Droit à la Vie, à L’Amour à la sincérité,  à la paix, … pour que ces familles puissent vivre leur bonheur sans être montrer du doigt et juger cela s’appelle LA TOLERANCE.

Merci

Françoise

Témoignage de Michel (8)

22 Jan

Permettez à un vieillard de s’introduire, un bref instant et sur la pointe des pieds, dans la cour des petits… J’appartiens à une époque où l’homosexualité était un crime ou une maladie mentale (au choix – ce qui, de toute manière, n’était guère réjouissant). Des siècles de bêtise modelaient la pensée majoritaire.

Je lis que « cela a bien changé », que « tout est, désormais, différent »… Il n’est pas interdit de le croire et de l’espérer, en effet. Mais pour moi qui, par la force des choses, fréquente des milieux différents et des générations différentes, je suis surtout frappé par ceci : le discours a changé, mais l’hostilité (aujourd’hui voilée et fardée) envers les homosexuels est aussi forte aujourd’hui qu’hier. Il ne faut jamais croire le discours (ni les discours, d’ailleurs).

Puis-je ajouter que beaucoup de gens n’ont eu de père que pour l’état civil ? Dès lors, si les enfants des couples de lesbiennes n’ont pas de père, cela n’est pas très grave.

En France comme ailleurs la majorité des enfants n’ont pas eu de père, sinon en apparence….

 

Michel  

Témoignage d’Hélène (7)

21 Jan

Je suis maman de 2 petites  filles de 9 et 3 ans et demi. Je vis en couple  depuis 13 ans avec Christophe, leur papa.

Nous avons 2 amies  qui sont en couple depuis  plus longtemps que nous.

Elles ont le bonheur d’avoir mis au monde 2 enfants. Ma dernière  est née 1 jour après leurs jumeaux !!!!

Nous avons mis à chaque fois 2 ans pour avoir chacune de nos filles. Elles aussi ont attendu, mais avec les galères, les espoirs et les déceptions  de la procréation assistée.

Nos enfants et les leurs étaient désirés, attendus ardemment.

Elles ont vécus comme nous les nuits compliquées, les maladies qui inquiètent, la fatigue.

Régulièrement nous échangeons sur les petits problèmes du quotidien ; nous partageons les mêmes inquiétudes concernant nos petits bouts.

De quel  droit la société française peut-elle refuser à 2 personnes qui s’aiment et autant investies dans le bonheur et la réussite de leurs enfants le droit officiel d’être appelé « parents ».  !!!!!

Leurs amours pour leurs enfants est aussi fort que le nôtre pour nos filles.

Les nuits blanches, les  maladies infantiles, les inquiétudes de parents, elles le vivent comme nous.

Leur combat  pour le mariage et l’adoption homoparentale, c’est encore pour offrir la sécurité et la reconnaissance officielle de leur famille, pour  leurs enfants.

Cette loi n’est  juste qu’un rétablissement de la justice : égalité de traitement  pour tous.

C’est considérer que l’amour est plus important que l’orientation sexuelle pour  définir un conjoint ou un parent.

J’espère, nous espérons.

 

Hélène

 

Témoignage de Catherine (6)

19 Jan

Lorsque mon fils de 3 ans et demi est revenu un soir à la maison quelques mois après sa 1ere rentrée à l’école maternelle, nous annonçant tout content qu’il avait une nouvelle amie, son père et moi nous sommes réjouis, en y voyant les 1ers signes de sa socialisation et de sa capacité à s’intégrer !!
Quand nous avons appris quelques semaines plus tard que cette petite copine avait 2 mamans, notre première réflexion a été : Et alors, la belle affaire !

Amenés progressivement à faire connaissance, nous nous sommes découverts de multiples points communs avec les mamans, qui sont naturellement devenues des amies proches de notre famille … Surtout, nous avons pour nos petits bouts – aujourd’hui âgés de 5 ans et demi – les mêmes questions, les mêmes tracas et les mêmes joies !
Elles nous ont depuis permis de suivre à leurs cotes le chemin de croix pour que leur famille s’agrandisse encore ! Nous avons pris la mesure de toute la difficulté que cela implique, mais aussi du climat général d’hypocrisie puisque les traitements pour favoriser la réussite de la PMA belge ont été prescrits et administrés en France !

Heureusement, leurs vœux se sont réalisés avec l’arrivée d’une nouvelle petite fille, âgée aujourd’hui de 7 mois et qui fait la joie de ses mamans et de sa sœur, devenue « grande sœur » !

