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Témoignage de Christel (n°78)

9 Fév

Je m’appelle Christel, j’ai 34 ans aujourd’hui, et je suis en couple avec ma femme depuis 10 ans ½. Nous sommes mariées depuis 2 ans ½. Dès le début de notre relation, nous savions que fonder une famille ferait partie de nos objectifs de vie. Cela ne s’improvise pas, alors nous avons attendu de finir nos études et d’être bien installées dans nos vies professionnelles pour nous lancer. Entre l’option de la Belgique et celle d’une insémination artisanale avec donneur, nous avons opté pour la 2ème, en pensant que ce serait plus simple au niveau de l’organisation. Nous avions convenu que ma femme porterait notre premier enfant. Après une fausse couche au 1er essai, le 7ème est finalement le bon, et 9 mois plus tard, nous voilà devenues les deux mamans comblées d’un merveilleux petit garçon (je passe outre les démarches que nous avons dû accomplir pour que je sois officiellement sa maman.)

Un peu inconscientes peut-être, nous décidons 2 mois plus tard de reprendre les essais avec le même donneur pour que je puisse porter notre 2ème enfant, nous rêvions d’enfants rapprochés, et nous avions l’occasion de le tenter. Les essais se multiplient, le scénario se rôde de mois en mois, mais excepté un début de grossesse chimique au 5ème essai, aucune 2ème barre n’apparaît jamais sur les tests de grossesse. Nous commençons à désespérer et nous tournons vers la Belgique. Cette fois, il faudra mettre la main au portefeuille. Nous commençons par les inséminations classiques. L’organisation est beaucoup plus complexe, surtout avec un enfant en bas âge. Il faut gérer les rdvs médicaux, les prises de sang, les aller-retours vers la Belgique lorsque le feu vert est donné par l’équipe médicale. Une, deux, trois inséminations, jusqu’à la 6ème autorisée, à raison de 700 euros par essai, mais toujours rien… Le temps passe, nous fêtons les 2 ans de notre petit garçon.

Début 2018, nous prenons la grande décision de tenter la FIV… 3500 euros… Ma ponction se déroule bien, et 10 petits embryons en résultent. Un embryon frais m’est transféré 3 jours après la ponction. Deux semaines plus tard, pour la première fois, une 2ème barre apparaît sur le test de grossesse, la prise de sang vient confirmer ce résultat, nous exultons, enfin !

Notre joie est malheureusement de courte durée, car 3 semaines plus tard, nous apprenons que cette grossesse sera classée sans suite… La retombée est encore plus douloureuse, la fausse-couche, provoquée, est atroce. Suite à cela, nous tentons 3 transferts d’embryons congelés, qui se soldent tous par des échecs.

Notre petit garçon aura 3 ans la semaine prochaine, et mon ventre reste désespérément vide… Nous en sommes à 12000 euros et 15000 kilomètres d’effectués dans ce parcours vers notre 2ème enfant. Je suis blessée à vif, je ne vis presque plus que pour cette grossesse, je suis fatiguée, sans doute un peu dépressive, à tel point que j’en oublie même de dire à ma femme à quel point elle est formidable et combien je l’aime.

Il est peut-être temps de penser à une pause, de changer nos plans, peut-être de renoncer à cette grossesse dont je rêve depuis si longtemps. Le parcours en PMA, les échecs à répétition abîment le couple. Quand ce parcours doit se faire à 500 kilomètres de chez soi et que vient s’ajouter le caractère financier et le stress que cela représente, ce parcours abîme encore plus. Il est plus que temps que les choses bougent en France… Vive la PMA pour toutes.

