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FAQ: PMA et filiation

28 Sep
Ces dernières semaines, vous avez certainement lu et entendu beaucoup de chose concernant la loi bioéthique, la PMA pour toutes et la filiation.

De nombreuses questions se posent, en voici quelques-unes avec les réponses que nous pouvons vous apporter aujourd’hui :

 

– La déclaration Anticipée de Volonté (DAV) a-t-elle était abandonnée ? Oui et non :

Oui, le nom « Déclaration Anticipée de Volonté (DAV) » a été abandonné, ainsi que son placement dans un nouveau titre du Code civil, le titre VII bis, qui aurait été créé pour l’occasion.

Non, à part que le nom a changé et que ce soit dans le titre VII du Code civil, comme pour l’établissement habituel de la filiation pour les hétéros, c’est la même chose.

 

– Quelle solution a-t-elle été retenue par la Commission spéciale concernant la filiation ?

 

C’est l’amendement proposé par la Ministre de la Justice lundi 9 septembre qui a été retenu : la « reconnaissance conjointe de l’enfant à naître ». Les couples de lesbiennes, mariées ou non, devront effectuer une reconnaissance anticipée de l’enfant devant notaire. Ce document sera signé en même temps que le consentement au don mais comme tout acte notarié il aura un coût.

Cette déclaration apparaîtra sur l’acte de naissance de l’enfant mais la mention PMA n’y figurera pas. Cependant, comme la « reconnaissance conjointe de l’enfant à naître » sera réservée aux enfants conçus par PMA au sein des couples de lesbiennes, on pourra aussi en déduire la conception par PMA.

 

– Est ce que cette reconnaissance conjointe de l’enfant à naître est réservée aux lesbiennes ?

 

Oui, c’est une mesure spécifique qui ne concernera que les couples de femmes. Elle n’est pas l’équivalent du droit commun. Les hétéros ont la possibilité de faire une reconnaissance anticipée, mais cette démarche se fait en mairie.

L’extension du droit commun ce serait permettre, comme pour les couples hétérosexuels non mariés, aux couples homosexuels non mariés de déclarer la naissance de leurs enfants par reconnaissance volontaire en mairie, tandis que les parents mariés bénéficieraient d’une présomption de parenté calquée sur l’actuelle présomption de paternité.

 

– Est ce que cette reconnaissance sera possible pour les personnes ayant recours à une insémination artisanale ?

 

Non, cette démarche ne sera possible qu’en cas de PMA.

 

– Est ce que cette reconnaissance sera possible en cas de PMA réalisée à l’étranger ?

 

Il est envisagé que le consentement au don signé dans une clinique étrangère puisse être homologué par un notaire ou un juge en France afin de permettre la reconnaissance anticipée mais pour le moment nous n’avons aucune certitude sur ce point.

 

– Est ce qu’une solution est prévue pour les enfants nés avant le passage de cette loi ? 

 

Nous œuvrons pour que des solutions soient proposées à ces enfants. L’ouverture de la possession d’état aux lesbiennes pourrait être une option.

La possibilité pour les couples de même sexe de faire établir la filiation par possession d’état pourrait protéger les enfants, notamment pour les situations où les parents de même sexe sont séparés.

Notons à ce propos que l’esprit-même de la filiation par possession d’état est d’établir un lien de filiation entre un adulte et un enfant ayant une relation filiale, sans qu’il y ait lieu de chercher une vraisemblance biologique (même l’existence passée ou présente d’une relation de couple avec le parent légal n’est pas requise) : la filiation par possession d’état pourrait donc tout à fait être appliquée aux parents homosexuels non statutaires.

 

– Pourquoi les EAC ne sont pas satisfaits par cette reconnaissance anticipée ?

 

Car il constitue la création d’un mode d’établissement de la filiation spécifique aux couples de femmes. La solution proposée ne permet toujours pas d’atteindre l’égalité que nous réclamons.

L’égalité c’est nous donner les mêmes droits, les mêmes possibilités de protéger nos enfants dès la naissance, ce n’est pas créer des droits différents.

Etendre le système existant aujourd’hui pour les couples hétéros aux couples de femmes ne porterait atteinte à personne ! Pour les familles LGBTparentales, la solution proposée n’est pas une simple distinction juridique, elle maintient une inégalité. C’est pourquoi Les Enfants d’Arc en Ciel, l’asso ! ne crie pas victoire et poursuit le combat pour l’égalité.

 

– Quelle est la revendication des EAC concernant la filiation et pourquoi ?

 

Les Enfants d’Arc en Ciel, l’asso ! revendique une réforme de la filiation. En effet, une autre solution serait de réformer réellement le droit de la filiation afin de mettre en place un dispositif unique permettant la protection de tous les enfants. Sans procédure judiciaire et indépendamment du genre et du statut matrimonial des parents. Cette solution, c’est l’établissement de la filiation par reconnaissance volontaire en mairie, telle qu’elle se fait actuellement pour les couples hétérosexuels non mariés, et qui pourrait être étendue à tous.

Un mode d’établissement de la filiation unique, basé sur l’engagement parental.

 

– Quand connaîtrons-nous précisément le contenu de la loi et quand sera-t-elle votée définitivement ?

 

Les deux questions vont de pair. Nous connaîtrons le contenu exact de la loi une fois qu’elle sera définitivement votée. L’examen de la loi commence au parlement le 24/09/2019. Le texte va faire la navette entre l’assemblée et le parlement avant d’être adopté. Cela peut prendre plusieurs mois.

 

– Quand les lesbiennes pourront-elles démarrer un parcours PMA en France ?

 

Certainement pas avant quelques années, mais il est difficile de prévoir quand avec exactitude. Une fois la loi adoptée, il faudra qu’elle soit mise en œuvre sur le terrain, à cela s’ajoutera les délais de prise en charge des centre de PMA qui sont déjà assez élevés actuellement.

 

– Mon enfant va naître dans les mois à venir, est ce que cette loi va changer quelques choses pour notre famille ?

Tant que la loi n’entre pas en application, rien ne change concernant les démarches à effectuer. Actuellement, le seul moyen d’établir la filiation de la mère sociale est de se marier et de déposer une demande d’adoption plénière de l’enfant du conjoint.

 

Témoignage d’Anne et Agnès (74)

25 Mar

Ma compagne et moi-même nous nous sommes rencontrées en avril 1993, pacsées en décembre 2000 et enfin heureuses mamans depuis aout 2008 d’un petit Gaspard, qui a 4 ans et demi maintenant.

Gaspard est né d’une FIV réalisée à l’AZVUB de Bruxelles, un bébé Thalys comme on les appelle …….. Mais quel parcours! Que de questions, que d’interrogations, que de choix, que d’options…

Tout a commencé dans l’intimité de notre couple, un enfant oui naturellement et jamais nous ne nous sommes senties illégitimes dans cette démarche. Mais ensuite… concrètement comment faire ? L’ APGL de Paris a été d’une grande aide, nous accueillant au sein de groupes de paroles, nous expliquant toutes les solutions possibles.

