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Un consensus social pour l’accès à la PMA pour toutes les femmes

18 Mar

Communiqué de presse

Paris, le 18 mars 2016

Les prises de position du Défenseur des Droits, du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh), de membres de l’Académie nationale de médecine, de nombreux élus dans une pétition spécifique¹ et aujourd’hui de

association Les Enfants d’Arc en Ciel ne cessera de le répéter au gouvernement ainsi qu’aux parlementaires.
Nous constatons une fracture entre la position de Madame la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et l’opinion publique.
L’association Les Enfants d’Arc en Ciel regrette que Madame la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes ne souhaite pas œuvrer pour le droit de toutes les femmes à mener un projet de famille.
Les Enfants d’Arc en Ciel – l’asso !
Cd1ADhEWoAASIzB

 

¹ www.pma.inter-lgbt.org

 

Et si François Hollande passait aux actes sur la PMA ?

12 Nov

Communiqué de presse

Paris, le 12 novembre 2015

Dimanche dernier à Paris lors de l’avant-première du film « La sociologue et l’ourson« , le Président de la République a été applaudi par la salle, puis s’est fait prendre en photo auprès d’un couple de femmes attendant un bébé conçu par PMA à l’étranger.

Après un long parcours, coûteux et épuisant pour ses mamans, lorsque cet enfant naîtra dans 3 semaines une seule d’entre elles aura un lien filial engageant et protecteur avec lui. En cause, une loi sur le mariage pour tou-te-s insuffisante, qui n’autorise pas les couples de femmes à concevoir leur enfant en France – et ne protège pas leurs enfants dès la naissance.

Au-delà de l’affichage politique, l’association Les Enfants d’Arc en Ciel veut savoir quelles sont les solutions concrètes que le Président va mettre en œuvre pour mettre fin à l’insécurité juridique qui fragilise les familles LGBTparentales.

L’association Les Enfants d’Arc en Ciel sera reçue la semaine prochaine à l’Elysée par la directrice de cabinet du Président Hollande. Elle aura ainsi l’occasion de s’exprimer, de faire entendre la voix des familles LGBTparentales, son expérience concrète, ses revendications et ses propositions.

C’est l’occasion, pour François Hollande, d’aller au-delà des simples coups de communication, de dépasser les postures. Les Enfants d’Arc en Ciel, comme tous les Français, attendent des actes du président de la République. S’en tiendra-t-il a des effets de manche ? L’association Les Enfants d’Arc en Ciel ne manquera pas de le faire savoir.

Nathalie ALLAIN DJERRAH, Présidente de l’association Les Enfants d’Arc en Ciel

Témoignage de Chantal (17)

5 Oct

Chère association Les Enfants d’Arc en Ciel, voici ma lettre envoyée à la « manif pour tous »…

C’est avec indignation que j’écris à votre présidente mme de la rochère,

De quel droit vous permettez vous de m’adresser un courrier je ne vous connais pas ! et comment avez-vous obtenu mon adresse ?

Comment osez-vous aborder les gens tout azimut, car je suppose que vous avez acheté des listings pour inonder toute la france de votre courrier immonde.

et en plus vous osez réclamer de l’argent !!!! ……

Avez-vous entendu parler du respect d’autrui ? des idées différentes qui prône l’amour et la tolérance dans la différence ? non sans doute pas !

Surveillez vos paroles et vos écrits avant de les proférer par bétise, avec une mentalité arriérée et étriquée de bourgeoise, et faites attention à qui vous vous adressez !

Car je ne suis pas madame lambda moi !

Je suis une mamie heureuse de 7 petits enfants , dont un justement qui à le bonheur d’avoir deux mamans. Et oui ça existe madame que ça vous plaise ou non !

il faudrait un peu réviser votre culture et vous mettre à la page !

Moi qui suis la mamie dite « biologique » je pense tous les jours à l’autre mamie qui comme moi aime ce petit depuis sa naissance.

Elle et sa fille selon vous n’auraient aucun lien de parenté avec lui ? Et il ne faut surtout pas leur donner le droit de filiation ? (elles ont déjà choisi d’exercer le devoir)

Que faites vous du projet de vie de deux personnes qui s’aiment ?

Cet enfant a été désiré, fait à deux, espéré, attendu dans la joie par deux familles, aimé depuis par tous ses proches.

Allez lui expliquer au petit que l’autre maman et l’autre famille sont des étrangers !

Grace à votre manif, ses méfaits, et ses courants de haine divulgués partout, mon petit fils s’est pris la 1ère baffe de sa vie à la maternelle à 4 ans par un petit de son âge ;

un enfant qui a pour seul défaut des parents qui prônent vos idées malsaines ! La maitresse a du faire une intervention auprès des parents, vous trouvez ça normal ?

A aucun moment vous n’avez pensé à tous ses enfants et au mal que vous leur faites et, entre parenthèses aussi aux votres qui n’avaient rien à faire dans vos manifs !

La bêtise des adultes n’a pas à être donnée en exemple aux plus jeunes !

Vous feriez mieux de militer pour que chaque enfant ait dans sa vie deux tuteurs pour grandir, qu’ils soient homme ou femme, beau père ou belle mère, ça c’est un droit indispensable, le reste n’a pas d’importance.

Le fait de donner un statut à l’autre parent a le mérite de protéger l’enfant et ça n’enlève rien aux autres couples dits « normaux » que je sache !

C’est aussi simple que cela. Je ne vois pas en quoi ça met en danger « la famille ».

Aujourd’hui la famille elle est plurielle et vous n’y changerez rien ! Vous n’avez pas le monopole de sa définition !

Vivez avec votre époque et retirez vos oeillères !

Et comme vous avez beaucoup d’énergie, mettez votre indignation au service d’un thème qui en vaut la peine : les enfants malheureux ou maltraités par exemple !

En tout cas je vous demande instamment et immédiatement de retirer mon adresse de votre listing.

Je ne vous salue pas.

Témoignage de Clothilde (n°7)

28 Jan

Les difficultés ont commencé lorsque nous avons évoqué notre désir d’avoir un enfant.

Nos familles étaient déjà réticentes à cette idée, tout comme elles l’étaient sur notre homosexualité. Nous avons dû d’abord, nous battre contre leurs préjugés et leurs craintes, avant de se lancer concrètement dans notre projet d’avoir un enfant.

Nous avons alors cherché des études, des livres sur l’homoparentalité qui prouveraient le « bien fondé » de notre désir d’enfant à notre entourage. Un enfant élevé par 2 femmes n’évolue ni mieux ni pire que n’importe quel autre enfant. Notre enfant est désiré, attendu et aimé avant même d’être dans nos bras. Il a été longuement réfléchi. Il n’est pas le fruit d’un accident. Combien de couples se posent autant de questions avant de faire un enfant?

Mes parents ont toujours refusé ce projet d’enfant. Ils sont pourtant aujourd’hui 2 grands-parents aimants et attentionnés pour mon fils, que ma compagne a porté. 4 ans de débats, pour mûrir notre projet avant de se lancer réellement. Comme quoi tout peut évoluer.

