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Témoignage de Chantal (17)

5 Oct

Chère association Les Enfants d’Arc en Ciel, voici ma lettre envoyée à la « manif pour tous »…

C’est avec indignation que j’écris à votre présidente mme de la rochère,

De quel droit vous permettez vous de m’adresser un courrier je ne vous connais pas ! et comment avez-vous obtenu mon adresse ?

Comment osez-vous aborder les gens tout azimut, car je suppose que vous avez acheté des listings pour inonder toute la france de votre courrier immonde.

et en plus vous osez réclamer de l’argent !!!! ……

Avez-vous entendu parler du respect d’autrui ? des idées différentes qui prône l’amour et la tolérance dans la différence ? non sans doute pas !

Surveillez vos paroles et vos écrits avant de les proférer par bétise, avec une mentalité arriérée et étriquée de bourgeoise, et faites attention à qui vous vous adressez !

Car je ne suis pas madame lambda moi !

Je suis une mamie heureuse de 7 petits enfants , dont un justement qui à le bonheur d’avoir deux mamans. Et oui ça existe madame que ça vous plaise ou non !

il faudrait un peu réviser votre culture et vous mettre à la page !

Moi qui suis la mamie dite « biologique » je pense tous les jours à l’autre mamie qui comme moi aime ce petit depuis sa naissance.

Elle et sa fille selon vous n’auraient aucun lien de parenté avec lui ? Et il ne faut surtout pas leur donner le droit de filiation ? (elles ont déjà choisi d’exercer le devoir)

Que faites vous du projet de vie de deux personnes qui s’aiment ?

Cet enfant a été désiré, fait à deux, espéré, attendu dans la joie par deux familles, aimé depuis par tous ses proches.

Allez lui expliquer au petit que l’autre maman et l’autre famille sont des étrangers !

Grace à votre manif, ses méfaits, et ses courants de haine divulgués partout, mon petit fils s’est pris la 1ère baffe de sa vie à la maternelle à 4 ans par un petit de son âge ;

un enfant qui a pour seul défaut des parents qui prônent vos idées malsaines ! La maitresse a du faire une intervention auprès des parents, vous trouvez ça normal ?

A aucun moment vous n’avez pensé à tous ses enfants et au mal que vous leur faites et, entre parenthèses aussi aux votres qui n’avaient rien à faire dans vos manifs !

La bêtise des adultes n’a pas à être donnée en exemple aux plus jeunes !

Vous feriez mieux de militer pour que chaque enfant ait dans sa vie deux tuteurs pour grandir, qu’ils soient homme ou femme, beau père ou belle mère, ça c’est un droit indispensable, le reste n’a pas d’importance.

Le fait de donner un statut à l’autre parent a le mérite de protéger l’enfant et ça n’enlève rien aux autres couples dits « normaux » que je sache !

C’est aussi simple que cela. Je ne vois pas en quoi ça met en danger « la famille ».

Aujourd’hui la famille elle est plurielle et vous n’y changerez rien ! Vous n’avez pas le monopole de sa définition !

Vivez avec votre époque et retirez vos oeillères !

Et comme vous avez beaucoup d’énergie, mettez votre indignation au service d’un thème qui en vaut la peine : les enfants malheureux ou maltraités par exemple !

En tout cas je vous demande instamment et immédiatement de retirer mon adresse de votre listing.

Je ne vous salue pas.

Allemagne: les enfants d’homoparents ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, selon une enquête officielle

5 Fév

http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Article de Yagg du 4 février 2013

Angela Merkel est toujours opposée, comme son parti, à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. La première étude (BMJ) représentative des familles homoparentales en Allemagne vient donner de l’eau au moulin des partisans de l’égalité. Elle montre que les enfants élevés par deux pères ou par deux mères, qui seraient au moins 7000 en Allemagne (selon une enquête de 2009) ne rencontrent pas de problèmes particuliers dans leur développement et dans leur rapport à la société, par rapport aux enfants issus des autres familles.

L’étude a été commandée par Brigitte Zypries, l’ancienne ministre de la Justice SPD (le parti social-démocrate) en 2006. Des enquêtes ont été menées auprès des parents et des enfants de familles homoparentales dans deux régions en Bavière. À l’Institut de Recherche sur la Famille de Bamberg, 1059 homoparents ont été questionnés sur différents thèmes allant de la répartition des tâches, aux rapports avec les personnes extérieures à la famille, en passant par la discrimination. Une petite centaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans ont aussi répondu aux questions de l’enquête, portant sur l’estime de soi, la relation à leurs parents, leur façon de gérer le regard des autres.