Informées, aiguillées, renseignées… pour nous, les choix étaient désormais clairs : pas de conception en méthode artisanale, pas de conception en co-parentalité, ce sera une PMA avec donneur anonyme et la Belgique comme destination. La feuille de route était claire. Des anges gardiens ont veillés sur nous : une équipe formidable à l’AZVUB à Bruxelles, un gynécologue à Paris, puis un autre à Saint-Malo trouvé un peu au hasard ( car entre-temps nous avons déménagées en région , comme on dit ……)

Tous ces gens étaient formidables et ils avaient réglés avec eux-même toutes les questions « éthiques », et pour eux nous n’étions pas les premières a effectuer ce genre de démarches . Nous avons également bénéficié d’un entourage amical fort et impliqué à nos côtés contrairement a nos familles ……

En revanche, 5 ans ont été nécessaires pour que je « tombe » enceinte (quelle drôle d’expression tout de même), et 5 ans de stress pour ne pas louper un train, pour arriver à l’heure, pour ne pas louper une injection, pour faire des échographies, pour trouver le bon hôtel à Bruxelles, pour boucler le budget… Une PMA n’est pas simple, moralement, physiquement, intellectuellement, financièrement … la distance, la double équipe (France et Belgique) n’arrangent rien. Ce parcours nous l’avons fait à 2, Agnès et moi ( Anne ), une équipe, soudée, unie, faisant face. Une seule fois elle est restée à Paris, car elle avait la grippe, l’équipe de Bruxelles n’a pas compris que je vienne seule, pour eux, nous n’étions pas 2 filles, nous étions un couple qui souhaitait procréer et la procréation se fait à 2…

Et enfin, 5 ans après tout ce parcours du combattant, le test, les prises de sang, les nausées tout indiquait que j’étais enceinte ! Joie, bonheur… et puis dès cet instant… amasser toutes les preuves qu’Agnès était là, présente en tant que parent, pas marraine ou tata ou tatie ou mamoune ou quelque chose dans le genre …….non parent, maman, mère à part entière au même titre que moi qui l’ai porté. Y penser même dans la salle d’accouchement, y penser en demandant à la sage femme un témoignage attestant de la présence de sa seconde maman dès le 1er souffle de notre enfant… Y penser en permanence dès le moindre papier à remplir ……. Tout consigner pour plus tard, quand nous aurions les moyens (et oui toujours l’argent au cœur du problème) de passer devant le tribunal des Affaires Familiales pour faire une délégation d’autorité parentale (quel horrible terme, réducteur, froid, impersonnel…) et faire reconnaitre Agnès comme sa mère à part presque entière. Penser à sa mort le jour de la naissance de son fils… il y a plus gai, mais c’est une réalité, aujourd’hui fonder une famille avec 2 parents de même sexe c’est tout de suite penser au pire, protéger en cas de décès de la mère biologique, pour qu’en cas de décès de cette mère biologique, notre enfant ne perde pas sa deuxième mère au passage devant le juge des affaires familiales ou au pire, d’une volonté de la famille de la mère biologique décédée …….Car c’est souvent dans bien des cas que l’épée de Damoclès est tenue par sa propre famille ! Lugubre…

Et depuis 4 ans comment cela se passe-t-il pour lui , pour nous ? Et bien comme dans toutes les familles de France, il grandit normalement, il se développe normalement, il est en pleine forme, il est au courant du pourquoi et du comment il a été conçu et il est né. Il est à l’école (privée et catholique, où tout le monde connait la situation et où tout le monde, même le prêtre, reconnait Agnès comme sa mère) où il dessine sa famille comme les autres petits camarades, bref un enfant normal, au sein d’une famille normale…

Mais une famille soumise au bon vouloir et à la compréhension des autorités représentatives de l’état (crèches, écoles, médecins, douaniers…) qui dans notre cas ne se sont jamais posés de question quant à la légitimité d’Agnès. (En revanche pas de souci de reconnaissance de notre famille pour les impôts et pour la CAF, que cela arrangent bien de ne pas me reconnaître comme parent isolé………)

Mais soudain espoir, la proposition du programme de F. Hollande accordant le mariage pour tous. Nous nous marierons, bien sûr, le plus vite possible (le temps de trouver une salle quand même !) Nous profiterons de cette fantastique avancée de la société. Mais, le mariage ne résoudra pas tout pour nous. Gaspard étant né avant notre mariage, Agnès devra l’adopter… (nous aurions espérer voir la filiation reconnue d’office, ou la possibilité d’une reconnaissance comme pour un couple « normal ») Avocat, tribunal ? on verra ce que dira la loi…

Encore un combat, mais on le gagnera…. Pour notre enfant, pour notre famille. À tous ceux qui nous lisent, surtout ne pas se décourager . Nous réussirons à changer les choses. L’important c’est de garder espoir…….

Anne et Agnès et leur petit Gaspard

Sémantique de la famille

29 Jan

Article du blog Speak-Out du 27 janvier 2013

http://speakoutbymax.wordpress.com/2013/01/27/semantique-de-la-famille/

manif pour tous

Un débat qui se déplace de l’alliance à la filiation

Sur la question du mariage pour tous, le débat en cours, pour confus ou caricatural qu’il soit souvent, a au moins l’avantage de dessiner un consensus sur un point, celui qui a trait à la question de l’égalité des droits, sociaux, fiscaux et patrimoniaux attachés à l’union de deux personnes du même sexe. Il faut aller chercher au beau milieu des manifestants de Civitas la perduration de la remise en cause de ces droits alors même qu’ils furent âprement discutés lors du débat sur le PACS. Et même si nombreux sont ceux qui réservent leur jugement personnel sur cet état de fait – toute la France, on le voit, n’est pas devenue subitement gay friendly- chacun s’entend au fond, même si c’est quelquefois par calcul, sur l’idée que cela concerne au premier chef les deux du couple qui entendent contracter. L’ultime réserve nominaliste sur ce point prend la forme de la proposition d’une « union civile » qui préserverait le « mariage » dans sa sacralité républicaine hétérosexuelle. Les tenants de la « Manif pour tous », qui, sous cette appellation a-partisane, réunit des sensibilités différentes, mais plutôt à droite ou au centre et plutôt religieuses, ont bien compris que la question de la famille, de l’association de l’alliance et de la filiation, était le véritable angle d’attaque par lequel tenter de renverser une opinion initialement plutôt favorable.  C’est donc la question de l’enfant, au-delà du couple, qui est désormais, et à juste titre, au centre de la dispute. Il faut donc bien situer sur ce plan le débat et pour défendre l’idée du mariage gay et de l’homoparentalité, défendre la pluralité des modèles familiaux contre une conception par trop normative de la famille.

Modèle familial unique ou pluralité des modèles familiaux ?