Puis concrètement, nous avons ensuite demandé à notre gynécologue habituelle, qui nous a conseillé un hôpital Edith Cavell à Bruxelles en Belgique. Car lorsqu’un couple de femmes françaises qui s’aiment et désirent avoir un enfant, et qu’il leur manque la gamète mâle, le spermatozoïde sain, elles ne peuvent demander l’aide de leur propre pays pour recevoir l’aide médicale d’un centre de Procréation Médicalement Assisté (PMA). Elles doivent se tourner vers une autre nation où cela est légalement autorisé et encadré: la Belgique, l’Espagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, le Danemark, le Canada…

Nous avons pris RDV par téléphone avec la Belgique avec un délai d’attente d’1 mois. Puis les dépenses ont commencé. Mais pas que. Nous avons dû poser des jours de congés pour ce RDV, prendre des billets de train Thalys, une nuit d’hôtel à Bruxelles. Nous sommes ensuite retournées voir notre gynécologue habituelle en France pour qu’elle nous délivre une ordonnance de suivi médical, comme ferait n’importe quelle femme qui voudrait avoir un enfant et vérifier qu’elle est fertile. Nous avons ensuite communiqué les résultats de ces examens à Edith Cavell, qui nous a donné finalement son accord pour obtenir leur aide (6 mois d’attente pour passer en commission chez eux). Je précise que cela fut possible, car nous étions un couple reconnu par un PACS. Puis Edith Cavell a prescrit un traitement hormonal qui n’est pas anodin à ma compagne, qui porterait l’enfant. Ce traitement est contraignant en temps, en argent et pour sa santé. Comme convenu, nous avons demandé son avis avec notre gynécologue habituelle et lui avons envoyé nos ordonnances belges à retranscrire en ordonnances françaises. Elle ne nous a jamais recontacté malgré nos relances.

Nous avons recherché en catastrophe un second gynécologue, qui nous suivrait tout au long de notre parcours, jusqu’à l’accouchement. Ma compagne a fait joué ses relations de travail, ce qui l’a obligé à faire son coming-out professionnellement, sans savoir comment tout le monde allait réagir. Ce gynécologue a été notre sauveur.

Prise de sang et échographie des ovaires tous les 2 jours pendant 10 jours à jeun le matin, avant d’aller au travail, demander à recevoir les résultats avant midi, pour les communiquer à Edith Cavell, qui nous donne alors 36h pour venir les voir et pratiquer l’insémination (acte médical pratiqué par un gynécologue: dépôt de sperm d’un donneur anonyme dans le vagin à l’aide d’une pipette spéciale, c’est ça une IAD). Autant vous dire que les heures sont comptées à ce moment là. Prévenir nos employeurs que nous ne serons pas là le lendemain, et du jour au lendemain c’est un risque à prendre pour ma carrière professionnelle, tout comme ça l’a été pour ma compagne d’être régulièrement en retard à cause des examens médicaux matinaux. Alors qu’il aurait été tellement plus simple, si nous avions pu être suivies dans l’hôpital à côté de notre domicile. Trouver des billets de train au dernier moment au tarif maximum, youpi. Rentrer en France et espérer en attendant 14 jours, avant de faire une prise de sang pour savoir si on est enceinte ou pas. Et recommencer jusqu’à tomber enceinte enfin.

Après le suivi de grossesse se fait avec notre gynécologue habituel, comme toute femme enceinte. Bref ça a certes un certain coût financier: examens médicaux, déplacements, hôtellerie, jours de congés, frais médicaux d’insémination… mais pas que. Nous avons du débourser en 2 ans de quoi s’acheter une voiture. Oui une belle voiture neuve! Ces démarches nous auraient peut-être coutée qu’un plein d’essence, si ce parcours de PMA avait été autorisé et pratiqué en France à côté de chez nous. Mais pas que. C’est un sacrifice conséquent sur nos revenus, aucunes vacances, aucuns vêtements neufs, aucun achat superflu, rien que du nécessaire absolument nécessaire. Mais pas que. C’est aussi se sentir rejeter de notre pays, notre pays qui nous a vu naître, nous a élevé, que nous soutenons aux JO et lors des grandes rencontres sportives internationales avec notre cœur.

Depuis le moment, où ma compagne est tombée enceinte, nous n’avons plus rencontré de difficultés insurmontables. Nous les pulvérisions sur place. Les préjugés des gens ne nous gênaient plus. Nous prenons depuis le temps de nous montrer telles que nous sommes, nous sommes comme tout le monde: nous respirons, nous avons du sang dans nos veines et nous aimons, voilà tout. Nous avons essuyé quelques dégâts sur mon véhicule (pneus crevés, rétroviseur cassé, essuie glace arraché, plaque d’immatriculation arrachée et cassée), notre voisin était ouvertement homophobe et nous pourrissait la vie dès qu’il le pouvait dans le quartier et auprès de notre bailleur. Des voisines amicales nous signalaient être témoins de ses dégâts. Bref nous avons depuis déménagé et ne subissons plus ce personnage.

Lorsque notre garçon est né, nous avons eu par chance une place en crèche pour lui. La directrice ne voulait pas me parler n’étant pas  » la vrai mère de l’enfant ». Au bout de quelques semaines et à force de politesse et d’échanges, elle a évolué et a fini par me parler et m’offrir même des cafés, comme tout parent de la crèche.

Ma compagne étant la seule parent reconnue légalement, je n’avais pas le droit légalement d’emmener notre fils chez le médecin, même en cas d’urgences je n’étais qu’un tiers, personne aux yeux de la loi, impossible de prendre une décision médicale, pourtant il a bien fallu aller le faire recoudre lors d’une chute à la crèche. J’étais la plus proche à pouvoir intervenir, j’ai pu déposer mon fils aux urgences, mais attendre ma compagne, la seule mère reconnue car mère biologique, pour l’en faire sortir. Plein de situations deviennent absurdes rapidement.

Nous avons alors entamé avec une avocate une procédure de demande de délégation d’autorité parentale DAP, 1 an de procédure au TGI (Tribunal de Grande Instance) de Paris et 3600 euros plus tard, le juge aux affaires familiales nous l’a accordé heureusement. Ça fait cher payé pour avoir le droit de sortir son enfant de l’hôpital, de l’emmener chez le médecin. Dans le même Tribunal de Grande Instance, un couple d’amies dans la même situation se l’est vu refuser sans motif réel. Un sentiment de justice à la « loterie ».

Depuis nous avons milité pour obtenir la possibilité de nous marier: l’appel de Montpellier en 2009. C’est une bataille au quotidien,  pour dire à tout le monde que nous sommes comme tout le monde, et que nous méritons les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Nous nous sommes mariées en décembre 2013, dans une petite commune de Loire Atlantique, le maire a dû prévenir et demander les services de la gendarmerie car Mr le maire avait reçu des menaces « d’abrutis armés » comme il disait. Nous avons demandé au procureur de la République l’autorisation de ne pas publier sur les bans de notre mariage notre adresse de domicile, pour ne pas donner l’adresse de notre domicile aux « abrutis armés ». Nous sommes mariées sous protection de la gendarmerie, tout s’est bien déroulé finalement.