François épouse-moi

25 Mai

Article de l’Huffington post du 19 mai 2015

 » Non rassure-toi, ce n’est pas la place de première dame qui m’intéresse. À vrai dire, cher François, je suis déjà la première dame de ma femme. Non je viens juste te demander ce que tu m’as refusé il y a 2 ans, au moment du vote de la loi sur le mariage pour tous, souviens-toi: la possibilité d’avoir un enfant par PMA, en France, à côté de chez moi, de chez nous. »

« Et oui, cher François, c’est que mon gynéco est très embêté depuis qu’il m’a diagnostiqué une insuffisance ovarienne et qu’il a dû m’annoncer: « si vous étiez mariée à un homme, je vous proposerais une FIV, mais mariée à une femme, oui c’est tout à fait possible médicalement mais la loi française me l’interdit, je suis désolé » »

Pour lire l’article en entier, cliquez ici

Témoignage de Stéphanie (60)

20 Jan

C’est avec une grande émotion que je témoigne ce soir !

Il y a bientôt 9 ans que Fred et moi nous nous aimons. Très vite de cet amour nous avons voulu un petit bébé… COMME TOUT LE MONDE !!! Mais pour nous c’est un peu plus compliqué que tout le monde, nous sommes un couple de femmes et pour avoir la chance d’être Mamans, nous avons été obligées de nous adresser à la Belgique qui elle, nous considère comme un vrai couple désirant fonder une famille. Alors nous voilà en route pour la Wallonie. Entre les rendez-vous (4), les IAD (au nombre de 6) et la FIV, nous avons fait 11 voyages pour accéder au droit d’être MAMANS ! Ce chemin a été long, douloureux, coûteux… nous avons douté, mais nous n’avons rien lâché !!! Le 12 mars dernier notre petit homme est né, nous sommes devenus une famille, comme TOUT LE MONDE !!!!

Mais cette petite phrase anodine s’est arrêtée là, car :

– Ma femme n’a pas eu droit aux 3 jours pour la naissance d’un enfant au sein du foyer (or nous sommes un foyer puisque nous déclarons nos impôts ensemble !!!)

– Notre fils n’a pas eu de cadeau à Noël par le CE  de ma femme car nous sommes considérés comme une famille recomposée ;

Ma femme n’est pas reconnue comme la mère de son fils, elle ne peut prendre aucune décision le concernant !

Malgré tout quand notre fils pose ses yeux sur ma femme, c’est bien sa maman qu’il regarde ! Le jour de sa naissance alors qu’il n’avait que quelques minutes, c’est vers elle qu’il a dirigé son regard quand il a entendu sa voix (à écrire ses mots j’en ai encore les larmes aux yeux tellement c’est beau !!!) Alors vous me direz que c’est ça qui compte le plus, que notre fils aime ses 2 mamans et bien moi je réponds que non, ça ne suffit pas !!!!

En bonnes citoyennes françaises nous remplissons nos devoirs jour après jour, comme TOUT LE MONDE et bien comme TOUT LE MONDE nous voulons des DROITS, les mêmes que tous les citoyens français !

Ma dernière phrase sera pour mes 2 Amours, Frédérique et Gabriel :

Vous êtes ma plus belle réussite, je NOUS aime… et j’ai hâte que l’on soit reconnu comme une vraie famille aux yeux de tous, comme TOUT LE MONDE !!!!

Stéphanie

Témoignage d’Elodie (52)

18 Jan

Je sais pas vraiment par quoi commencer parce que comme dit la devise de la France « liberté, égalité, fraternité » si on serait tous égaux nous ne serions pas obligé de faire de témoignages pour nous défendre en espérant que certaines mentalités et lois changent.

