Tag Archives: Homosexualité

Témoignage de Chantal (17)

5 Oct

Chère association Les Enfants d’Arc en Ciel, voici ma lettre envoyée à la « manif pour tous »…

C’est avec indignation que j’écris à votre présidente mme de la rochère,

De quel droit vous permettez vous de m’adresser un courrier je ne vous connais pas ! et comment avez-vous obtenu mon adresse ?

Comment osez-vous aborder les gens tout azimut, car je suppose que vous avez acheté des listings pour inonder toute la france de votre courrier immonde.

et en plus vous osez réclamer de l’argent !!!! ……

Avez-vous entendu parler du respect d’autrui ? des idées différentes qui prône l’amour et la tolérance dans la différence ? non sans doute pas !

Surveillez vos paroles et vos écrits avant de les proférer par bétise, avec une mentalité arriérée et étriquée de bourgeoise, et faites attention à qui vous vous adressez !

Car je ne suis pas madame lambda moi !

Je suis une mamie heureuse de 7 petits enfants , dont un justement qui à le bonheur d’avoir deux mamans. Et oui ça existe madame que ça vous plaise ou non !

il faudrait un peu réviser votre culture et vous mettre à la page !

Moi qui suis la mamie dite « biologique » je pense tous les jours à l’autre mamie qui comme moi aime ce petit depuis sa naissance.

Elle et sa fille selon vous n’auraient aucun lien de parenté avec lui ? Et il ne faut surtout pas leur donner le droit de filiation ? (elles ont déjà choisi d’exercer le devoir)

Que faites vous du projet de vie de deux personnes qui s’aiment ?

Cet enfant a été désiré, fait à deux, espéré, attendu dans la joie par deux familles, aimé depuis par tous ses proches.

Allez lui expliquer au petit que l’autre maman et l’autre famille sont des étrangers !

Grace à votre manif, ses méfaits, et ses courants de haine divulgués partout, mon petit fils s’est pris la 1ère baffe de sa vie à la maternelle à 4 ans par un petit de son âge ;

un enfant qui a pour seul défaut des parents qui prônent vos idées malsaines ! La maitresse a du faire une intervention auprès des parents, vous trouvez ça normal ?

A aucun moment vous n’avez pensé à tous ses enfants et au mal que vous leur faites et, entre parenthèses aussi aux votres qui n’avaient rien à faire dans vos manifs !

La bêtise des adultes n’a pas à être donnée en exemple aux plus jeunes !

Vous feriez mieux de militer pour que chaque enfant ait dans sa vie deux tuteurs pour grandir, qu’ils soient homme ou femme, beau père ou belle mère, ça c’est un droit indispensable, le reste n’a pas d’importance.

Le fait de donner un statut à l’autre parent a le mérite de protéger l’enfant et ça n’enlève rien aux autres couples dits « normaux » que je sache !

C’est aussi simple que cela. Je ne vois pas en quoi ça met en danger « la famille ».

Aujourd’hui la famille elle est plurielle et vous n’y changerez rien ! Vous n’avez pas le monopole de sa définition !

Vivez avec votre époque et retirez vos oeillères !

Et comme vous avez beaucoup d’énergie, mettez votre indignation au service d’un thème qui en vaut la peine : les enfants malheureux ou maltraités par exemple !

En tout cas je vous demande instamment et immédiatement de retirer mon adresse de votre listing.

Je ne vous salue pas.

Homosexualité, transsexualité: nous sommes partout

23 Fév

Article de Libération du 14 février 2014:

« Et je voudrais dire à ces enfants : la vie est merveilleuse, nous vous attendons, ici, nous sommes nombreux, nous sommes tous tombés sous la rafale, nous sommes les amants aux poitrines ouvertes. Vous n’êtes pas seuls. » Beatriz Preciado

Pour lire  l’article: http://www.liberation.fr/debats/2014/02/14/nous-sommes-partout_980296

 

Témoignage de Betty (10)

29 Jan

Je suis hétéro, mariée, 2 enfants. Et je ne vois pas où est le problème d’autoriser les mariages gays ainsi que la PMA. Enfin si. Le problème pour moi est le suivant: pourquoi n’est-ce pas encore le cas? Tant qu’on s’aime, qu’est-ce que cela peut faire d’être un homme/une femme,  2 femmes ou 2 hommes? L’important c’est d’aimer. Et si l’on veut se marier, construire une famille, élever ses enfants et que ces enfants aient les mêmes droits, quel est le problème? De la même façon, je ne comprends pas pourquoi cela reste si dur à certains d’admettre que peu importe notre couleur de peau, il est normal d’avoir les mêmes droits. Quand je pense qu’il n’y a pas si longtemps, on refusait de servir Joséphine Baker au restaurant sous prétexte qu’elle était noire. On est prompts à juger les gens qui par le passé ont tardé à évoluer dans leurs mentalités par peur du changement. Nous ne sommes finalement pas différents aujourd’hui…Chacun doit respecter l’opinion de chacun? C’est si facile à dire lorsque l’opinion des uns entrave les droits des autres!

J’ai la chance d’avoir côtoyé familles hétéro/homo/mono parentales: nous avons les mêmes problèmes, les mêmes peurs et les mêmes joies pour nos enfants.

Nos enfants ne sont ni mieux, ni moins bien éduqués. Tout cela varie selon la façon de les élever et le caractère de l’enfant, pas suivant l’orientation sexuelle du parent. Mais une chose est sure ils sont aimés ces mouflets!