Si l’idée d’un débat autour des questions du mariage pour tous, de l’homoparentalité et la PMA est par essence saine dans un pays démocratique, les arguments avancés par les « anti » de tous poils sont pour le moins consternants… Il y a comme des relents d’obscurantisme, d’intolérance qui sont franchement insupportables selon moi !

Notre société évolue chaque jour, et c’est d’ailleurs ce qui la différencie des civilisations en déclin !
De plus, les enfants de familles homoparentales existent, quoi qu’on en dise… Et dans leur intérêt – puisqu’il parait que c’est l’argument ultime des « antis » pour justifier des prises de position moyenâgeuses pour le moins discutables – pourquoi ne pas leur donner les mêmes droits que les autres ?
Aucune menace, dérive ou perversion dans cette demande pour le moins légitime !

J’espère de tout cœur que le Président Hollande ainsi que tous les députés de la majorité auront le courage de mener à bien et de concrétiser cette promesse de campagne… Les démonstrations de masse des « anti » ne sont que gesticulations et forcement rien face à la majorité silencieuse des Français qui pensent que c’est une affaire privée, ou l’amour seul à droit de citer !
Ces hommes, ces femmes essaient d’élever leurs enfants dans l’amour et la sérénité, rien de moins, rien de plus et tous mes vœux les accompagnent !

 

Catherine

 

Témoignage de Zoé (5)

18 Jan

Je vis en Belgique, deuxième pays à avoir fait passer la loi pour le mariage homosexuel. Et nous allons très bien.

Oui, certes, comme dans tous pays il y a quelques embrouilles, mais elles sont principalement d’ordre linguistique, et on ne peut pas dire que les homosexuels aient un lien avec ça!

Ici en Belgique, il y a approximativement 85000 scouts. Ça étonne souvent les français, mais c’est comme ça: le scoutisme est une institution très appréciée dans mon pays. De plus, dans la majorité des unités, on ne parle plus de religion, et rien n’est imposé: des animés de toutes cultures peuvent s’y retrouver.

Après avoir moi-même été scoute, je suis devenue animatrice baladins (les plus jeunes chez les scouts, 5-8 ans) et le suis restée deux ans. Lors de mon premier camp, j’ai découvert qu’un de mes animés avait deux mamans. Je ne suis pas du genre à encourager le système de « chouchous », mais s’il y en avait un, c’était bien lui: il était toujours le plus motivé, le plus souriant, il avait aussi une mentalité incroyable, bien en avance sur son âge. On l’a d’ailleurs surnommé “Dom Juan”, parce que toutes les filles étaient amoureuses de lui.

On a appris que quand à l’école, on lui demandait “et t’as pas de papa?”, il répondait simplement “Non, mais j’ai deux mamans!”. C’est pour lui quelque chose de naturel, qu’il a toujours bien vécu, qu’il vit toujours très bien maintenant, et personne ne l’emmerde avec ça. Après tout, une famille c’est sacré, quelle que soit cette famille. C’est le cadre dans lequel on évolue, c’est notre foyer, nos premières découvertes…

On ne choisit pas sa famille. On ne peut pas protéger tous les enfants qui vont naître d’une “mauvaise” famille où ils se feront maltraiter. On ne peut pas jouer aux héros et “sauver” le monde. La France ne va pas changer plus que ça avec cette loi. D’ailleurs, les opposants n’ont même pas besoin d’être concernés. Ils ne seront pas invités aux mariages, qu’ils ne s’inquiètent pas. La filiation humaine ne sera pas remise en cause juste parce que la France fait enfin bravement un pas vers la modernité.

L’amour homosexuel est une réalité. S’opposer au mariage homosexuel, c’est s’opposer à l’amour. C’est, par peur du changement, par intolérance, par inconfort, empêcher nos égaux de vivre ce que l’on a la chance de vivre. S’opposer à l’amour, c’est accueillir encore plus de haine. Mon petit Dom Juan s’en sort bien dans la vie, mais il est vrai que d’autres enfants ont plus de mal. Ils se font taquiner, sont blessés, ne savent pas comment réagir. Ce n’est pas leur famille qui leur cause cette peine: ils y trouvent tout l’amour et le réconfort dont ils ont besoin, et s’y sentent en sécurité. C’est le monde extérieur, hostile, qui leur fait peur, et qui les rejette pour des raisons qu’ils ne peuvent ni ne veulent changer.