PAS DE PROBLÈMES ÉMOTIONNELS OU PSYCHOLOGIQUES
Comparés aux données récoltées auprès de familles hétérosexuelles,…. cliquez ici pour lire la suite de l’article: http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Témoignage de Jo (73)

4 Fév
J’ai 34 ans, je vis une histoire d’amour avec une femme formidable depuis presque 8 ans et nous avons depuis peu la chance de voir grandir une petite fille adorable.
Longtemps je me suis cherchée, mal dans ma peau, mal à l’aise en couple avec des hommes, je me sentais “différente” jusqu’à ce que je LA rencontre, ce fût une évidence !
Une évidence aussi de construire une famille, d’officialiser notre amour, comme beaucoup de couples amoureux…. Pacsées depuis 2006, parce que c’est la seule option qui nous était autorisée, il nous a manqué le côté cérémonieux  et romantique du mariage (Pacs conclu en 5 min dans le bureau d’un greffier du tribunal qui n’a même pas la place de nous faire signer sur son bureau en désordre !) Le Pacs nous a toujours semblé être un engagement moins fort que le mariage. Finalement à part pouvoir faire notre déclaration des impôts en commun cela n’a pas changé grand chose dans notre quotidien.
Longtemps aussi je me suis interrogée sur mon désir d’enfant. Ma compagne était déjà maman d’une grande fille, moi je voulais donner un papa à un éventuel bébé. Mais très vite, il nous semblait évident que ce bébé serait un bébé de l’amour que nous seules serions ses parents. L’unique différence serait pour lui de n’avoir pas 2 parents de sexe opposé.ET alors ? ce n’est pas pour autant qu’il sera plus malheureux qu’un enfant élevé par un papa et un maman ou un seul papa ou une seule maman…Il sera aimé, choyé, éduqué, protégé au sein d’un foyer doux et rassurant entouré d’une famille unie.
Il n’est évidemment pas question de lui mentir sur sa conception en lui disant qu’il n’a pas de géniteur. notre fille a un donneur, un homme formidable, altruiste qui nous a offert le plus beau des cadeaux. Tout cela nous le lui dirons au moment venu avec les mots adaptés à son âge. Elle aura même la possibilité de le rencontrer plus tard si elle le désire.
Voilà dans les faits nous sommes une famille mais officiellement notre fille n’a  qu’un seul parent : sa mère biologique. S’il  arrive quoique ce soit à cette dernière, le sort de notre puce dépendra uniquement du bon vouloir d’un juge. Imaginez la douleur d’une enfant qui perd un de ses parents et qui en plus est arrachée à son autre parent !
Et même au quotidien, sa maman de cœur n’a aucun droit sur elle alors qu’elle la désirée aussi fort que sa maman biologique, qu’elle est là chaque jour pour elle : non elle ne peut ni la chercher à la crèche ou à l’école sans autorisation, ne peut prendre aucune décision la concernant : hospitalisation par exemple, ne peut pas voyager seule avec elle, etc
Petit paradoxe : je suis le seul parent de ma fille (cf livret de famille) avec tous les inconvénients et problèmes que cela engendre. Par contre, au niveau de la CAF, je vis en couple donc je ne suis pas considérée comme parent isolé. Pareil pour les impôts, je ne suis pas célibataire donc je ne peux prétendre à la demie part supplémentaire pour parent élevant seul ses enfants… Alors soyons logique jusqu’au bout : notre fille doit avoir en toutes circonstances deux parents légaux et pas seulement quand ça arrange l’administration !
Jo

Sémantique de la famille

29 Jan

Article du blog Speak-Out du 27 janvier 2013

http://speakoutbymax.wordpress.com/2013/01/27/semantique-de-la-famille/

manif pour tous

Un débat qui se déplace de l’alliance à la filiation

Sur la question du mariage pour tous, le débat en cours, pour confus ou caricatural qu’il soit souvent, a au moins l’avantage de dessiner un consensus sur un point, celui qui a trait à la question de l’égalité des droits, sociaux, fiscaux et patrimoniaux attachés à l’union de deux personnes du même sexe. Il faut aller chercher au beau milieu des manifestants de Civitas la perduration de la remise en cause de ces droits alors même qu’ils furent âprement discutés lors du débat sur le PACS. Et même si nombreux sont ceux qui réservent leur jugement personnel sur cet état de fait – toute la France, on le voit, n’est pas devenue subitement gay friendly- chacun s’entend au fond, même si c’est quelquefois par calcul, sur l’idée que cela concerne au premier chef les deux du couple qui entendent contracter. L’ultime réserve nominaliste sur ce point prend la forme de la proposition d’une « union civile » qui préserverait le « mariage » dans sa sacralité républicaine hétérosexuelle. Les tenants de la « Manif pour tous », qui, sous cette appellation a-partisane, réunit des sensibilités différentes, mais plutôt à droite ou au centre et plutôt religieuses, ont bien compris que la question de la famille, de l’association de l’alliance et de la filiation, était le véritable angle d’attaque par lequel tenter de renverser une opinion initialement plutôt favorable.  C’est donc la question de l’enfant, au-delà du couple, qui est désormais, et à juste titre, au centre de la dispute. Il faut donc bien situer sur ce plan le débat et pour défendre l’idée du mariage gay et de l’homoparentalité, défendre la pluralité des modèles familiaux contre une conception par trop normative de la famille.

Modèle familial unique ou pluralité des modèles familiaux ?

