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L’implication des médecins français dans les PMA : les conclusions de l’Académie de médecine

16 Juin

Article de Têtu du 11 juin 2014

« « Combien de couples homosexuels souhaitant devenir parents avez-vous reçu en consultation entre 2011 et 2012? À quels types de demandes avez-vous eu à répondre (PMA, GPA, en France, à l’étranger)? Pensez-vous que la PMA devrait être accessible aux couples homosexuels en France? ». Autant de questions auxquelles les médecins pouvaient répondre anonymement »

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Homos : un an après le mariage, la famille pour tous attendra

23 Avr

Article de Métronews du 22 avril 2014

 

« Enfin, la procréation médicalement assistée (PMA) est certainement le plus gros regret des associations LGBT, qui constatent que la loi pour l’ouvrir aux couples homosexuels a été renvoyée aux calendes grecques. « Il y a une vraie hypocrisie puisque les couples de lesbiennes sont contraintes d’aller à l’étranger pour se faire inséminer mais sont autorisés à élever les enfants en France », s’indigne la présidente d’Arc en Ciel, qui milite pour que « le gouvernement aille jusqu’au bout de sa promesse » et que la PMA soit débattue et adoptée. »

« Si le mariage est devenu réalité, la famille pour tous reste le rêve de nombreux couples homosexuels. Et leur combat. »

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Accès à la PMA pour les couples de lesbiennes en Autriche

19 Jan

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/01/18/l-autriche-etend-aux-lesbiennes-l-acces-a-un-don-de-sperme_4350514_3214.html

Un couple de lesbiennes a droit, au même titre qu’un couple hétérosexuel, àbénéficier d’un don de sperme, car la « protection de la famille » n’est pas un argument suffisant pour le leur refuser : la Cour constitutionnelle autrichienne a rendu public, vendredi 17 janvier à Vienne, un verdict ouvrant la voie à une législation plus libérale, dans un pays de culture catholique qui se distinguait surtout, jusqu’alors, par son attitude restrictive sur les questions de bioéthique.

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Témoignage de Sylvie (17)

21 Jan

Dans un mois, ma fille va naître. Elle ne sortira pas de mon ventre mais de celui de ma compagne. Et pourtant, elle sera quand même ma fille.

• Parce que je suis très amoureuse de son autre maman et que fonder une famille nous a semblé naturel. Fonder une famille lorsque l’on est un couple heureux, c’est juste normal.

• Parce qu’avec ma compagne, nous avons réfléchi à la manière de concevoir cet enfant, à la manière de l’éduquer, à la manière de défendre ses droits pendant 2 ans avant de passer à l’acte en prenant contact avec des cliniques belges. Notre désir d’enfant a été murement réfléchi, bien plus que dans la plupart des couples hétérosexuels de ma connaissance.

• Parce que j’ai parlé de ce désir d’enfant à tout mon entourage pendant des années et qu’à tous, ce désir a semblé couler de source. Maintenant que ma compagne est enceinte, ma mère me dit qu’il est possible que ma fille me ressemble. Ma sœur n’arrête pas de me répéter que dès que sa nièce viendra au monde, elle prendra sa voiture et fera 800 km d’une seule traite pour venir embrasser ma fille et me donner des conseils. Mon père m’aide à installer sa chambre. Mes amis me harcèlent pour connaître son prénom.

• Parce que j’ai été là pendant sa conception. C’était en Belgique, dans une clinique où l’on nous a accueillies, conseillées, choyées comme de futurs parents tout simplement, ni plus ni moins.

• Parce que comme tous les parents, je n’arrête pas de penser à ce petit être que je vais élever : la première fois que je la tiendrai dans mes bras, la première fois que je la verrai téter le sein de ma compagne,  la première fois qu’elle me serrera la main, la première fois que je lui ferai prendre un bain, la première fois qu’elle me sourira, la première fois qu’elle m’appellera maman, la première fois qu’elle marchera, … la liste est sans fin.