Je m’appelle Elodie, j’ai 27 ans et je vis avec ma compagne depuis 5 ans. Elle, elle est maman de 4 filles âgées de 12 à 6 ans. « A cause de cette union » ma compagne n’a plus depuis 5 ans la garde de ces filles, parce que l’avocat adverse ainsi que le juge ont statués sur le fait que les enfants devaient être dans une famille « normale ». Le plus écœurant là-dedans c’est que les enfants ne demandent qu’à venir vivre avec leur maman. Comme quoi les enfants ne regardent pas l’orientation sexuelle de ces parents mais l’amour que celui-ci peut lui apporter. Mes belles filles (les plus grandes) demandent même à aller à la gay pride chaque année pour, comme elles disent : » qu’un jour maman et toi vous puissiez vous marriez ». Même si elles sont jeunes elles savent ce qui se passent en ce moment dans l’actualité et sont pleines de questions à ce propos: « Pourquoi?, mais c’est pas normal ce qu’ils vous font, tout le monde devrait avoir ce qu’ils veulent etc. »

Comment voulez vous qu’on explique à des enfants pourquoi sa maman et sa « chérie » ne peuvent pas se marier comme tout le monde.

Ma belle-sœur vit avec sa compagne depuis plus de 20 ans et depuis elles ont eues 2 magnifiques garçons par FIV en Belgique. Ces deux p’tits mecs sont équilibrés, épanouis, joyeux et remplis d’amour.

Pourquoi devons nous nous battre pour avoir ce que d’autres ont ; on a tous deux bras, deux jambes, deux yeux…..et un cœur alors pourquoi pas les mêmes droits.

L’amour de l’autre ne regarde pas le sexe mais le cœur.

 

Elodie

 

Témoignage de Jennifer (46)

17 Jan

Nous nous sommes battues pendant 4 ans pour avoir un enfant parce qu’aller en Belgique est une démarche qui prend du temps ; d’une part il y a l’attente car il y a peu de donneurs belges, d’autres pays sont donc sollicités (le Danemark en l’occurrence). D’autre part il y a les examens quotidiens (prise de sang, échographie) avant le départ et puis il y a le trajet en lui-même : cela demande une organisation par rapport aux employeurs qui n’est pas toujours aisée…

C’est une démarche épuisante et onéreuse et il faut beaucoup de force et de détermination pour ne pas abandonner. Il aurait été si simple que cela puisse se faire en France avec les remboursement des frais médicaux…nous avons effectué environ 15 aller-retours (660 km minimum avec une nuit sur place parfois selon l’heure de l’insémination), nous ignorons combien d’argent nous avons dépensé exactement car nous avons dû changer de centre de PMA, le premier ayant fermé pour un contrôle…Nous avons essuyé des revers, des contretemps indépendants de notre volonté, et nous avons perdu des forces et de l’espoir dans les échecs, nous avons vécu au rythme des cycles ovariens, des inséminations et de l’attente des résultats sans être en capacité d’ anticiper aucun autre projet. Maintenant nous soulignons tout de même la chance d’avoir pu accéder à notre projet grâce à l’étranger. Je porterai toujours la Belgique dans mon cœur.
La 1ère FIV a marché ! Nous avons vécu la grossesse étape par étape, ne parvenant vraiment à nous réjouir que lors de la 2e échographie, lorsque le risque de fausse couche était écarté et qu’aucune anomalie n’avait été détectée.

Lou est là depuis le12 novembre 2012, et nous continuons à nous battre pour elle.

J’ai obtenu des jours équivalents à un congé « paternité » avant que des décrets ne soient faits en ce sens, le règlement intérieur de mon institution a été modifié aussi en ce sens. Mon comité d’entreprise m’a attribuée des prestations pour la naissance de ma fille et pour Noël et me reconnaît ainsi comme un parent à part entière.

Ma compagne a demandé au Juge aux affaires familiales un partage de l’autorité parentale à mon égard pour notre fille

Etant fonctionnaire, j’ai demandé un temps partiel de droit à mon employeur, et j’ignore s’il va être accepté, j’ignore également si la CAF va m’accorder l’allocation pour le complément libre choix d’activité…

Nous avons rédigé un testament manuscrit mais nous savons qu’il n’a pas de valeur juridique en cas de décès de ma conjointe, tout comme en cas de mon décès, à l’heure actuelle, rien ne reviendrait à ma fille…

Je veux protéger ma famille, je veux me marier avec la femme que j’aime depuis 13 ans, je veux adopter ma fille.