Nous souhaitions ensuite entamer la procédure d’adoption. Nous nous sommes d’abord renseignées auprès de l’association les enfants-d’arc-en-ciel- l’asso! et de son forum. Puis nous avons été au TGI de Nantes, pour se renseigner sur place. Chaque TGI a sa propre procédure. La personne du service civil et adoptions nous a annoncé que ma compagne (mère biologique) perdrait ses droits, si je demandais l’adoption de mon fils, et que je ne pourrais adopter qu’en adoption simple et non en forme plénière. Totalement faux! Nous avons du lui expliquer qu’elle devait être mal renseignée, qu’elle devrait demander l’avis du greffier en chef. Un comble! Former, celle qui doit nous informer de nos droits!! Le greffier en chef lui a confirmé par téléphone que nous avions raison et indiqué les documents pré-imprimés à remplir. Nous avons ensuite contacté notre notaire de famille, qui nous a reçu 2 jours après notre mariage: « parce que vous avez déjà trop attendu pour ça ». Nous avons signé un acte notarié de consentement à l’adoption plénière, nous attendrons les 2 mois, délai de rétractation légal. Puis notre notaire pourra attester de notre non-rétractation à ce consentement. Avec tous ces documents et quelques autres (actes de naissance, certificat de mariage, livret de famille…) nous allons déposer notre demande d’adoption plénière de l’enfant de mon épouse, celui que j’élève depuis sa naissance et désire depuis plus longtemps, par une requête auprès du service adoptions du parquet du TGI de Nantes. La greffière nous a indiqué un délai de 6 à 8 mois de procédure. Que faire pendant encore ces 8 mois s’il arrivait malheur à mon épouse? Elle n’a su quoi me répondre.

Nous avons donc commencé la procédure en justice pour demander l’adoption plénière de l’enfant du conjoint en espérant obtenir victoire. Mon fils de 4ans 1/2 deviendrait bientôt mon fils légalement dans 6 à 8 mois. Il aura alors plus de 5 ans. Enfin, si le juge m’autorise à devenir son parent. Et pour le second enfant? Tout recommence…

Clothilde

 

Témoignage de Céline (n°1)

8 Jan

Je suis la maman sociale de deux enfants de 2 ans et demi (pour qui nous avions obtenu une DAP-délégation d’autorité parentale) et 5 mois.

Nous avons commencé les démarches d’adoption il y a quelques semaines. Tout d’abord en appelant le TGI (Tribunal de Grande Instance) de Créteil pour avoir des infos sur la marche à suivre. Une première fois, on m’a dit, « nous n’avons pas de directive du procureur, rappelez nous ». Une deuxième « il faut venir le mardi ou jeudi matin retirer le dossier sur place ».

Finalement, à une rencontre de l’association des Enfants d’Arc en Ciel, nous avons discuté avec un couple qui venait de déposer la requête et qui nous a expliqué avoir obtenu le dossier par courrier.

J’ai donc fait un courrier au TGI et quelques jours plus tard, j’avais le dossier dans ma boite aux lettres.

C’est un dossier assez complet, du même type que celui que l’on a monté pour la DAP, attestations incluses. Et en bonus, l’accord écrit des grands parents biologiques des enfants pour qui on demande l’adoption. Ce qui ne nous arrange pas tellement puisque les relations sont difficiles avec la grand-mère biologique des enfants.

La semaine dernière nous avions rendez-vous chez le notaire. Après plusieurs échanges par mail et téléphone pour se mettre d’accord sur les tarifs notamment. En effet, lors du premier contact, ils voulaient nous facturer deux actes : le recueil du consentement et l’attestation de non rétractation. J’ai donc argumenté grâce aux infos transmises par l’association des Enfants d’Arc en Ciel et j’ai obtenu gain de cause. 250€ pour l’acte (un seul pour nos deux enfants) et l’attestation de non rétractation.

Le jour du rendez-vous, à notre arrivée, on nous informe que la personne avec qui nous avions rendez-vous a eu un empêchement et que c’est une autre personne du cabinet qui  nous recevra. Pourquoi pas, nous on veut juste signer le papier !

Au début de l’entretien elle reprend nos états civils complet (et ceux des enfants). J’avais transmis par mail les actes de naissance en amont même si on ne me les avait pas demandés pour éviter qu’ils les demandent eux même et qu’ils nous  le facturent.

Puis viens le moment de parler du contenu de l’acte et là, problème, elle a rédigé un acte pour une adoption simple. Nous lui expliquons que ce n’est pas notre demande, ni ce qui avait été convenu avec sa collègue. Et elle insiste en nous expliquant que l’adoption plénière rompra les liens de filiation avec la mère biologique. Nous argumentons encore, elle fini par aller se renseigner auprès de la collaboratrice de la notaire qui devait nous recevoir, et revenir en nous disant, je suis désolée, vous aviez raison, l’adoption plénière de l’enfant du conjoint est une exception à la règle vis-à-vis de la rupture du lien biologique.

Donc après une bonne demi-heure d’attente, nous avons enfin pu signer l’acte (sans qu’elle nous ai demandé nos cartes d’identité…

Voilà, maintenant on passe à l’étape recueil des attestations…Nous nous avons prévu un dépôt du dossier fin janvier.

Suite du témoignage:

Nous avons presque terminé la constitution « administrative » du dossier.  Ce n’est pas croyable le nombre de documents qu’il faut fournir pour justifier que je suis bien présente au domicile et que je participe à l’éducation de mes enfants !!!

Nous avons également terminé le recueil des attestations qui nous sont demandées par le tribunal pour prouver, je cite, qu’il existe « un lien affectif entre l’adoptant et l’adopté ». Autant vous dire que cela n’a pas été simple de dire à nos familles, nos amis que nous avions besoin d’attestations pour prouver tout cela. Plusieurs fois on nous a dit, mais qu’allons nous écrire, c’est tellement évident pour nous ? Nous leur avons conseillé de laisser parler leur cœur, de parler de ce qu’ils voient quand ils sont avec nous et nous avons eu de belles surprises qui m’ont mises les larmes aux yeux.

Cela est venu partiellement compenser la colère et l’humiliation que j’ai ressentie de demander à mes proches d’attester que j’aime mes enfants !!!

Nous avons aussi demandé aux professionnels qui côtoient nos enfants (crèche, pédiatre…), à mon directeur… et chaque fois la réponse fut la même, mais comment ça, ce n’est pas automatique avec le mariage ?  Et là on se demande pourquoi on a supporté tant de mois de débat et de battage médiatiques pour qu’au final les gens n’aient en fait rien compris !!!

Maintenant, il nous reste à écrire la requête pour le juge et à trouver les bons mots pour lui expliquer pourquoi je souhaiterai qu’il m’autorise à adopter  mes propres enfants !!! Bien sur il va falloir que je ravale ma colère et que je courbe le dos pour rester correcte, ne froisser personne et que toutes ces procédures se terminent enfin. Qu’enfin notre famille soit tranquille et surtout protégée.

Nous nous demandons encore si nous allons joindre des photos au dossier car cela n’apparait pas sur la liste des pièces à fournir. Ma compagne dit pourquoi pas… Personnellement je n’ai pas très envie d’exposer encore plus ma famille. Je le ressens comme une effraction supplémentaire de notre intimité. Nous avons déjà demandé les témoignages, fourni tout un tas de documents administratifs…nous nous attendons également, comme pour la DAP (délégation d’autorité parentale) à être convoquées au commissariat et à avoir la visite de la police à la maison… Alors pour les photos, je me dis stop, là c’est trop.

Nous devrions déposer le dossier fin janvier car nous sommes toujours en attente de l’attestation de non rétractation…

Suite du témoignage:

Suite à la rencontre avec l’avocate partenaire des EAC à Paris le mois dernier, nous avons finalisé notre dossier.
Finalement, suite aux conseils de l’avocate, nous avons mis des photos et les factures de la clinique où nous avons fait les IAD.
Nous avons également réutilisé certaines attestations du dossier de DAP. L’avocate nous a dit que celles qui attestent de frais précis peuvent être réutilisées. Par exemple, celle de la sage femme qui dit que j’étais là au cours de préparation à l’accouchement.