Bah oui l’orientation sexuelle ne fait pas tout messieurs, dames. Rendons à César ce qui est à César: on peut être un(e) crétin(e), homo ou hétéro, on restera un crétin(e), mais ça faut mieux ne pas chercher à limiter les « reproductions » par ce critère, parce que comme on est tous le crétin de quelqu’un, on risquerait l’extinction de la race humaine.

Que l’on soit gays ou hétéros, ayons les mêmes chances de construire une famille; nous ne sommes ni mieux ni pire, nous faisons de notre mieux pour être heureux et puis c’est tout!

Nous avons choisi pour notre fille 2 marraines lors du baptême républicain et un parrain pour le baptême religieux. Et si c’était à refaire? Nous n’aurions fait qu’un baptême républicain parce que non, je ne me reconnais plus dans une église qui prône l’amour et la tolérance mais qui refuse d’admettre et de célébrer l’amour entre 2 personnes du même sexe!

Nous n’avons pas choisi ces 2 marraines pour leur orientation sexuelle, mais parce que nous voulions que ces personnes équilibrées, joyeuses et droites fassent partie de notre famille. Jennifer et Herveline font partie de ma famille. Mon mari est le parrain de leur fille. Pourquoi leur fille n’a pas les mêmes droits que la nôtre?

Que les couples puissent s’aimer, se marier, divorcer, homos ou hétéros ayons les mêmes droits, ce sont les impôts, notaires et avocats qui seront contents ;)!

Une petite anecdote: nous avons migré au Canada il y a peu. Et ben là, ils sont pétés de rire à l’idée que ça crée une polémique alors que chez eux, cela n’a pas changé leur mode de vie lorsque le Québec a autorisé en 2003 les mariages gays. Ils reconnaissent que la France était parmi les premiers à pays à abolir la loi qui établissait comme maladie d’être homosexuels (sympa de subir la lobotomie dans les années 60-70 parce qu’on avait le « malheur » d’aimer quelqu’un du même sexe). Et ils sont amusés que nous, si fiers de notre pays, peinons à faire preuve de bon sens: le GBS, Gros Bon Sens comme ils disent! Alors, vivement que l’on ait ce GBS et que l’orientation sexuelle devienne aussi banale que d’être assis à côté d’un black dans un bus. Que les familles hétéro ou homoparentales soient banalisées et que tous les enfants et leurs parents soient protégés par les mêmes lois, alléluia!!!

 

Betty

 

 

Témoignage d’Alexandra (15)

23 Jan

Je m’appelle Alexandra et je viens par ce témoignage dire OUI au mariage pour tous. Je suis tata d’un garçon de 5 ans. Ma relation avec Antoine est très bien car pour moi c’est mon neveu même si on n’a pas le même sang. En ce qui concerne la relation de ma sœur et de sa copine en aucun cas cela ne me gène, elles sont heureuses et pour moi c’est l’essentiel. Les enfants ayant deux papas ou deux mamans sont aussi heureux que les enfants ayant un papa et une maman. Antoine est un enfant heureux, épanoui et plein de vie comme n’importe quel enfant de son âge. J’ai voulu témoigner pour que les gens voient que ce n’est pas parce qu’un enfant a deux mamans qu’il est malheureux. J’aime mon neveu et peu importe qu’il ait 2 mamans car cela ne change rien tant qu’il est heureux. Et puis qui dit que si ma sœur avait été avec un homme elle aurait aussi heureuse ? moi je ne pense pas, avec sa copine elle est heureuse. Pour moi sa copine c’est ma belle-sœur. Tant qu’elles sont heureuses c’est le principal ainsi que mon neveu. Mon témoignage est aussi pour montrer mon soutien à ma sœur et à ma belle-sœur et que je serais toujours là pour elles. En bref, je suis pour le mariage pour tous car pour moi peu importe si une femme aime un homme ou une femme et qu’un homme aime une femme ou un homme, tant qu’ils s’aiment c’est normal qu’ils se marient. L’amour c’est la chose la plus importante dans un couple que l’on soit homo ou hétéro. Mon mari Yann se joint à moi pour ce témoignage.

 

 

Alexandra

 

Témoignage de Gaëlle (1)

22 Jan

Je me permets de témoigner pour votre blog, étant fille de femme homosexuelle.

Je ne suis pas née avec pour parents deux femmes ou deux hommes. Je suis née d’un père et d’une mère. Il y aura presque dix ans, ma mère m’avouait son homosexualité. Jamais je ne fus choquée. Au contraire, jamais je n’ai vu ma mère autant sourire, et le bonheur de sa mère, ça n’a pas de prix!

Aujourd’hui, sa compagne, qui est une femme formidable, attend des jumeaux, deux petits garçons; j’ai hâte qu’ils arrivent! J’attends mes deux nouveaux petits frères avec impatience! Car oui, pour moi, ils seront mes petits frères au même titre que mon frère biologique.

J’ai toujours été fière de ma maman et de sa compagne, ce sont des femmes formidables, et je ne comprends décidément pas tout ce mouvement de lutte contre le mariage gay ou l’homoparentalité. Qui a décrété que l’amour était une femme+un homme? Qui donc à décrété que le bonheur c’était une femme+un homme? Ma mère est homosexuelle, j’ai vécu onze ans avec un père et une mère, et ça va faire dix ans que je vis avec ma mère et sa compagne, bien que je ne les voie pas tous les jours n’étant plus au domicile familiale. Pourtant, je ne suis pas malheureuse. Je vis avec dans mon entourage, deux belle-maman, la nouvelle épouse de mon père, et l’épouse (pour moi la compagne de ma mère est comme son épouse) de ma mère. Jamais je n’ai été malheureuse, jamais je n’ai détesté ma mère pour son homosexualité, idem pour mon frère. Nous le vivons très bien, et sommes fiers! Il n’y pas « d’anormalité » à être homosexuel, il n’y a que de l’amour, il n’y a que du vrai, que du bonheur. Le bonheur de ma mère et de celui de sa compagne va bientôt se concrétiser avec l’arrivée des deux petits bouts de choux. Et je sais qu’ils seront des enfants comblés et les plus heureux du monde, et qu’ils seront fiers un jour de dire « j’aime mes mamans ».