Je continuerai à me battre pour atteindre cette égalité pour l’amour que nous nous portons.

Je précise que nous avons été encouragées et soutenues par l’ensemble du corps médical aussi bien en France qu’en Belgique, et également lors du séjour à la maternité. Le médecin qui a pratiqué la césarienne est venue me voir pour me féliciter et me donner des nouvelles de ma femme…
La seule personne hostile a été la sage femme pendant les cours de préparation à l’accouchement qui m’a complètement ignorée.
Finalement je me dis qu’elle fait partie de cette minorité de la population française, enfin je me rassure comme ça car j’espère que les lois vont me reconnaître comme son parent légitime car même si je ne l’ai ni conçue, ni portée :

J’ai porté Lou dans mon cœur, dans mes rêves et à travers les yeux de ma femme.
J’ai posé ma main sur son ventre et j’ai senti ses premiers petits coups …
Je l’ai portée psychiquement pendant 9 mois, et dès ses premières heures de vie je l’ai rassurée alors qu’elle pleurait.
C’est moi qui la porte aujourd’hui pour la calmer du fait de l’allaitement et je n’ai aucun droit sur elle alors que j’en assume la charge et que j’en suis responsable avec ma femme et surtout que je l’aime de plus profond de mon être.

Le prénom Lou a deux étymologies : « illustre au combat » (germanique) et « lumière » (celtique)

Jennifer

 

 

Témoignage de Sylvie (45)

17 Jan

En couple depuis 18 ans. Ma compagne est infirmière, 50 ans et moi tapissière décoratrice, 42 ans.

Nous avons élevé ensemble une fille née d’une histoire d’amour entre sa mère et son père. Elle a 23 ans aujourd’hui.

Après 10 ans de vie de couple et de longues années de réflexions intra conjugale et familiale, accompagné de notre désir sincère et profond d’agrandir la famille et de permettre à notre fille de partager cette vie, nous avons décidé de concevoir un enfant.

Dans un premier temps, notre couple avait choisi l’option de la coparentalité, en proposant à un homme, que nous apprécions sincèrement et qui semblait avoir tout ce que nous attendions d’un papa pour notre enfant, de devenir le papa de cet enfant.

Après 18 mois, de rencontres régulières, d’échanges sur les attentes des uns et des autres sur le rôle  de chaque partenaire a donné, l’éducation choisie, etc… Tous les 3 nous avons tenté les essais. Après 6 mois de non réussite, le papa a eu des doutes. Il a préféré arrêter l’aventure là.

Par crainte d’un nouvel abandon l’année suivante, notre famille prenait la route du nord en 2004, pour rejoindre la Belgique et rencontrer le corps médical belge. Nous avons commencé l’aventure par une procédure de 6 mois de réflexions psychologiques et philosophique avec l’équipe médicale. Au terme de cette période, nous et l’équipe étions en accord pour poursuivre ensemble le chemin qui devait nous permettre d’accueillir notre second enfant.

Un IAD, deux IAD, trois IAD,…. Les mois se succédèrent, les kilomètres s’additionnèrent, les factures s’accumulèrent… jusqu’au jour où notre premier gynéco français décide de nous lâcher sans nous en parler directement !! en nous envoyant voir un confrère de l’infertilité qui nous a refusé sa porte car elle ne pouvait rien pour nous : « la loi lui interdisait de suivre des gens comme nous !!! »

Heureusement pour nous, un médecin qui lui a un vrai sens de la médecine et de son engagement Hippocrate a accepté de nous suivre jusqu’au bout de notre histoire !