Deux conceptions s’affrontent en effet. La première définit la famille dans une approche prototypique[1]. Il y a UN modèle familial, fondé sur l’hétérosexualité, ici d’ailleurs sciemment confondue avec la différence sexuelle, sur le seul lien procréatif biologique et sur le couple reposant sur un DEUX transcendant. Ce modèle est érigé en norme et toutes les autres formes de familles de fait sont considérées comme des formes périphériques, secondaires, accidentelles et seulement partiellement conformes au paradigme qui définit l’appartenance à la catégorie « famille ». Ce qui permet de stigmatiser ou d’exclure des formes perçues comme trop atypiques. En effet, l’arrière plan psychologique de cette conception est qu’il y a des degrés de perfection dans la façon de faire famille, voire des appariements sociaux, associant pourtant alliance et filiation, qui se situeraient en dehors même de l’idée de famille et ne mériterait pas de pouvoir entrer dans le cadre protecteur de la loi, comme par exemple aujourd’hui les familles homoparentales. Ce modèle, qui fonde la filiation  sur une conjonction idéalisée entre parenté génétique de conception, parenté utérine de gestation (remise en cause par la GPA à l’étranger) et parenté sociale d’éducation,  fait fi de l’extraordinaire évolution du modèle familial, de sa complexification et de son éloignement progressif du patriarcat qui en était le fondement véritable, assignant à l’homme et à la femme des rôles sexuels, familiaux et sociaux indépassables, car donnés comme naturels. Michel Serres a ainsi heureusement rappelé combien la Sainte Famille mettait déjà à mal cette figure prototypique, en brisant le lien biologique, en introduisant du tiers par la conception auriculaire et en figurant une double paternité, sociale et toute humaine avec Joseph, père putatif ou premier beau-parent et bien sûr divine avec un Père éternel pour le Fils de l’Homme.

Au contraire, les tenants du mariage pour tous (i.e. sans jouer sur les mots, le mariage pour les homosexuels comme pour les hétérosexuels) ont eux une définition plus large de la famille. Si l’anthropologie leur donne raison par la variété des structures de la parenté relevées dans les différents groupes humains, ce qui n’exclue pas évidemment des structures communes comme la différence sexuelle et la prohibition de l’inceste, c’est l’ensemble des évolutions juridiques quant à la définition de la famille en droit français qui justifie cette conception. Ainsi Irène Théry parle-t-elle d’  « une révolution de velours juridique » concernant le droit de la famille et le mariage : « Depuis 1912 le mariage n’est plus la seule institution fondatrice de la paternité ; depuis 1972 il n’est plus le socle de la seule famille juridiquement reconnue, les droits et devoirs des enfants et des parents sont exactement les mêmes que ces derniers soient ou non mariés ; depuis 2002 les devoirs de coparentalité survivent au divorce des époux ; et enfin depuis 2005 nous avons purement et simplement effacé du Code civil la distinction entre filiation légitime et naturelle, qui était autrefois le grand principe organisateur de tout le droit de la famille. ». C’est cet ensemble de mutations inscrites peu à peu dans la loi et liées à la fois à la montée de l’individualisme contemporain, à l’émancipation féminine, aux progrès de la science (contrôle des naissances, diminution de mortalité infantile, etc.), à l’allongement de l’espérance de vie, qui sont globalement niées par ceux qui défendent UN modèle familial unique qui donnerait droit à la reconnaissance institutionnelle que constitue le mariage, faisant verser tous les autres dans l’anomalie. Pourtant le mariage n’est plus la forme unique donnée à la famille ni même son fondement et c’est dans ce cadre qu’il devient non plus une institution valable pour tous mais une forme parmi d’autres d’appariement et un droit également disponible pour chacun.

La transcendance du biologique

Pour les tenants de la famille prototypique, le primat accordé à la parenté biologique tient en lisière les familles homoparentales et partant  les familles adoptives  (entièrement fondées sur la disjonction entre parents géniteurs et parents sociaux), toujours soumises à  des jugements qui oscillent entre  l’acte charitable et le vol d’enfants ou celles qui ont fait appel à l’IAD (fondées sur la disjonction entre un des parents sociaux et un des parents biologiques, le double don étant prohibé). Pour ces dernières, la question du secret des origines, qui perdura longtemps en masquant le tiers donneur génétique, est à comprendre comme  une forme de préservation d’un modèle idéal et par là même factice (voir sur ce point la tribune de René Frydman dans le Monde du 11 janvier). Ce qui indique d’ailleurs comment ce modèle familial unique est en réalité à la fois maintenu et déconstruit par les arrangements juridiques qui, au-delà du biologique, organisent la filiation et se trouvent au cœur de l’institution du mariage depuis bien longtemps, avec au premier chef  la présomption de paternité, chère au doyen Carbonnier, qui permit naguère à bon nombre d’enfants d’avoir un père qui n’était pourtant pas le leur. Pour ceux qui au contraire n’entendent pas discriminer au sein des modèles familiaux,  la famille n’est pas exclusivement ou seulement biologique comme on le voit avec la propension qu’ont les familles adoptives ou les familles ayant fait appel l’IAD, homosexuelles ou hétérosexuelles, à  assumer toujours plus la réalité de ce qui les fondent et la manière dont elles sont portées à faire droit aux demandes d’accès aux origines qui se sont fait jour chez leurs enfants, en cessant donc de « singer la nature » comme le disait en parlant de l’adoption celui qui donna son nom au Code civil .

La transcendance du Deux

Pour les amis de Frigide Barjot et du cardinal Barbarin (quel attelage !), le primat accordé à la transcendance du 2 qui fonderait indépassablement la famille, met « naturellement » à distance les couples séparés ou divorcés qui élèvent leurs enfants sans faire vie commune et les familles recomposées qui associent plusieurs adultes dans l’éducation d’enfants dont ils ne sont pas tous les parents biologiques,  les beaux-parents dans le cas de la garde partagée par exemple. De même sont considérées comme non conformes au modèle, les familles monoparentales, biologiques ou  issues de l’adoption par des personnes célibataires,  qui reposent sur une seule figure parentale et bien sûr les familles qui font appel l’IAD, qui introduit du tiers en distinguant le géniteur du parent. Pour ceux qui au contraire entendent que l’engagement 31 de François Hollande soit tenu,  la famille ne repose pas exclusivement sur le 2 du couple et la conjugalité, ce qui peut justement rendre nécessaire (inscription d’un enfant dans la filiation) ou souhaitable (reconnaissance sociale) leur institutionnalisation par le mariage pour ceux qui le souhaitent. La conjugalité et la filiation s’articulent, mais ne se présupposent plus. Les familles monoparentales, essentiellement féminines, se comptent par millions et, si elles rencontrent souvent des difficultés économiques spécifiques et ne sont pas toujours voulues comme telles, sont considérées aujourd’hui comme des foyers à part entière. L’ancienne partition entre les femmes mariées et les autres (filles mères, filles de joie) est caduque depuis longtemps.  La possibilité pour un célibataire d’adopter seul est inscrite dans la loi et l’on constate au quotidien que nombre d’enfants sont élevés socialement  par différents  adultes qu’ils peuvent considérer comme leur famille sans pour autant confondre parents et beaux-parents. Au lieu donc de réserver le cadre de la loi et les garanties de l’institution à un modèle unique, en partie imaginaire, il s’agit de faire évoluer le code pour y inscrire la réalité et l’égalité de ces différents liens possibles. Il ne s’agit plus de préserver un modèle idéal de la famille en lui réservant  l’institution du mariage qui deviendrait alors  sont ultime rempart mais au contraire d’offrir à chaque famille un ensemble de solutions  portant sur l’alliance  (mariage, pacs, union libre) et sur la filiation (adoption, IAD) et sur l’articulation des deux (accès aux origines, adoption de l’enfant de son conjoint)

