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Témoignage de Lucy (n°18)

13 Jan

Charlotte et moi sommes en couple depuis 3 ans. Entre elle et moi, le départ fut mouvementé car nous étions chacune en couple avec d’autres femmes lorsque nous nous sommes rencontrées. Limpide et clair, elle et moi ne pouvions plus passer la moindre journée et la moindre nuit l’une sans l’autre. Au delà d’un coup de foudre, l’union de nos deux êtres nous a fait nous sentir entières, nous a fait grandir et mûrir à une vitesse incroyable. Nous avons emménagé ensemble 4 mois après notre première rencontre, même si cela a pu sembler prématuré, nous en avions le désir et rien n’était forcé. L’année suivante, nous avons emménagé ensemble dans la Ville Rose, accueilli un chat et nous nous sommes fiancées officiellement.

Le temps a passé, nos amis deviennent parents les uns après les autres et avec la jalousie que nous éprouvions vient l’envie de devenir mamans à notre tour. Avoir un bout de nous, avec son tempérament de feu et mes jolies boucles brunes.

Après de longues discussions, nous avons pris la décision de lancer ce bébé d’amour à la fin de l’année prochaine car nous souhaitons avoir le temps de mettre encore quelques sous de côté afin de nous organiser un petit mariage simple (pour simplifier les choses ) et  de changer de maison et d’en trouver une où notre grenouille pourra avoir sa propre chambre.

Le choix de l’insémination avec donneur anonyme était une évidence car nous ne souhaitons pas partager l’autorité parentale, aussi je serai celle qui portera notre enfant.

Hormis ces informations, nous réalisons qu’il est dur de connaître toutes les procédures liées à la conception de ce bébé. Les médecins sont rarement confrontés à ce type de situation et sont frileux dès qu’il s’agit de donner des informations et connaître ses VRAIS droits est presque impossible, j’ai lu bon nombre de témoignages à ce sujet et chacun comportait son lot de mauvaises surprises.

Le mariage gay a aidé à l’éclaircissement, mais quelles sont nos options lorsque nous ne souhaitons pas avoir recours à des cliniques spécialisées en Espagne ou en Belgique? Demander à un passant dans la rue de nous donner son sperme? Tout ça pour s’inquiéter de l’avenir de son enfant en cas de décès et se battre avec le tribunal pour obtenir une adoption plénière ?
Il est temps de faire bouger les choses, que de réelles solutions soient trouvées. Nous avons trop de questions et pas assez de réponses.

Lucy

Témoignage de Céline (n°1)

8 Jan

Je suis la maman sociale de deux enfants de 2 ans et demi (pour qui nous avions obtenu une DAP-délégation d’autorité parentale) et 5 mois.

Nous avons commencé les démarches d’adoption il y a quelques semaines. Tout d’abord en appelant le TGI (Tribunal de Grande Instance) de Créteil pour avoir des infos sur la marche à suivre. Une première fois, on m’a dit, « nous n’avons pas de directive du procureur, rappelez nous ». Une deuxième « il faut venir le mardi ou jeudi matin retirer le dossier sur place ».

Finalement, à une rencontre de l’association des Enfants d’Arc en Ciel, nous avons discuté avec un couple qui venait de déposer la requête et qui nous a expliqué avoir obtenu le dossier par courrier.

J’ai donc fait un courrier au TGI et quelques jours plus tard, j’avais le dossier dans ma boite aux lettres.

C’est un dossier assez complet, du même type que celui que l’on a monté pour la DAP, attestations incluses. Et en bonus, l’accord écrit des grands parents biologiques des enfants pour qui on demande l’adoption. Ce qui ne nous arrange pas tellement puisque les relations sont difficiles avec la grand-mère biologique des enfants.

La semaine dernière nous avions rendez-vous chez le notaire. Après plusieurs échanges par mail et téléphone pour se mettre d’accord sur les tarifs notamment. En effet, lors du premier contact, ils voulaient nous facturer deux actes : le recueil du consentement et l’attestation de non rétractation. J’ai donc argumenté grâce aux infos transmises par l’association des Enfants d’Arc en Ciel et j’ai obtenu gain de cause. 250€ pour l’acte (un seul pour nos deux enfants) et l’attestation de non rétractation.

Le jour du rendez-vous, à notre arrivée, on nous informe que la personne avec qui nous avions rendez-vous a eu un empêchement et que c’est une autre personne du cabinet qui  nous recevra. Pourquoi pas, nous on veut juste signer le papier !