Les IAD ont continué avec des protocoles de plus en plus lourds, et de plus en plus onéreux… sans compter les difficultés avec les employeurs et les absences au travail car nous ne choisissons pas le jour et l’heure où c’est le meilleur moment de concevoir la vie… et cela vient perturber aussi bien la vie familiale (en effet le conjoint ne peut pas forcément vous accompagner pour cet événement qui devrait être un événement heureux),  la vie professionnelle car vous devez parfois « abandonner votre poste » lorsque ce ne n’est pas opportun ! Vos collègues n’en sont pas forcément contents et votre hiérarchie de moins en moins conciliante lorsque votre parcours devient un très long parcours. A la fin, je subissais des remarques et des pressions professionnelles qui étaient vraiment limite avec le harcèlement professionnel !

Et pourtant notre désir était le plus fort !

Nous avons continué jusqu’au dernier de nos euros d’économie ! par 2 FIV ICSI*… qui malheureusement ne nous ont pas permis d’accueillir notre second enfant…

Si nous devions résumer ce parcours par quelques chiffres :

33180 kilomètres de route

480 heures de route

40 000 € de frais médicaux, transport, hébergement etc…

Des vies soumises au rythme des cycles ovulatoires avec leurs espoirs et leurs déceptions…

Des larmes, des peurs, des angoisses…

Une famille qui au bout de 10 ans doit vivre avec l’absence d’un second enfant, l’acceptation de ne pas avoir donné la vie en ayant malgré tout donné toutes ses tripes, son énergie, toutes ses espérances et avoir épuisé les économies de sa famille…

Je suis une citoyenne française de naissance, je paye mes impôts comme tous français, je vote, je cotise pour la sécu, la mutuelle, je travaille, je respecte mon voisin avec ses différences de pensées, de religion, de vie… je suis une catholique plus pratiquante à force d’entendre, de voir, des discours, des comportements d’intolérance, d’irrespect, d’homophobie… Je ne me reconnais plus ou pas dans cette catégorie dite une famille !

Et pourtant, dans mon pays d’origine, certaines personnes estiment que je suis une sous citoyenne et que par conséquent je ne dois pas avoir accès aux mêmes protections pour moi et les miens, aux mêmes avantages pour moi et les miens, et de quel droit ?!

De quoi ont-ils vraiment peur !? Que la vie démontre que finalement, nous ne sommes pas pire qu’eux, voire nous pourrions être comme eux voir mieux que certains !!!

Dans tous les cas, notre fille va bien, n’a pas de problème particulier fait des études d’ostéopathie et « oh malheur » a une orientation sexuelle plus que commune puisqu’elle est hétérosexuelle !!!

Et nous sommes des parents comblés car notre fille est une femme responsable, respectueuse, de son prochain. Elle a une ouverture d’esprit qui lui permet de s’adapter dans tous les univers de ce monde !  C’est là une richesse qu’aucun propos homophobe ne pourra lui enlever !!!

Et faute de moyen financier, je suis contrainte d’accepter que je ne serai jamais mère, que mon corps ne portera jamais la vie, que je ne verrai  jamais les yeux de ma femme briller portant notre enfant dans ses bras… que je n’entendrai jamais le mot « maman » à mes oreilles !!!

Quand tant d’enfants sont nés par accidents, que tant d’enfants sont maltraités dans leurs familles (physiquement, psychologiquement, socialement…)… Que ce soit dans des familles catholiques bien pensantes, que dans des familles athéistes !

Car notre projet n’était pas uniquement un projet égocentrique, mais bel et bien un projet de vie, un projet de famille, dans le respect de l’enfant !

 

Sylvie

*FIV ICSI: Le sigle ICSI vient de l’anglais   » IntraCytoplasmic Sperm Injection » , ce qui signifie   » injection de spermatozoïde dans le cytoplasme  » (de l’ovocyte). Cette technique vient de la Fécondation In Vitro classique et nécessite ,comme pour la FIV standart , une stimulation ovarienne. La seule différence consiste à introduire directement un seul spermatozoïde à l’aide d’une micro pipette dans chaque ovocyte recueillis.