Donc une fois notre dossier finalisé, je suis allée le déposer au TGI de Créteil, l’accueil ne fut pas des plus chaleureux, surtout quand j’ai demandé une preuve de dépôt du dossier, mais qu’importe !

Voilà donc une étape de plus de franchie, nous rentrons à présent dans la liste d’attente, qui j’espère, ne sera pas trop longue. Mais j’ai peu d’espoir car pour la DAP nous avions attendu plus d’un an et demi et que la réputation du TGI n’est pas reluisante en matière de rapidité de traitement des dossiers.

Suite au dépôt du dossier au TGI fin janvier, nous pensions que l’attente serait longue. Finalement, pas tant que ça !
L’enquête de police a eu lieu en février : audition au commissariat (seulement moi en tant qu’adoptante) et visite au domicile.
L’audition s’est bien passé, s’était le même policier que pour l’enquête de la DAP et il a repris le PV d’audition précédent donc il m’a simplement demandé d’actualiser les éléments et de lui redire un certains nombre de choses qui était déjà dans le dossier : non, nous ne sommes pas séparées ou en instance de divorce, non je n’ai pas d’autres enfants issus d’une union précédentes…
Puis il m’a demandé de décrire mon quotidien avec les enfants et de lui expliquer pourquoi je demandais l’adoption.
C’est toujours une grande question ça ! Pourquoi ? Parce que ce sont mes enfants…? Non ça, ça ne marche pas bien sur ! J’ai donc redit que j’étais là depuis leur conception et que je les élevais au quotidien…
Après ça, ils sont venus à la maison pour faire le plan du logement. 
 
Lorsque j’ai recontacté le TGI pour savoir où en était notre dossier, on m’a informé que l’audience aurait certainement lieu en avril/mai, mais que nous ne serions pas convoquées. Notre dossier étant complet, notre présence n’était pas nécessaire.
 
Lorsque j’ai rappelé en avril, j’ai pu avoir la date de l’audience…J’ai donc téléphoné le lendemain matin… La personne m’a dit, oui c’est bon, le juge vous a accordé l’adoption.
Et là, je me suis retrouvée un peu bête, seule dans mon bureau…elle venait de m’annoncer quelque chose qui changeait ma vie mais en fait rien ne changeait vraiment… 
Oui, finalement, ça change tout et ça ne change rien à la fois… J’avais envie de le crier sur tous les toit…et en même temps le sentiment que personne ne pouvait comprendre ( à part les familles dans notre situation ) à quel point j’étais soulagée et heureuse que ma famille soit enfin en sécurité.
 
Et puis quelques jours après, j’ai appris que le jour où notre réponse avait été positive, à quelques kilomètres à peine de chez nous, à Versailles, plusieurs jugements avaient été refusés.
Cette injustice et cette inégalité sont inacceptable et montre bien que le combat n’est pas terminé…
 
Aujourd’hui nous sommes le 29 juin, cela fait deux mois que le jugement a été rendu. Mais les actes de naissance des enfants n’ont toujours pas été modifiés. Le procureur n’a pas fait les démarches…nous attendons donc toujours de pouvoir faire modifier notre livret de famille…
 
Après une lettre recommandée et plusieurs appels au TGI les actes de naissance de nos enfants ont enfin étaient modifiés le 19 août dernier.
À notre retour de vacances nous avons enfin pu faire rajouter nos enfants sur notre livret de famille.
Nous abordons donc cette nouvelle année scolaire sereines et heureuses de pouvoir fournir des documents administratifs en conformité avec notre composition familiale.

Céline

Témoignage d’Anne et Agnès (74)

25 Mar

Ma compagne et moi-même nous nous sommes rencontrées en avril 1993, pacsées en décembre 2000 et enfin heureuses mamans depuis aout 2008 d’un petit Gaspard, qui a 4 ans et demi maintenant.

Gaspard est né d’une FIV réalisée à l’AZVUB de Bruxelles, un bébé Thalys comme on les appelle …….. Mais quel parcours! Que de questions, que d’interrogations, que de choix, que d’options…

Tout a commencé dans l’intimité de notre couple, un enfant oui naturellement et jamais nous ne nous sommes senties illégitimes dans cette démarche. Mais ensuite… concrètement comment faire ? L’ APGL de Paris a été d’une grande aide, nous accueillant au sein de groupes de paroles, nous expliquant toutes les solutions possibles.

Informées, aiguillées, renseignées… pour nous, les choix étaient désormais clairs : pas de conception en méthode artisanale, pas de conception en co-parentalité, ce sera une PMA avec donneur anonyme et la Belgique comme destination. La feuille de route était claire. Des anges gardiens ont veillés sur nous : une équipe formidable à l’AZVUB à Bruxelles, un gynécologue à Paris, puis un autre à Saint-Malo trouvé un peu au hasard ( car entre-temps nous avons déménagées en région , comme on dit ……)

Tous ces gens étaient formidables et ils avaient réglés avec eux-même toutes les questions « éthiques », et pour eux nous n’étions pas les premières a effectuer ce genre de démarches . Nous avons également bénéficié d’un entourage amical fort et impliqué à nos côtés contrairement a nos familles ……

En revanche, 5 ans ont été nécessaires pour que je « tombe » enceinte (quelle drôle d’expression tout de même), et 5 ans de stress pour ne pas louper un train, pour arriver à l’heure, pour ne pas louper une injection, pour faire des échographies, pour trouver le bon hôtel à Bruxelles, pour boucler le budget… Une PMA n’est pas simple, moralement, physiquement, intellectuellement, financièrement … la distance, la double équipe (France et Belgique) n’arrangent rien. Ce parcours nous l’avons fait à 2, Agnès et moi ( Anne ), une équipe, soudée, unie, faisant face. Une seule fois elle est restée à Paris, car elle avait la grippe, l’équipe de Bruxelles n’a pas compris que je vienne seule, pour eux, nous n’étions pas 2 filles, nous étions un couple qui souhaitait procréer et la procréation se fait à 2…

Et enfin, 5 ans après tout ce parcours du combattant, le test, les prises de sang, les nausées tout indiquait que j’étais enceinte ! Joie, bonheur… et puis dès cet instant… amasser toutes les preuves qu’Agnès était là, présente en tant que parent, pas marraine ou tata ou tatie ou mamoune ou quelque chose dans le genre …….non parent, maman, mère à part entière au même titre que moi qui l’ai porté. Y penser même dans la salle d’accouchement, y penser en demandant à la sage femme un témoignage attestant de la présence de sa seconde maman dès le 1er souffle de notre enfant… Y penser en permanence dès le moindre papier à remplir ……. Tout consigner pour plus tard, quand nous aurions les moyens (et oui toujours l’argent au cœur du problème) de passer devant le tribunal des Affaires Familiales pour faire une délégation d’autorité parentale (quel horrible terme, réducteur, froid, impersonnel…) et faire reconnaitre Agnès comme sa mère à part presque entière. Penser à sa mort le jour de la naissance de son fils… il y a plus gai, mais c’est une réalité, aujourd’hui fonder une famille avec 2 parents de même sexe c’est tout de suite penser au pire, protéger en cas de décès de la mère biologique, pour qu’en cas de décès de cette mère biologique, notre enfant ne perde pas sa deuxième mère au passage devant le juge des affaires familiales ou au pire, d’une volonté de la famille de la mère biologique décédée …….Car c’est souvent dans bien des cas que l’épée de Damoclès est tenue par sa propre famille ! Lugubre…