Au début de l’entretien elle reprend nos états civils complet (et ceux des enfants). J’avais transmis par mail les actes de naissance en amont même si on ne me les avait pas demandés pour éviter qu’ils les demandent eux même et qu’ils nous  le facturent.

Puis viens le moment de parler du contenu de l’acte et là, problème, elle a rédigé un acte pour une adoption simple. Nous lui expliquons que ce n’est pas notre demande, ni ce qui avait été convenu avec sa collègue. Et elle insiste en nous expliquant que l’adoption plénière rompra les liens de filiation avec la mère biologique. Nous argumentons encore, elle fini par aller se renseigner auprès de la collaboratrice de la notaire qui devait nous recevoir, et revenir en nous disant, je suis désolée, vous aviez raison, l’adoption plénière de l’enfant du conjoint est une exception à la règle vis-à-vis de la rupture du lien biologique.

Donc après une bonne demi-heure d’attente, nous avons enfin pu signer l’acte (sans qu’elle nous ai demandé nos cartes d’identité…

Voilà, maintenant on passe à l’étape recueil des attestations…Nous nous avons prévu un dépôt du dossier fin janvier.

Suite du témoignage:

Nous avons presque terminé la constitution « administrative » du dossier.  Ce n’est pas croyable le nombre de documents qu’il faut fournir pour justifier que je suis bien présente au domicile et que je participe à l’éducation de mes enfants !!!

Nous avons également terminé le recueil des attestations qui nous sont demandées par le tribunal pour prouver, je cite, qu’il existe « un lien affectif entre l’adoptant et l’adopté ». Autant vous dire que cela n’a pas été simple de dire à nos familles, nos amis que nous avions besoin d’attestations pour prouver tout cela. Plusieurs fois on nous a dit, mais qu’allons nous écrire, c’est tellement évident pour nous ? Nous leur avons conseillé de laisser parler leur cœur, de parler de ce qu’ils voient quand ils sont avec nous et nous avons eu de belles surprises qui m’ont mises les larmes aux yeux.

Cela est venu partiellement compenser la colère et l’humiliation que j’ai ressentie de demander à mes proches d’attester que j’aime mes enfants !!!

Nous avons aussi demandé aux professionnels qui côtoient nos enfants (crèche, pédiatre…), à mon directeur… et chaque fois la réponse fut la même, mais comment ça, ce n’est pas automatique avec le mariage ?  Et là on se demande pourquoi on a supporté tant de mois de débat et de battage médiatiques pour qu’au final les gens n’aient en fait rien compris !!!

Maintenant, il nous reste à écrire la requête pour le juge et à trouver les bons mots pour lui expliquer pourquoi je souhaiterai qu’il m’autorise à adopter  mes propres enfants !!! Bien sur il va falloir que je ravale ma colère et que je courbe le dos pour rester correcte, ne froisser personne et que toutes ces procédures se terminent enfin. Qu’enfin notre famille soit tranquille et surtout protégée.

Nous nous demandons encore si nous allons joindre des photos au dossier car cela n’apparait pas sur la liste des pièces à fournir. Ma compagne dit pourquoi pas… Personnellement je n’ai pas très envie d’exposer encore plus ma famille. Je le ressens comme une effraction supplémentaire de notre intimité. Nous avons déjà demandé les témoignages, fourni tout un tas de documents administratifs…nous nous attendons également, comme pour la DAP (délégation d’autorité parentale) à être convoquées au commissariat et à avoir la visite de la police à la maison… Alors pour les photos, je me dis stop, là c’est trop.

Nous devrions déposer le dossier fin janvier car nous sommes toujours en attente de l’attestation de non rétractation…

Suite du témoignage:

Suite à la rencontre avec l’avocate partenaire des EAC à Paris le mois dernier, nous avons finalisé notre dossier.
Finalement, suite aux conseils de l’avocate, nous avons mis des photos et les factures de la clinique où nous avons fait les IAD.
Nous avons également réutilisé certaines attestations du dossier de DAP. L’avocate nous a dit que celles qui attestent de frais précis peuvent être réutilisées. Par exemple, celle de la sage femme qui dit que j’étais là au cours de préparation à l’accouchement.

Donc une fois notre dossier finalisé, je suis allée le déposer au TGI de Créteil, l’accueil ne fut pas des plus chaleureux, surtout quand j’ai demandé une preuve de dépôt du dossier, mais qu’importe !