C’est cela qui peut (et doit) changer. Les mentalités doivent changer. Nous devons arrêter de refuser une évidence qui existe depuis plus longtemps que nos arrière-arrière-arrière-arrière-arrière… grands-parents.

De plus, en ce moment où l’on manifeste dans les rues contre un droit pour d’autres, ces enfants de familles homoparentales assistent à tout, pendant que l’homophobie grandit…

Vos enfants vous écoutent. Et comprennent que selon vous, un enfant d’homos, c’est pas normal, ça ne devrait pas exister. Et ces enfants, qui existent parmi nous, rentrent en pleurant à la maison, non pas à cause de leurs parents, mais à cause de vous, opposants à un droit si légitime.

Alors que la violence est partout, on s’oppose à l’amour au nom d’enfants qui ne nous ont rien demandé.

Il n’y a pas de concept universel, “L’ENFANT” n’existe pas. Il n’y a que DES enfants, avec chacun leur histoire, et aucun n’est préformaté: ils naissent innocents, et ne demandent qu’à découvrir le monde. Chacun se créera sa réalité, et deviendra quelqu’un, forgé par ce qu’il a appris.

Parmi vos enfants, certains deviendront homosexuels, d’autres non. On ne peut tabler sur une “disparition” de l’homosexualité, alors pour nos enfants et les générations d’enfants à venir, la véritable chose qui puisse changer quelque chose, c’est leur apprendre l’ouverture d’esprit dès leur plus jeune âge…

« Dom Juan » et mes autres baladins ont été comme mes enfants pendant 2 ans. Mais pas qu’à moi: au reste de mon staff, aux garçons qu’il y avait dedans également. Nous faisons partie de l’éducation de ces enfants. Les grands parents, les oncles, les tantes, les amis, les parrains, les marraines, les professeurs, les gardiennes, les animateurs, les baby-sitters, les copains, les parents des copains, les voisins, nous pouvons tous faire partie de la même famille. Un enfant a ses repères dans une famille qui n’est pas toujours biologique, mais énorme et pleine d’amour. Il n’y a pas de parité, pas que « un papa et une maman ».

Il y a tout le reste autour, tous les autres.

J’ai appris énormément de choses en m’occupant de ces petits. Mes liens avec eux se sont solidifiés, je comprends à présent comment ils fonctionnent, j’ai trouvé un tas de façons de gérer leurs conflits, je les ai soignés en cas de bobo, je les ai consolés en cas de chagrin, je me suis réveillée en pleine nuit en entendant des sanglots et j’ai tenu des enfants dans mes bras jusqu’à ce qu’ils s’endorment. Je leur ai inventé des histoires, des tas de jeux, ils ont été les héros de mille aventures différentes, qui finissaient toujours bien: le méchant reconnaissait ses torts et devenait gentil.

Je les ai parfois grondés, j’ai donné des règles, attribué des charges. Je me suis laissé dessiner des cœurs et tout plein de dessins sur la figure, on a fait des chaînes de « massages » dans l’herbe, au soleil, j’ai observé les grenouilles qu’ils avaient capturé et me ramenaient fièrement, je les ai mises dans un bocal et leur ai fait les libérer avant d’aller dormir.

On s’est racontés des secrets, des potins sur « qui est amoureux de qui », on a mangé ensemble, j’ai fait des tresses dans les cheveux des filles, j’ai lacé des chaussures, j’ai fait des « bagarres » dans l’herbe, j’ai chanté des berceuses, bref: j’ai partagé un quotidien avec ces enfants, et j’en retire énormément de choses positives. Je n’oublierai jamais ces enfants, et eux me sautent toujours dans les bras quand ils me voient.

Je sais que je serai mère un jour, et je sais que je serai une bonne mère. Et je sais que je pourrai compter sur ma compagne dans les moments durs, tout comme elle pourra compter sur moi.

Dans ce débat, il y a clairement deux partis, et les avis sont fixés, chacun campe sur ses positions et aucun parti n’admettra que l’autre a raison. La seule manière d’accepter quelque chose pour lequel on a tant de craintes et d’appréhensions, c’est de le vivre, de l’expérimenter, d’observer ce qui se passe, puis de se poser la question: “était-ce vraiment si terrible?”.