Il est temps que les mentalités évoluent, et que les gens cessent de sentir supérieur parce qu’ils sont « normaux ». Quelqu’un peut-il me donner une définition exacte de ce mot « normal »? Cela n’existe pas, la seule et la véritable chose existante, c’est l’amour, et le bonheur partagé par chacun. On devrait tous ne souhaiter que le bonheur d’autrui, pas les punir ou leur interdire d’officialiser cela.

Moi aujourd’hui, je suis fière, et heureuse de dire « j’aime ma maman et ma belle-maman », même si je ne leur dit pas assez souvent.

J’espère qu’avec ce témoignage, j’ai réussi à faire partager mes idées, mon ressenti et ma vison actuelle des choses.

Je vous souhaite tout le bonheur du monde!

Gaëlle

 

Témoignage de Chantal (14)

22 Jan

Je fais partie des mamans-mamies outrées de ce qui se passe, de ce courant de bêtise, voir de haine qui circule sur les couples homo. Les cathos- bourgeois rigides et bouchés ça suffit ! De quoi s’agit-il en fait dans tout ça ? Tout simplement d’amour avec un grand A, n’en déplaise à tous ces gens coincés (l’amour, c’est pourtant l’enseignement principal qu’ils ont reçu par leur religion, non ?). L’amour de parents tout d’abord qui ont élevé leur enfant le mieux possible, et qui l’aime toujours avec son orientation de vie différente et aussi riche et respectable que les autres. L’amour de 2 personnes qui se rencontrent et ont un projet de vie commun : fonder une famille. L’amour de jeunes parents, hommes ou femmes, pour cette nouvelle vie espérée, attendue et accueillie dans la joie, malgré les embûches. L’amour de cet enfant pour ses deux parents et leurs familles. Tout ça ne devrait être que du bonheur. Mon expérience devrait faire réfléchir quelques-uns : moi aussi en temps que mère je me suis posé beaucoup de questions à l’adolescence de ma fille, avec cette amitié d’école très particulière. J’ai été la première des deux mamans à échanger là-dessus avec « mes » filles, à accepter et les soutenir dans leur projet de famille, y compris financièrement pour les voyages en Belgique.
Puis quelle chance une seule fois a suffit et mon merveilleux petit fils est arrivé. Une joie aujourd’hui pour les deux familles, même si les deux mamans ne vivent plus ensemble et sont restées très proches. Un petit garçon pétillant de 4 ans qui viens de prendre sa première grosse claque (au sens propre et au sens figuré) cette semaine en maternelle par un petit du même âge parce que « c’est pas possible d’avoir deux mamans, t’es un menteur ça n’existe pas ». Ca m’a fait mal pour lui. ! La bêtise des adultes fait beaucoup de mal aux enfants. La maitresse soutient mes filles, mais mon petit fils n’a pas voulu dénoncer son camarade. Elle va faire une information dans sa classe. Voilà où on en est !
Moi quand ma fille m’a annoncé « on va faire les démarches en Belgique et je veux porter l’enfant » ma réaction intime a été de penser au bonheur de ma fille avant tout. Dans sa situation elle ne pouvait pas être mère « normalement » avec un partenaire, même si elle n’est pas stérile, car quoi qu’en disent certains : on ne choisit pas son orientation sexuelle on la vit et on l’assume ! Donc ma fille pour être maman devait passer par l’insémination. Si un de mes gendres était stérile, personne n’aurait vu à redire puisque cette démarche est autorisée dans notre pays pour les autres couples. Où est la différence ? Et les femmes qui font des bébés toutes seules ? Et celles qui les élèvent avec n’importe qui, en changeant souvent de partenaires ? Et ces papas qui abandonnent les mamans et qui délaissent leurs enfants ! Comment vivent-ils ce manque ces petits ? Alors que là avec les couples homos, les enfants sont de faits tous désirés, grandissent avec l’amour de deux parents. Ca gêne qui ? Et puis ces opposants cathos mélangent tout ! Qu’ils gardent leur mariage religieux et qu’ils nous laissent parler de droit civil, de justice et protection des enfants et du conjoint.

Chantal

Témoignage de Michel (8)

22 Jan

Permettez à un vieillard de s’introduire, un bref instant et sur la pointe des pieds, dans la cour des petits… J’appartiens à une époque où l’homosexualité était un crime ou une maladie mentale (au choix – ce qui, de toute manière, n’était guère réjouissant). Des siècles de bêtise modelaient la pensée majoritaire.

Je lis que « cela a bien changé », que « tout est, désormais, différent »… Il n’est pas interdit de le croire et de l’espérer, en effet. Mais pour moi qui, par la force des choses, fréquente des milieux différents et des générations différentes, je suis surtout frappé par ceci : le discours a changé, mais l’hostilité (aujourd’hui voilée et fardée) envers les homosexuels est aussi forte aujourd’hui qu’hier. Il ne faut jamais croire le discours (ni les discours, d’ailleurs).

Puis-je ajouter que beaucoup de gens n’ont eu de père que pour l’état civil ? Dès lors, si les enfants des couples de lesbiennes n’ont pas de père, cela n’est pas très grave.