Voilà donc une étape de plus de franchie, nous rentrons à présent dans la liste d’attente, qui j’espère, ne sera pas trop longue. Mais j’ai peu d’espoir car pour la DAP nous avions attendu plus d’un an et demi et que la réputation du TGI n’est pas reluisante en matière de rapidité de traitement des dossiers.

Suite au dépôt du dossier au TGI fin janvier, nous pensions que l’attente serait longue. Finalement, pas tant que ça !
L’enquête de police a eu lieu en février : audition au commissariat (seulement moi en tant qu’adoptante) et visite au domicile.
L’audition s’est bien passé, s’était le même policier que pour l’enquête de la DAP et il a repris le PV d’audition précédent donc il m’a simplement demandé d’actualiser les éléments et de lui redire un certains nombre de choses qui était déjà dans le dossier : non, nous ne sommes pas séparées ou en instance de divorce, non je n’ai pas d’autres enfants issus d’une union précédentes…
Puis il m’a demandé de décrire mon quotidien avec les enfants et de lui expliquer pourquoi je demandais l’adoption.
C’est toujours une grande question ça ! Pourquoi ? Parce que ce sont mes enfants…? Non ça, ça ne marche pas bien sur ! J’ai donc redit que j’étais là depuis leur conception et que je les élevais au quotidien…
Après ça, ils sont venus à la maison pour faire le plan du logement. 
 
Lorsque j’ai recontacté le TGI pour savoir où en était notre dossier, on m’a informé que l’audience aurait certainement lieu en avril/mai, mais que nous ne serions pas convoquées. Notre dossier étant complet, notre présence n’était pas nécessaire.
 
Lorsque j’ai rappelé en avril, j’ai pu avoir la date de l’audience…J’ai donc téléphoné le lendemain matin… La personne m’a dit, oui c’est bon, le juge vous a accordé l’adoption.
Et là, je me suis retrouvée un peu bête, seule dans mon bureau…elle venait de m’annoncer quelque chose qui changeait ma vie mais en fait rien ne changeait vraiment… 
Oui, finalement, ça change tout et ça ne change rien à la fois… J’avais envie de le crier sur tous les toit…et en même temps le sentiment que personne ne pouvait comprendre ( à part les familles dans notre situation ) à quel point j’étais soulagée et heureuse que ma famille soit enfin en sécurité.
 
Et puis quelques jours après, j’ai appris que le jour où notre réponse avait été positive, à quelques kilomètres à peine de chez nous, à Versailles, plusieurs jugements avaient été refusés.
Cette injustice et cette inégalité sont inacceptable et montre bien que le combat n’est pas terminé…
 
Aujourd’hui nous sommes le 29 juin, cela fait deux mois que le jugement a été rendu. Mais les actes de naissance des enfants n’ont toujours pas été modifiés. Le procureur n’a pas fait les démarches…nous attendons donc toujours de pouvoir faire modifier notre livret de famille…
 
Après une lettre recommandée et plusieurs appels au TGI les actes de naissance de nos enfants ont enfin étaient modifiés le 19 août dernier.
À notre retour de vacances nous avons enfin pu faire rajouter nos enfants sur notre livret de famille.
Nous abordons donc cette nouvelle année scolaire sereines et heureuses de pouvoir fournir des documents administratifs en conformité avec notre composition familiale.

Céline

Allemagne: les enfants d’homoparents ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, selon une enquête officielle

5 Fév

http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Article de Yagg du 4 février 2013

Angela Merkel est toujours opposée, comme son parti, à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. La première étude (BMJ) représentative des familles homoparentales en Allemagne vient donner de l’eau au moulin des partisans de l’égalité. Elle montre que les enfants élevés par deux pères ou par deux mères, qui seraient au moins 7000 en Allemagne (selon une enquête de 2009) ne rencontrent pas de problèmes particuliers dans leur développement et dans leur rapport à la société, par rapport aux enfants issus des autres familles.

L’étude a été commandée par Brigitte Zypries, l’ancienne ministre de la Justice SPD (le parti social-démocrate) en 2006. Des enquêtes ont été menées auprès des parents et des enfants de familles homoparentales dans deux régions en Bavière. À l’Institut de Recherche sur la Famille de Bamberg, 1059 homoparents ont été questionnés sur différents thèmes allant de la répartition des tâches, aux rapports avec les personnes extérieures à la famille, en passant par la discrimination. Une petite centaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans ont aussi répondu aux questions de l’enquête, portant sur l’estime de soi, la relation à leurs parents, leur façon de gérer le regard des autres.