Et depuis 4 ans comment cela se passe-t-il pour lui , pour nous ? Et bien comme dans toutes les familles de France, il grandit normalement, il se développe normalement, il est en pleine forme, il est au courant du pourquoi et du comment il a été conçu et il est né. Il est à l’école (privée et catholique, où tout le monde connait la situation et où tout le monde, même le prêtre, reconnait Agnès comme sa mère) où il dessine sa famille comme les autres petits camarades, bref un enfant normal, au sein d’une famille normale…

Mais une famille soumise au bon vouloir et à la compréhension des autorités représentatives de l’état (crèches, écoles, médecins, douaniers…) qui dans notre cas ne se sont jamais posés de question quant à la légitimité d’Agnès. (En revanche pas de souci de reconnaissance de notre famille pour les impôts et pour la CAF, que cela arrangent bien de ne pas me reconnaître comme parent isolé………)

Mais soudain espoir, la proposition du programme de F. Hollande accordant le mariage pour tous. Nous nous marierons, bien sûr, le plus vite possible (le temps de trouver une salle quand même !) Nous profiterons de cette fantastique avancée de la société. Mais, le mariage ne résoudra pas tout pour nous. Gaspard étant né avant notre mariage, Agnès devra l’adopter… (nous aurions espérer voir la filiation reconnue d’office, ou la possibilité d’une reconnaissance comme pour un couple « normal ») Avocat, tribunal ? on verra ce que dira la loi…

Encore un combat, mais on le gagnera…. Pour notre enfant, pour notre famille. À tous ceux qui nous lisent, surtout ne pas se décourager . Nous réussirons à changer les choses. L’important c’est de garder espoir…….

Anne et Agnès et leur petit Gaspard

Témoignage de Marianne (11)

10 Mar

Nous avons, mon mari, moi-même et notre petit Antonin, participé à la manif du mariage pour tous de décembre puis de janvier dernier.
Nous avons suivi en janvier pendant un temps votre cortège de poussettes, celui de l’association Enfants d’Arc-en-ciel, et notamment quand on passait devant Port-Royal (grand centre de PMA, référent notamment pour toutes les DOM-TOM) et un laboratoire d’analyse de fertilité. Une personne a dit au mégaphone à ce moment en les désignant que vous n’y avez pas le droit actuellement.

Moi, j’en ai bénéficié et votre remarque m’a émue au point où les larmes me sont venues aux yeux. Je peux vous dire que notre parcours de PMA a été difficile et que s’il avait fallu que j’aille à l’étranger, que je me justifie auprès de ma famille et amis, que je fasse tout cela sur mes temps de vacances, en me cachant de mon employeur, etc, comme le font des amies que l’on connait, je ne suis pas sure que j’aurais eu le courage d’aller jusqu’au bout !

En même temps, je sais quelle force l’on a lorsqu’on souhaite fonder une famille. Vous êtes vraiment très courageuses. Et j’ai envie de dire à ceux qui sont contre la PMA pour tous : « qui êtes vous pour juger du désir d’enfants des autres ? ».
Voilà mon témoignage de soutien,

Marianne

Allemagne: les enfants d’homoparents ne souffrent pas de problèmes émotionnels ou psychologiques, selon une enquête officielle

5 Fév

http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Article de Yagg du 4 février 2013

Angela Merkel est toujours opposée, comme son parti, à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. La première étude (BMJ) représentative des familles homoparentales en Allemagne vient donner de l’eau au moulin des partisans de l’égalité. Elle montre que les enfants élevés par deux pères ou par deux mères, qui seraient au moins 7000 en Allemagne (selon une enquête de 2009) ne rencontrent pas de problèmes particuliers dans leur développement et dans leur rapport à la société, par rapport aux enfants issus des autres familles.

L’étude a été commandée par Brigitte Zypries, l’ancienne ministre de la Justice SPD (le parti social-démocrate) en 2006. Des enquêtes ont été menées auprès des parents et des enfants de familles homoparentales dans deux régions en Bavière. À l’Institut de Recherche sur la Famille de Bamberg, 1059 homoparents ont été questionnés sur différents thèmes allant de la répartition des tâches, aux rapports avec les personnes extérieures à la famille, en passant par la discrimination. Une petite centaine d’enfants âgés de 10 à 18 ans ont aussi répondu aux questions de l’enquête, portant sur l’estime de soi, la relation à leurs parents, leur façon de gérer le regard des autres.

PAS DE PROBLÈMES ÉMOTIONNELS OU PSYCHOLOGIQUES
Comparés aux données récoltées auprès de familles hétérosexuelles,…. cliquez ici pour lire la suite de l’article: http://yagg.com/2013/02/04/allemagne-la-premiere-etude-sur-les-familles-homoparentales-a-ete-publiee/

Témoignage de Jo (73)

4 Fév
J’ai 34 ans, je vis une histoire d’amour avec une femme formidable depuis presque 8 ans et nous avons depuis peu la chance de voir grandir une petite fille adorable.
Longtemps je me suis cherchée, mal dans ma peau, mal à l’aise en couple avec des hommes, je me sentais “différente” jusqu’à ce que je LA rencontre, ce fût une évidence !
Une évidence aussi de construire une famille, d’officialiser notre amour, comme beaucoup de couples amoureux…. Pacsées depuis 2006, parce que c’est la seule option qui nous était autorisée, il nous a manqué le côté cérémonieux  et romantique du mariage (Pacs conclu en 5 min dans le bureau d’un greffier du tribunal qui n’a même pas la place de nous faire signer sur son bureau en désordre !) Le Pacs nous a toujours semblé être un engagement moins fort que le mariage. Finalement à part pouvoir faire notre déclaration des impôts en commun cela n’a pas changé grand chose dans notre quotidien.
Longtemps aussi je me suis interrogée sur mon désir d’enfant. Ma compagne était déjà maman d’une grande fille, moi je voulais donner un papa à un éventuel bébé. Mais très vite, il nous semblait évident que ce bébé serait un bébé de l’amour que nous seules serions ses parents. L’unique différence serait pour lui de n’avoir pas 2 parents de sexe opposé.ET alors ? ce n’est pas pour autant qu’il sera plus malheureux qu’un enfant élevé par un papa et un maman ou un seul papa ou une seule maman…Il sera aimé, choyé, éduqué, protégé au sein d’un foyer doux et rassurant entouré d’une famille unie.
Il n’est évidemment pas question de lui mentir sur sa conception en lui disant qu’il n’a pas de géniteur. notre fille a un donneur, un homme formidable, altruiste qui nous a offert le plus beau des cadeaux. Tout cela nous le lui dirons au moment venu avec les mots adaptés à son âge. Elle aura même la possibilité de le rencontrer plus tard si elle le désire.
Voilà dans les faits nous sommes une famille mais officiellement notre fille n’a  qu’un seul parent : sa mère biologique. S’il  arrive quoique ce soit à cette dernière, le sort de notre puce dépendra uniquement du bon vouloir d’un juge. Imaginez la douleur d’une enfant qui perd un de ses parents et qui en plus est arrachée à son autre parent !
Et même au quotidien, sa maman de cœur n’a aucun droit sur elle alors qu’elle la désirée aussi fort que sa maman biologique, qu’elle est là chaque jour pour elle : non elle ne peut ni la chercher à la crèche ou à l’école sans autorisation, ne peut prendre aucune décision la concernant : hospitalisation par exemple, ne peut pas voyager seule avec elle, etc
Petit paradoxe : je suis le seul parent de ma fille (cf livret de famille) avec tous les inconvénients et problèmes que cela engendre. Par contre, au niveau de la CAF, je vis en couple donc je ne suis pas considérée comme parent isolé. Pareil pour les impôts, je ne suis pas célibataire donc je ne peux prétendre à la demie part supplémentaire pour parent élevant seul ses enfants… Alors soyons logique jusqu’au bout : notre fille doit avoir en toutes circonstances deux parents légaux et pas seulement quand ça arrange l’administration !
Jo