En France comme ailleurs la majorité des enfants n’ont pas eu de père, sinon en apparence….

 

Michel  

Témoignage de Jean-Olivier (13)

21 Jan

 Lorsque ma cousine A. m’appela il y a quelques années pour m’annoncer qu’elle allait faire sa vie avec une femme, je crois me souvenir qu’elle avait un peu d’appréhension sur la réaction de sa famille proche.

Cette appréhension n’était pas justifiée. Il n’y eu, ni réaction de rejet, ni jugement de notre part. Le bonheur n’emprunte pas qu’un seul chemin…
Lorsqu’elle m’appela quelques années plus tard, pour m’indiquer qu’elle allait avoir recours avec sa femme à une PMA, je me suis simplement dit qu’elles seraient de merveilleuses mamans et que mes deux enfants auraient une petite-cousine ou un petit-cousin et de beaux souvenirs à partager dans quelques années.
Ce fut une petite-cousine.
Lorsqu’elle m’appela pour me dire qu’elle et son amie allaient tenter une seconde PMA, pour que leur fille ait une petite sœur ou un petit frère, je me suis dit que ce qu’elles avaient si bien réussi une première fois, elles pourraient le faire une seconde.
Ce fut une petite sœur.
Cela fait maintenant six ans que j’observe avec bonheur cette famille « différente » aux yeux de certains, mais si peu aux miens.
Ma cousine aime une autre femme et une femme aime ma cousine.
Ces deux femmes ont eu deux magnifiques petites filles.
Nous n’habitons plus à côté les uns des autres (elles, à Nantes, et nous, à Vincennes), mais nous faisons tout pour passer le plus d’occasions ensemble, qu’il s’agisse des fêtes de famille, de Pâques ou de Noël.
J’observe ce petit monde évoluer, grandir et s’aimer, dans ce beau projet familial devenu réalité.
Quelle différence ?
Peut-être pas là où certains le pensent, en tout cas.
Quand j’observe l’aînée de leurs filles, je suis fier de constater à quel point celle-ci a l’esprit vif et brillant. C’est une petite fille heureuse, qui a deux mamans, des grands-parents, un parrain et une marraine, ainsi que des cousin(e)s qu’elle adore et qui le lui rendent bien.
Quand j’observe cette même petite fille avec sa jeune petite sœur, je vois une enfant comme les autres, émerveillée par l’arrivée de ce bébé au sein de sa famille.
Et quand j’observe mes propres enfants et l’affection qu’ils ont vis-à-vis de leurs cousines, je suis fier d’écrire qu’un seul lien nous lie : celui de l’amour familial.
Alors, à tous ceux qui vocifèrent sur le mariage pour tous, tous ceux qui brandissent des pancartes anti PMA, je ne dis qu’une chose : vous ne savez pas de quoi vous parlez, votre rejet ou votre haine ne provient que de votre sectarisme.
L’amour entre deux êtres n’est pas fonction de leur sexe, sauf à le réduire au seul acte charnel. L’amour qui se veut engagement est bien au-delà de cela. Alors pourquoi ne pas ouvrir les mêmes droits à tous ? De quel droit juger l’amour et l’engagement de l’autre et refuser à tous les mêmes droits, sous prétexte que cet amour ne serait pas hétérosexuel ? En quoi cet amour menacerait-il les fondements de notre société occidentale ?
L’amour filial n’est pas non plus fonction du modèle de famille. Combien d’enfants sont nés d’un homme et d’une femme par accident. Les enfants nés de deux femmes ou élevés par deux pères grandiront dans un véritable projet familial. Certains de ces projets réussiront, d’autres pas … Mais ces enfants auront toujours l’assurance qu’ils ont été désirés à deux et qu’ils ont été aimés. Combien d’enfants nés d’une relation hétérosexuelle ne peuvent pas se dire la même chose ?
Quant au fait d’avoir deux parents du même sexe, cela n’effraie pas un enfant.
Les enfants s’adaptent et savent où se situe l’essentiel.
Les adultes pas toujours, loin s’en faut…
La semaine prochaine [le 27 janvier], j’irai de nouveau battre le pavé aux côtés de mes cousine, de leurs ami(e)s, tout simplement parce-que j’estime qu’elles ont le droit de s’aimer et de s’unir, comme je l’ai fait avec mon épouse, que leur union n’est pas moins légitime que la mienne et que les droits civils qui nous sont garantis par la Loi, en tant que conjoints ou que parents, mais également les devoirs qui sont les nôtres, doivent être les mêmes pour tous.

Jean-Olivier

 

Témoignage de Tatiana (16)

19 Jan

La lecture d’un article récent m’a décidée à écrire ce témoignage. Brillamment intitulé « Il faut se méfier de la France bien élevée », il parlait de tous ces gens, soi disant, bien éduqués, qui se lèvent dans le métro, qui ne disent jamais rien, qui respectent les autres … et qui décident de manifester pour que d’autres n’aient surtout pas les mêmes droits qu’eux.

Claire et moi nous sommes rencontrées il y a un peu plus de 4 ans.
Jeunes filles sages par excellence. Pas de crise d’adolescence tonitruante, bonnes études, bon poste, bon salaire, polies, bien sous tous rapports. Je pousse le vice jusqu’à avoir grandi entourée de ceux qui défilaient dimanche 13 Janvier. Je suis allée au cathé avec eux, j’ai campé avec  eux, j’ai prié avec eux, j’étais sur le Champ de Mars avec eux pour accueillir JPII mais jamais, je ne les aurais accompagnés dans une manifestation pour que d’autres n’aient pas les mêmes droits que moi.