La transcendance de l’hétérosexualité

Le primat enfin de l’hétérosexualité met bien sûr à l’extérieur de la catégorie les familles homosexuelles, que ce soit les couples lesbiens ayant fait appel à l’IAD officielle (à l’étranger) ou non et les modèles de coparentalité homosexuelle, mais aussi les familles monoparentales qui ne se conforment pas non plus d’une autre façon à l’impératif catégorique  des genres dissemblables. La question du droit de l’enfant est fréquemment invoquée par ceux qui considèrent qu’ils seraient a priori bafoués dans une famille homoparentale et qui nient que le désir d’enfants, communs à de nombreux êtres humains quelle que soit leur orientation sexuelle, y soit légitime. Mais au nom de quoi l’orientation sexuelle interdirait-elle l’accès à l’enfant ?  Pourquoi la société ne pourrait-elle pas confier un enfant à un couple homosexuel ou l’aider par la PMA à en avoir un ? De fait nombre de familles bien réelles fonctionnent  indépendamment de l’orientation sexuelle des parents ou de leur sexe. On note en effet, sur la base d’un grand nombre d’études internationales, que les enfants de couples homosexuels ont bien le sentiment d’appartenir à une « vraie » famille et qu’hormis des effets de stigmatisation sociale que la loi vise justement à éradiquer, l’homoparentalité ne constitue pas un handicap. Le fait que l’adoption par un célibataire est possible en droit, indique par ailleurs que le législateur n’a pas considéré comme indispensable  la coprésence des deux genres ou plutôt qu’il a considéré que cette coprésence n’était pas assurée exclusivement par la figure du père ou de la mère, mais structurellement présente dans l’espace social et familial élargi à travers de multiples figures alloparentales des deux sexes. Enfin, sur la question d’un éventuel  mensonge envers  leur enfant quant à leur origine ou à la différence sexuelle dans le cas l’IAD, dissimulation pourtant courante chez les couples hétérosexuels infertiles, la configuration homosexuelle évite toute forme d’hypocrisie sur la forclusion du tiers donneur, qu’elle oblige d’une certaine façon à repenser.

Quelle définition pour la famille ?

La définition même de la catégorie « famille » est  donc bien l’enjeu sous-jacent de ce débat et le fond axiologique sur lequel il se déploie. Soit on considère qu’il existe une entité qui représente le meilleur exemplaire  de cette catégorie, ici la structure nucléaire, biologique, hétérosexuelle, tous les autres types de famille étant évalués sur la base d’une plus ou moins grande ressemblance avec ce modèle, soit au contraire on considère que toutes les formes familiales ont un statut équivalent et sont également représentatives, ce qui leur confère les mêmes droits et par exemple celui au mariage. Cela suppose de prendre acte de la disjonction possible et déjà ancienne entre sexualité et reproduction (IAD) et entre conjugalité et parentalité (divorce) dans la famille hétérosexuelle pour ne pas faire de la question de l’homoparentalité, de la parentalité adoptive ou de la parentalité fondée sur la PMA le dernier bastion d’un ordre bel et bien caduc. Le fondement de la famille se déplace de la logique biologique et institutionnelle  vers celle du désir, de l’engagement et de la volonté, ce qui n’interdit pas de reconnaitre au biologique sa dimension fondatrice (cf. l’accès aux origines) et au  mariage son rôle qui évolue de l’ordre symbolique collectif à l’ordre juridique interindividuel. L’éthique de conviction qui caractérise ceux qui vénèrent un modèle familial unique et  préfèrent priver de certains droits des enfants bien réels s’oppose dans ce débat à l’éthique de responsabilité de ceux qui  songent d’abord à l’intérêt des enfants nés dans des familles homoparentales, les uns ne souhaitant pas instituer ce qui pour eux demeure exogène à leur conception de l’ordre social, les autres préférant faire droit à une réalité depuis longtemps en germe dans les textes de loi et dans les mœurs.


[1] La sémantique du prototype définit une catégorie par la plus ou moins grande ressemblance avec un prototype, un modèle idéal. Ainsi on dira que pour la classe des oiseaux, le moineau est plus prototypique que l’autruche. Cette conception s’oppose à une approche plus classique des catégories où chaque individu appartient à la catégorie s’il partage un certain nombre de traits définitoires.

Témoignage de Valérie (70)

26 Jan
Je m’appelle Valérie et je suis en couple depuis 25 ans avec ma compagne, pacsée depuis 11 ans et nous avons 2 supers petits garçons.
Nous avons été victime d’un très grave accident de voiture il y a maintenant presque 2 ans.
Lors de cette tragédie, je suis partie à l’hôpital avec le pronostic vital engagé, ma compagne et les enfants ont aussi été blessés.
Je me demande aujourd’hui ce qu’il se serait passé si par malheur j’étais décédée suite à cette tragédie, je n’ose même pas l’imaginer.
Est-ce-que ma compagne aurait pu avoir la garde des enfants, même si nous avons fait les papiers chez un notaire, je n’en suis pas sure.
Imaginez un peu le double traumatisme de ces deux petites têtes blondes si cela était arrivé. Ils auraient pu perdre leur maman (bio) et en plus on leur enlèverait la personne la plus importante pour eux leur 2ème maman, non mais ce n’est pas normale et inconcevable.
Alors mesdames et messieurs qui ne voulez pas du mariage pour tous, ni de l’adoption pour les couples homosexuels, je m’adresse à vous aujourd’hui.
Accepteriez vous que cela arrive à vos enfants ?
Valérie

Témoignage de Françoise (9)

23 Jan

Sur le chemin de la vie, j’ai rencontré ma petite sœur de cœur. Avec dans son cœur et dans son âme une  vie amoureuse épanouie mais quel combat familial pour arriver là où elle en est aujourd’hui.

Souffrance, tristesse, séparation, rejet, incompréhension, survie mais toujours l’AMOUR pour l’une et l’autre puis pour cette petite fille qui est arrivée il y a 9 ans et qui fait de ce petit trio une famille exemplaire.

Joie, bonheur, Amour…. que faut il de plus quand on les voit réunis ???? Il faut L’EGALITE, pour que chacune puisse trouver l’apaisement, que demain leur permette la sécurité de leur fille , que la 2ème maman soit reconnue comme telle, qu’il puisse y avoir l’envie de faire d’autres enfants sans quitter son pays la France qui se dit pays des droits de l’Homme et de L’Enfant .

Le Droit à la Vie, à L’Amour à la sincérité,  à la paix, … pour que ces familles puissent vivre leur bonheur sans être montrer du doigt et juger cela s’appelle LA TOLERANCE.

Merci

Françoise

Témoignage de Gaëlle (1)

22 Jan

Je me permets de témoigner pour votre blog, étant fille de femme homosexuelle.

Je ne suis pas née avec pour parents deux femmes ou deux hommes. Je suis née d’un père et d’une mère. Il y aura presque dix ans, ma mère m’avouait son homosexualité. Jamais je ne fus choquée. Au contraire, jamais je n’ai vu ma mère autant sourire, et le bonheur de sa mère, ça n’a pas de prix!

Aujourd’hui, sa compagne, qui est une femme formidable, attend des jumeaux, deux petits garçons; j’ai hâte qu’ils arrivent! J’attends mes deux nouveaux petits frères avec impatience! Car oui, pour moi, ils seront mes petits frères au même titre que mon frère biologique.