 

Zoé

 

Témoignage de Morgane (4)

16 Jan

J’ai longtemps hésité à vous écrire par rapport à ma famille et à tout ce que j’ai vécu dans le passé  » à cause de  » mon homosexualité puis j’ai sauté le pas car je trouvais important le fait de témoigner et peut être que cela encouragerait des jeunes comme moi à surmonter les moments difficiles et à essayer de relativiser même si cela est dur quelquefois face à la Haine, le Rejet, l’Ignorance et l’Incompréhension de ceux qui nous sont chers..

Je me présente je m’appelle Morgane, j’ai 19 ans et demi et vis près de Marseille,

Je n’ai pas vraiment de problème de santé particulier, ah si peut être un… Le fait simplement d’aimer… Oui oui aimer quelqu’un de tout son être et l’aimer d’amour tout simplement est une maladie pour certaines personnes.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je dis cela ? Parce que je suis une jeune femme qui aime les femmes et lorsque j’ai décidé d’annoncer à ma famille enfin tout d’abord à mes parents mon homosexualité je n’aurais jamais cru vivre ce que j’ai vécu par la suite.

Il y a 3 ans, j’ai décidé d’arrêter de cacher la vérité sur la relation que j’avais avec ma soi-disant  » meilleure amie  » depuis 2 ans auprès de ma sœur et mes parents.

Ma sœur a été la 1ère à qui je me suis confiée et à mon grand soulagement et du haut de ses 12 ans m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit :  » Peut m’importe tes choix tu es ma sœur et je t’aime comme tu es et ce pour toujours..!  » j’ai été inondée d’émotions, c’est vraiment indescriptible ce que j’ai ressenti à ce moment là vraiment, et j’ai alors décidé de me lancer auprès de ma mère..

Ma sœur l’avait bien pris pourquoi avec ma mère cela serait différent ?!

Je me lance avec une E-NOR-ME boule à l’estomac, la gorge nouée et avant de commencer je lui demande pour me rassurer avec quelques larmes si Elle m’aimera toujours. Sa réponse fut un :  » Mais oui ma chérie, tu es ma fille je t’aimerai toujours, qu’est ce qu’il y a ?  » et là une fois m’être dévoilée, tout a basculé. Elle s’est mise à pleurer, puis une gifle est partie. Ma sœur a pris ma défense et s’est énervée car elle n’a pas compris cette réaction si brutale de ma mère qui n’avait jamais été comme ça auparavant.

J’ai dû partir pendant quelques temps de chez moi alors que c’était l’année de mon bac. Je ne savais pas trop où aller car mes grands parents et le reste de ma famille n’était pas au courant. Et là j’ai vu mes VRAIS Amis et leurs parents qui m’ont accueilli les bras ouverts chez eux sans me juger.

Quelques jours après ma copine de l’époque et moi nous nous séparions.

Puis j’ai dû retourner chez moi, ma mère m’a acceptée mais je n’avais plus le droit de parler, je devais rester dans ma chambre et n’en sortir juste pour manger, faire ma toilette et aller au lycée. Ceci a duré des mois et en plus de cela ma mère filtrait toutes les séries, films, radios et magazines qui parlaient d’homosexualité car cela aurait pu  » m’encourager dans mon inconscience et dans ma maladie » Et dans la rue Elle ne marchait jamais à mes côtés, Elle ne me calculait vraiment plus du tout. De même pour mon père.

J’ai raté mon bac cette année là avec tous ces événements car j’ai vraiment eu cette impression d’être la honte de ma famille, j’avais interdiction d’être moi  même en fait, sauf avec ma sœur.

C’est vraiment dur de ne plus recevoir aucun geste ni mot d’amour de ses parents du jour au lendemain juste parce que vous êtes vous même et différente des autres.

Et le plus dur c’est de voir que vos parents socialistes acceptaient leurs amis et connaissances qui sont gays ou lesbiennes mais pas leur propre fille.

Les mois ont passé et ils ont en fait comme si de rien n’était et comme si j’étais hétéro.

Mon père est toujours là à me répéter que je suis très jolie et féminine (le vrai bon gros stéréotype quoi comme si être lesbienne signifie avoir les gros sourcils et être assimilée à une  » camionneuse  » bref.. ) que je trouverai bien mon prince charmant etc, etc

Pour ma mère, Elle est rassurée quand Elle me sait entourée de garçons dans mes soirées donc j’ai pris à contre cœur l’habitude de lui mentir sur mes fréquentations ; ce n’est pas que je suis entourée que de filles, non j’ai autant d’amis filles que garçons (ça aussi ce sont encore que de fausses idées reçues sur les lesbiennes) mais quand je suis en soirées ou boîtes lesbiennes alors oui je lui mens.