Ok en l’occurrence mes droits à moi ou, plutôt ceux de ma fille qui va naître d’ici 1 mois ½.
Mais comme je suis lesbienne, je ne suis plus « bien élevée » et je n’ai pas le droit de reconnaître l’enfant qui va naître dans notre couple et qu’il me tient tant à cœur de protéger. Pourtant, être « bien élevé », pour moi, ce n’est pas baiser avec quelqu’un qui n’est pas de mon sexe, c’est, en tout temps, prendre soin d’autrui.

De celle qui partage ma vie déjà et de celle qui va venir la rendre plus belle encore. 4 ans qu’on grandit ensemble, qu’on avance, pas toujours bien droit, mais comme tant de couples. Que, même fâchées, on prend soin de l’autre. Qu’on fait ce qu’il faut pour construire un foyer qu’on veut le plus sécurisant, le plus aimant et le plus propice à l’éducation d’un enfant.   2 ans ½ qu’on parcourt les routes aussi. On finit par bien connaître la Belgique. 2 ans ½  qu’on cherche un pharmacien sympa, un laboratoire pas trop curieux, un gynéco qui retranscrit les ordonnances belges, 2 ans ½ que le pays qui nous a vues naître, pour lequel on paye des impôts, ignore notre couple et notre volonté d’avoir un enfant. 2 ans ½ où j’ai rassuré, consolé, accompagné, soupiré, cru, désespéré, voulu, laissé tomber, espéré, raconté, tu, prié aussi.

7 mois ½ qu’on attend une petite puce. 7 mois ½ que Claire est enceinte d’un enfant qui n’est pas légalement le mien. 7 mois ½ que je suis à toutes les échos, aux rendez-vous avec les sages-femmes, que je participe aux séances d’haptonomie. 7 mois ½ que je rassure, espère, attends, achète, installe, décore, choisis un prénom, bricole…. et prie aussi.

1 mois que j’ai peur. Qu’il arrive quelque chose à Claire pendant l’accouchement. Que je ne peux même me raccrocher à la « sécurité » qui est accordée au père lorsque celle qu’il aime, meurt en couches.  Que je me dis que cette enfant pourra m’être retirée sans aucune difficulté. 1 mois que j’entends, de partout, des propos ignobles sur nos couples, nos familles, nos enfants. 1 mois que je suis prise à parti par tout un tas de gens qui pensent pouvoir me dire ce qui m’est nécessaire et le sera à ma fille.

Une seule chose lui est nécessaire : vivre dans un pays où ses 2 parents sont reconnus. Où elle pourra jouir de la sécurité que représente une double filiation. Un pays où ses deux mères pourront la protéger de la même façon. Un pays où les liens du cœur seront aussi importants que ceux du sang. Un pays où parents sociaux, homos comme hétéros (si le seul lien reconnu est le lien « biologique », alors les parents adoptifs ne sont rien pour leur enfant et sont également des parents sociaux) seront légalement reconnus parents de l’enfant qu’ils ont désiré.

En attendant. Dans une semaine. Je manifeste. Pour Elle.

Tatiana

 

Témoignage de Jennifer (46)

17 Jan

Nous nous sommes battues pendant 4 ans pour avoir un enfant parce qu’aller en Belgique est une démarche qui prend du temps ; d’une part il y a l’attente car il y a peu de donneurs belges, d’autres pays sont donc sollicités (le Danemark en l’occurrence). D’autre part il y a les examens quotidiens (prise de sang, échographie) avant le départ et puis il y a le trajet en lui-même : cela demande une organisation par rapport aux employeurs qui n’est pas toujours aisée…

C’est une démarche épuisante et onéreuse et il faut beaucoup de force et de détermination pour ne pas abandonner. Il aurait été si simple que cela puisse se faire en France avec les remboursement des frais médicaux…nous avons effectué environ 15 aller-retours (660 km minimum avec une nuit sur place parfois selon l’heure de l’insémination), nous ignorons combien d’argent nous avons dépensé exactement car nous avons dû changer de centre de PMA, le premier ayant fermé pour un contrôle…Nous avons essuyé des revers, des contretemps indépendants de notre volonté, et nous avons perdu des forces et de l’espoir dans les échecs, nous avons vécu au rythme des cycles ovariens, des inséminations et de l’attente des résultats sans être en capacité d’ anticiper aucun autre projet. Maintenant nous soulignons tout de même la chance d’avoir pu accéder à notre projet grâce à l’étranger. Je porterai toujours la Belgique dans mon cœur.
La 1ère FIV a marché ! Nous avons vécu la grossesse étape par étape, ne parvenant vraiment à nous réjouir que lors de la 2e échographie, lorsque le risque de fausse couche était écarté et qu’aucune anomalie n’avait été détectée.

Lou est là depuis le12 novembre 2012, et nous continuons à nous battre pour elle.

J’ai obtenu des jours équivalents à un congé « paternité » avant que des décrets ne soient faits en ce sens, le règlement intérieur de mon institution a été modifié aussi en ce sens. Mon comité d’entreprise m’a attribuée des prestations pour la naissance de ma fille et pour Noël et me reconnaît ainsi comme un parent à part entière.

Ma compagne a demandé au Juge aux affaires familiales un partage de l’autorité parentale à mon égard pour notre fille

Etant fonctionnaire, j’ai demandé un temps partiel de droit à mon employeur, et j’ignore s’il va être accepté, j’ignore également si la CAF va m’accorder l’allocation pour le complément libre choix d’activité…

Nous avons rédigé un testament manuscrit mais nous savons qu’il n’a pas de valeur juridique en cas de décès de ma conjointe, tout comme en cas de mon décès, à l’heure actuelle, rien ne reviendrait à ma fille…

Je veux protéger ma famille, je veux me marier avec la femme que j’aime depuis 13 ans, je veux adopter ma fille.

