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Un consensus social pour l’accès à la PMA pour toutes les femmes

18 Mar

Communiqué de presse

Paris, le 18 mars 2016

Les prises de position du Défenseur des Droits, du Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (HCEfh), de membres de l’Académie nationale de médecine, de nombreux élus dans une pétition spécifique¹ et aujourd’hui de

association Les Enfants d’Arc en Ciel ne cessera de le répéter au gouvernement ainsi qu’aux parlementaires.
Nous constatons une fracture entre la position de Madame la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et l’opinion publique.
L’association Les Enfants d’Arc en Ciel regrette que Madame la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes ne souhaite pas œuvrer pour le droit de toutes les femmes à mener un projet de famille.
Les Enfants d’Arc en Ciel – l’asso !
Cd1ADhEWoAASIzB

 

¹ www.pma.inter-lgbt.org

 

Adoption après une PMA : un tribunal fait (encore) de la résistance

24 Juin

Article de Libération du 23 Juin 2015

« «Ce jugement bafoue l’intérêt de notre enfant qui est que ses deux mamans soient reconnues devant la loi», a indiqué le couple dans un communiqué de presse. «Les accusations de « fraude à la loi » et « d’enfant illégalement conçu » sont insultantes, insupportables et diffamatoires.»

« La bataille de la PMA n’est pas près d’être terminée. Devant l’entêtement de certains, l’avocate en appelle donc au législateur. Selon elle, il devient urgent de «légiférer à nouveau afin d’éviter toute possibilité d’interprétation de la loi. L’ouverture de la PMA aux couples de femmes et l’établissement d’une présomption de parenté sont absolument nécessaires.»« 

Pour lire l’article dans son intégralité, cliquez ici

«Nous réclamons l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, sans discrimination»

6 Juin

Article de Libération du 5 juin 2014

« En lançant ce manifeste depuis le Sud-Ouest, Marie et Ewenne ne s’attendaient pas à un tel succès. Elles espéraient 343 signatures, un clin d’œil au «manifeste des 343 salopes» qui, en 1971, avaient révélé avoir avorté, avant que la loi Veil ne légalise l’IVG. A ce jour, plus de 400 femmes ont tombé le masque en assumant noir sur blanc : «Je déclare avoir eu recours à une insémination avec donneur afin de fonder une famille.» Derrière elles, plus de 1  000 soutiens sont arrivés, notamment d’hétéros. »

Pour lire l’article en entier, cliquez ici

Pour le manifeste publié sur le blog, cliquez ici

PROPOSITION DE LOI relative à l’accès égalitaire pour toutes aux techniques d’assistance à la procréation

30 Mai

présentée par Mesdames et Messieurs

Sergio CORONADO, Barbara POMPILI, François de RUGY, Éric ALAUZET, Brigitte ALLAIN, Isabelle ATTARD, Danielle AUROI, Denis BAUPIN, Michèle BONNETON, Christophe CAVARD, Cécile DUFLOT, Noël MAMÈRE, Véronique MASSONNEAU, Jean-Louis ROUMEGAS et Eva SAS

« En France, la procréation médicalement assistée est, selon les termes du code de la santé publique, « destinée à répondre à la demande parentale d’un couple ». En outre, « l’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer, mariés ou en mesure d’apporter la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans ». Ces dispositions excluent donc les femmes célibataires ainsi que les couples homosexuels féminins. Cette limitation n’a pour nous plus lieu d’être dès lors que le cadre légal a changé et s’est ouvert à la reconnaissance juridique des couples homosexuels.

En effet, si la principale revendication qui a présidé aux réflexions et à l’élaboration du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe est celle de l’égalité, il nous semble que l’on ne peut aboutir à une égalité effective entre tous les couples sans ouvrir la procréation médicalement assistée aux couples de femmes. C’est d’ailleurs pour cette raison que presque tous les pays ayant permis le mariage aux couples de même sexe, ont également ouvert l’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes.

Tout comme un couple hétérosexuel qui souffrirait d’infertilité, les couples de femmes ont, par définition, une sexualité non reproductive. Ce droit à l’assistance médicalement assistée doit donc leur être reconnu afin de mettre fin à toute forme de discrimination.

Il ne s’agit pas ici de questions éthiques ou morales comme celles que peut soulever la gestation pour autrui, il s’agit uniquement de réaffirmer le principe d’égalité entre tous les couples et de protéger les intérêts de l’enfant.

Il s’agit enfin de sortir d’une certaine forme d’hypocrisie. On le sait, de nombreux couples de femmes qui ont un projet parental commun ou de femmes seules, ont recours à l’assistance médicale à la procréation dans les pays qui nous entourent.

Il s’agit également de permettre aux femmes qui le désirent un encadrement médical et une sécurité juridique. Face aux blocages de la loi, de nombreuses solutions alternatives ont été bricolées par les parents, malgré les risques sanitaires pesant sur ces femmes ou l’insécurité juridique pesant sur les enfants. Prendre en compte l’intérêt des enfants c’est leur donner une sécurité juridique envers leurs parents.

Enfin, le droit français prévoit, pour les couples hétérosexuels qui ont recours à cette assistance, que la paternité du conjoint de la mère soit judiciairement déclarée.