 

Témoignage de Claudine (37)

16 Jan

Je m’appelle Claudine. Nous avons avec ma compagne un grand fils de presque 15 ans ½, Antonin.

Nous avons commencé dès 1992 nos démarches vers la Belgique pour concevoir cet enfant qui allait venir agrandir notre famille. Il est né en 1997, ce parcours ne fût pas un long fleuve tranquille : 12 IAD,  2 grossesses et 2 fausses couches et puis 1 FIV et 5 ans après le début de l’aventure, il est enfin arrivé.

Nous n’avons eu aucun problème avec la crèche ni avec l’école. Ma compagne a toujours été considérée comme le deuxième parent. Sauf dans le milieu médical, aux urgences ou lors d’hospitalisation, il a fallu souvent batailler ferme ; d’ailleurs notre fils appelait si fort son autre  parent que c’est lui qui rendait possible notre présence à toutes les deux.

Il nous toujours appelé ses parents pas ses mamans.

Il y a 3 ans j’ai subi une lourde intervention neurologique et là il a fallu en urgence demander une DAP (délégation d’autorité parentale) par voie d’avocat que nous avons obtenu en urgence en seulement 8 jours. Nous sommes pacsées et le rêve de notre fils serait de pouvoir accoler ses deux noms de famille.

C’est un bel adolescent sportif, hétérosexuel qui voudrait juste  pouvoir nous voir nous marier, entourées de nos familles et amis.

 

Claudine

Témoignage de Sandrine (9)

14 Jan

Je m’appelle Sandrine et ma compagne Odile. Nous sommes pacsées et vivons ensemble depuis plusieurs années.

Depuis septembre 2010, nous avons entamé notre parcours en Belgique afin d’être aidées pour avoir notre enfant et devenir parents.

Nous avons procédé à 9 IAD et 1 FIV qui ont toutes échoué. Ces échecs sont très difficiles à vivre normalement mais sont accentués par toutes les difficultés que nous rencontrons parallèlement dues à notre statut d’homosexuelles. Néanmoins, malgré les kilomètres à parcourir, malgré les examens à faire en dernière minute et la course aux ordonnances qui s’en suivent, malgré l’épuisement physique dû au traitement, malgré l’épuisement psychologique à devoir faire face à tous ces obstacles dont nous pourrions être soulagées si notre pays nous reconnaissait, malgré les mensonges que nous devons dire à nos employeurs pour justifier nos absences de dernière minute car nous ne pouvons pas leur dire la vérité sans prendre le risque de nous dévoiler et de nuire à notre carrière professionnelle, malgré les frais engagés non remboursés qui entament durement nos économies, malgré tout cela, nous sommes en route pour notre seconde FIV.

Nous sommes plus motivées que jamais grâce à l’équipe médicale Belge qui nous suit et que nous remercions de tout cœur de nous considérer comme un couple à part entière alors que nous ne sommes même pas mariées,

Merci d’avoir considéré avant tout l’amour que nous nous portions et notre désir d’enfant, plutôt que notre orientation sexuelle,

Merci pour votre tolérance, votre compréhension, votre complicité et votre gentillesse à nous encourager,

Merci de ne pas nous juger,

Merci du fond du cœur de nous permettre d’être nous-mêmes et de réaliser notre rêve,

Merci de nous accepter telles que nous sommes et à défaut de l’être dans notre propre pays.

 

Sandrine

 

Témoignage d’Anne (29)

13 Jan

Je vis avec ma compagne depuis 13 ans, nous nous sommes pacsées en 2009 et je suis la maman biologique de jumeaux nés en 2009.

En 2001, nous décidons d’avoir un enfant. Nous avons longtemps réfléchi, pour choisir le moyen avec lequel nous serions le plus à l’aise : coparentalité, donneur connu ou anonyme, insémination artisanale (à la maison) ou à l’hôpital à l’étranger. Nous avons réfléchi près de 3 ans.