Je continuerai à me battre pour atteindre cette égalité pour l’amour que nous nous portons.

Je précise que nous avons été encouragées et soutenues par l’ensemble du corps médical aussi bien en France qu’en Belgique, et également lors du séjour à la maternité. Le médecin qui a pratiqué la césarienne est venue me voir pour me féliciter et me donner des nouvelles de ma femme…
La seule personne hostile a été la sage femme pendant les cours de préparation à l’accouchement qui m’a complètement ignorée.
Finalement je me dis qu’elle fait partie de cette minorité de la population française, enfin je me rassure comme ça car j’espère que les lois vont me reconnaître comme son parent légitime car même si je ne l’ai ni conçue, ni portée :

J’ai porté Lou dans mon cœur, dans mes rêves et à travers les yeux de ma femme.
J’ai posé ma main sur son ventre et j’ai senti ses premiers petits coups …
Je l’ai portée psychiquement pendant 9 mois, et dès ses premières heures de vie je l’ai rassurée alors qu’elle pleurait.
C’est moi qui la porte aujourd’hui pour la calmer du fait de l’allaitement et je n’ai aucun droit sur elle alors que j’en assume la charge et que j’en suis responsable avec ma femme et surtout que je l’aime de plus profond de mon être.

Le prénom Lou a deux étymologies : « illustre au combat » (germanique) et « lumière » (celtique)

Jennifer

 

 

Témoignage de Charline (6)

16 Jan

Je suis une maman et une grand’mère comme toutes les autres ! Trois enfants et 8 petits enfants, une superbe famille. Je suis donc bien placée pour faire les comparaisons que tout un chacun veut faire aujourd’hui ! Oui l’une de mes filles est homosexuelle, elle vit en couple depuis 16 ans et elle est maman de 3 adorables petites filles de 6 et 3 ans. Alors je peux vous rassurer ma fille est identique à ses frère et sœur ! Elle est normalement constituée, je l’ai élevée comme les autres. Elle n’a pas choisi d’être homosexuelle, elle l’est c’est tout.  Ses petites filles sont joyeuses et équilibrées, elles ne sont pas choquées d’avoir 2 mamans et 1 « donneur » sans qui elles savent qu’elles ne seraient pas là. Alors au nom de quoi ou de qui voudriez-vous leur interdire la reconnaissance d’une famille comme les autres ? S’il arrivait que leur maman ait un accident (pour vous servir, elle est fonctionnaire de police) trouvez-vous normal que leur Mama n’ait pas le droit de continuer à les élever ? Elle a vécu les galères de l’insémination, les caprices de la grossesse, les nuits d’insomnie quand elles sont malades, les courses folles pour les conduire à l’école, au sport ou au spectacle, au même titre que leur maman ! Croyez moi les papas des couples hétéros sont bien moins investis dans l’éducation de leurs enfants ! Alors que ces couples aient enfin les mêmes droits que les autres, il serait temps !

Charline

Témoignage d’Emmanuelle (43)

16 Jan

Ma compagne et moi sommes en couple depuis près de 30 ans. Nous sommes mamans de deux grands garçons de 28 et 26 ans nés grâce à une insémination dite “ artisanale” avec deux donneurs connus; nos fils ainés ont donc accès à leurs origines. Nous avons deux  autres fils de 6 et 8 ans que nous avons adoptés. Bien sur, la loi actuelle ne nous permettant pas une adoption en couple, nous avons chacune adoptée un de nos fils en “célibataire”.

Je suis professeur de lettres, ma compagne travaille dans la logistique, notre fils ainé est second de cuisine, en couple avec une charmante jeune femme, le second est professeur d’histoire, fiancé, il doit se marier cette année. Les deux plus jeunes sont bien sûr à l’école, école privée sous contrat, dans laquelle ils n’ont aucuns problèmes, notre famille y est très bien acceptée et nous participons activement à la vie de l’école. Je suis catholique pratiquante et je suis très impliquée dans la vie de ma paroisse, je dois cependant avouer, qu’afin de ménager toutes les susceptibilités, je reste au sein de l’Eglise très discrète sur ma vie privée. Nous payons nos impôts (nos fils ainés aussi), participons à la vie économique, sociale et politique de notre pays et cependant….. si l’une de nous venait à décéder, malgré une tutelle testamentaire déposée chez un notaire, nous n’avons aucune certitude que notre enfant pourrait continuer à vivre avec celle qui l’aurait élevé, aimé, nourri, choyé, depuis son adoption, puisque le droit strict accorderait alors plus de droits à la Mémé Chose ou au tonton Machin qu’à cette maman dite “sociale” ; nos fils ainés ne pourront hériter de celle qui n’est pas leur maman biologique. En cas de séparation de notre couple, nos enfants n’ont aucune garantie, à part celle de notre amour pour eux et de notre intelligence, de pouvoir continuer à voir leur deux parents. Ce ne sont donc pas en premier lieu les parents au sein des familles homoparentales qui sont mis en situation de fragilité et sont des citoyens de “seconde catégorie” mais bien les enfants. Nous ne demandons pas le droit de faire des enfants, Dieu merci, ils sont là !!!!! Nous demandons, nous exigeons pour eux, les mêmes droits à la sécurité et au bonheur que tous les autres enfants, simplement au regard de la priorité absolue que doit être le droit de l’enfant. Les couples homosexuels ne réclament pas un droit à l’enfant, ils l’ont, comme tout un chacun, ils réclament pour leurs enfants un droit à la famille, à leur famille.