• Parce que je serai là quand elle viendra au monde. Je tiendrai la main de son autre maman et je couperai le cordon ombilical. Je l’embrasserai avec émerveillement.

• Parce que les liens biologiques n’ont aucune valeur. Ce n’est pas la biologie qui fait des êtres humains de bons parents. Ce qui compte, c’est que je sois là pour la nourrir, la laver, l’habiller, la coiffer, la consoler, l’amuser, lui lire des histoires, lui préparer à manger, l’emmener au parc, l’emmener en vacances, l’aider à faire ses devoirs, l’emmener au musée et au cinéma, … la liste est sans fin.

• Parce que quand je pense à ce petit être qui est en train de grandir dans le ventre de ma compagne, je me dis que je ne peux plus imaginer ma vie sans elle. Elle fait déjà parti intégrante de ma vie, de mes pensées, de mes projections dans l’avenir.

• Parce que j’exige l’égalité avec les couples hétérosexuels. Lorsqu’un couple hétérosexuel a recours à la PMA, on leur octroie la filiation automatiquement.

• Parce que si on écoute les « bien pensants », les femmes n’auraient toujours pas le droit de voter, ni celui de divorcer, ni celui d’ouvrir un compte en banque sans l’aval de leur maris, ni celui d’avorter.

Pourtant, tant que la loi ne reconnaîtra pas ma famille :

• Les médecins pourront me refuser l’accès à la salle de naissance lorsque ma fille naîtra.

• Je dépendrai du bon vouloir des médecins s’il arrive quoi que ce soit à ma fille. (Ils peuvent refuser que j’assiste à la consultation)

• Je n’apparaîtrai pas sur le livret de famille de ma fille. Légalement, elle n’aura qu’un seul parent.

• Ma fille ne portera pas mon nom.

• Ma fille aura autant de liens juridiques avec moi et ma famille que ma voisine, autrement dit : aucun.

• J’aurai besoin d’une autorisation de ma compagne pour aller chercher ma fille à la crèche et à l’école.

• Je ne pourrai pas me présenter comme parent d’élève.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne décide de me quitter.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne venait à décéder.

• Je pourrais abandonner ma compagne et ma fille sans avoir de compte à rendre à personne.

• Ma fille n’aura pas de liens juridiques avec ses frères et sœurs (parce que oui, nous désirons avoir d’autres enfants et je désire en porter aussi).

• Ma fille ne pourra pas hériter de moi.

• Je serai une sous citoyenne avec pour seule raison le fait que je sois homosexuelle, orientation sexuelle que, je le rappelle, je n’ai pas choisie. Cela fait partie de mon identité, de mon essence. Au même titre que ma couleur de cheveux, la grandeur de mes mains, la forme de ma bouche, le timbre de ma voix, la grandeur de mes jambes… Je suis homosexuelle et je suis mère. Donnez-moi des droits parce que je suis une mère comme les autres, ne me les refusez pas parce que je suis lesbienne.

En bref, si la loi ne prend pas en compte nos familles, je devrai continuer à trouver des pansements à mettre sur tous les vides juridiques auxquels ma famille sera confrontée jour après jour.

Témoignage de Florence et Stéphanie (57)

19 Jan

En 2005, Florence et moi avons quitté notre pays natal, la France, pour le Québec. La décision n’a été ni simple ni indolore … Quitter famille et amis, culture et repères n’est pas une mince affaire … Mais nous l’avons fait. Nous l’avons fait par lassitude de la mentalité dans laquelle la France nous enfermait alors qu’ailleurs les choses avançaient … Certains parleront de lâcheté et d’abandon, d’autres de courage de tout quitter pour un pays inconnu, nous, nous avions simplement envie de respirer un air plus frais et cette envie a été plus forte que tout …

L’état des lieux est simple : le Québec marie civilement tous ses citoyens depuis 2003 (le Canada depuis 2005), la filiation est automatique pour tous les couples du moment qu’il s’agit d’un projet parental commun (être marié n’est pas obligatoire évidemment), l’adoption locale (équivalent de la DDASS française) est également ouverte à tous et enfin la PMA est accessible à toutes les femmes sans exception (sinon leur âge).