En 2004, nous avons contacté un premier hôpital en Belgique, où j’ai fait 6 inséminations avec donneur anonyme (IAD). Aucune n’a marché. J’ai perdu confiance en cet hôpital, et les médecins me proposaient de passer à une fécondation in vitro. Je n’y étais pas prête.

Nous avons donc décidé de changer d’hôpital et d’aller aux Pays-Bas. Là-bas, l’enfant (et lui seul) peut demander des informations sur son donneur à sa majorité. Pour nous qui avions longtemps hésité entre donneur connu et IAD, ça nous semblait bien de donner cette possibilité à cet enfant, que l’accès à ses origines ne soit pas totalement verrouillé.

Il a fallu 6 mois pour obtenir un premier rendez-vous, puis encore 3 mois avant la première insémination. J’ai à nouveau fait 6 inséminations sans succès, et nous avons planifié une fécondation in vitro (FIV) pour l’été 2008.

Pour la FIV, il faut prévoir quelques jours de présence sur place. Le coût d’une FIV est très élevé, et nous ne pouvions ajouter le prix d’un hôtel. Nous nous sommes donc installées au camping. A la ponction, le médecin a prélevé 8 ovocytes, 6 ont été fécondés et 5 embryons se sont développés. 2 embryons ont été réimplantés le 31 juillet 2008.

Le 13 août, pour la première fois depuis 4 ans, le taux d’hormones de grossesse n’était pas inférieur à 5. J’étais enceinte !

Le parcours fut long, nous avons connu de multiples échecs. C’est commun à de nombreux couples ayant recours à la PMA. Mais ce n’est pas ce que j’ai trouvé de plus difficile.

Ce que j’ai trouvé le plus difficile, c’est de me retrouver seule avec ma compagne dans ce parcours. Trouver un gynécologue acceptant de nous suivre a été un vrai parcours du combattant. Ma gynécologue habituelle a d’abord dit oui, avant de nous abandonner après la quatrième tentative. Un autre gynécologue a semblé très compréhensif et compatissant. Après le premier suivi d’échographie, il a tout fait pour ne pas me faire de feuille de remboursement. Puis devant mon insistance, il a fini par me l’envoyer, mais en notant des actes que je ne pouvais pas me faire rembourser. Lors de la première insémination avec stimulation par piqûre, j’ai utilisé des produits envoyé par une femme que je ne connaissais pas à l’autre bout de la France. J’ai fini en pleurs dans le cabinet d’un gynécologue à plus de 100 km de chez moi, qui a accepté de nous suivre pour les deux dernières inséminations et la FIV.

Le deuxième point, c’est qu’à cause de l’absence de PMA en France, nous nous retrouvons dans des situations très inconfortables. Pour la première fois de ma vie, j’ai eu l’impression d’être hors la loi, juste parce que j’avais envie d’avoir un enfant comme n’importe quelle femme. Je stressais à chaque échographie ou prise de sang, chaque passage à la pharmacie. Je stressais de rater mon train et de ne pas être à l’heure à mon rendez-vous médical à 400 km de là. Je stressais de devoir expliquer mon absence au travail au dernier moment, sans avoir de réel justificatif.

Nous avons fait toutes les dernières piqûres pour la FIV sous une tente dans un camping, après qu’un infirmier généreux m’a montré comment me faire des injections. Je ne pense pas que ce soient les meilleures conditions…

Enfin, ce qui est difficile pour nous actuellement, c’est que mon amie n’est pas reconnue comme mère des deux enfants qu’elle élève depuis presque 4 ans. Pour chaque situation, nous dépendons totalement de la bonne volonté, de l’ouverture d’esprit des gens que nous rencontrons. Nous avons été reconnues comme deux mamans à la maternité, à la crèche, nous le sommes à l’école, mais que se passera-t-il le jour où nous serons confrontées à quelqu’un qui appliquera juste les règles à la lettre. Mon amie pourra-t-elle accompagner ses enfants à l’hôpital ? S’il m’arrive quelque chose (hospitalisation ou décès), pourront-ils rester avec mon amie, leur deuxième parent ou seront-ils confiés à une personne extérieure ? Cela dépendra-t-il d’un juge ? Si un jour nous nous séparons, ses liens avec ses enfants dépendront entièrement de moi. Elle n’a aucun droit. Je n’ai aucune intention de la séparer de ses enfants, mais comment savoir comment je pourrais réagir à ce moment-là ?