J’ai toujours été fière de ma maman et de sa compagne, ce sont des femmes formidables, et je ne comprends décidément pas tout ce mouvement de lutte contre le mariage gay ou l’homoparentalité. Qui a décrété que l’amour était une femme+un homme? Qui donc à décrété que le bonheur c’était une femme+un homme? Ma mère est homosexuelle, j’ai vécu onze ans avec un père et une mère, et ça va faire dix ans que je vis avec ma mère et sa compagne, bien que je ne les voie pas tous les jours n’étant plus au domicile familiale. Pourtant, je ne suis pas malheureuse. Je vis avec dans mon entourage, deux belle-maman, la nouvelle épouse de mon père, et l’épouse (pour moi la compagne de ma mère est comme son épouse) de ma mère. Jamais je n’ai été malheureuse, jamais je n’ai détesté ma mère pour son homosexualité, idem pour mon frère. Nous le vivons très bien, et sommes fiers! Il n’y pas « d’anormalité » à être homosexuel, il n’y a que de l’amour, il n’y a que du vrai, que du bonheur. Le bonheur de ma mère et de celui de sa compagne va bientôt se concrétiser avec l’arrivée des deux petits bouts de choux. Et je sais qu’ils seront des enfants comblés et les plus heureux du monde, et qu’ils seront fiers un jour de dire « j’aime mes mamans ».

Il est temps que les mentalités évoluent, et que les gens cessent de sentir supérieur parce qu’ils sont « normaux ». Quelqu’un peut-il me donner une définition exacte de ce mot « normal »? Cela n’existe pas, la seule et la véritable chose existante, c’est l’amour, et le bonheur partagé par chacun. On devrait tous ne souhaiter que le bonheur d’autrui, pas les punir ou leur interdire d’officialiser cela.

Moi aujourd’hui, je suis fière, et heureuse de dire « j’aime ma maman et ma belle-maman », même si je ne leur dit pas assez souvent.

J’espère qu’avec ce témoignage, j’ai réussi à faire partager mes idées, mon ressenti et ma vison actuelle des choses.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde!

Gaëlle

 

Témoignage de Céline (68)

22 Jan

Tout commence comme de nombreux jolis témoignages émouvants que j’ai pu lire.

Deux femmes qui s’aiment, un enfant en commun et de belles années.

Comme toute les mamans sociales, j’ai coupé le cordon, j’ai donné le premier biberon, j’ai veillé des nuits entières mon enfant contre mon cœur, j’ai essuyé les premières larmes, naturellement… parce que c’est ma fille tout simplement.

Mais les couples se séparent parfois et l’absence de lois provoque les pires drames.

Car à ce jour, la réalité d’une maman sociale c’est d’avoir été séparé de sa fille pendant des semaines, c’est ne plus pourvoir l’amener à l’école du jour au lendemain, c’est accepter tout les chantages pour pouvoir profiter de son enfant, c’est vivre dans la crainte constante que l’autre vous la retire du jour au lendemain, c’est faire le deuil d’être une vraie maman, de partager son quotidien, ses nuits, ses rencontres, ses vacances… C’est ne pas même pouvoir avoir sa première photo de classe… détail insignifiant peut être mais tellement parlant.

La réalité à ce jour c’est n’être qu’une tierce personne au regard de la loi, c’est peut être commencer un procès durant lequel je ne verrai plus ma fille pendant des mois, c’est devoir réunir les preuves de l’évidence, devoir prouver que je me suis occupée de ma fille pendant des années, que j’étais présente de la maternité à ce jour, c’est trouver des attestations quand toutes les portes se ferment.

C’est espérer encore, perdre espoir souvent, aimer son enfant toujours…

Parce que s’il y avait eu une loi, la réalité aurait été toute autre et qu’il ne me faudrait pas me battre contre le système français pour pourvoir simplement exercer mon droit de mère.

 

Céline

 

Témoignage d’Hélène (7)

21 Jan

Je suis maman de 2 petites  filles de 9 et 3 ans et demi. Je vis en couple  depuis 13 ans avec Christophe, leur papa.

Nous avons 2 amies  qui sont en couple depuis  plus longtemps que nous.

Elles ont le bonheur d’avoir mis au monde 2 enfants. Ma dernière  est née 1 jour après leurs jumeaux !!!!

Nous avons mis à chaque fois 2 ans pour avoir chacune de nos filles. Elles aussi ont attendu, mais avec les galères, les espoirs et les déceptions  de la procréation assistée.

Nos enfants et les leurs étaient désirés, attendus ardemment.

Elles ont vécus comme nous les nuits compliquées, les maladies qui inquiètent, la fatigue.

Régulièrement nous échangeons sur les petits problèmes du quotidien ; nous partageons les mêmes inquiétudes concernant nos petits bouts.

De quel  droit la société française peut-elle refuser à 2 personnes qui s’aiment et autant investies dans le bonheur et la réussite de leurs enfants le droit officiel d’être appelé « parents ».  !!!!!

Leurs amours pour leurs enfants est aussi fort que le nôtre pour nos filles.

Les nuits blanches, les  maladies infantiles, les inquiétudes de parents, elles le vivent comme nous.

Leur combat  pour le mariage et l’adoption homoparentale, c’est encore pour offrir la sécurité et la reconnaissance officielle de leur famille, pour  leurs enfants.

Cette loi n’est  juste qu’un rétablissement de la justice : égalité de traitement  pour tous.

C’est considérer que l’amour est plus important que l’orientation sexuelle pour  définir un conjoint ou un parent.

J’espère, nous espérons.

 

Hélène

 

Témoignage de Jean-Olivier (13)

21 Jan

 Lorsque ma cousine A. m’appela il y a quelques années pour m’annoncer qu’elle allait faire sa vie avec une femme, je crois me souvenir qu’elle avait un peu d’appréhension sur la réaction de sa famille proche.