C’est donc sur ces bases-là et après beaucoup de réflexions, faut-il le rappeler, qu’en 2008 nous avons décidé de rencontrer un médecin dans une des cliniques de fertilité de Montréal. Après bien des péripéties (car non, les lesbiennes ne sont pas toutes fertiles comme on peut le lire dans certains articles ces derniers temps !) notre fils est finalement arrivé en 2011.
Il porte officiellement le nom de ses 2 mamans qui figurent également sur son certificat de naissance en tant que Mère et Mère. Notre enfant et notre famille sont légalement reconnus comme le sont toutes les autres.

Au quotidien, les choses sont très simples. Les commerçants nous connaissent et nous accueillent toujours avec le sourire, le personnel de la garderie a accueilli notre fils et sa famille sans sourciller. Les choses évoluent dans l’intérêt de l’enfant, pour son bien-être et c’est le plus important à nos yeux.

La France est tout à fait capable d’opérer ces changements sociaux importants mais elle doit passer par-dessus ses (fausses) peurs et ses phobies qui ne sont que le reflet de l’ignorance de certains qui ne côtoient pas et ne connaissent pas nos familles. La religion n’a rien à faire dans ce débat laïc et civil qui ne la concerne en rien.

 

Stéphanie et Florence – Montréal

 

Témoignage d’Elodie (52)

18 Jan

Je sais pas vraiment par quoi commencer parce que comme dit la devise de la France « liberté, égalité, fraternité » si on serait tous égaux nous ne serions pas obligé de faire de témoignages pour nous défendre en espérant que certaines mentalités et lois changent.

Je m’appelle Elodie, j’ai 27 ans et je vis avec ma compagne depuis 5 ans. Elle, elle est maman de 4 filles âgées de 12 à 6 ans. « A cause de cette union » ma compagne n’a plus depuis 5 ans la garde de ces filles, parce que l’avocat adverse ainsi que le juge ont statués sur le fait que les enfants devaient être dans une famille « normale ». Le plus écœurant là-dedans c’est que les enfants ne demandent qu’à venir vivre avec leur maman. Comme quoi les enfants ne regardent pas l’orientation sexuelle de ces parents mais l’amour que celui-ci peut lui apporter. Mes belles filles (les plus grandes) demandent même à aller à la gay pride chaque année pour, comme elles disent : » qu’un jour maman et toi vous puissiez vous marriez ». Même si elles sont jeunes elles savent ce qui se passent en ce moment dans l’actualité et sont pleines de questions à ce propos: « Pourquoi?, mais c’est pas normal ce qu’ils vous font, tout le monde devrait avoir ce qu’ils veulent etc. »

Comment voulez vous qu’on explique à des enfants pourquoi sa maman et sa « chérie » ne peuvent pas se marier comme tout le monde.

Ma belle-sœur vit avec sa compagne depuis plus de 20 ans et depuis elles ont eues 2 magnifiques garçons par FIV en Belgique. Ces deux p’tits mecs sont équilibrés, épanouis, joyeux et remplis d’amour.

Pourquoi devons nous nous battre pour avoir ce que d’autres ont ; on a tous deux bras, deux jambes, deux yeux…..et un cœur alors pourquoi pas les mêmes droits.

L’amour de l’autre ne regarde pas le sexe mais le cœur.

 

Elodie

 

Témoignage de Lulu (7)

18 Jan

Pour tous je suis Lulu, mais surtout Grand-mère Lulu… la mère de Chris. J’ai 74 ans et je suis donc la « grand-mère sociale » de Raphaël, petit bonhomme de 3 mois.
Cela fait neuf ans que je connais Laetitia, la compagne de ma fille Chris, et six ans que je les accompagne dans leur projet de bébé. J’ai connu leurs peines, nombreuses, leurs désespoirs, mais aussi leurs joies jusqu’au jour où j’ai appris que Laetitia attendait un bébé. Quel bonheur!
Puis est venu le jour de la naissance de Raphaël, bébé prématuré tant attendu… Beaucoup de soucis, mais aussi beaucoup de joie pour toute notre famille, et pour moi, déjà grand-mère cinq fois, je deviens grand-mère pour la sixième fois avec la même joie que pour mes autres petits-enfants. Et quelle émotion quand j’ai rencontré Raphaël pour la première fois, si petit et si fragile dans son incubateur en réanimation…