Deux conceptions s’affrontent en effet. La première définit la famille dans une approche prototypique[1]. Il y a UN modèle familial, fondé sur l’hétérosexualité, ici d’ailleurs sciemment confondue avec la différence sexuelle, sur le seul lien procréatif biologique et sur le couple reposant sur un DEUX transcendant. Ce modèle est érigé en norme et toutes les autres formes de familles de fait sont considérées comme des formes périphériques, secondaires, accidentelles et seulement partiellement conformes au paradigme qui définit l’appartenance à la catégorie « famille ». Ce qui permet de stigmatiser ou d’exclure des formes perçues comme trop atypiques. En effet, l’arrière plan psychologique de cette conception est qu’il y a des degrés de perfection dans la façon de faire famille, voire des appariements sociaux, associant pourtant alliance et filiation, qui se situeraient en dehors même de l’idée de famille et ne mériterait pas de pouvoir entrer dans le cadre protecteur de la loi, comme par exemple aujourd’hui les familles homoparentales. Ce modèle, qui fonde la filiation  sur une conjonction idéalisée entre parenté génétique de conception, parenté utérine de gestation (remise en cause par la GPA à l’étranger) et parenté sociale d’éducation,  fait fi de l’extraordinaire évolution du modèle familial, de sa complexification et de son éloignement progressif du patriarcat qui en était le fondement véritable, assignant à l’homme et à la femme des rôles sexuels, familiaux et sociaux indépassables, car donnés comme naturels. Michel Serres a ainsi heureusement rappelé combien la Sainte Famille mettait déjà à mal cette figure prototypique, en brisant le lien biologique, en introduisant du tiers par la conception auriculaire et en figurant une double paternité, sociale et toute humaine avec Joseph, père putatif ou premier beau-parent et bien sûr divine avec un Père éternel pour le Fils de l’Homme.

Au contraire, les tenants du mariage pour tous (i.e. sans jouer sur les mots, le mariage pour les homosexuels comme pour les hétérosexuels) ont eux une définition plus large de la famille. Si l’anthropologie leur donne raison par la variété des structures de la parenté relevées dans les différents groupes humains, ce qui n’exclue pas évidemment des structures communes comme la différence sexuelle et la prohibition de l’inceste, c’est l’ensemble des évolutions juridiques quant à la définition de la famille en droit français qui justifie cette conception. Ainsi Irène Théry parle-t-elle d’  « une révolution de velours juridique » concernant le droit de la famille et le mariage : « Depuis 1912 le mariage n’est plus la seule institution fondatrice de la paternité ; depuis 1972 il n’est plus le socle de la seule famille juridiquement reconnue, les droits et devoirs des enfants et des parents sont exactement les mêmes que ces derniers soient ou non mariés ; depuis 2002 les devoirs de coparentalité survivent au divorce des époux ; et enfin depuis 2005 nous avons purement et simplement effacé du Code civil la distinction entre filiation légitime et naturelle, qui était autrefois le grand principe organisateur de tout le droit de la famille. ». C’est cet ensemble de mutations inscrites peu à peu dans la loi et liées à la fois à la montée de l’individualisme contemporain, à l’émancipation féminine, aux progrès de la science (contrôle des naissances, diminution de mortalité infantile, etc.), à l’allongement de l’espérance de vie, qui sont globalement niées par ceux qui défendent UN modèle familial unique qui donnerait droit à la reconnaissance institutionnelle que constitue le mariage, faisant verser tous les autres dans l’anomalie. Pourtant le mariage n’est plus la forme unique donnée à la famille ni même son fondement et c’est dans ce cadre qu’il devient non plus une institution valable pour tous mais une forme parmi d’autres d’appariement et un droit également disponible pour chacun.

La transcendance du biologique

Pour les tenants de la famille prototypique, le primat accordé à la parenté biologique tient en lisière les familles homoparentales et partant  les familles adoptives  (entièrement fondées sur la disjonction entre parents géniteurs et parents sociaux), toujours soumises à  des jugements qui oscillent entre  l’acte charitable et le vol d’enfants ou celles qui ont fait appel à l’IAD (fondées sur la disjonction entre un des parents sociaux et un des parents biologiques, le double don étant prohibé). Pour ces dernières, la question du secret des origines, qui perdura longtemps en masquant le tiers donneur génétique, est à comprendre comme  une forme de préservation d’un modèle idéal et par là même factice (voir sur ce point la tribune de René Frydman dans le Monde du 11 janvier). Ce qui indique d’ailleurs comment ce modèle familial unique est en réalité à la fois maintenu et déconstruit par les arrangements juridiques qui, au-delà du biologique, organisent la filiation et se trouvent au cœur de l’institution du mariage depuis bien longtemps, avec au premier chef  la présomption de paternité, chère au doyen Carbonnier, qui permit naguère à bon nombre d’enfants d’avoir un père qui n’était pourtant pas le leur. Pour ceux qui au contraire n’entendent pas discriminer au sein des modèles familiaux,  la famille n’est pas exclusivement ou seulement biologique comme on le voit avec la propension qu’ont les familles adoptives ou les familles ayant fait appel l’IAD, homosexuelles ou hétérosexuelles, à  assumer toujours plus la réalité de ce qui les fondent et la manière dont elles sont portées à faire droit aux demandes d’accès aux origines qui se sont fait jour chez leurs enfants, en cessant donc de « singer la nature » comme le disait en parlant de l’adoption celui qui donna son nom au Code civil .