Quand à ma sœur Elle m’aime toujours autant et notre complicité et notre amour sont encore plus grands qu’avant ! :’$

Pour l’instant je suis encore dans mes études et ne veut pas me retrouver à la rue sans rien mais j’espère très vite pouvoir m’assumer seule pour pouvoir leur redire une fois la vérité en face et enfin vivre moi même sans mensonges ni cachotteries.

J’espère donc ainsi vraiment que les mentalités vont évoluer dans notre société grâce au gouvernement, je l’espère vraiment pour pouvoir éviter au maximum ce mal être que vivent les jeunes homosexuels lorsqu’ils découvrent leur orientation sexuelle et qu’ils doivent l’assumer ensuite dans leur famille mais aussi dans leur lycée.

Un GRAND merci aux associations qui luttent pour les droits LGBT car elles sont admirables et font un boulot remarquable et particulièrement à l’association Le Refuge qui grâce au contact d’un de leur membre m’a permis de me relever et de reprendre la force de me battre et d’assumer qui j’étais réellement..! :’$

 » L’Amour n’a pas de sexe..  »

Morgane

Témoignage de Thérèse (3)

16 Jan

Je suis amie avec un couple d’homosexuelles femmes qui élèvent deux enfants. Je peux vous dire que ces enfants sont très équilibrées, très heureuses et ne souffrent aucunement d’avoir deux mamans. Avant de porter un jugement sur ces couples pourquoi ne pas demander aux enfants de ces familles homoparentales ce qu’ils en pensent, ils sont les premiers concernés et eux ne jugent pas, ils le vivent tout simplement …

Thérèse

Témoignage de Romuald (2)

14 Jan

Il y a quelques années, si on m’avait posé la question « dis, Romuald es tu pour ou contre le mariage pour tous? »,  je ne sais pas ce que j’aurais répondu, mais plus par ignorance que par conviction.

Et puis, j’ai connu Jennifer et Herveline. Je n’ai pas vu en elles une couple de lesbiennes, mais juste un couple composé de deux personnes qui s’aimaient.

Et quand leur fille est née, ce sont des parents que j’ai vu.

Ce n’est pas un hasard si elles sont les marraines de ma fille. Elles représentent tant de valeurs auxquelles je crois (et qui manque surement aux gens qui sont contre cette égalité).

J’ai eu la chance d’assister à quelques unes de vos manifestations, autant par amitié que par conviction. Oui par conviction, parce que j’ai observé, tant les adultes que les enfants et ce que j’ai vu c’est de l’amour mais aussi du courage, de la rage dans ce combat pour faire reconnaitre une égalité de droits tellement évidente.

Après, Qu’est ce que cette égalité de droits va-t-elle retirée aux hétéros? J’ai beau me poser, reposer la question… Non, je ne vois pas!

Alors oui je suis pour !

J’espère que le gouvernement ira jusqu’au bout et ne se limitera pas uniquement au mariage pour tous mais apportera aussi une position claire et logique concernant la procréation médicale assistée.

 

Romuald

 

Témoignage de Julie (1)

21 Déc

Je m appelle Julie,  j ai 32 ans et suis la mère d’un petit garçon âge de 18 mois.
Depuis l’âge de 12 ans je suis amie avec Élise.
Nous arrivons à l’âge où, comme la plupart de nos amies, homosexuelles ou hétérosexuelles,  nous avons entrepris de construire une famille.

Élise et Sylvie, tout comme mon compagnon et moi même, ont eu le désir d’avoir un enfant ensemble après plusieurs années de vie commune. Mais contrairement à nous, leur chemin est semé d’embûches, confrontées au regard, parfois hostile, des gens qui les entourent.

Que dire des réactions des familles, de la société, de la loi devant 2 jeunes femmes qui s’aiment et qui attendent un enfant?

Avant d’en arrivée là, elles ont dû déjà entreprendre une PMA à l’étranger : outre les difficultés financières que cette démarche engendre, il faut souligner l’aspect sombre d’un, voire de tels voyages : c’est comme si fonder une famille était un acte tellement illégal qu’il faut se cacher et fuir a l’étranger pour commettre un tel délit !

En bonne ancienne étudiante en droit, je ne peux que revoir avec effrois les récits des femmes qui voulaient avorter avant 1974… Le parallèle est étrange mais présente beaucoup de similitudes non ?