La présente proposition de loi préconise donc que la même procédure soit possible pour les couples de femmes afin que l’enfant voie sa filiation établie à l’égard de ses deux parents. »

Pour lire la proposition de loi en entier, cliquez ici

Le parcours du combattant de Céline, qui va adopter les enfants de sa femme

17 Avr

Article de 20 minutes du 17 avril 2014

« La plupart des gens à qui on a parlé du dossier d’adoption nous ont dit: «Bah vous êtes mariées, ça suffit pas?». On se dit: mais où vous étiez pendant les débats? On a supporté tout ça pour rien, parce que les gens ne savent pas que non, le mariage [condition sine qua non pour que les couples homosexuels puissent adopter] ne suffit pas, il faut encore prouver qu’on est de bons parents »

 

Pour lire l’article en entier, cliquez ici:

http://www.20minutes.fr/societe/1355013-temoignage-de-celine-qui-va-adopter-les-enfants-de-sa-femme

Témoignage de Marie (n°19)

21 Jan

Nous avons décidé de faire un bébé (d’essayer…) en août 2010, juste après notre PACS. Nous étions ensemble depuis un peu plus de deux ans à cette époque.
Nous avons commencé par chercher un donneur connu, dans notre « deuxième cercle » de connaissances. Nous avions trouvé quelqu’un qui s’est rétracté début janvier 2011, nous laissant donc un peu démunies. Après réflexion, nous avons opté pour un donneur anonyme, notamment suite à un argument apporté par une de mes amies « au moins, avec un donneur anonyme, l’enfant fait « le deuil » d’un père qu’il n’aura jamais et ne risque pas d’avoir d’attentes vis-à-vis de son géniteur ». C’était pas faux, on a donc dit banco.
Nous avons donc eu notre premier rdv à Barcelone début février 2011 puis nous avons fait trois IAD (Insémination Artificielle avec Donneur anonyme) là-bas, dans mon ventre. J’étais la plus jeune, ma compagne venait de perdre son job, voilà comment le choix s’est fait (et j’étais très prête et elle moins).
Après avoir dépensé 6000€ en trois mois, nous avons compris que l’Espagne ne nous conviendrait pas. Chacun de ces essais était stimulé (bien que je n’ai a priori pas de souci particulier (j’avais 27 ans)), mais rien n’a pris.
Suite à cela, nous sommes parties à Gent où j’ai refait 3 IAD stimulées mais très mal encadrées (sans gynéco en France, et mal suivies par l’hôpital belge). Trois nouveaux négatifs.
Après un an de stim, j’étais à bout et ma compagne avait envie de s’y mettre (elle avait 35 ans).
Nous sommes parties à Liège, où nous sommes encore aujourd’hui.
Là-bas, elle a fait 5 IAD stimulées, toutes négatives, puis une FIV (Fécondation in Vitro), négative et sans embryon à congeler, une seconde FIV qui nous a donné un joli espoir qui s’est envolé après 7 semaines de grossesse, un TEC (Transfert d’Embryon Congelé) d’un embryon restant de la FIV 2 qui n’a pas pu avoir lieu car l’embryon n’a pas survécu à la décongélation, une 3ème FIV mi juin qui a conduit à un nouveau négatif, et un dernier TEC qui n’a pas pu avoir lieu.

Enfin, je m’y suis remise à mon tour, j’ai fait une FIV pour laquelle ma stimulation a été un peu trop forte, m’a donné des maux de ventre terribles, une souffrance incroyable à la ponction des 14 ovocytes, puis les jours suivants. On m’a transféré un embryon qui n’a pas tenu, lui non plus. Il reste 8 embryons congelés là bas, mais au bout de trois ans de douloureux et couteux parcours, il devient nécessaire de faire une pause. Cette pause que nous n’avons encore jamais faite, en enchaînant 15 échecs et 2 faux départs, en encaissant une fausse couche, et en ayant dépensé à l’étranger l’équivalent de plus d’un an de salaire…

Alors, vous n’y avez rien compris ? Dites-vous que nous non plus au début. Et que si on avait tout simplement eu le droit de vivre tout cela en France, à côté de chez nous, la peine de de ce parcours long et compliqué n’aurait pas été amplifiée par la honte de devoir quitter mon pays pour avoir le droit d’espérer, un jour, fonder une famille.

Ou sinon, comme les gens idiots racontent parfois, je n’ai qu’à « me faire un mec dans une boîte de nuit ». Ben oui, c’est pas beau de faire des enfants illégalement…

Marie

Accès à la PMA pour les couples de lesbiennes en Autriche

19 Jan

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/01/18/l-autriche-etend-aux-lesbiennes-l-acces-a-un-don-de-sperme_4350514_3214.html

Un couple de lesbiennes a droit, au même titre qu’un couple hétérosexuel, àbénéficier d’un don de sperme, car la « protection de la famille » n’est pas un argument suffisant pour le leur refuser : la Cour constitutionnelle autrichienne a rendu public, vendredi 17 janvier à Vienne, un verdict ouvrant la voie à une législation plus libérale, dans un pays de culture catholique qui se distinguait surtout, jusqu’alors, par son attitude restrictive sur les questions de bioéthique.