Cette appréhension n’était pas justifiée. Il n’y eu, ni réaction de rejet, ni jugement de notre part. Le bonheur n’emprunte pas qu’un seul chemin…
Lorsqu’elle m’appela quelques années plus tard, pour m’indiquer qu’elle allait avoir recours avec sa femme à une PMA, je me suis simplement dit qu’elles seraient de merveilleuses mamans et que mes deux enfants auraient une petite-cousine ou un petit-cousin et de beaux souvenirs à partager dans quelques années.
Ce fut une petite-cousine.
Lorsqu’elle m’appela pour me dire qu’elle et son amie allaient tenter une seconde PMA, pour que leur fille ait une petite sœur ou un petit frère, je me suis dit que ce qu’elles avaient si bien réussi une première fois, elles pourraient le faire une seconde.
Ce fut une petite sœur.
Cela fait maintenant six ans que j’observe avec bonheur cette famille « différente » aux yeux de certains, mais si peu aux miens.
Ma cousine aime une autre femme et une femme aime ma cousine.
Ces deux femmes ont eu deux magnifiques petites filles.
Nous n’habitons plus à côté les uns des autres (elles, à Nantes, et nous, à Vincennes), mais nous faisons tout pour passer le plus d’occasions ensemble, qu’il s’agisse des fêtes de famille, de Pâques ou de Noël.
J’observe ce petit monde évoluer, grandir et s’aimer, dans ce beau projet familial devenu réalité.
Quelle différence ?
Peut-être pas là où certains le pensent, en tout cas.
Quand j’observe l’aînée de leurs filles, je suis fier de constater à quel point celle-ci a l’esprit vif et brillant. C’est une petite fille heureuse, qui a deux mamans, des grands-parents, un parrain et une marraine, ainsi que des cousin(e)s qu’elle adore et qui le lui rendent bien.
Quand j’observe cette même petite fille avec sa jeune petite sœur, je vois une enfant comme les autres, émerveillée par l’arrivée de ce bébé au sein de sa famille.
Et quand j’observe mes propres enfants et l’affection qu’ils ont vis-à-vis de leurs cousines, je suis fier d’écrire qu’un seul lien nous lie : celui de l’amour familial.
Alors, à tous ceux qui vocifèrent sur le mariage pour tous, tous ceux qui brandissent des pancartes anti PMA, je ne dis qu’une chose : vous ne savez pas de quoi vous parlez, votre rejet ou votre haine ne provient que de votre sectarisme.
L’amour entre deux êtres n’est pas fonction de leur sexe, sauf à le réduire au seul acte charnel. L’amour qui se veut engagement est bien au-delà de cela. Alors pourquoi ne pas ouvrir les mêmes droits à tous ? De quel droit juger l’amour et l’engagement de l’autre et refuser à tous les mêmes droits, sous prétexte que cet amour ne serait pas hétérosexuel ? En quoi cet amour menacerait-il les fondements de notre société occidentale ?
L’amour filial n’est pas non plus fonction du modèle de famille. Combien d’enfants sont nés d’un homme et d’une femme par accident. Les enfants nés de deux femmes ou élevés par deux pères grandiront dans un véritable projet familial. Certains de ces projets réussiront, d’autres pas … Mais ces enfants auront toujours l’assurance qu’ils ont été désirés à deux et qu’ils ont été aimés. Combien d’enfants nés d’une relation hétérosexuelle ne peuvent pas se dire la même chose ?
Quant au fait d’avoir deux parents du même sexe, cela n’effraie pas un enfant.
Les enfants s’adaptent et savent où se situe l’essentiel.
Les adultes pas toujours, loin s’en faut…
La semaine prochaine [le 27 janvier], j’irai de nouveau battre le pavé aux côtés de mes cousine, de leurs ami(e)s, tout simplement parce-que j’estime qu’elles ont le droit de s’aimer et de s’unir, comme je l’ai fait avec mon épouse, que leur union n’est pas moins légitime que la mienne et que les droits civils qui nous sont garantis par la Loi, en tant que conjoints ou que parents, mais également les devoirs qui sont les nôtres, doivent être les mêmes pour tous.

Jean-Olivier

 

Témoignage de Sylvie (17)

21 Jan

Dans un mois, ma fille va naître. Elle ne sortira pas de mon ventre mais de celui de ma compagne. Et pourtant, elle sera quand même ma fille.

• Parce que je suis très amoureuse de son autre maman et que fonder une famille nous a semblé naturel. Fonder une famille lorsque l’on est un couple heureux, c’est juste normal.

• Parce qu’avec ma compagne, nous avons réfléchi à la manière de concevoir cet enfant, à la manière de l’éduquer, à la manière de défendre ses droits pendant 2 ans avant de passer à l’acte en prenant contact avec des cliniques belges. Notre désir d’enfant a été murement réfléchi, bien plus que dans la plupart des couples hétérosexuels de ma connaissance.

• Parce que j’ai parlé de ce désir d’enfant à tout mon entourage pendant des années et qu’à tous, ce désir a semblé couler de source. Maintenant que ma compagne est enceinte, ma mère me dit qu’il est possible que ma fille me ressemble. Ma sœur n’arrête pas de me répéter que dès que sa nièce viendra au monde, elle prendra sa voiture et fera 800 km d’une seule traite pour venir embrasser ma fille et me donner des conseils. Mon père m’aide à installer sa chambre. Mes amis me harcèlent pour connaître son prénom.

• Parce que j’ai été là pendant sa conception. C’était en Belgique, dans une clinique où l’on nous a accueillies, conseillées, choyées comme de futurs parents tout simplement, ni plus ni moins.

• Parce que comme tous les parents, je n’arrête pas de penser à ce petit être que je vais élever : la première fois que je la tiendrai dans mes bras, la première fois que je la verrai téter le sein de ma compagne,  la première fois qu’elle me serrera la main, la première fois que je lui ferai prendre un bain, la première fois qu’elle me sourira, la première fois qu’elle m’appellera maman, la première fois qu’elle marchera, … la liste est sans fin.

• Parce que je serai là quand elle viendra au monde. Je tiendrai la main de son autre maman et je couperai le cordon ombilical. Je l’embrasserai avec émerveillement.

• Parce que les liens biologiques n’ont aucune valeur. Ce n’est pas la biologie qui fait des êtres humains de bons parents. Ce qui compte, c’est que je sois là pour la nourrir, la laver, l’habiller, la coiffer, la consoler, l’amuser, lui lire des histoires, lui préparer à manger, l’emmener au parc, l’emmener en vacances, l’aider à faire ses devoirs, l’emmener au musée et au cinéma, … la liste est sans fin.

• Parce que quand je pense à ce petit être qui est en train de grandir dans le ventre de ma compagne, je me dis que je ne peux plus imaginer ma vie sans elle. Elle fait déjà parti intégrante de ma vie, de mes pensées, de mes projections dans l’avenir.

• Parce que j’exige l’égalité avec les couples hétérosexuels. Lorsqu’un couple hétérosexuel a recours à la PMA, on leur octroie la filiation automatiquement.

• Parce que si on écoute les « bien pensants », les femmes n’auraient toujours pas le droit de voter, ni celui de divorcer, ni celui d’ouvrir un compte en banque sans l’aval de leur maris, ni celui d’avorter.

Pourtant, tant que la loi ne reconnaîtra pas ma famille :

• Les médecins pourront me refuser l’accès à la salle de naissance lorsque ma fille naîtra.

• Je dépendrai du bon vouloir des médecins s’il arrive quoi que ce soit à ma fille. (Ils peuvent refuser que j’assiste à la consultation)

• Je n’apparaîtrai pas sur le livret de famille de ma fille. Légalement, elle n’aura qu’un seul parent.

• Ma fille ne portera pas mon nom.

• Ma fille aura autant de liens juridiques avec moi et ma famille que ma voisine, autrement dit : aucun.

• J’aurai besoin d’une autorisation de ma compagne pour aller chercher ma fille à la crèche et à l’école.

• Je ne pourrai pas me présenter comme parent d’élève.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne décide de me quitter.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne venait à décéder.

• Je pourrais abandonner ma compagne et ma fille sans avoir de compte à rendre à personne.

• Ma fille n’aura pas de liens juridiques avec ses frères et sœurs (parce que oui, nous désirons avoir d’autres enfants et je désire en porter aussi).

• Ma fille ne pourra pas hériter de moi.

• Je serai une sous citoyenne avec pour seule raison le fait que je sois homosexuelle, orientation sexuelle que, je le rappelle, je n’ai pas choisie. Cela fait partie de mon identité, de mon essence. Au même titre que ma couleur de cheveux, la grandeur de mes mains, la forme de ma bouche, le timbre de ma voix, la grandeur de mes jambes… Je suis homosexuelle et je suis mère. Donnez-moi des droits parce que je suis une mère comme les autres, ne me les refusez pas parce que je suis lesbienne.