Mais revenons à mon amie, quand Élise et Sylvie m’annoncent qu’elles attendent un bébé pour la fin de l hiver, je suis plus que ravie et heureuse pour elles et pour ce futur enfant à venir. Mais, cette annonce de naissance qui devrait toujours être accueillie dans la joie, se teinte aussi rapidement d’inquiétude. Et si le destin assombrissait d un coup leur famille en construction :

Et si Élise accouchait plus tôt que prévu, permettra t on à Sylvie de rassurer leur petite pendant qu’Élise se rétablit ? Verra t on Sylvie comme le parent de cet enfant ou comme un tiers, une amie de la jeune maman ?
Et si Élise devait disparaître, Sylvie aura-t-elle le droit de vivre avec sa propre fille ?
Et si un jour Sylvie porte à son tour leur enfant, quels seront les liens de cette fratrie, seront ils des tiers aux yeux de notre société ?

Alors oui, je suis tellement heureuse que mon amie de la classe de 6ème devienne mère à son tour,  mais j ai dû mal à voir comment la société pourrait se réjouir aussi tant que la justice ne reconnaîtra pas l’existence de la famille de mon amie.

Julie

Mariage pour tous : je n’irai pas manifester contre les droits de ma fille

26 Nov

Ma fille ne me dit pas grand-chose sur elle-même. Du fait de ma drôle de génération, elle en sait beaucoup plus à propos de ma vie sentimentale que je n’en sais à propos de la sienne.

Du fait de sa drôle de génération, elle vit son homosexualité de façon libre, pudique, c’est son tempérament, et engagée, c’est son tempérament aussi. En ce moment, je sais que ma fille s’étonne, et je m’étonne avec elle, qu’on oppose soudain si peu de laïcité aux interventions bruyantes et choquantes de l’Église catholique et de ses adeptes les plus intégristes dans un débat qui ne les concerne en rien. En ce moment, elle s’étonne, et je m’étonne avec elle, qu’on puisse envisager d’accorder le mariage et l’adoption aux couples homosexuels sans droit à la PMA, pourtant autorisée aux couples hétérosexuels stériles. En ce moment, je sais qu’elle s’indigne, que tous s’indignent, se sentent blessés, insultés. Et je m’indigne avec eux.

Non, M. Copé, je n’irai pas marcher contre leur désir de se marier, d’adopter et de faire des enfants. Je n’irai pas marcher comme je l’ai fait pour l’école libre autrefois. Il s’agissait alors d’empêcher l’État de décider à notre place de la façon dont nos enfants seraient éduqués. Mes enfants n’allaient pas dans une école privée (certains d’entre eux ont fini par y aller), ce n’était pas le sujet. J’avais marché pour un droit élémentaire.

Ma fille ne se mariera peut-être pas et n’aura peut-être pas d’enfants, ce n’est pas le sujet. Je n’irai pas marcher contre des droits élémentaires. Contre ses droits, ceux de sa compagne, de ses ami(e)s, de leurs enfants. Je n’irai pas marcher contre une réalité, même si elle vous déplaît, contre une société en marche, dont je fais partie, dont font partie ces milliers de gens – ces millions plutôt, on le saura de façon certaine quand ils ne seront plus condamnés à l’invisibilité – qui vivent déjà ensemble, font déjà l’amour ensemble, adoptent déjà des enfants ensemble (en se faisant passer pour célibataire), ont déjà des enfants ensemble (on peut faire ça, oui, en Belgique, en Espagne) en ayant moins de droits que les autres. Sans doute, elle a beau être inventive, la route que suit ma fille me semble compliquée.

Sans doute aurais-je préféré, si on m’avait demandé mon avis, un chemin plus classique. Sans doute est-ce moins facile qu’avec mes autres enfants de demander simplement de ses nouvelles. Il faut se confronter à soi-même, à son intolérance, à ses tabous, à ses préjugés. Comme des milliers de parents dans mon cas, je le suppose, je l’espère, j’ai fait des efforts pour comprendre et accepter ce qu’elle avait choisi d’assumer. Pour autant, tout ce temps, pas un instant je ne l’ai considérée comme un sous-enfant, envers qui j’aurais moins de devoirs. Merci de bien vouloir cesser de la considérer comme un sous-citoyen. Et avec elle ses ami.e.s, les ami(e)s de ses ami(e) s, et tous ceux qui réclament, pour eux et pour leurs enfants, rien de plus, rien de moins qu’une complète égalité des droits.

Xavier Couture, directeur général de France Télécom – Orange – Le

Article du Journal du Dimanche 18 novembre 2012