PAS DE PROBLÈMES ÉMOTIONNELS OU PSYCHOLOGIQUES
Comparés aux données récoltées auprès de familles hétérosexuelles,…. cliquez ici pour lire la suite de l’article: http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Interview d’enfants de familles homoparentales lors de la manif

27 Jan

Suivez ce lien pour arriver au reportage fait par Libération le 27 janvier

http://mobile.liberation.fr/societe/2013/01/27/je-suis-la-pour-que-ma-maman-puisse-m-adopter_877172

Témoignage d’Elsa (71)

27 Jan

M. est né il y a maintenant 17 mois. Je l’ai vu naître, j’ai été la première personne à le tenir dans mes bras, à lui parler, à le rassurer. J’ai passé 5 jours à la maternité où j’ai appris à m’occuper de lui jour et nuit. Depuis 17 mois, je me lève la nuit lorsqu’il pleure, je l’emmène chez le médecin et à la crèche, je m’assure chaque jour qu’il mange bien, qu’il dort bien et qu’il a tout ce dont il a besoin et par dessus tout je l’AIME. Tout cela, je le fais au même titre que ma compagne, celle qui pour la société est LA maman de M.

Alors j’attends avec impatience la loi qui me permettra de dire « OUI, je suis sa maman » sans que l’on puisse le remettre en question. J’attends avec impatience la loi qui lui permettra plus tard de pouvoir dire « j’ai deux mamans » sans qu’il se sente différent des autres. Parce qu’il n’est pas différent des autres enfants de son âge! C’est un petit garçon joyeux,  épanoui, très sociable et entouré d’amour. Comme chaque enfant, il mérite qu’on le respecte, qu’on respecte sa famille et que l’on ne l’exclue pas  sous prétexte qu’il n’est pas élevé par ses deux parents biologiques mais par ses DEUX MAMANS qui donneraient tout ce qu’elles ont pour son bonheur.

 

Elsa

 

Témoignage de Valérie (70)

26 Jan
Je m’appelle Valérie et je suis en couple depuis 25 ans avec ma compagne, pacsée depuis 11 ans et nous avons 2 supers petits garçons.
Nous avons été victime d’un très grave accident de voiture il y a maintenant presque 2 ans.
Lors de cette tragédie, je suis partie à l’hôpital avec le pronostic vital engagé, ma compagne et les enfants ont aussi été blessés.
Je me demande aujourd’hui ce qu’il se serait passé si par malheur j’étais décédée suite à cette tragédie, je n’ose même pas l’imaginer.
Est-ce-que ma compagne aurait pu avoir la garde des enfants, même si nous avons fait les papiers chez un notaire, je n’en suis pas sure.
Imaginez un peu le double traumatisme de ces deux petites têtes blondes si cela était arrivé. Ils auraient pu perdre leur maman (bio) et en plus on leur enlèverait la personne la plus importante pour eux leur 2ème maman, non mais ce n’est pas normale et inconcevable.
Alors mesdames et messieurs qui ne voulez pas du mariage pour tous, ni de l’adoption pour les couples homosexuels, je m’adresse à vous aujourd’hui.
Accepteriez vous que cela arrive à vos enfants ?
Valérie

Témoignage de Morgane (4)

16 Jan

J’ai longtemps hésité à vous écrire par rapport à ma famille et à tout ce que j’ai vécu dans le passé  » à cause de  » mon homosexualité puis j’ai sauté le pas car je trouvais important le fait de témoigner et peut être que cela encouragerait des jeunes comme moi à surmonter les moments difficiles et à essayer de relativiser même si cela est dur quelquefois face à la Haine, le Rejet, l’Ignorance et l’Incompréhension de ceux qui nous sont chers..

Je me présente je m’appelle Morgane, j’ai 19 ans et demi et vis près de Marseille,

Je n’ai pas vraiment de problème de santé particulier, ah si peut être un… Le fait simplement d’aimer… Oui oui aimer quelqu’un de tout son être et l’aimer d’amour tout simplement est une maladie pour certaines personnes.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je dis cela ? Parce que je suis une jeune femme qui aime les femmes et lorsque j’ai décidé d’annoncer à ma famille enfin tout d’abord à mes parents mon homosexualité je n’aurais jamais cru vivre ce que j’ai vécu par la suite.

Il y a 3 ans, j’ai décidé d’arrêter de cacher la vérité sur la relation que j’avais avec ma soi-disant  » meilleure amie  » depuis 2 ans auprès de ma sœur et mes parents.