Sémantique de la famille

29 Jan

Article du blog Speak-Out du 27 janvier 2013

http://speakoutbymax.wordpress.com/2013/01/27/semantique-de-la-famille/

manif pour tous

Un débat qui se déplace de l’alliance à la filiation

Sur la question du mariage pour tous, le débat en cours, pour confus ou caricatural qu’il soit souvent, a au moins l’avantage de dessiner un consensus sur un point, celui qui a trait à la question de l’égalité des droits, sociaux, fiscaux et patrimoniaux attachés à l’union de deux personnes du même sexe. Il faut aller chercher au beau milieu des manifestants de Civitas la perduration de la remise en cause de ces droits alors même qu’ils furent âprement discutés lors du débat sur le PACS. Et même si nombreux sont ceux qui réservent leur jugement personnel sur cet état de fait – toute la France, on le voit, n’est pas devenue subitement gay friendly- chacun s’entend au fond, même si c’est quelquefois par calcul, sur l’idée que cela concerne au premier chef les deux du couple qui entendent contracter. L’ultime réserve nominaliste sur ce point prend la forme de la proposition d’une « union civile » qui préserverait le « mariage » dans sa sacralité républicaine hétérosexuelle. Les tenants de la « Manif pour tous », qui, sous cette appellation a-partisane, réunit des sensibilités différentes, mais plutôt à droite ou au centre et plutôt religieuses, ont bien compris que la question de la famille, de l’association de l’alliance et de la filiation, était le véritable angle d’attaque par lequel tenter de renverser une opinion initialement plutôt favorable.  C’est donc la question de l’enfant, au-delà du couple, qui est désormais, et à juste titre, au centre de la dispute. Il faut donc bien situer sur ce plan le débat et pour défendre l’idée du mariage gay et de l’homoparentalité, défendre la pluralité des modèles familiaux contre une conception par trop normative de la famille.

Modèle familial unique ou pluralité des modèles familiaux ?

Deux conceptions s’affrontent en effet. La première définit la famille dans une approche prototypique[1]. Il y a UN modèle familial, fondé sur l’hétérosexualité, ici d’ailleurs sciemment confondue avec la différence sexuelle, sur le seul lien procréatif biologique et sur le couple reposant sur un DEUX transcendant. Ce modèle est érigé en norme et toutes les autres formes de familles de fait sont considérées comme des formes périphériques, secondaires, accidentelles et seulement partiellement conformes au paradigme qui définit l’appartenance à la catégorie « famille ». Ce qui permet de stigmatiser ou d’exclure des formes perçues comme trop atypiques. En effet, l’arrière plan psychologique de cette conception est qu’il y a des degrés de perfection dans la façon de faire famille, voire des appariements sociaux, associant pourtant alliance et filiation, qui se situeraient en dehors même de l’idée de famille et ne mériterait pas de pouvoir entrer dans le cadre protecteur de la loi, comme par exemple aujourd’hui les familles homoparentales. Ce modèle, qui fonde la filiation  sur une conjonction idéalisée entre parenté génétique de conception, parenté utérine de gestation (remise en cause par la GPA à l’étranger) et parenté sociale d’éducation,  fait fi de l’extraordinaire évolution du modèle familial, de sa complexification et de son éloignement progressif du patriarcat qui en était le fondement véritable, assignant à l’homme et à la femme des rôles sexuels, familiaux et sociaux indépassables, car donnés comme naturels. Michel Serres a ainsi heureusement rappelé combien la Sainte Famille mettait déjà à mal cette figure prototypique, en brisant le lien biologique, en introduisant du tiers par la conception auriculaire et en figurant une double paternité, sociale et toute humaine avec Joseph, père putatif ou premier beau-parent et bien sûr divine avec un Père éternel pour le Fils de l’Homme.

Au contraire, les tenants du mariage pour tous (i.e. sans jouer sur les mots, le mariage pour les homosexuels comme pour les hétérosexuels) ont eux une définition plus large de la famille. Si l’anthropologie leur donne raison par la variété des structures de la parenté relevées dans les différents groupes humains, ce qui n’exclue pas évidemment des structures communes comme la différence sexuelle et la prohibition de l’inceste, c’est l’ensemble des évolutions juridiques quant à la définition de la famille en droit français qui justifie cette conception. Ainsi Irène Théry parle-t-elle d’  « une révolution de velours juridique » concernant le droit de la famille et le mariage : « Depuis 1912 le mariage n’est plus la seule institution fondatrice de la paternité ; depuis 1972 il n’est plus le socle de la seule famille juridiquement reconnue, les droits et devoirs des enfants et des parents sont exactement les mêmes que ces derniers soient ou non mariés ; depuis 2002 les devoirs de coparentalité survivent au divorce des époux ; et enfin depuis 2005 nous avons purement et simplement effacé du Code civil la distinction entre filiation légitime et naturelle, qui était autrefois le grand principe organisateur de tout le droit de la famille. ». C’est cet ensemble de mutations inscrites peu à peu dans la loi et liées à la fois à la montée de l’individualisme contemporain, à l’émancipation féminine, aux progrès de la science (contrôle des naissances, diminution de mortalité infantile, etc.), à l’allongement de l’espérance de vie, qui sont globalement niées par ceux qui défendent UN modèle familial unique qui donnerait droit à la reconnaissance institutionnelle que constitue le mariage, faisant verser tous les autres dans l’anomalie. Pourtant le mariage n’est plus la forme unique donnée à la famille ni même son fondement et c’est dans ce cadre qu’il devient non plus une institution valable pour tous mais une forme parmi d’autres d’appariement et un droit également disponible pour chacun.

La transcendance du biologique

Pour les tenants de la famille prototypique, le primat accordé à la parenté biologique tient en lisière les familles homoparentales et partant  les familles adoptives  (entièrement fondées sur la disjonction entre parents géniteurs et parents sociaux), toujours soumises à  des jugements qui oscillent entre  l’acte charitable et le vol d’enfants ou celles qui ont fait appel à l’IAD (fondées sur la disjonction entre un des parents sociaux et un des parents biologiques, le double don étant prohibé). Pour ces dernières, la question du secret des origines, qui perdura longtemps en masquant le tiers donneur génétique, est à comprendre comme  une forme de préservation d’un modèle idéal et par là même factice (voir sur ce point la tribune de René Frydman dans le Monde du 11 janvier). Ce qui indique d’ailleurs comment ce modèle familial unique est en réalité à la fois maintenu et déconstruit par les arrangements juridiques qui, au-delà du biologique, organisent la filiation et se trouvent au cœur de l’institution du mariage depuis bien longtemps, avec au premier chef  la présomption de paternité, chère au doyen Carbonnier, qui permit naguère à bon nombre d’enfants d’avoir un père qui n’était pourtant pas le leur. Pour ceux qui au contraire n’entendent pas discriminer au sein des modèles familiaux,  la famille n’est pas exclusivement ou seulement biologique comme on le voit avec la propension qu’ont les familles adoptives ou les familles ayant fait appel l’IAD, homosexuelles ou hétérosexuelles, à  assumer toujours plus la réalité de ce qui les fondent et la manière dont elles sont portées à faire droit aux demandes d’accès aux origines qui se sont fait jour chez leurs enfants, en cessant donc de « singer la nature » comme le disait en parlant de l’adoption celui qui donna son nom au Code civil .