En bref, si la loi ne prend pas en compte nos familles, je devrai continuer à trouver des pansements à mettre sur tous les vides juridiques auxquels ma famille sera confrontée jour après jour.

Témoignage d’Emilie et Johanna (65)

20 Jan

Je suis française mais j’ai la chance d’habiter Montréal. Pourquoi,  je dis : « la chance » ?

Parce que la femme que j’aime et avec laquelle je vis est légalement mon épouse

Parce que je suis la mère de mes deux enfants, peu importe si je les ai portés ou non.

Mes enfants ont donc la chance d’avoir deux parents plutôt qu’un.

Ici nous sommes une famille, et on nous reconnaît comme tel. Je n’ai pas à justifier au médecin, à l’école, chez le notaire, ni le banquier que : « oui je suis mariée » et « oui ce sont mes enfants ».

Ici, nous avons été accueillis avec un sourire.

Ici, je n’ai rien eu à faire pour que nos enfants soient nos fils à toutes les deux, à part remplir la déclaration de naissance, la même pour tous les parents. Il faut juste cocher mère ou père dans la bonne case.

Nous recevons des cadeaux de la garderie avec nos 2 noms : maman Mimi et maman Jojo. Mon fils n’a même pas encore senti de préjugés envers sa famille et n’en n’a pas envers les familles hétéros, gaies ni lesbiennes.

Ici non plus ça n’a pas toujours été facile pour nos familles. Il y 12 ans, avant que la loi pour le mariage ne soit votée, les sondages donnaient les mêmes résultats qu’en France, entre 53 et 60% en faveur du mariage gay. Mais les valeurs changent, heureusement. Et donne ça :

Moi, en train de faire une demande de certificat de naissance et la dame qui me demande si je vais demander la double nationalité pour mon fils. Et moi qui lui répond que non car mon fils perdrait une de ses mères sur les papiers français. Elle me répond : « oh oui, j’ai entendu ce qu’il se passe en France en ce moment, entre vous et moi ils sont retardés là-bas ! qu’il reste Canadien alors ! »

Ou encore :

Lors d’une discussion avec une connaissance sur le débat en France : on explique encore que les enfants perdraient une de leurs mamans en France, la copine demande:

« – ah oui ? vous devriez passer par des procédures d’adoption alors? »

– euh, non on pourrait rien du tout ! »

– Nan !!!!! ça se peut encore ?»

Et aussi :

Au café l’autre jour, un monsieur nous parle :

– « Oh, ils sont beaux ces enfants ! », en cœur : « merci ! » « ils sont à qui ? » : – « à nous !», « vous faites une belle famille »

J’espère que les politiciens ne se tromperont pas et choisiront de donner une place à nos familles, pas seulement nos couples, parce que dans 10 ans ce sera juste normal et que tout le monde s’en moquera, sauf nos enfants, nos familles, amis et nous !

 

Émilie et Johanna

 

Témoignage d’Anne (64)

20 Jan

Je souhaite m’exprimer en tant que parent dit « social » même si je me reconnais déjà dans beaucoup de vos témoignages.

Notre histoire me semble d’une grande banalité, nous nous sommes rencontrées, ma compagne et moi il y a bientôt 12 ans et le désir d’élever un enfant ensemble est venu petit à petit au sein de notre couple. Convaincues par les études scientifiques nord américaines qui montrent que les enfants élevés dans des familles homoparentales ne vont, ni mieux, ni moins bien que les autres, nous nous sommes lancées dans l’aventure.

Notre première fille est née il y a 6 ans, ce fut bien sûr un grand bonheur pour nous. Nous n’avons pas rencontré de difficulté particulière en dehors de la logistique de pratiquer une IAD en Belgique. C’est au début de sa scolarité, lorsque j’ai voulu me présenter en tant que parent d’élève que les choses se sont compliquées. Cette démarche me semblait tellement naturelle que je n’ai pas compris le refus de la directrice d’école puis de l’inspecteur d’académie. Mais il fallait se rendre à l’évidence, je n’avais aucun droit sur ma fille, les textes de loi me renvoyait à cette réalité. Comment accepter cela, je suis tellement une mère aux yeux de ma fille!

Nous avons alors engagé une procédure de délégation d’autorité parentale. J’ai vécu avec beaucoup de violence le passage devant le juge avec notre avocat. C’était édifiant d’entendre notre avocat nous défendre en justifiant que nous sommes propriétaire d’une maison comportant un nombre suffisant de pièces compatible avec l’accueil d’un enfant ou que ma compagne faisant beaucoup de trajets en voiture il pourrait être intéressant que je puisse prendre des décisions importantes en son absence concernant notre fille.

Être obligé de se faire juger par des inconnus sur notre capacité à être parent me semble être de l’ordre de l’humiliation. En espérant que la loi sur l’adoption de nos enfants soit votée, si les démarches d’adoption n’évoluent pas, j’attends avec impatience le passage de l’assistante sociale chez nous!

Cependant, grâce à cette autorité parentale partagée (valable du vivant de ma compagne)  je suis aujourd’hui élue parent d’élève et je peux assumer cette responsabilité concernant la vie scolaire de ma fille.

Quelques années plus tard, nous avons souhaité avoir un deuxième enfant et là notre parcours a été plus complexe, souvent vécu par beaucoup de couples de femmes: examens médicaux, voyages itératifs en Belgique avec les problèmes que cela entraine (trajet de 10 h, absences professionnelles au dernier moment, garde de notre fille,…).

Je tiens d’ailleurs à remercier les gynécologues français qui nous soutiennent dans nos démarches, nous accueillent dans leurs consultations avec nos projets. Ils nous prescrivent examens et traitements d’AMP en engageant leur responsabilité.

Après finalement une IAD en Espagne, notre deuxième petite fille est née il y a 11 jours et nous comble de bonheur.

Le seul changement depuis 6 ans est que j’ai pu prendre le congé d’accueil de l’enfant anciennement congé paternité.

Nous faisons parti de la société française, les lois sont faites pour encadrer la population, dans l’égalité. Nos familles existent et doivent être reconnues.

Nous ne voulons enlever de droit à personne, nous voulons juste en avoir.

Être parent n’est pas qu’une question de sang. Accéder à la notion symbolique de la parentalité est une des dimensions de l’espèce humaine.

 

Anne

 

 

Témoignage d’Emmanuelle (63)

20 Jan

Je m’appelle Emmanuelle, et je vis depuis bientôt 20 ans avec Marion. Nous avons trois enfants, nés à la suite d’inséminations artificielles avec donneur (IAD) pratiquées en Belgique.

Nous habitons une petite ville de la banlieue parisienne depuis 5 ans. Nous y vivons simplement, au milieu de nos amis, de nos connaissances, des parents d’élèves, des commerçants. Nous faisons partie d’associations locales, pour la musique, le sport, la convivialité.

Nous sommes comme tout le monde.

Nous sommes tellement comme tout le monde que lorsque nous avons expliqué à nos voisins, lors de la galette des rois de notre immeuble, pourquoi nous allons manifester dimanche, ils sont tombé des nues : à nous voir vivre au quotidien depuis ces quelques années, ils n’imaginaient pas que l’une ne puisse pas emmener ses enfants à l’hôpital, ni lui léguer ses biens en cas de décès, ni voter aux élections des parents d’élèves, ni qu’elle ne figure pas sur notre livret de famille.