Ma sœur a été la 1ère à qui je me suis confiée et à mon grand soulagement et du haut de ses 12 ans m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit :  » Peut m’importe tes choix tu es ma sœur et je t’aime comme tu es et ce pour toujours..!  » j’ai été inondée d’émotions, c’est vraiment indescriptible ce que j’ai ressenti à ce moment là vraiment, et j’ai alors décidé de me lancer auprès de ma mère..

Ma sœur l’avait bien pris pourquoi avec ma mère cela serait différent ?!

Je me lance avec une E-NOR-ME boule à l’estomac, la gorge nouée et avant de commencer je lui demande pour me rassurer avec quelques larmes si Elle m’aimera toujours. Sa réponse fut un :  » Mais oui ma chérie, tu es ma fille je t’aimerai toujours, qu’est ce qu’il y a ?  » et là une fois m’être dévoilée, tout a basculé. Elle s’est mise à pleurer, puis une gifle est partie. Ma sœur a pris ma défense et s’est énervée car elle n’a pas compris cette réaction si brutale de ma mère qui n’avait jamais été comme ça auparavant.

J’ai dû partir pendant quelques temps de chez moi alors que c’était l’année de mon bac. Je ne savais pas trop où aller car mes grands parents et le reste de ma famille n’était pas au courant. Et là j’ai vu mes VRAIS Amis et leurs parents qui m’ont accueilli les bras ouverts chez eux sans me juger.

Quelques jours après ma copine de l’époque et moi nous nous séparions.

Puis j’ai dû retourner chez moi, ma mère m’a acceptée mais je n’avais plus le droit de parler, je devais rester dans ma chambre et n’en sortir juste pour manger, faire ma toilette et aller au lycée. Ceci a duré des mois et en plus de cela ma mère filtrait toutes les séries, films, radios et magazines qui parlaient d’homosexualité car cela aurait pu  » m’encourager dans mon inconscience et dans ma maladie » Et dans la rue Elle ne marchait jamais à mes côtés, Elle ne me calculait vraiment plus du tout. De même pour mon père.

J’ai raté mon bac cette année là avec tous ces événements car j’ai vraiment eu cette impression d’être la honte de ma famille, j’avais interdiction d’être moi  même en fait, sauf avec ma sœur.

C’est vraiment dur de ne plus recevoir aucun geste ni mot d’amour de ses parents du jour au lendemain juste parce que vous êtes vous même et différente des autres.

Et le plus dur c’est de voir que vos parents socialistes acceptaient leurs amis et connaissances qui sont gays ou lesbiennes mais pas leur propre fille.

Les mois ont passé et ils ont en fait comme si de rien n’était et comme si j’étais hétéro.

Mon père est toujours là à me répéter que je suis très jolie et féminine (le vrai bon gros stéréotype quoi comme si être lesbienne signifie avoir les gros sourcils et être assimilée à une  » camionneuse  » bref.. ) que je trouverai bien mon prince charmant etc, etc

Pour ma mère, Elle est rassurée quand Elle me sait entourée de garçons dans mes soirées donc j’ai pris à contre cœur l’habitude de lui mentir sur mes fréquentations ; ce n’est pas que je suis entourée que de filles, non j’ai autant d’amis filles que garçons (ça aussi ce sont encore que de fausses idées reçues sur les lesbiennes) mais quand je suis en soirées ou boîtes lesbiennes alors oui je lui mens.

Quand à ma sœur Elle m’aime toujours autant et notre complicité et notre amour sont encore plus grands qu’avant ! :’$

Pour l’instant je suis encore dans mes études et ne veut pas me retrouver à la rue sans rien mais j’espère très vite pouvoir m’assumer seule pour pouvoir leur redire une fois la vérité en face et enfin vivre moi même sans mensonges ni cachotteries.

J’espère donc ainsi vraiment que les mentalités vont évoluer dans notre société grâce au gouvernement, je l’espère vraiment pour pouvoir éviter au maximum ce mal être que vivent les jeunes homosexuels lorsqu’ils découvrent leur orientation sexuelle et qu’ils doivent l’assumer ensuite dans leur famille mais aussi dans leur lycée.

Un GRAND merci aux associations qui luttent pour les droits LGBT car elles sont admirables et font un boulot remarquable et particulièrement à l’association Le Refuge qui grâce au contact d’un de leur membre m’a permis de me relever et de reprendre la force de me battre et d’assumer qui j’étais réellement..! :’$

 » L’Amour n’a pas de sexe..  »

Morgane