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Témoignage de Lucy (n°18)

13 Jan

Charlotte et moi sommes en couple depuis 3 ans. Entre elle et moi, le départ fut mouvementé car nous étions chacune en couple avec d’autres femmes lorsque nous nous sommes rencontrées. Limpide et clair, elle et moi ne pouvions plus passer la moindre journée et la moindre nuit l’une sans l’autre. Au delà d’un coup de foudre, l’union de nos deux êtres nous a fait nous sentir entières, nous a fait grandir et mûrir à une vitesse incroyable. Nous avons emménagé ensemble 4 mois après notre première rencontre, même si cela a pu sembler prématuré, nous en avions le désir et rien n’était forcé. L’année suivante, nous avons emménagé ensemble dans la Ville Rose, accueilli un chat et nous nous sommes fiancées officiellement.

Le temps a passé, nos amis deviennent parents les uns après les autres et avec la jalousie que nous éprouvions vient l’envie de devenir mamans à notre tour. Avoir un bout de nous, avec son tempérament de feu et mes jolies boucles brunes.

Après de longues discussions, nous avons pris la décision de lancer ce bébé d’amour à la fin de l’année prochaine car nous souhaitons avoir le temps de mettre encore quelques sous de côté afin de nous organiser un petit mariage simple (pour simplifier les choses ) et  de changer de maison et d’en trouver une où notre grenouille pourra avoir sa propre chambre.

Le choix de l’insémination avec donneur anonyme était une évidence car nous ne souhaitons pas partager l’autorité parentale, aussi je serai celle qui portera notre enfant.

Hormis ces informations, nous réalisons qu’il est dur de connaître toutes les procédures liées à la conception de ce bébé. Les médecins sont rarement confrontés à ce type de situation et sont frileux dès qu’il s’agit de donner des informations et connaître ses VRAIS droits est presque impossible, j’ai lu bon nombre de témoignages à ce sujet et chacun comportait son lot de mauvaises surprises.

Le mariage gay a aidé à l’éclaircissement, mais quelles sont nos options lorsque nous ne souhaitons pas avoir recours à des cliniques spécialisées en Espagne ou en Belgique? Demander à un passant dans la rue de nous donner son sperme? Tout ça pour s’inquiéter de l’avenir de son enfant en cas de décès et se battre avec le tribunal pour obtenir une adoption plénière ?
Il est temps de faire bouger les choses, que de réelles solutions soient trouvées. Nous avons trop de questions et pas assez de réponses.

Lucy

Témoignage de Vanessa (67)

22 Jan

Nous nous sommes rencontrées il y a 15 ans déjà.

Il nous a fallu ces 10 années pour construire, réfléchir, refuser, formuler, discuter, argumenter, douter, renoncer, s’opposer, se dépasser, oublier, désirer… un enfant. Il nous a fallu 10 ans pour décider de qui, de quand, de comment. Il nous a fallu quelques mois de plus pour oser appeler un hôpital en Belgique et quelques semaines pour rédiger une lettre de motivation…

Motiver = justifier par des motifs, apporter des raisons à

Quelles peuvent être les motivations au désir d’enfant ?

– Se conformer à la norme sociale : nous allions avoir trente ans, propriétaires et sans doute nous avions un plan de carrière. Le temps était venu de construire une famille… comme les autres 

 Donner une suite à notre histoire, que « ça continue même après la page »

– Ne pas décevoir nos mères, elles qui avaient peut-être tiré un trait sur nos maternités et sur le partage de leur propre expérience.

Nos motivations n’étaient pas différentes de celles des autres : nous avions coché la case du besoin de sécurité (un appart, un boulot). Venait ensuite un besoin d’identité (s’affirmer comme mamans aux yeux du monde à défaut d’avoir réussi à s’affirmer comme un couple au-delà de notre cercle intime – cela viendrait plut tard). Bien sûr, il était aussi question de réalité d’être, d’accomplissement de soi, de se projeter dans la vie…

Seulement nous, à la différence des autres, nous avions à apporter des motivations et nous devions tout justifier. Pour l’agrément d’un hôpital et pour la reconnaissance de nos proches.

Les étapes furent nombreuses, toutes stressantes. Et puis un jour, un médecin qui dit oui, et puis un jour, un rendez-vous à Bruxelles, et un résultat sanguin positif.

Pour moi, tout devenait simple. Et comme j’allais devenir Maman mais sans porter l’enfant, il me sembla tout à coup évident que tous ceux avec qui je passais du temps, devaient savoir qui j’étais. A commencer par mes collègues… Ce fut une libération. Pour ma compagne, ce fut moins facile : il lui fallut encaisser la froideur d’un grand frère adoré, les remarques profondément blessantes d’une mère ancrée dans son éducation, la désapprobation de collègues qui le lui feraient payer plus tard…

Cependant lorsque notre fille naquit, tout devint plus beau. Les proches qui avaient rejeté violemment notre désir d’enfants, accueillaient cette cousine le cœur débordant d’amour. Et notre couple avec.