La transcendance du Deux

Pour les amis de Frigide Barjot et du cardinal Barbarin (quel attelage !), le primat accordé à la transcendance du 2 qui fonderait indépassablement la famille, met « naturellement » à distance les couples séparés ou divorcés qui élèvent leurs enfants sans faire vie commune et les familles recomposées qui associent plusieurs adultes dans l’éducation d’enfants dont ils ne sont pas tous les parents biologiques,  les beaux-parents dans le cas de la garde partagée par exemple. De même sont considérées comme non conformes au modèle, les familles monoparentales, biologiques ou  issues de l’adoption par des personnes célibataires,  qui reposent sur une seule figure parentale et bien sûr les familles qui font appel l’IAD, qui introduit du tiers en distinguant le géniteur du parent. Pour ceux qui au contraire entendent que l’engagement 31 de François Hollande soit tenu,  la famille ne repose pas exclusivement sur le 2 du couple et la conjugalité, ce qui peut justement rendre nécessaire (inscription d’un enfant dans la filiation) ou souhaitable (reconnaissance sociale) leur institutionnalisation par le mariage pour ceux qui le souhaitent. La conjugalité et la filiation s’articulent, mais ne se présupposent plus. Les familles monoparentales, essentiellement féminines, se comptent par millions et, si elles rencontrent souvent des difficultés économiques spécifiques et ne sont pas toujours voulues comme telles, sont considérées aujourd’hui comme des foyers à part entière. L’ancienne partition entre les femmes mariées et les autres (filles mères, filles de joie) est caduque depuis longtemps.  La possibilité pour un célibataire d’adopter seul est inscrite dans la loi et l’on constate au quotidien que nombre d’enfants sont élevés socialement  par différents  adultes qu’ils peuvent considérer comme leur famille sans pour autant confondre parents et beaux-parents. Au lieu donc de réserver le cadre de la loi et les garanties de l’institution à un modèle unique, en partie imaginaire, il s’agit de faire évoluer le code pour y inscrire la réalité et l’égalité de ces différents liens possibles. Il ne s’agit plus de préserver un modèle idéal de la famille en lui réservant  l’institution du mariage qui deviendrait alors  sont ultime rempart mais au contraire d’offrir à chaque famille un ensemble de solutions  portant sur l’alliance  (mariage, pacs, union libre) et sur la filiation (adoption, IAD) et sur l’articulation des deux (accès aux origines, adoption de l’enfant de son conjoint)

La transcendance de l’hétérosexualité

Le primat enfin de l’hétérosexualité met bien sûr à l’extérieur de la catégorie les familles homosexuelles, que ce soit les couples lesbiens ayant fait appel à l’IAD officielle (à l’étranger) ou non et les modèles de coparentalité homosexuelle, mais aussi les familles monoparentales qui ne se conforment pas non plus d’une autre façon à l’impératif catégorique  des genres dissemblables. La question du droit de l’enfant est fréquemment invoquée par ceux qui considèrent qu’ils seraient a priori bafoués dans une famille homoparentale et qui nient que le désir d’enfants, communs à de nombreux êtres humains quelle que soit leur orientation sexuelle, y soit légitime. Mais au nom de quoi l’orientation sexuelle interdirait-elle l’accès à l’enfant ?  Pourquoi la société ne pourrait-elle pas confier un enfant à un couple homosexuel ou l’aider par la PMA à en avoir un ? De fait nombre de familles bien réelles fonctionnent  indépendamment de l’orientation sexuelle des parents ou de leur sexe. On note en effet, sur la base d’un grand nombre d’études internationales, que les enfants de couples homosexuels ont bien le sentiment d’appartenir à une « vraie » famille et qu’hormis des effets de stigmatisation sociale que la loi vise justement à éradiquer, l’homoparentalité ne constitue pas un handicap. Le fait que l’adoption par un célibataire est possible en droit, indique par ailleurs que le législateur n’a pas considéré comme indispensable  la coprésence des deux genres ou plutôt qu’il a considéré que cette coprésence n’était pas assurée exclusivement par la figure du père ou de la mère, mais structurellement présente dans l’espace social et familial élargi à travers de multiples figures alloparentales des deux sexes. Enfin, sur la question d’un éventuel  mensonge envers  leur enfant quant à leur origine ou à la différence sexuelle dans le cas l’IAD, dissimulation pourtant courante chez les couples hétérosexuels infertiles, la configuration homosexuelle évite toute forme d’hypocrisie sur la forclusion du tiers donneur, qu’elle oblige d’une certaine façon à repenser.

Quelle définition pour la famille ?

La définition même de la catégorie « famille » est  donc bien l’enjeu sous-jacent de ce débat et le fond axiologique sur lequel il se déploie. Soit on considère qu’il existe une entité qui représente le meilleur exemplaire  de cette catégorie, ici la structure nucléaire, biologique, hétérosexuelle, tous les autres types de famille étant évalués sur la base d’une plus ou moins grande ressemblance avec ce modèle, soit au contraire on considère que toutes les formes familiales ont un statut équivalent et sont également représentatives, ce qui leur confère les mêmes droits et par exemple celui au mariage. Cela suppose de prendre acte de la disjonction possible et déjà ancienne entre sexualité et reproduction (IAD) et entre conjugalité et parentalité (divorce) dans la famille hétérosexuelle pour ne pas faire de la question de l’homoparentalité, de la parentalité adoptive ou de la parentalité fondée sur la PMA le dernier bastion d’un ordre bel et bien caduc. Le fondement de la famille se déplace de la logique biologique et institutionnelle  vers celle du désir, de l’engagement et de la volonté, ce qui n’interdit pas de reconnaitre au biologique sa dimension fondatrice (cf. l’accès aux origines) et au  mariage son rôle qui évolue de l’ordre symbolique collectif à l’ordre juridique interindividuel. L’éthique de conviction qui caractérise ceux qui vénèrent un modèle familial unique et  préfèrent priver de certains droits des enfants bien réels s’oppose dans ce débat à l’éthique de responsabilité de ceux qui  songent d’abord à l’intérêt des enfants nés dans des familles homoparentales, les uns ne souhaitant pas instituer ce qui pour eux demeure exogène à leur conception de l’ordre social, les autres préférant faire droit à une réalité depuis longtemps en germe dans les textes de loi et dans les mœurs.


[1] La sémantique du prototype définit une catégorie par la plus ou moins grande ressemblance avec un prototype, un modèle idéal. Ainsi on dira que pour la classe des oiseaux, le moineau est plus prototypique que l’autruche. Cette conception s’oppose à une approche plus classique des catégories où chaque individu appartient à la catégorie s’il partage un certain nombre de traits définitoires.