La transcendance du Deux

Pour les amis de Frigide Barjot et du cardinal Barbarin (quel attelage !), le primat accordé à la transcendance du 2 qui fonderait indépassablement la famille, met « naturellement » à distance les couples séparés ou divorcés qui élèvent leurs enfants sans faire vie commune et les familles recomposées qui associent plusieurs adultes dans l’éducation d’enfants dont ils ne sont pas tous les parents biologiques,  les beaux-parents dans le cas de la garde partagée par exemple. De même sont considérées comme non conformes au modèle, les familles monoparentales, biologiques ou  issues de l’adoption par des personnes célibataires,  qui reposent sur une seule figure parentale et bien sûr les familles qui font appel l’IAD, qui introduit du tiers en distinguant le géniteur du parent. Pour ceux qui au contraire entendent que l’engagement 31 de François Hollande soit tenu,  la famille ne repose pas exclusivement sur le 2 du couple et la conjugalité, ce qui peut justement rendre nécessaire (inscription d’un enfant dans la filiation) ou souhaitable (reconnaissance sociale) leur institutionnalisation par le mariage pour ceux qui le souhaitent. La conjugalité et la filiation s’articulent, mais ne se présupposent plus. Les familles monoparentales, essentiellement féminines, se comptent par millions et, si elles rencontrent souvent des difficultés économiques spécifiques et ne sont pas toujours voulues comme telles, sont considérées aujourd’hui comme des foyers à part entière. L’ancienne partition entre les femmes mariées et les autres (filles mères, filles de joie) est caduque depuis longtemps.  La possibilité pour un célibataire d’adopter seul est inscrite dans la loi et l’on constate au quotidien que nombre d’enfants sont élevés socialement  par différents  adultes qu’ils peuvent considérer comme leur famille sans pour autant confondre parents et beaux-parents. Au lieu donc de réserver le cadre de la loi et les garanties de l’institution à un modèle unique, en partie imaginaire, il s’agit de faire évoluer le code pour y inscrire la réalité et l’égalité de ces différents liens possibles. Il ne s’agit plus de préserver un modèle idéal de la famille en lui réservant  l’institution du mariage qui deviendrait alors  sont ultime rempart mais au contraire d’offrir à chaque famille un ensemble de solutions  portant sur l’alliance  (mariage, pacs, union libre) et sur la filiation (adoption, IAD) et sur l’articulation des deux (accès aux origines, adoption de l’enfant de son conjoint)

La transcendance de l’hétérosexualité

Le primat enfin de l’hétérosexualité met bien sûr à l’extérieur de la catégorie les familles homosexuelles, que ce soit les couples lesbiens ayant fait appel à l’IAD officielle (à l’étranger) ou non et les modèles de coparentalité homosexuelle, mais aussi les familles monoparentales qui ne se conforment pas non plus d’une autre façon à l’impératif catégorique  des genres dissemblables. La question du droit de l’enfant est fréquemment invoquée par ceux qui considèrent qu’ils seraient a priori bafoués dans une famille homoparentale et qui nient que le désir d’enfants, communs à de nombreux êtres humains quelle que soit leur orientation sexuelle, y soit légitime. Mais au nom de quoi l’orientation sexuelle interdirait-elle l’accès à l’enfant ?  Pourquoi la société ne pourrait-elle pas confier un enfant à un couple homosexuel ou l’aider par la PMA à en avoir un ? De fait nombre de familles bien réelles fonctionnent  indépendamment de l’orientation sexuelle des parents ou de leur sexe. On note en effet, sur la base d’un grand nombre d’études internationales, que les enfants de couples homosexuels ont bien le sentiment d’appartenir à une « vraie » famille et qu’hormis des effets de stigmatisation sociale que la loi vise justement à éradiquer, l’homoparentalité ne constitue pas un handicap. Le fait que l’adoption par un célibataire est possible en droit, indique par ailleurs que le législateur n’a pas considéré comme indispensable  la coprésence des deux genres ou plutôt qu’il a considéré que cette coprésence n’était pas assurée exclusivement par la figure du père ou de la mère, mais structurellement présente dans l’espace social et familial élargi à travers de multiples figures alloparentales des deux sexes. Enfin, sur la question d’un éventuel  mensonge envers  leur enfant quant à leur origine ou à la différence sexuelle dans le cas l’IAD, dissimulation pourtant courante chez les couples hétérosexuels infertiles, la configuration homosexuelle évite toute forme d’hypocrisie sur la forclusion du tiers donneur, qu’elle oblige d’une certaine façon à repenser.

Quelle définition pour la famille ?

La définition même de la catégorie « famille » est  donc bien l’enjeu sous-jacent de ce débat et le fond axiologique sur lequel il se déploie. Soit on considère qu’il existe une entité qui représente le meilleur exemplaire  de cette catégorie, ici la structure nucléaire, biologique, hétérosexuelle, tous les autres types de famille étant évalués sur la base d’une plus ou moins grande ressemblance avec ce modèle, soit au contraire on considère que toutes les formes familiales ont un statut équivalent et sont également représentatives, ce qui leur confère les mêmes droits et par exemple celui au mariage. Cela suppose de prendre acte de la disjonction possible et déjà ancienne entre sexualité et reproduction (IAD) et entre conjugalité et parentalité (divorce) dans la famille hétérosexuelle pour ne pas faire de la question de l’homoparentalité, de la parentalité adoptive ou de la parentalité fondée sur la PMA le dernier bastion d’un ordre bel et bien caduc. Le fondement de la famille se déplace de la logique biologique et institutionnelle  vers celle du désir, de l’engagement et de la volonté, ce qui n’interdit pas de reconnaitre au biologique sa dimension fondatrice (cf. l’accès aux origines) et au  mariage son rôle qui évolue de l’ordre symbolique collectif à l’ordre juridique interindividuel. L’éthique de conviction qui caractérise ceux qui vénèrent un modèle familial unique et  préfèrent priver de certains droits des enfants bien réels s’oppose dans ce débat à l’éthique de responsabilité de ceux qui  songent d’abord à l’intérêt des enfants nés dans des familles homoparentales, les uns ne souhaitant pas instituer ce qui pour eux demeure exogène à leur conception de l’ordre social, les autres préférant faire droit à une réalité depuis longtemps en germe dans les textes de loi et dans les mœurs.