Tout devenait tellement évident que nous décidions de recommencer tout de suite. Et en mai 2011, arrivait une petite sœur que j’avais cette fois portée.

Aujourd’hui, notre aînée a 3 ans, notre deuxième pas encore 2 ans. A l’école, à la crèche, dans la rue, elles sont nos filles, et nous sommes des parents comme les autres. C’est-à-dire avec nos propres caractéristiques.

Au même titre que cette femme de plus de 50 ans que je croise à l’école avec sa petite fille de 3 ans, de ce papa qui s’occupe tout seul de son fils, et de tous les autres.

Depuis la naissance des enfants, jamais nous n’avons ressenti d’oppositions, de rejets…

Jamais avant ces dernières semaines, et la violence de certaines paroles dans la presse, dans les manifs, dans des tracts…

Et  je me dis que nous avons de la chance, nous qui avons eu des enfants finalement assez facilement,  parce que Bruxelles n’est qu’à deux heures de chez nous, parce que nous avons « les moyens », parce que nous sommes des femmes aussi. Et je me dis que nous avons de la chance, nous qui habitons dans ce quartier où chaque directrice de crèche, chaque directrice d’école a déjà accueilli d’autres enfants de familles homoparentales. Et je me dis que nous avons de la chance, nous qui avons des enfants encore trop jeunes pour être confrontés aux paroles de haine, si fréquentes ces derniers jours.

Dans l’absolu, oui nous avons de la chance, mais pas la même chance que les couples mariés.

Biologiquement nos filles sont demi-sœurs, issues du même donneur.

Socialement, elles sont sœurs, élevées par les mêmes parents – une maman et une mamoune.

Légalement, ils n’existent aucun lien entre elles…

Comme il n’existe aucun lien entre notre aînée et moi, et entre notre cadette et ma compagne.

Pour combien de temps ? …

 

Vanessa

 

Témoignage de Sylvie (17)

21 Jan

Dans un mois, ma fille va naître. Elle ne sortira pas de mon ventre mais de celui de ma compagne. Et pourtant, elle sera quand même ma fille.

• Parce que je suis très amoureuse de son autre maman et que fonder une famille nous a semblé naturel. Fonder une famille lorsque l’on est un couple heureux, c’est juste normal.

• Parce qu’avec ma compagne, nous avons réfléchi à la manière de concevoir cet enfant, à la manière de l’éduquer, à la manière de défendre ses droits pendant 2 ans avant de passer à l’acte en prenant contact avec des cliniques belges. Notre désir d’enfant a été murement réfléchi, bien plus que dans la plupart des couples hétérosexuels de ma connaissance.

• Parce que j’ai parlé de ce désir d’enfant à tout mon entourage pendant des années et qu’à tous, ce désir a semblé couler de source. Maintenant que ma compagne est enceinte, ma mère me dit qu’il est possible que ma fille me ressemble. Ma sœur n’arrête pas de me répéter que dès que sa nièce viendra au monde, elle prendra sa voiture et fera 800 km d’une seule traite pour venir embrasser ma fille et me donner des conseils. Mon père m’aide à installer sa chambre. Mes amis me harcèlent pour connaître son prénom.

• Parce que j’ai été là pendant sa conception. C’était en Belgique, dans une clinique où l’on nous a accueillies, conseillées, choyées comme de futurs parents tout simplement, ni plus ni moins.

• Parce que comme tous les parents, je n’arrête pas de penser à ce petit être que je vais élever : la première fois que je la tiendrai dans mes bras, la première fois que je la verrai téter le sein de ma compagne,  la première fois qu’elle me serrera la main, la première fois que je lui ferai prendre un bain, la première fois qu’elle me sourira, la première fois qu’elle m’appellera maman, la première fois qu’elle marchera, … la liste est sans fin.

• Parce que je serai là quand elle viendra au monde. Je tiendrai la main de son autre maman et je couperai le cordon ombilical. Je l’embrasserai avec émerveillement.

• Parce que les liens biologiques n’ont aucune valeur. Ce n’est pas la biologie qui fait des êtres humains de bons parents. Ce qui compte, c’est que je sois là pour la nourrir, la laver, l’habiller, la coiffer, la consoler, l’amuser, lui lire des histoires, lui préparer à manger, l’emmener au parc, l’emmener en vacances, l’aider à faire ses devoirs, l’emmener au musée et au cinéma, … la liste est sans fin.

• Parce que quand je pense à ce petit être qui est en train de grandir dans le ventre de ma compagne, je me dis que je ne peux plus imaginer ma vie sans elle. Elle fait déjà parti intégrante de ma vie, de mes pensées, de mes projections dans l’avenir.

• Parce que j’exige l’égalité avec les couples hétérosexuels. Lorsqu’un couple hétérosexuel a recours à la PMA, on leur octroie la filiation automatiquement.

• Parce que si on écoute les « bien pensants », les femmes n’auraient toujours pas le droit de voter, ni celui de divorcer, ni celui d’ouvrir un compte en banque sans l’aval de leur maris, ni celui d’avorter.

Pourtant, tant que la loi ne reconnaîtra pas ma famille :

• Les médecins pourront me refuser l’accès à la salle de naissance lorsque ma fille naîtra.