Ils ne l’imaginaient pas parce qu’ils savent, eux, que nos enfants ont bel et bien deux mères, que nous sommes une famille comme les autres, que nous nous énervons quand les enfants transforment l’appartement en champ de bataille comme les leurs, et que nous nous émerveillons quand ils nous racontent leur première blague de Toto, comme les leurs.

Tout ce que nous voulons, c’est avoir la même protection que ces familles que nous côtoyons tous les jours, et qui sont prêtes, elles, à accepter le mariage pour tous et les différentes formes de parentalité de notre époque.

 

Emmanuelle

 

 

Témoignage de Sandra (62)

20 Jan

En grandissant, je me suis vite sentie « différente », ou plutôt décalée, pas tout à fait à ma place. Très seule aussi. Il m’a fallu presque trente ans pour admettre la raison de mon mal-être. Il y a eu l’anorexie, la boulimie. Il y a eu des accès dépressifs et ces cachets cachés sous mon matelas pendant longtemps, pour pouvoir en finir. Je pleurais la nuit, planquée au fond de mon lit. Le chemin était trop long, trop escarpé, je n’en voyais pas le bout. Ma vie était complètement dans le noir et si je n’ai pas lâché prise, c’est uniquement par amour pour mes parents, parce que je ne voulais pas leur faire ce mal atroce.

Et puis elle est arrivée, celle dont je suis tombée amoureuse et qui a fait voler en éclats tous les murs qui barraient ma route. J’ai enfin pu renaître. Les personnes qui me connaissaient « avant » n’en revenaient pas. Je n’étais plus la même. J’étais libérée, heureuse, et ça changeait tout.

Quand j’entends la violence des mots proférés sans complexe ces derniers mois, je revois l’ado que j’étais. Cela aurait achevé de me désespérer… Je pense aux jeunes qui ont vu ces images, ces pancartes ignobles, et j’ai envie de hurler. Ces gens si propres sur eux, savent-ils qu’un jeune homosexuel sur quatre tente de se donner la mort ? À cause de l’image négative de l’homosexualité dans notre bonne société française et des rejets vécus, notamment en milieu scolaire.

Savent-ils que le Refuge, association qui vient en aide à ces jeunes en détresse, est submergé d’appels depuis novembre dernier ? Ça ne leur fait rien à ces bienpensants gonflés de moralité ? Non. Ils sont au-dessus de « ça » et investis d’une haute mission. D’ailleurs, leurs enfants qu’ils emmènent dans la rue brandir des pancartes homophobes ou au mieux qui rejettent l’Autre ne finiront pas homos. Ça ne leur effleure même pas l’esprit. Quelle hérésie, mon Dieu !

Seulement voilà, ils n’en savent rien en fait… Et le jour où il ne restera à certains d’entre eux que leurs yeux pour pleurer, ce sera trop tard. Mes parents pensaient avoir failli dans leur éducation, avoir raté quelque chose avec moi. Au contraire, ils m’ont donné la force de m’assumer, même si ça a pris du temps (mais ça, c’est mon côté têtu !) et ils peuvent en être fiers.

Aujourd’hui, je regarde notre fille, un petit soleil de 6 ans. Elle rayonne, elle est heureuse, elle sourit tout le temps et est à l’aise partout, bien dans ses baskets.

Je me suis fait une promesse le jour où elle est née : qu’elle ne doute jamais que ses parents l’aiment comme elle est. Et je ne laisserai personne ternir son éclat.

Vous qui vous autoproclamez défenseurs de l’enfant, ne voyez-vous pas que votre parole est à l’exact opposé de ce que prêchait votre Jésus ? Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Sauf les catégories mentionnées ci-dessous? Laissez venir à moi les petits enfants. Seuls ceux nés dans une famille avec un papa, une maman, un labrador et qui boivent l’ami Ricoré tous les matins ?!

Et figurez-vous qu’ils vont très bien, nos enfants. Ceux élevés par des parents homos et devenus adultes en témoignent, les nombreuses études sur le sujet le disent, mais aussi nos familles, nos amis hétéros, les parents des copains de nos enfants, les professionnels comme les psys, les médecins ou encore les instits et les animateurs que nous côtoyons comme tout autre parent. Si nos enfants risquent d’aller mal, c’est en entendant les messages nauséabonds que vous véhiculez, notamment auprès de vos têtes blondes qui, à leur tour, rejetteront nos enfants. J’exagère ? Détrompez-vous ; cela a déjà commencé dans les cours d’école et c’est entièrement de votre faute.

Alors oui, je suis en colère ! Ouvrez les yeux, à défaut du cœur. Nous ne demandons rien d’autre que le droit de vivre, d’aimer et de protéger ceux que nous aimons sans nous sentir de trop ou juste tolérés, citoyens et parents de l’ombre.

Sandra

Témoignage de Stéphanie (60)

20 Jan

C’est avec une grande émotion que je témoigne ce soir !

Il y a bientôt 9 ans que Fred et moi nous nous aimons. Très vite de cet amour nous avons voulu un petit bébé… COMME TOUT LE MONDE !!! Mais pour nous c’est un peu plus compliqué que tout le monde, nous sommes un couple de femmes et pour avoir la chance d’être Mamans, nous avons été obligées de nous adresser à la Belgique qui elle, nous considère comme un vrai couple désirant fonder une famille. Alors nous voilà en route pour la Wallonie. Entre les rendez-vous (4), les IAD (au nombre de 6) et la FIV, nous avons fait 11 voyages pour accéder au droit d’être MAMANS ! Ce chemin a été long, douloureux, coûteux… nous avons douté, mais nous n’avons rien lâché !!! Le 12 mars dernier notre petit homme est né, nous sommes devenus une famille, comme TOUT LE MONDE !!!!

Mais cette petite phrase anodine s’est arrêtée là, car :

– Ma femme n’a pas eu droit aux 3 jours pour la naissance d’un enfant au sein du foyer (or nous sommes un foyer puisque nous déclarons nos impôts ensemble !!!)

– Notre fils n’a pas eu de cadeau à Noël par le CE  de ma femme car nous sommes considérés comme une famille recomposée ;

Ma femme n’est pas reconnue comme la mère de son fils, elle ne peut prendre aucune décision le concernant !

Malgré tout quand notre fils pose ses yeux sur ma femme, c’est bien sa maman qu’il regarde ! Le jour de sa naissance alors qu’il n’avait que quelques minutes, c’est vers elle qu’il a dirigé son regard quand il a entendu sa voix (à écrire ses mots j’en ai encore les larmes aux yeux tellement c’est beau !!!) Alors vous me direz que c’est ça qui compte le plus, que notre fils aime ses 2 mamans et bien moi je réponds que non, ça ne suffit pas !!!!

En bonnes citoyennes françaises nous remplissons nos devoirs jour après jour, comme TOUT LE MONDE et bien comme TOUT LE MONDE nous voulons des DROITS, les mêmes que tous les citoyens français !

Ma dernière phrase sera pour mes 2 Amours, Frédérique et Gabriel :

Vous êtes ma plus belle réussite, je NOUS aime… et j’ai hâte que l’on soit reconnu comme une vraie famille aux yeux de tous, comme TOUT LE MONDE !!!!

Stéphanie