[1] La sémantique du prototype définit une catégorie par la plus ou moins grande ressemblance avec un prototype, un modèle idéal. Ainsi on dira que pour la classe des oiseaux, le moineau est plus prototypique que l’autruche. Cette conception s’oppose à une approche plus classique des catégories où chaque individu appartient à la catégorie s’il partage un certain nombre de traits définitoires.

Témoignage de Betty (10)

29 Jan

Je suis hétéro, mariée, 2 enfants. Et je ne vois pas où est le problème d’autoriser les mariages gays ainsi que la PMA. Enfin si. Le problème pour moi est le suivant: pourquoi n’est-ce pas encore le cas? Tant qu’on s’aime, qu’est-ce que cela peut faire d’être un homme/une femme,  2 femmes ou 2 hommes? L’important c’est d’aimer. Et si l’on veut se marier, construire une famille, élever ses enfants et que ces enfants aient les mêmes droits, quel est le problème? De la même façon, je ne comprends pas pourquoi cela reste si dur à certains d’admettre que peu importe notre couleur de peau, il est normal d’avoir les mêmes droits. Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, on refusait de servir Joséphine Baker au restaurant sous prétexte qu’elle était noire. On est prompts à juger les gens qui par le passé ont tardé à évoluer dans leurs mentalités par peur du changement. Nous ne sommes finalement pas différents aujourd’hui…Chacun doit respecter l’opinion de chacun? C’est si facile à dire lorsque l’opinion des uns entrave les droits des autres!

J’ai la chance d’avoir côtoyé familles hétéro/homo/mono parentales: nous avons les mêmes problèmes, les mêmes peurs et les mêmes joies pour nos enfants.

Nos enfants ne sont ni mieux, ni moins bien éduqués. Tout cela varie selon la façon de les élever et le caractère de l’enfant, pas suivant l’orientation sexuelle du parent. Mais une chose est sure ils sont aimés ces mouflets!

Bah oui l’orientation sexuelle ne fait pas tout messieurs, dames. Rendons à César ce qui est à César: on peut être un(e) crétin(e), homo ou hétéro, on restera un crétin(e), mais ça faut mieux ne pas chercher à limiter les « reproductions » par ce critère, parce que comme on est tous le crétin de quelqu’un, on risquerait l’extinction de la race humaine.

Que l’on soit gays ou hétéros, ayons les mêmes chances de construire une famille; nous ne sommes ni mieux ni pire, nous faisons de notre mieux pour être heureux et puis c’est tout!

Nous avons choisi pour notre fille 2 marraines lors du baptême républicain et un parrain pour le baptême religieux. Et si c’était à refaire? Nous n’aurions fait qu’un baptême républicain parce que non, je ne me reconnais plus dans une église qui prône l’amour et la tolérance mais qui refuse d’admettre et de célébrer l’amour entre 2 personnes du même sexe!

Nous n’avons pas choisi ces 2 marraines pour leur orientation sexuelle, mais parce que nous voulions que ces personnes équilibrées, joyeuses et droites fassent partie de notre famille. Jennifer et Herveline font partie de ma famille. Mon mari est le parrain de leur fille. Pourquoi leur fille n’a pas les mêmes droits que la nôtre?

Que les couples puissent s’aimer, se marier, divorcer, homos ou hétéros ayons les mêmes droits, ce sont les impôts, notaires et avocats qui seront contents ;)!

Une petite anecdote: nous avons migré au Canada il y a peu. Et ben là, ils sont pétés de rire à l’idée que ça crée une polémique alors que chez eux, cela n’a pas changé leur mode de vie lorsque le Québec a autorisé en 2003 les mariages gays. Ils reconnaissent que la France était parmi les premiers à pays à abolir la loi qui établissait comme maladie d’être homosexuels (sympa de subir la lobotomie dans les années 60-70 parce qu’on avait le « malheur » d’aimer quelqu’un du même sexe). Et ils sont amusés que nous, si fiers de notre pays, peinons à faire preuve de bon sens: le GBS, Gros Bon Sens comme ils disent! Alors, vivement que l’on ait ce GBS et que l’orientation sexuelle devienne aussi banale que d’être assis à côté d’un black dans un bus. Que les familles hétéro ou homoparentales soient banalisées et que tous les enfants et leurs parents soient protégés par les mêmes lois, alléluia!!!