• Je dépendrai du bon vouloir des médecins s’il arrive quoi que ce soit à ma fille. (Ils peuvent refuser que j’assiste à la consultation)

• Je n’apparaîtrai pas sur le livret de famille de ma fille. Légalement, elle n’aura qu’un seul parent.

• Ma fille ne portera pas mon nom.

• Ma fille aura autant de liens juridiques avec moi et ma famille que ma voisine, autrement dit : aucun.

• J’aurai besoin d’une autorisation de ma compagne pour aller chercher ma fille à la crèche et à l’école.

• Je ne pourrai pas me présenter comme parent d’élève.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne décide de me quitter.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne venait à décéder.

• Je pourrais abandonner ma compagne et ma fille sans avoir de compte à rendre à personne.

• Ma fille n’aura pas de liens juridiques avec ses frères et sœurs (parce que oui, nous désirons avoir d’autres enfants et je désire en porter aussi).

• Ma fille ne pourra pas hériter de moi.

• Je serai une sous citoyenne avec pour seule raison le fait que je sois homosexuelle, orientation sexuelle que, je le rappelle, je n’ai pas choisie. Cela fait partie de mon identité, de mon essence. Au même titre que ma couleur de cheveux, la grandeur de mes mains, la forme de ma bouche, le timbre de ma voix, la grandeur de mes jambes… Je suis homosexuelle et je suis mère. Donnez-moi des droits parce que je suis une mère comme les autres, ne me les refusez pas parce que je suis lesbienne.

En bref, si la loi ne prend pas en compte nos familles, je devrai continuer à trouver des pansements à mettre sur tous les vides juridiques auxquels ma famille sera confrontée jour après jour.

Témoignage d’Anne (64)

20 Jan

Je souhaite m’exprimer en tant que parent dit « social » même si je me reconnais déjà dans beaucoup de vos témoignages.

Notre histoire me semble d’une grande banalité, nous nous sommes rencontrées, ma compagne et moi il y a bientôt 12 ans et le désir d’élever un enfant ensemble est venu petit à petit au sein de notre couple. Convaincues par les études scientifiques nord américaines qui montrent que les enfants élevés dans des familles homoparentales ne vont, ni mieux, ni moins bien que les autres, nous nous sommes lancées dans l’aventure.

Notre première fille est née il y a 6 ans, ce fut bien sûr un grand bonheur pour nous. Nous n’avons pas rencontré de difficulté particulière en dehors de la logistique de pratiquer une IAD en Belgique. C’est au début de sa scolarité, lorsque j’ai voulu me présenter en tant que parent d’élève que les choses se sont compliquées. Cette démarche me semblait tellement naturelle que je n’ai pas compris le refus de la directrice d’école puis de l’inspecteur d’académie. Mais il fallait se rendre à l’évidence, je n’avais aucun droit sur ma fille, les textes de loi me renvoyait à cette réalité. Comment accepter cela, je suis tellement une mère aux yeux de ma fille!

Nous avons alors engagé une procédure de délégation d’autorité parentale. J’ai vécu avec beaucoup de violence le passage devant le juge avec notre avocat. C’était édifiant d’entendre notre avocat nous défendre en justifiant que nous sommes propriétaire d’une maison comportant un nombre suffisant de pièces compatible avec l’accueil d’un enfant ou que ma compagne faisant beaucoup de trajets en voiture il pourrait être intéressant que je puisse prendre des décisions importantes en son absence concernant notre fille.

Être obligé de se faire juger par des inconnus sur notre capacité à être parent me semble être de l’ordre de l’humiliation. En espérant que la loi sur l’adoption de nos enfants soit votée, si les démarches d’adoption n’évoluent pas, j’attends avec impatience le passage de l’assistante sociale chez nous!

Cependant, grâce à cette autorité parentale partagée (valable du vivant de ma compagne)  je suis aujourd’hui élue parent d’élève et je peux assumer cette responsabilité concernant la vie scolaire de ma fille.

Quelques années plus tard, nous avons souhaité avoir un deuxième enfant et là notre parcours a été plus complexe, souvent vécu par beaucoup de couples de femmes: examens médicaux, voyages itératifs en Belgique avec les problèmes que cela entraine (trajet de 10 h, absences professionnelles au dernier moment, garde de notre fille,…).

Je tiens d’ailleurs à remercier les gynécologues français qui nous soutiennent dans nos démarches, nous accueillent dans leurs consultations avec nos projets. Ils nous prescrivent examens et traitements d’AMP en engageant leur responsabilité.

Après finalement une IAD en Espagne, notre deuxième petite fille est née il y a 11 jours et nous comble de bonheur.

Le seul changement depuis 6 ans est que j’ai pu prendre le congé d’accueil de l’enfant anciennement congé paternité.

Nous faisons parti de la société française, les lois sont faites pour encadrer la population, dans l’égalité. Nos familles existent et doivent être reconnues.

Nous ne voulons enlever de droit à personne, nous voulons juste en avoir.

Être parent n’est pas qu’une question de sang. Accéder à la notion symbolique de la parentalité est une des dimensions de l’espèce humaine.