Et pourtant, légalement, je ne suis pas la grand-mère de Raphaël et c’est grave.
L’Amour que l’on porte à un enfant est ce qu’il y a de plus important. Combien d’enfants ont été adoptés et ont été si heureux. Moi-même, je n’ai pas été élevée par mon géniteur, mais par un homme qui m’a accueillie et qui m’a donné son nom, lui qui fut mon vrai père… Mon géniteur m’a donné ses gènes, mais lui m’a offert de l’Amour, ce qui est irremplaçable.
Alors parlons d’Amour et de gènes… A mon tour je suis la grand-mère de Raphaël, par Amour, et si par malheur on devait me l’enlever, ma peine serait aussi grande que si cela touchait un autre de mes petits enfants.
Tous les jours, je vois l’Amour entre ma fille et sa compagne, et l’arrivée de ce bébé concrétise l’Amour de ce couple.

Ce que je demande maintenant c’est une Loi qui, s’il devait leur arriver quelque chose, protège ce lien qui se crée avec Raphaël et entre nos deux familles, celle de Laetitia et la notre.
Le plus important c’est le bonheur de nos enfants, et pas les préjugés. Chacun pense ce qu’il veut, mais beaucoup ont des idées préconçues sans savoir de quoi ils parlent. Tous les jours, on voit des enfants martyrisés, maltraités par des familles dites « normales », et cela crève le cœur, de penser qu’il y a tant d’enfants malheureux et tant d’Amour prêt à être donné…

Voilà, j’aime Raphaël, et lui, si petit, commence à me reconnaître et à m’aimer. Alors, il est URGENT de protéger ce lien entre nous.

Grand-mère Lulu

Témoignage d’Emilie et Edwige (14)

18 Jan

Notre histoire de futur parent

 

Notre désir de fonder notre famille est issu d’une longue réflexion.

Toute une période à se demander ce que la société pourrait penser de notre famille, de notre enfant, quelle place nous aurons.

Pourquoi devons-nous justifier et expliquer notre projet auprès de nos familles respectives, nos amie-s, notre travail…etc ?

Toute une période pour s’interroger et construire ce projet en commun, malgré les réticences de nombreuses personnes qui ne nous connaissent pas. Notre projet n’est pas un accident, mais le reflet de notre amour et l’envie d’agrandir notre famille car que cela plaise ou non, nous ne sommes pas qu’un couple mais aussi une famille, avec des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins et des cousines… ce qui fera de notre petit bout un enfant à part entière avec des repères et un environnement rempli d’amour et de stabilité.

Nous nous efforçons de ne pas juger notre prochain (et pourtant nous sommes agnostiques), et tous ces anti feraient mieux de balayer devant leur porte. Nous ne prendrons jamais notre enfant en otage pour défendre des convictions qui pourraient le dépasser et lui apprendre l’intolérance.

Notre projet est clair et limpide, nous nous lançons dans notre 1er premier essai en Juin prochain, nous avons choisi un donneur connu pour des raisons qui nous sont propres, intimes et qui vont avec nos valeurs.

Nous souhaitons pouvoir nous marier pour être toutes les deux protégées quoi qu’il arrive, pour que notre enfant ait un statut juridique qui correspond à son schéma familial sans que celui-ci soit tenu à notre sexualité ! Nous serons parents avant d’être LESBIENNES !

Alors vous anti, nous ne détruirons pas vos familles ou votre mariage ! Pensez plutôt à vos enfants que vous instrumentalisez à chaque manifestation ! Nous les plaignons sincèrement… NOUS ! Nous ne mentirons pas à notre enfant !

 

Émilie et Edwige.