 

Betty

 

 

Interview d’enfants de familles homoparentales lors de la manif

27 Jan

Suivez ce lien pour arriver au reportage fait par Libération le 27 janvier

http://mobile.liberation.fr/societe/2013/01/27/je-suis-la-pour-que-ma-maman-puisse-m-adopter_877172

Témoignage de Nathalie (72)

27 Jan

J’ai la chance de vivre dans un pays ou les lois ont permis aux couples homosexuels de pouvoir s’unir, d’adopter et  d’avoir accès à la PMA.

Aux yeux de la loi, j’ai mes droits de maman car de leurs deux mamans, je suis celle qui ne les a pas portés. Mais j’ai été présente comme tout père avant leur naissance, pendant la grossesse et encore et pour toujours maintenant. Aux yeux de nos familles, de nos lois nous formons une famille.

J’ai pu les adopter : ils portent mon nom, s’ils n’ont pas mon sang, ils ont mon nom et tout l’amour que je peux leur apporter…

Être parents c’est avant tout savoir élever, éduquer et aimer ses enfants…

Il y a dix maintenant quand ces lois ont été votées, le peuple belge a su réagir en peuple tolérant et respectueux. Bien sûr encore maintenant certaines personnes n’acceptent pas cela mais on ne peut pas faire l’unanimité sur tous les sujets.

Nous avons aussi la chance d’être entourées de notre famille, nos collègues, nos amis qui nous aiment et qui nous respectent.

Merci aux hommes et femmes politiques belges, merci à nos familles, nos amis, nos collègues.

Merci de nous avoir permis d’avoir nos droits.

Nathalie

Témoignage de Danielle (16)

27 Jan

Je vais bientôt être grand-mère de jumeaux au printemps. Quel bonheur ! Après tant d’années difficiles pour ma fille, elle concrétise avec joie sa rencontre avec son amie. Pourquoi toute cette haine contre les homosexuels et lesbiennes ? Y a t il de la jalousie à voir des couples heureux alors qu’il y a tant de couples hétéros tristes et mornes? De quoi ont peur les gens ? Quand un vrai couple hétéro a réussi à vraiment vivre en accord, il est pour  le mariage homosexuel parce ce qu’il sait ce que représente un vrai amour.

J’ai maintenant une fille de plus et bientôt deux petits garçons, c’est merveilleux.

La vie est belle !

Mémé Danielle

 

Témoignage d’Elsa (71)

27 Jan

M. est né il y a maintenant 17 mois. Je l’ai vu naître, j’ai été la première personne à le tenir dans mes bras, à lui parler, à le rassurer. J’ai passé 5 jours à la maternité où j’ai appris à m’occuper de lui jour et nuit. Depuis 17 mois, je me lève la nuit lorsqu’il pleure, je l’emmène chez le médecin et à la crèche, je m’assure chaque jour qu’il mange bien, qu’il dort bien et qu’il a tout ce dont il a besoin et par dessus tout je l’AIME. Tout cela, je le fais au même titre que ma compagne, celle qui pour la société est LA maman de M.

Alors j’attends avec impatience la loi qui me permettra de dire « OUI, je suis sa maman » sans que l’on puisse le remettre en question. J’attends avec impatience la loi qui lui permettra plus tard de pouvoir dire « j’ai deux mamans » sans qu’il se sente différent des autres. Parce qu’il n’est pas différent des autres enfants de son âge! C’est un petit garçon joyeux,  épanoui, très sociable et entouré d’amour. Comme chaque enfant, il mérite qu’on le respecte, qu’on respecte sa famille et que l’on ne l’exclue pas  sous prétexte qu’il n’est pas élevé par ses deux parents biologiques mais par ses DEUX MAMANS qui donneraient tout ce qu’elles ont pour son bonheur.

 

Elsa

 

Témoignage de Valérie (70)

26 Jan
Je m’appelle Valérie et je suis en couple depuis 25 ans avec ma compagne, pacsée depuis 11 ans et nous avons 2 supers petits garçons.
Nous avons été victime d’un très grave accident de voiture il y a maintenant presque 2 ans.
Lors de cette tragédie, je suis partie à l’hôpital avec le pronostic vital engagé, ma compagne et les enfants ont aussi été blessés.
Je me demande aujourd’hui ce qu’il se serait passé si par malheur j’étais décédée suite à cette tragédie, je n’ose même pas l’imaginer.
Est-ce-que ma compagne aurait pu avoir la garde des enfants, même si nous avons fait les papiers chez un notaire, je n’en suis pas sure.
Imaginez un peu le double traumatisme de ces deux petites têtes blondes si cela était arrivé. Ils auraient pu perdre leur maman (bio) et en plus on leur enlèverait la personne la plus importante pour eux leur 2ème maman, non mais ce n’est pas normale et inconcevable.
Alors mesdames et messieurs qui ne voulez pas du mariage pour tous, ni de l’adoption pour les couples homosexuels, je m’adresse à vous aujourd’hui.
Accepteriez vous que cela arrive à vos enfants ?
Valérie

Témoignage de Marie (69)

25 Jan

Je suis française et mon amie est espagnole. Nous ne sommes pas pacsées en France mais nous sommes mariées en Espagne. Nous avons eu une fille (mon amie en est la mère biologique) par insémination artificielle avec donneur anonyme (à l’AZ Sint-Jan de Brugge, ça a marché au 4ème essai).