 

Emmanuelle

Témoignage de Morgane (4)

16 Jan

J’ai longtemps hésité à vous écrire par rapport à ma famille et à tout ce que j’ai vécu dans le passé  » à cause de  » mon homosexualité puis j’ai sauté le pas car je trouvais important le fait de témoigner et peut être que cela encouragerait des jeunes comme moi à surmonter les moments difficiles et à essayer de relativiser même si cela est dur quelquefois face à la Haine, le Rejet, l’Ignorance et l’Incompréhension de ceux qui nous sont chers..

Je me présente je m’appelle Morgane, j’ai 19 ans et demi et vis près de Marseille,

Je n’ai pas vraiment de problème de santé particulier, ah si peut être un… Le fait simplement d’aimer… Oui oui aimer quelqu’un de tout son être et l’aimer d’amour tout simplement est une maladie pour certaines personnes.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je dis cela ? Parce que je suis une jeune femme qui aime les femmes et lorsque j’ai décidé d’annoncer à ma famille enfin tout d’abord à mes parents mon homosexualité je n’aurais jamais cru vivre ce que j’ai vécu par la suite.

Il y a 3 ans, j’ai décidé d’arrêter de cacher la vérité sur la relation que j’avais avec ma soi-disant  » meilleure amie  » depuis 2 ans auprès de ma sœur et mes parents.

Ma sœur a été la 1ère à qui je me suis confiée et à mon grand soulagement et du haut de ses 12 ans m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit :  » Peut m’importe tes choix tu es ma sœur et je t’aime comme tu es et ce pour toujours..!  » j’ai été inondée d’émotions, c’est vraiment indescriptible ce que j’ai ressenti à ce moment là vraiment, et j’ai alors décidé de me lancer auprès de ma mère..

Ma sœur l’avait bien pris pourquoi avec ma mère cela serait différent ?!

Je me lance avec une E-NOR-ME boule à l’estomac, la gorge nouée et avant de commencer je lui demande pour me rassurer avec quelques larmes si Elle m’aimera toujours. Sa réponse fut un :  » Mais oui ma chérie, tu es ma fille je t’aimerai toujours, qu’est ce qu’il y a ?  » et là une fois m’être dévoilée, tout a basculé. Elle s’est mise à pleurer, puis une gifle est partie. Ma sœur a pris ma défense et s’est énervée car elle n’a pas compris cette réaction si brutale de ma mère qui n’avait jamais été comme ça auparavant.

J’ai dû partir pendant quelques temps de chez moi alors que c’était l’année de mon bac. Je ne savais pas trop où aller car mes grands parents et le reste de ma famille n’était pas au courant. Et là j’ai vu mes VRAIS Amis et leurs parents qui m’ont accueilli les bras ouverts chez eux sans me juger.

Quelques jours après ma copine de l’époque et moi nous nous séparions.

Puis j’ai dû retourner chez moi, ma mère m’a acceptée mais je n’avais plus le droit de parler, je devais rester dans ma chambre et n’en sortir juste pour manger, faire ma toilette et aller au lycée. Ceci a duré des mois et en plus de cela ma mère filtrait toutes les séries, films, radios et magazines qui parlaient d’homosexualité car cela aurait pu  » m’encourager dans mon inconscience et dans ma maladie » Et dans la rue Elle ne marchait jamais à mes côtés, Elle ne me calculait vraiment plus du tout. De même pour mon père.

J’ai raté mon bac cette année là avec tous ces événements car j’ai vraiment eu cette impression d’être la honte de ma famille, j’avais interdiction d’être moi  même en fait, sauf avec ma sœur.

C’est vraiment dur de ne plus recevoir aucun geste ni mot d’amour de ses parents du jour au lendemain juste parce que vous êtes vous même et différente des autres.

Et le plus dur c’est de voir que vos parents socialistes acceptaient leurs amis et connaissances qui sont gays ou lesbiennes mais pas leur propre fille.

Les mois ont passé et ils ont en fait comme si de rien n’était et comme si j’étais hétéro.

Mon père est toujours là à me répéter que je suis très jolie et féminine (le vrai bon gros stéréotype quoi comme si être lesbienne signifie avoir les gros sourcils et être assimilée à une  » camionneuse  » bref.. ) que je trouverai bien mon prince charmant etc, etc

Pour ma mère, Elle est rassurée quand Elle me sait entourée de garçons dans mes soirées donc j’ai pris à contre cœur l’habitude de lui mentir sur mes fréquentations ; ce n’est pas que je suis entourée que de filles, non j’ai autant d’amis filles que garçons (ça aussi ce sont encore que de fausses idées reçues sur les lesbiennes) mais quand je suis en soirées ou boîtes lesbiennes alors oui je lui mens.

Quand à ma sœur Elle m’aime toujours autant et notre complicité et notre amour sont encore plus grands qu’avant ! :’$

Pour l’instant je suis encore dans mes études et ne veut pas me retrouver à la rue sans rien mais j’espère très vite pouvoir m’assumer seule pour pouvoir leur redire une fois la vérité en face et enfin vivre moi même sans mensonges ni cachotteries.

J’espère donc ainsi vraiment que les mentalités vont évoluer dans notre société grâce au gouvernement, je l’espère vraiment pour pouvoir éviter au maximum ce mal être que vivent les jeunes homosexuels lorsqu’ils découvrent leur orientation sexuelle et qu’ils doivent l’assumer ensuite dans leur famille mais aussi dans leur lycée.