 

 

Témoignage de Melvine (11)

17 Jan

Je m’appelle Melvine, j’ai 26 ans et je vis en couple depuis bientôt 5 ans avec ma moitié. Cinq années de purs bonheurs avec elle (le « s » à la fin du mot bonheur n’est pas une faute de frappe..), mais aussi 5 ans de combat, qui j’espère prendra fin bientôt.

Nous ne sommes pas encore mamans, mais nous souhaitons plus que tout au monde le devenir. Voilà maintenant 4 ans que nous en discutons et 1 an que ce projet de maternité devient de plus en plus concret.

Notre maison s’agrandit tout doucement au fur et à mesure de nos démarches, nous irons prochainement à la rencontre de celui qui sera peut être le père de notre enfant…Dur dur de faire confiance à un inconnu, malheureusement nous manquons de temps et d’argent pour un parcours en PMA, alors nous allons nous improviser chimistes afin de concevoir notre enfant, ce qui est loin d’être sans danger pour notre santé. Tout serait tellement plus facile et sécurisant si notre pays acceptait la PMA pour les couples de même sexe.

Cette loi est également indispensable afin de protéger les enfants issus des familles homoparentales, notamment pour la reconnaissance du parent social.

Il y a 3 ans, les médecins m’ont annoncé leur diagnostic : « Maladie orpheline » = maladie rare délaissée par la recherche médicale car trop peu de cas. Dans notre malheur, une lueur d’espoir : ce n’est pas une maladie héréditaire et elle n’affecte en aucun cas la stérilité.

Toujours est-il que s’il m’arrive malheur, ma compagne n’aura aucun droit sur notre enfant. La tutelle testamentaire ne pourra qu’influencer la décision d’un juge, elle n’a aucun pouvoir dans sa décision.

Notre premier combat fut semblable à celui d’un bon nombre d’homos, l’acceptation par mes parents. Après avoir été insultée, humiliée, violentée et considérée comme « anormale », il nous aura fallu 2 ans pour reprendre un dialogue parents/enfant normal, pour qu’ils « acceptent » ma compagne, puis finalement décident d’ignorer notre vie.

Le mariage devient donc pour nous et toutes les familles semblables à la nôtre, la seule protection pour nos enfants et futurs enfants, mais aussi la concrétisation de notre amour.

Tout aurait été différent si Julie s’était appelé Julien, c’est malheureux mais il suffit parfois qu’une lettre manque à l’appel pour qu’une famille vole en éclats…

 

Melvine

 

Témoignage de Sylvie (45)

17 Jan

En couple depuis 18 ans. Ma compagne est infirmière, 50 ans et moi tapissière décoratrice, 42 ans.

Nous avons élevé ensemble une fille née d’une histoire d’amour entre sa mère et son père. Elle a 23 ans aujourd’hui.

Après 10 ans de vie de couple et de longues années de réflexions intra conjugale et familiale, accompagné de notre désir sincère et profond d’agrandir la famille et de permettre à notre fille de partager cette vie, nous avons décidé de concevoir un enfant.

Dans un premier temps, notre couple avait choisi l’option de la coparentalité, en proposant à un homme, que nous apprécions sincèrement et qui semblait avoir tout ce que nous attendions d’un papa pour notre enfant, de devenir le papa de cet enfant.

Après 18 mois, de rencontres régulières, d’échanges sur les attentes des uns et des autres sur le rôle  de chaque partenaire a donné, l’éducation choisie, etc… Tous les 3 nous avons tenté les essais. Après 6 mois de non réussite, le papa a eu des doutes. Il a préféré arrêter l’aventure là.

Par crainte d’un nouvel abandon l’année suivante, notre famille prenait la route du nord en 2004, pour rejoindre la Belgique et rencontrer le corps médical belge. Nous avons commencé l’aventure par une procédure de 6 mois de réflexions psychologiques et philosophique avec l’équipe médicale. Au terme de cette période, nous et l’équipe étions en accord pour poursuivre ensemble le chemin qui devait nous permettre d’accueillir notre second enfant.