Ce problème était théorique quand nous réfléchissions au fait d’avoir un enfant. Maintenant c’est une réalité, une angoisse sourde dans notre quotidien. C’est une des raisons qui fait que mon amie refuse une autre grossesse.

Je ne sais pas si nous marierons si le mariage pour tous est adopté.

Ce que je sais, c’est que ma compagne est aussi impliquée que moi au quotidien dans l’éducation de ces deux petits blonds. Et autant pour elle que pour les enfants, il serait juste qu’elle ait les mêmes droits et les mêmes devoirs que moi.

 

Anne

Témoignage de Sylvie (5)

11 Jan

Je m’appelle Sylvie. Avec ma compagne Elise, nous sommes pacsées depuis quelques années et nous attendons des jumeaux conçus par F. I. V. en Belgique à Gand.

Avoir ces enfants a été un combat de plusieurs années, en rupture avec la famille de ma compagne qui n’acceptait pas ce projet, en rupture avec notre employeur qui a réduit nos carrières d’infirmières à néant (nous obligeant à être de nuit pour ne pas « gêner » les équipes de jour incommodées par les allers-retours mensuels en Belgique). Un combat financier, où il fallut investir 18 000 euros pour faire 9 IAD et 2 FIV. Un combat psychologique, pour affronter 3 fausses couches, seules et sans soutien médical, où le couple a vacillé parfois pour mieux se retrouver ensuite. Un combat contre la bêtise ambiante des médias et de beaucoup dans la rue.

Physiquement et psychologiquement, ce fut difficile sur la longueur, il y a eu des moments d’espoir puis d’abattement pour finalement arriver au plus grand des bonheurs avec ces deux petits garçons à naître en mai. Il faut beaucoup d’amour pour faire un enfant quand on est différent dans notre pays.

Nous attendons beaucoup de la future loi à venir en espérant qu’elle ne soit pas un pastiche de loi.

Sylvie

 

Les termes les plus souvent utilisés

12 Nov

Homoparenté: Lien de filiation qui unit un enfant exclusivement à deux mères ou deux pères.

Homoparentalité: Terme qui est apparu en France avec les discussions sur le PaCS en 1997. A l’époque il n’y avait encore eu aucune étude en France, alors que l’on recensait déjà 200 publications à l’étranger, observe Martine Gross. Une famille homoparentale est constituée d’un couple d’homosexuels, ou d’un parent homosexuel, et de leurs/ses enfants.

Coparentalité: Forme de parentalité où au moins deux personnes hétérosexuels ou homosexuels décident d’élever un enfant ensemble. Dans une coparentalité, deux des membres sont les parents biologiques de l’enfant.

PMA: Procréation Médicalement Assistée

IAD: Insémination Artificielle avec Donneur. L’IAD est une forme de PMA. Il s’agit d’une fécondation médicalisée in-utéro.

FIV: Fécondation in-vitro. La fécondation se fait en dehors de l’utérus de la mère. Cette technique est utilisée en général, dans la cas d’un couple de lesbiennes, si l’IAD n’a pas fonctionné.

GPA: Gestation Pour Autrui (plus communément appelé « mère porteuse »)

Parent biologique: Mère qui a porté l’enfant ou père qui a donné son sperme pour concevoir l’enfant.

Parent légal : Parent, biologique ou non, qui a reconnu (ou pu reconnaître) l’enfant.

Parent social: Parent qui n’est pas le parent biologique mais qui est présent dès le désir d’enfant.