Si nous avions pu nous marier en Espagne avant la naissance de ma fille, elle aurait été directement reconnue comme ma fille (en Espagne toujours), et aurait porté nos deux noms, comme le veut la loi espagnole.

Cependant, à cause des nombreux allers-retours nécessaires pour que nous puissions nous marier (même si le mariage gay est légal en Espagne, le fait que je sois française a beaucoup compliqué les choses, la France ne voulant pas me fournir la publication des bans pour un mariage avec une femme), et puisque mon amie était déjà enceinte (la grossesse a en plus été un peu compliquée), nous n’avons pas pu le faire avant que ma fille naisse. Je l’ai donc adoptée (énormément de papiers et de voyages une fois de plus).

Légalement, elle est ma fille en Espagne mais nous avons encore du mal à obtenir un papier qui le prouve clairement aux yeux de la loi française ou à faire changer son nom sur ses documents d’identité. Elle est née en France mais est de nationalité espagnole (père inconnu, une seule mère espagnole pour la loi française). Nous attendons que sur son acte de naissance français soit inscrit dans la marge que je l’ai adoptée. Ça fait des mois…

Ce qui est le plus ironique, c’est que nous ne pouvons maintenant plus nous pacser en France. En effet, la France refuse, bien que ne reconnaissant pas mon mariage, de me fournir un certificat de célibat! Je ne suis donc considérée ni comme mariée ni comme célibataire… Pratique pour acheter une maison ensemble !

Marie

 

Témoignage de Françoise (9)

23 Jan

Sur le chemin de la vie, j’ai rencontré ma petite sœur de cœur. Avec dans son cœur et dans son âme une  vie amoureuse épanouie mais quel combat familial pour arriver là où elle en est aujourd’hui.

Souffrance, tristesse, séparation, rejet, incompréhension, survie mais toujours l’AMOUR pour l’une et l’autre puis pour cette petite fille qui est arrivée il y a 9 ans et qui fait de ce petit trio une famille exemplaire.

Joie, bonheur, Amour…. que faut il de plus quand on les voit réunis ???? Il faut L’EGALITE, pour que chacune puisse trouver l’apaisement, que demain leur permette la sécurité de leur fille , que la 2ème maman soit reconnue comme telle, qu’il puisse y avoir l’envie de faire d’autres enfants sans quitter son pays la France qui se dit pays des droits de l’Homme et de L’Enfant .

Le Droit à la Vie, à L’Amour à la sincérité,  à la paix, … pour que ces familles puissent vivre leur bonheur sans être montrer du doigt et juger cela s’appelle LA TOLERANCE.

Merci

Françoise

Témoignage d’Alexandra (15)

23 Jan

Je m’appelle Alexandra et je viens par ce témoignage dire OUI au mariage pour tous. Je suis tata d’un garçon de 5 ans. Ma relation avec Antoine est très bien car pour moi c’est mon neveu même si on n’a pas le même sang. En ce qui concerne la relation de ma sœur et de sa copine en aucun cas cela ne me gène, elles sont heureuses et pour moi c’est l’essentiel. Les enfants ayant deux papas ou deux mamans sont aussi heureux que les enfants ayant un papa et une maman. Antoine est un enfant heureux, épanoui et plein de vie comme n’importe quel enfant de son âge. J’ai voulu témoigner pour que les gens voient que ce n’est pas parce qu’un enfant a deux mamans qu’il est malheureux. J’aime mon neveu et peu importe qu’il ait 2 mamans car cela ne change rien tant qu’il est heureux. Et puis qui dit que si ma sœur avait été avec un homme elle aurait aussi heureuse ? moi je ne pense pas, avec sa copine elle est heureuse. Pour moi sa copine c’est ma belle-sœur. Tant qu’elles sont heureuses c’est le principal ainsi que mon neveu. Mon témoignage est aussi pour montrer mon soutien à ma sœur et à ma belle-sœur et que je serais toujours là pour elles. En bref, je suis pour le mariage pour tous car pour moi peu importe si une femme aime un homme ou une femme et qu’un homme aime une femme ou un homme, tant qu’ils s’aiment c’est normal qu’ils se marient. L’amour c’est la chose la plus importante dans un couple que l’on soit homo ou hétéro. Mon mari Yann se joint à moi pour ce témoignage.

 

 

Alexandra

 

Témoignage de Vanessa (67)

22 Jan

Nous nous sommes rencontrées il y a 15 ans déjà.

Il nous a fallu ces 10 années pour construire, réfléchir, refuser, formuler, discuter, argumenter, douter, renoncer, s’opposer, se dépasser, oublier, désirer… un enfant. Il nous a fallu 10 ans pour décider de qui, de quand, de comment. Il nous a fallu quelques mois de plus pour oser appeler un hôpital en Belgique et quelques semaines pour rédiger une lettre de motivation…

Motiver = justifier par des motifs, apporter des raisons à

Quelles peuvent être les motivations au désir d’enfant ?

– Se conformer à la norme sociale : nous allions avoir trente ans, propriétaires et sans doute nous avions un plan de carrière. Le temps était venu de construire une famille… comme les autres 

 Donner une suite à notre histoire, que « ça continue même après la page »

– Ne pas décevoir nos mères, elles qui avaient peut-être tiré un trait sur nos maternités et sur le partage de leur propre expérience.