Un GRAND merci aux associations qui luttent pour les droits LGBT car elles sont admirables et font un boulot remarquable et particulièrement à l’association Le Refuge qui grâce au contact d’un de leur membre m’a permis de me relever et de reprendre la force de me battre et d’assumer qui j’étais réellement..! :’$

 » L’Amour n’a pas de sexe..  »

Morgane

Témoignage d’Alain et Claudine (3)

13 Jan

Que de manque de réalisme, dans tous ces propos venant de soit disant experts en fonction parentales ou grands parentales, et qui ne connaissent pas le bonheur que nous ressentons chaque fois que nous voyons nos petits enfants et leurs mères épanouies.

C’est l’absurdité de raisonnements qui se réfèrent au passé sans se rendre compte que les esprits évoluent très vite. Hier, en 1999, ils étaient contre le pacs et aujourd’hui ils veulent l’améliorer.

Pendant ce temps, nos petits enfants coulent des jours heureux en Creuse, entourés de leurs deux mamans.

 

Alain et Claudine

 

Témoignage de Christelle (26)

9 Jan

J’ai rencontré Céline il y a presque 10 ans… Un coup de cœur… Physique d’abord… Cérébral ensuite… Toute notre histoire s’est construite lentement, sûrement, naturellement… Nous avions les mêmes envies, les mêmes principes, mais surtout une passion, un amour unique l’une pour l’autre, qui ne fait que s’amplifier encore de jour en jour. Elle est ma moitié, mon double, mon unique, mon tout… Je l’aime pour toujours et plus encore…

Il y a 5 ans, Céline fraichement diplômée, beaucoup de choses se sont concrétisées… Nous avons acheté notre première maison, fêté notre Pacs avec tous ceux qui nous entourent… Tout n’était pas forcément rose car les parents de Céline ont eu beaucoup de mal à accepter notre couple. Et ont essayé de nous séparer à plusieurs reprises. Au point que Céline ait refusé toute relation avec eux pendant près de  2 ans … Tant pis, nous vivons pour nous, pas pour les autres, n’est-ce pas ?

Notre envie d’enfant ? « naturelle », j’oserai dire !… Nous voulions être mamans… Comment ? J’ai découvert le forum des « enfants d’arc en ciel » par hasard, au fil de mes recherches sur le net. Une mine d’informations… Une lettre de motivation, une prise de rdv…Une grande aventure qui commence.. Des aller-retour à Bruxelles…

En 3 essais seulement, comme un cadeau tombé du ciel et grâce au don de cet inconnu à qui l’on doit notre bonheur, notre fille était là, dans mon ventre…

Enceinte de 5 mois, les parents de Céline frappent à notre porte et décident « d’oublier ». Je me demande encore aujourd’hui ce que nous leur avons fait, à part s’aimer l’une et l’autre infiniment…

Meggie Céline Mylène est née le 4 février 2010. Nous sommes mamans…  Probablement le plus grand bonheur de notre vie…

Céline toute heureuse, souhaite déclarer Meggie à la mairie. Aïe.. Premier obstacle, la mairie refuse car Céline n’est pas le père! Evidemment… Ils veulent quelqu’un qui ait assisté à l’accouchement. Si si, Céline était présente ! Mais ma césarienne d’urgence ne l’a pas autorisé à me suivre jusqu’au bloc !

Premier obstacle donc qui ne sera résolu que par le personnel administratif et soignant de la maternité de Dechy (merci à eux). Il a fallu que la maternité et la mairie soient en contact téléphonique pour confirmer que oui, Céline était présente à l’accouchement et que moyennant une lettre manuscrite de ma part (tout de même !), elle était en droit de déclarer sa fille à la mairie…

C’est chose faite…

En septembre dernier, Meggie est entrée à l’école. Il a fallu expliquer à la maitresse la situation « particulière » de Meggie qui finalement, ne l’est pas tant que ça.

Mise à part la mésaventure de la mairie, nous n’avons jamais rencontré de souci majeur par rapport à notre couple, à la situation familiale de Meggie (pour l’instant)… On s’est rendu compte qu’en expliquant les choses clairement, les gens n’avaient pas un regard si négatif que ça…

Néanmoins, si demain je meurs, je me demande si ma volonté écrite chez un notaire sera respectée. J’ai peur de la mort car en disparaissant, Meggie perdra peut-être sa deuxième maman également… C’est probablement ma plus grande peur. Car aux yeux de la loi, Céline n’est rien par rapport à Meggie.

Mais aux yeux de Meggie, Céline est SA MAMAN, une maman exemplaire qui lui fait des câlins par milliers, la console lors de ses chagrins, lui donne ses repas avec une patience infinie, lui lit des histoires le soir pour qu’elle se couche sereinement, et lui donne toute l’attention et tout l’amour dont elle a besoin complété du mien… Meggie ne peut pas vivre sans moi mais sans Céline non plus…

Je VEUX que Céline adopte Meggie et devienne officiellement sa maman même si elle l’est déjà dans son cœur et ce pour toujours.

Je VEUX que Céline devienne ma femme, mon épouse, même s’il y a un mois j’ai entendu ma belle-mère dire à sa fille « tu sais que je suis contre le mariage pour tous »…

RIEN ni PERSONNE ne m’empêchera de vivre ma vie, notre vie, que nous avons choisie, et dont nous sommes extrêmement fières.

Nous n’attendons pas les lois françaises pour vivre ensemble, être mamans… Mais nous souhaitons protéger notre moitié, notre fille, au cas où… Notre société est prête, il faut que notre gouvernement la suive… Enfin…

 

Christelle.