Témoignage de Betty (10)

29 Jan

Je suis hétéro, mariée, 2 enfants. Et je ne vois pas où est le problème d’autoriser les mariages gays ainsi que la PMA. Enfin si. Le problème pour moi est le suivant: pourquoi n’est-ce pas encore le cas? Tant qu’on s’aime, qu’est-ce que cela peut faire d’être un homme/une femme,  2 femmes ou 2 hommes? L’important c’est d’aimer. Et si l’on veut se marier, construire une famille, élever ses enfants et que ces enfants aient les mêmes droits, quel est le problème? De la même façon, je ne comprends pas pourquoi cela reste si dur à certains d’admettre que peu importe notre couleur de peau, il est normal d’avoir les mêmes droits. Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, on refusait de servir Joséphine Baker au restaurant sous prétexte qu’elle était noire. On est prompts à juger les gens qui par le passé ont tardé à évoluer dans leurs mentalités par peur du changement. Nous ne sommes finalement pas différents aujourd’hui…Chacun doit respecter l’opinion de chacun? C’est si facile à dire lorsque l’opinion des uns entrave les droits des autres!

J’ai la chance d’avoir côtoyé familles hétéro/homo/mono parentales: nous avons les mêmes problèmes, les mêmes peurs et les mêmes joies pour nos enfants.

Nos enfants ne sont ni mieux, ni moins bien éduqués. Tout cela varie selon la façon de les élever et le caractère de l’enfant, pas suivant l’orientation sexuelle du parent. Mais une chose est sure ils sont aimés ces mouflets!

Bah oui l’orientation sexuelle ne fait pas tout messieurs, dames. Rendons à César ce qui est à César: on peut être un(e) crétin(e), homo ou hétéro, on restera un crétin(e), mais ça faut mieux ne pas chercher à limiter les « reproductions » par ce critère, parce que comme on est tous le crétin de quelqu’un, on risquerait l’extinction de la race humaine.

Que l’on soit gays ou hétéros, ayons les mêmes chances de construire une famille; nous ne sommes ni mieux ni pire, nous faisons de notre mieux pour être heureux et puis c’est tout!

Nous avons choisi pour notre fille 2 marraines lors du baptême républicain et un parrain pour le baptême religieux. Et si c’était à refaire? Nous n’aurions fait qu’un baptême républicain parce que non, je ne me reconnais plus dans une église qui prône l’amour et la tolérance mais qui refuse d’admettre et de célébrer l’amour entre 2 personnes du même sexe!

Nous n’avons pas choisi ces 2 marraines pour leur orientation sexuelle, mais parce que nous voulions que ces personnes équilibrées, joyeuses et droites fassent partie de notre famille. Jennifer et Herveline font partie de ma famille. Mon mari est le parrain de leur fille. Pourquoi leur fille n’a pas les mêmes droits que la nôtre?

Que les couples puissent s’aimer, se marier, divorcer, homos ou hétéros ayons les mêmes droits, ce sont les impôts, notaires et avocats qui seront contents ;)!

Une petite anecdote: nous avons migré au Canada il y a peu. Et ben là, ils sont pétés de rire à l’idée que ça crée une polémique alors que chez eux, cela n’a pas changé leur mode de vie lorsque le Québec a autorisé en 2003 les mariages gays. Ils reconnaissent que la France était parmi les premiers à pays à abolir la loi qui établissait comme maladie d’être homosexuels (sympa de subir la lobotomie dans les années 60-70 parce qu’on avait le « malheur » d’aimer quelqu’un du même sexe). Et ils sont amusés que nous, si fiers de notre pays, peinons à faire preuve de bon sens: le GBS, Gros Bon Sens comme ils disent! Alors, vivement que l’on ait ce GBS et que l’orientation sexuelle devienne aussi banale que d’être assis à côté d’un black dans un bus. Que les familles hétéro ou homoparentales soient banalisées et que tous les enfants et leurs parents soient protégés par les mêmes lois, alléluia!!!

 

Betty

 

 

Interview d’enfants de familles homoparentales lors de la manif

27 Jan

Suivez ce lien pour arriver au reportage fait par Libération le 27 janvier

http://mobile.liberation.fr/societe/2013/01/27/je-suis-la-pour-que-ma-maman-puisse-m-adopter_877172

Témoignage de Nathalie (72)

27 Jan

J’ai la chance de vivre dans un pays ou les lois ont permis aux couples homosexuels de pouvoir s’unir, d’adopter et  d’avoir accès à la PMA.

Aux yeux de la loi, j’ai mes droits de maman car de leurs deux mamans, je suis celle qui ne les a pas portés. Mais j’ai été présente comme tout père avant leur naissance, pendant la grossesse et encore et pour toujours maintenant. Aux yeux de nos familles, de nos lois nous formons une famille.

J’ai pu les adopter : ils portent mon nom, s’ils n’ont pas mon sang, ils ont mon nom et tout l’amour que je peux leur apporter…

Être parents c’est avant tout savoir élever, éduquer et aimer ses enfants…

Il y a dix maintenant quand ces lois ont été votées, le peuple belge a su réagir en peuple tolérant et respectueux. Bien sûr encore maintenant certaines personnes n’acceptent pas cela mais on ne peut pas faire l’unanimité sur tous les sujets.

Nous avons aussi la chance d’être entourées de notre famille, nos collègues, nos amis qui nous aiment et qui nous respectent.

Merci aux hommes et femmes politiques belges, merci à nos familles, nos amis, nos collègues.

Merci de nous avoir permis d’avoir nos droits.

Nathalie

Témoignage de Danielle (16)

27 Jan

Je vais bientôt être grand-mère de jumeaux au printemps. Quel bonheur ! Après tant d’années difficiles pour ma fille, elle concrétise avec joie sa rencontre avec son amie. Pourquoi toute cette haine contre les homosexuels et lesbiennes ? Y a t il de la jalousie à voir des couples heureux alors qu’il y a tant de couples hétéros tristes et mornes? De quoi ont peur les gens ? Quand un vrai couple hétéro a réussi à vraiment vivre en accord, il est pour  le mariage homosexuel parce ce qu’il sait ce que représente un vrai amour.

J’ai maintenant une fille de plus et bientôt deux petits garçons, c’est merveilleux.

La vie est belle !

Mémé Danielle

 

Témoignage d’Elsa (71)

27 Jan

M. est né il y a maintenant 17 mois. Je l’ai vu naître, j’ai été la première personne à le tenir dans mes bras, à lui parler, à le rassurer. J’ai passé 5 jours à la maternité où j’ai appris à m’occuper de lui jour et nuit. Depuis 17 mois, je me lève la nuit lorsqu’il pleure, je l’emmène chez le médecin et à la crèche, je m’assure chaque jour qu’il mange bien, qu’il dort bien et qu’il a tout ce dont il a besoin et par dessus tout je l’AIME. Tout cela, je le fais au même titre que ma compagne, celle qui pour la société est LA maman de M.

Alors j’attends avec impatience la loi qui me permettra de dire « OUI, je suis sa maman » sans que l’on puisse le remettre en question. J’attends avec impatience la loi qui lui permettra plus tard de pouvoir dire « j’ai deux mamans » sans qu’il se sente différent des autres. Parce qu’il n’est pas différent des autres enfants de son âge! C’est un petit garçon joyeux,  épanoui, très sociable et entouré d’amour. Comme chaque enfant, il mérite qu’on le respecte, qu’on respecte sa famille et que l’on ne l’exclue pas  sous prétexte qu’il n’est pas élevé par ses deux parents biologiques mais par ses DEUX MAMANS qui donneraient tout ce qu’elles ont pour son bonheur.

 

Elsa