Nos motivations n’étaient pas différentes de celles des autres : nous avions coché la case du besoin de sécurité (un appart, un boulot). Venait ensuite un besoin d’identité (s’affirmer comme mamans aux yeux du monde à défaut d’avoir réussi à s’affirmer comme un couple au-delà de notre cercle intime – cela viendrait plut tard). Bien sûr, il était aussi question de réalité d’être, d’accomplissement de soi, de se projeter dans la vie…

Seulement nous, à la différence des autres, nous avions à apporter des motivations et nous devions tout justifier. Pour l’agrément d’un hôpital et pour la reconnaissance de nos proches.

Les étapes furent nombreuses, toutes stressantes. Et puis un jour, un médecin qui dit oui, et puis un jour, un rendez-vous à Bruxelles, et un résultat sanguin positif.

Pour moi, tout devenait simple. Et comme j’allais devenir Maman mais sans porter l’enfant, il me sembla tout à coup évident que tous ceux avec qui je passais du temps, devaient savoir qui j’étais. A commencer par mes collègues… Ce fut une libération. Pour ma compagne, ce fut moins facile : il lui fallut encaisser la froideur d’un grand frère adoré, les remarques profondément blessantes d’une mère ancrée dans son éducation, la désapprobation de collègues qui le lui feraient payer plus tard…

Cependant lorsque notre fille naquit, tout devint plus beau. Les proches qui avaient rejeté violemment notre désir d’enfants, accueillaient cette cousine le cœur débordant d’amour. Et notre couple avec.

Tout devenait tellement évident que nous décidions de recommencer tout de suite. Et en mai 2011, arrivait une petite sœur que j’avais cette fois portée.

Aujourd’hui, notre aînée a 3 ans, notre deuxième pas encore 2 ans. A l’école, à la crèche, dans la rue, elles sont nos filles, et nous sommes des parents comme les autres. C’est-à-dire avec nos propres caractéristiques.

Au même titre que cette femme de plus de 50 ans que je croise à l’école avec sa petite fille de 3 ans, de ce papa qui s’occupe tout seul de son fils, et de tous les autres.

Depuis la naissance des enfants, jamais nous n’avons ressenti d’oppositions, de rejets…

Jamais avant ces dernières semaines, et la violence de certaines paroles dans la presse, dans les manifs, dans des tracts…

Et  je me dis que nous avons de la chance, nous qui avons eu des enfants finalement assez facilement,  parce que Bruxelles n’est qu’à deux heures de chez nous, parce que nous avons « les moyens », parce que nous sommes des femmes aussi. Et je me dis que nous avons de la chance, nous qui habitons dans ce quartier où chaque directrice de crèche, chaque directrice d’école a déjà accueilli d’autres enfants de familles homoparentales. Et je me dis que nous avons de la chance, nous qui avons des enfants encore trop jeunes pour être confrontés aux paroles de haine, si fréquentes ces derniers jours.

Dans l’absolu, oui nous avons de la chance, mais pas la même chance que les couples mariés.

Biologiquement nos filles sont demi-sœurs, issues du même donneur.

Socialement, elles sont sœurs, élevées par les mêmes parents – une maman et une mamoune.

Légalement, ils n’existent aucun lien entre elles…

Comme il n’existe aucun lien entre notre aînée et moi, et entre notre cadette et ma compagne.

Pour combien de temps ? …

 

Vanessa

 

Témoignage d’Hélène (7)

21 Jan

Je suis maman de 2 petites  filles de 9 et 3 ans et demi. Je vis en couple  depuis 13 ans avec Christophe, leur papa.

Nous avons 2 amies  qui sont en couple depuis  plus longtemps que nous.

Elles ont le bonheur d’avoir mis au monde 2 enfants. Ma dernière  est née 1 jour après leurs jumeaux !!!!

Nous avons mis à chaque fois 2 ans pour avoir chacune de nos filles. Elles aussi ont attendu, mais avec les galères, les espoirs et les déceptions  de la procréation assistée.

Nos enfants et les leurs étaient désirés, attendus ardemment.

Elles ont vécus comme nous les nuits compliquées, les maladies qui inquiètent, la fatigue.

Régulièrement nous échangeons sur les petits problèmes du quotidien ; nous partageons les mêmes inquiétudes concernant nos petits bouts.

De quel  droit la société française peut-elle refuser à 2 personnes qui s’aiment et autant investies dans le bonheur et la réussite de leurs enfants le droit officiel d’être appelé « parents ».  !!!!!

Leurs amours pour leurs enfants est aussi fort que le nôtre pour nos filles.

Les nuits blanches, les  maladies infantiles, les inquiétudes de parents, elles le vivent comme nous.

Leur combat  pour le mariage et l’adoption homoparentale, c’est encore pour offrir la sécurité et la reconnaissance officielle de leur famille, pour  leurs enfants.

Cette loi n’est  juste qu’un rétablissement de la justice : égalité de traitement  pour tous.

C’est considérer que l’amour est plus important que l’orientation sexuelle pour  définir un conjoint ou un parent.

J’espère, nous espérons.

 

Hélène