 

Anne

 

 

Témoignage d’Emmanuelle (63)

20 Jan

Je m’appelle Emmanuelle, et je vis depuis bientôt 20 ans avec Marion. Nous avons trois enfants, nés à la suite d’inséminations artificielles avec donneur (IAD) pratiquées en Belgique.

Nous habitons une petite ville de la banlieue parisienne depuis 5 ans. Nous y vivons simplement, au milieu de nos amis, de nos connaissances, des parents d’élèves, des commerçants. Nous faisons partie d’associations locales, pour la musique, le sport, la convivialité.

Nous sommes comme tout le monde.

Nous sommes tellement comme tout le monde que lorsque nous avons expliqué à nos voisins, lors de la galette des rois de notre immeuble, pourquoi nous allons manifester dimanche, ils sont tombé des nues : à nous voir vivre au quotidien depuis ces quelques années, ils n’imaginaient pas que l’une ne puisse pas emmener ses enfants à l’hôpital, ni lui léguer ses biens en cas de décès, ni voter aux élections des parents d’élèves, ni qu’elle ne figure pas sur notre livret de famille.

Ils ne l’imaginaient pas parce qu’ils savent, eux, que nos enfants ont bel et bien deux mères, que nous sommes une famille comme les autres, que nous nous énervons quand les enfants transforment l’appartement en champ de bataille comme les leurs, et que nous nous émerveillons quand ils nous racontent leur première blague de Toto, comme les leurs.

Tout ce que nous voulons, c’est avoir la même protection que ces familles que nous côtoyons tous les jours, et qui sont prêtes, elles, à accepter le mariage pour tous et les différentes formes de parentalité de notre époque.

 

Emmanuelle

 

 

Témoignage de Stéphanie (60)

20 Jan

C’est avec une grande émotion que je témoigne ce soir !

Il y a bientôt 9 ans que Fred et moi nous nous aimons. Très vite de cet amour nous avons voulu un petit bébé… COMME TOUT LE MONDE !!! Mais pour nous c’est un peu plus compliqué que tout le monde, nous sommes un couple de femmes et pour avoir la chance d’être Mamans, nous avons été obligées de nous adresser à la Belgique qui elle, nous considère comme un vrai couple désirant fonder une famille. Alors nous voilà en route pour la Wallonie. Entre les rendez-vous (4), les IAD (au nombre de 6) et la FIV, nous avons fait 11 voyages pour accéder au droit d’être MAMANS ! Ce chemin a été long, douloureux, coûteux… nous avons douté, mais nous n’avons rien lâché !!! Le 12 mars dernier notre petit homme est né, nous sommes devenus une famille, comme TOUT LE MONDE !!!!

Mais cette petite phrase anodine s’est arrêtée là, car :

– Ma femme n’a pas eu droit aux 3 jours pour la naissance d’un enfant au sein du foyer (or nous sommes un foyer puisque nous déclarons nos impôts ensemble !!!)

– Notre fils n’a pas eu de cadeau à Noël par le CE  de ma femme car nous sommes considérés comme une famille recomposée ;

Ma femme n’est pas reconnue comme la mère de son fils, elle ne peut prendre aucune décision le concernant !

Malgré tout quand notre fils pose ses yeux sur ma femme, c’est bien sa maman qu’il regarde ! Le jour de sa naissance alors qu’il n’avait que quelques minutes, c’est vers elle qu’il a dirigé son regard quand il a entendu sa voix (à écrire ses mots j’en ai encore les larmes aux yeux tellement c’est beau !!!) Alors vous me direz que c’est ça qui compte le plus, que notre fils aime ses 2 mamans et bien moi je réponds que non, ça ne suffit pas !!!!

En bonnes citoyennes françaises nous remplissons nos devoirs jour après jour, comme TOUT LE MONDE et bien comme TOUT LE MONDE nous voulons des DROITS, les mêmes que tous les citoyens français !

Ma dernière phrase sera pour mes 2 Amours, Frédérique et Gabriel :

Vous êtes ma plus belle réussite, je NOUS aime… et j’ai hâte que l’on soit reconnu comme une vraie famille aux yeux de tous, comme TOUT LE MONDE !!!!

Stéphanie

Témoignage d’Eloïne (53)

18 Jan

Quand nous nous sommes rencontrées il y a 13 ans, nous avons immédiatement su que nous avions une belle histoire à vivre. Elle avait 20 ans, j’en avais 22, nous étions étudiantes, nous avions toute la vie devant nous et beaucoup de choses à construire, mais une chose était sûre pour toutes les deux : un jour nous aurions des enfants. La famille, c’est vraiment une valeur très importante pour nous.

Les années ont passé, nous avons pris le temps de nous renseigner sur les très nombreuses études réalisées sur les familles homoparentales outre-Atlantique depuis près de 40 ans, et c’est avec soulagement que nous avons pu constater que toutes les études sérieuses (c’est-à-dire basées sur un échantillon représentatif, et avec comparaison avec un groupe témoin comparable) concluaient qu’il n’y avait aucune différence notable entre les enfants issus de famille homoparentale ou hétéroparentale. Nous avons réfléchi aux situations où nos enfants pourraient être mis en difficulté à cause de leur schéma familial, et à ce que nous parents pouvions faire pour éviter ces difficultés. Nous avons réfléchi au mode de conception qui nous convenait, celui avec lequel nous serions assez à l’aise pour assumer ce choix et pouvoir l’expliquer un jour à nos enfants. Pour nous ce fut l’insémination artificielle avec donneur (IAD), et nous avons décidé de nous tourner vers la Belgique.

C’est ensemble que nous avons fait les allers-retours vers la clinique pour rencontrer un gynécologue puis un psychothérapeute. Oh comme nous l’avons redouté ce fameux rendez-vous, quelle angoisse de dire un mot maladroit quand ce psy tenait notre avenir entre ses mains, jugeant notre capacité à être de bons parents… Quel soulagement quand la clinique a finalement accepté notre dossier ! Quels cris de joie devant ce premier pas accompli sur le chemin qui allait nous mener vers notre futur bébé !

C’est là qu’ont commencé les examens parfois douloureux, les stimulations hormonales et leur cortège d’effets secondaires, les prises de sang et échographies à répétition dans l’attente d’un résultat satisfaisant, le stress de devoir nous absenter du travail du jour au lendemain en croisant les doigts pour que l’insémination ne tombe pas un jour trop chargé, les départs à l’aube pour arriver juste à temps à notre rendez-vous quelques centaines de kilomètres plus loin, les milliers de kilomètres parcourus mois après mois, l’attente fébrile du résultat, les larmes, encore les larmes, la vie mise entre parenthèses parce qu’on ne peut rien prévoir au cas où une prise de sang et une échographie devraient être faites ce jour là, au cas où nous devrions partir en Belgique à ce moment là…

Et un jour un résultat positif, encore des larmes partagées mais de bonheur cette fois. La grossesse que nous avons vécue ensemble avec émerveillement et crainte, comme tous les futurs parents heureux. La naissance de notre fille, moment inoubliable, notre bébé, enfin. Ma compagne qui coupe son cordon ombilical, qui lui donne son premier bain, qui contemple ce tout petit bébé niché dans ses bras avec une émotion qui nous met les larmes aux yeux à toutes les deux.

Notre fille que nous élevons ensemble, que nous aimons autant l’une que l’autre et qui nous aime elle aussi tout autant. Notre fille, à qui comme tous les parents nous transmettons nos valeurs : le respect de l’autre comme de soi-même,  le goût du partage, le goût de la vie, des découvertes, des rencontres… Notre fille heureuse, joyeuse, drôle, câline, pleine de vie, curieuse de tout.

Un deuxième parcours du combattant commence, plus long et plus douloureux que le premier, qui s’achève avec la naissance de notre fils, cette fois c’est moi qui coupe le cordon.

Notre fils, bébé modèle, doux et câlin, qui fait gonfler nos cœurs de mamans de bonheur quand il nous regarde avec une égale adoration, quand il nous sourit en croisant notre regard, quand il se niche tendrement au creux de notre cou…

Ces deux enfants, ce sont les nôtres, à part égale. Ils ne sont certes pas nés de notre corps à toutes les deux, ils le savent bien car depuis leur naissance nous leur parlons de leur histoire, mais ils sont nés de notre amour, car c’est ensemble que nous les avons désirés, ensemble que nous les avons attendus. Parce que nous nous aimions, parce que nous voulions fonder une famille ensemble.

Ces deux enfants sont frère et sœur, personne ne peut en douter en voyant l’amour et la complicité qui les unit.

Ces deux enfants ont deux parents qui les aiment, qui les élèvent au quotidien, qui les guident pour faire d’eux des enfants puis des adultes équilibrés et bien dans leur peau, responsables et citoyens, et surtout heureux.

Deux parents à part entière, parce que ce n’est pas la biologie qui fait un parent. Un parent, c’est celui qui se réveille en pleine nuit pour écouter la respiration calme de son bébé, celui qui se lève pour nourrir son enfant, changer sa couche ou ses draps ou faire fuir un vilain cauchemar. Un parent c’est celui qui sait soigner les bobos avec un bisou magique, c’est celui qui apaise les pleurs et les peurs, celui qui raconte l’histoire du soir et chasse vaillamment les monstres cachés sous le lit, c’est celui qui explique, encore, et encore, c’est celui qui écoute les chagrins et les joies, c’est celui qui accompagne son enfant pour l’aider à vaincre ses peurs, celui qui fait les bonshommes de neige, qui fabrique des cabanes ou qui boit avec application le café que son enfant lui a préparé dans sa dinette. Un parent c’est ça, et beaucoup d’autres choses, mais ce n’est pas une question de gènes.

Nos enfants ont deux parents, deux mamans. Et chacun un donneur, qui n’est pas un parent, pas plus dans notre famille que dans toutes celles, hétéroparentales ou homoparentales, qui ont recours à un don de gamètes.

Mais parce que nous sommes de même sexe, nous n’avons pas le droit d’être reconnues comme parents à part entière, comme une famille à part entière. Parce que nous sommes de même sexe nous ne pouvons pas avoir la certitude qu’un de nos enfants ne nous sera pas enlevé un jour, si nous nous séparons ou que l’une de nous décède. Parce que nous sommes de même sexe nos enfants pourraient être un jour séparés l’un de l’autre. Parce que nous sommes de même sexe, nos enfants n’hériteront pas à égalité, ni de leurs parents, ni de leurs grands-parents.

C’est injuste.

C’est terrifiant.

Et ça doit changer, parce que c’est ça, l’intérêt des enfants.

Eloine

Témoignage Elodie (49)

18 Jan

Je souhaite témoigner, ça ne changera sûrement pas le monde mais au moins en lisant ça peut être qu’au moins une personne changera d’avis et comprendra pourquoi on a besoin « du mariage pour tous », ça sera déjà ça de gagné. Car je ne comprends pas ces gens qui se battent non pas pour acquérir des droits, mais pour empêcher les autres d’en avoir.

Pour ce qui est du mariage: il serait judicieux de leur part de différencier mariage « républicain » et mariage « catholique » (personnellement le mariage religieux je leur laisse, la religion condamne l’homosexualité, ca serait donc le comble de se marier à l’église…)

Pour ce qui est de la famille:

– leur slogan  » les enfants ont des droits » : justement leurs enfants oui, et les nôtres ???

– leur argument « on ne ment pas aux enfants », « les enfants sont issus d’une mère et d’un père » :

je souhaiterais répondre ceci:

Nous sommes, ma « future femme » (oui je suis optimiste) et moi, mamans de deux petits garçons de deux mois (IAD en Espagne avec donneur inconnu).

In utéro, on leur racontait déjà leur histoire, leurs origines. Et oui on ne ment pas à nos enfants, ils sont issus d’une mère et d’un donneur, non d’un père. Ils sont nés avant tout d’une envie, une envie de fonder une famille, une envie qui est née grâce à l’amour, un amour entre 2 personnes, 2 femmes.

Et vous croyez quoi ??? Que l’on va raconter à nos enfants que 2 femmes peuvent faire un enfant, que c’est physiquement possible ??? Non, on ne ment pas à nos enfants ; pour le moment on leur raconte ça, vu leurs âges. Plus tard on leur expliquera, plus tard on répondra à leurs questions sans aucuns tabous, car ils ont le droit à cette vérité. La vérité qui est qu’ils sont bien nés de l’amour, un amour incontestable entre leurs deux mères, sans cet amour il n’y aurait pas eu cette envie de fonder une famille, sans cet amour, il n’y aurait pas eu tout ce parcours compliqué ; et oui, il est vrai qu’ils ne sont pas nés d’un acte sexuel, mais plutôt médical et oui on a eu recours à un donneur qui souhaite rester anonyme.

Sommes-nous les seules, nous les homosexuelles, à avoir recours à un donneur anonyme ???

Je ne crois pas ! En France, combien de couples mariés ou non mariés ont recours à la PMA (accessible en France pour eux) ? Combien d’hommes sont stériles parmi tous ces couples hétérosexuels ?

Ces couples là ne font-ils pas appel à un donneur pour réaliser leur rêve, leur désir, leur envie de fonder une famille ? SI

Est-ce que cela choque ??? Est-ce qu’ils sont jugés ??? Est-ce qu’ils sont exclus de droits ??? NON

Alors oui, voilà une énorme discrimination que je dénonce !

Dans ce couple hétérosexuel qui a recours à la PMA, madame tombe enceinte grâce au donneur.

Monsieur devient parent, devient papa .. et pourtant où est le lien de sang ??? Où est la filiation ???

Du jour où madame tombe enceinte, monsieur gagne des droits, une place reconnue dans la société.

-lors des consultations gynéco pour le suivi de grossesse, lors de l’accouchement quelqu’un demandera-t-il à ce monsieur qui il est ? Pourquoi est-il là ? NON il sera immédiatement considéré comme le père sans même avoir besoin de se justifier.

– aura-t-il besoin de se justifier devant la société ? NON, ma femme oui

– est-ce qu’il sera jugé par la société? NON, ma femme oui

– aura-t-il besoin de se justifier quand il ira déclarer son enfant à l’état civil ? NON, ma femme oui

– est-ce qu’il figurera sur le livret de famille ? OUI, ma femme non

– aura-t-il besoin de se justifier pour chercher son enfant à l’école? NON, ma femme oui

La liste est encore bien longue !!!

Alors, ce monsieur sera là pour son enfant dès son premier souffle, comme ma femme pour ses fils

Ce père changera ses couches, se lèvera la nuit, fera des câlins, le consolera, rira aux éclats avec lui, l’éduquera, subviendra a ses besoins etc .. tout comme ma femme pour ses fils et pourtant…

Dans notre société :

Cet homme et ma femme sont exactement dans la même situation

Cet homme et ma femme n’ont aucuns liens de sang avec leurs enfants

Cet homme et ma femme s’occupent de la même manière de leurs enfants

Pourtant l’un a des droits, l’autre non !

Pourtant l’un est considéré comme un parent, l’autre non !

L’un des enfants est protégé, l’autre non !

Tout ceci est normal? Tout ceci n’est-il pas de la discrimination?

Voilà pourquoi nous, nous nous battons…

 

ELODIE.