Un IAD, deux IAD, trois IAD,…. Les mois se succédèrent, les kilomètres s’additionnèrent, les factures s’accumulèrent… jusqu’au jour où notre premier gynéco français décide de nous lâcher sans nous en parler directement !! en nous envoyant voir un confrère de l’infertilité qui nous a refusé sa porte car elle ne pouvait rien pour nous : « la loi lui interdisait de suivre des gens comme nous !!! »

Heureusement pour nous, un médecin qui lui a un vrai sens de la médecine et de son engagement Hippocrate a accepté de nous suivre jusqu’au bout de notre histoire !

Les IAD ont continué avec des protocoles de plus en plus lourds, et de plus en plus onéreux… sans compter les difficultés avec les employeurs et les absences au travail car nous ne choisissons pas le jour et l’heure où c’est le meilleur moment de concevoir la vie… et cela vient perturber aussi bien la vie familiale (en effet le conjoint ne peut pas forcément vous accompagner pour cet événement qui devrait être un événement heureux),  la vie professionnelle car vous devez parfois « abandonner votre poste » lorsque ce ne n’est pas opportun ! Vos collègues n’en sont pas forcément contents et votre hiérarchie de moins en moins conciliante lorsque votre parcours devient un très long parcours. A la fin, je subissais des remarques et des pressions professionnelles qui étaient vraiment limite avec le harcèlement professionnel !

Et pourtant notre désir était le plus fort !

Nous avons continué jusqu’au dernier de nos euros d’économie ! par 2 FIV ICSI*… qui malheureusement ne nous ont pas permis d’accueillir notre second enfant…

Si nous devions résumer ce parcours par quelques chiffres :

33180 kilomètres de route

480 heures de route

40 000 € de frais médicaux, transport, hébergement etc…

Des vies soumises au rythme des cycles ovulatoires avec leurs espoirs et leurs déceptions…

Des larmes, des peurs, des angoisses…

Une famille qui au bout de 10 ans doit vivre avec l’absence d’un second enfant, l’acceptation de ne pas avoir donné la vie en ayant malgré tout donné toutes ses tripes, son énergie, toutes ses espérances et avoir épuisé les économies de sa famille…

Je suis une citoyenne française de naissance, je paye mes impôts comme tous français, je vote, je cotise pour la sécu, la mutuelle, je travaille, je respecte mon voisin avec ses différences de pensées, de religion, de vie… je suis une catholique plus pratiquante à force d’entendre, de voir, des discours, des comportements d’intolérance, d’irrespect, d’homophobie… Je ne me reconnais plus ou pas dans cette catégorie dite une famille !

Et pourtant, dans mon pays d’origine, certaines personnes estiment que je suis une sous citoyenne et que par conséquent je ne dois pas avoir accès aux mêmes protections pour moi et les miens, aux mêmes avantages pour moi et les miens, et de quel droit ?!

De quoi ont-ils vraiment peur !? Que la vie démontre que finalement, nous ne sommes pas pire qu’eux, voire nous pourrions être comme eux voir mieux que certains !!!

Dans tous les cas, notre fille va bien, n’a pas de problème particulier fait des études d’ostéopathie et « oh malheur » a une orientation sexuelle plus que commune puisqu’elle est hétérosexuelle !!!

Et nous sommes des parents comblés car notre fille est une femme responsable, respectueuse, de son prochain. Elle a une ouverture d’esprit qui lui permet de s’adapter dans tous les univers de ce monde !  C’est là une richesse qu’aucun propos homophobe ne pourra lui enlever !!!

Et faute de moyen financier, je suis contrainte d’accepter que je ne serai jamais mère, que mon corps ne portera jamais la vie, que je ne verrai  jamais les yeux de ma femme briller portant notre enfant dans ses bras… que je n’entendrai jamais le mot « maman » à mes oreilles !!!

Quand tant d’enfants sont nés par accidents, que tant d’enfants sont maltraités dans leurs familles (physiquement, psychologiquement, socialement…)… Que ce soit dans des familles catholiques bien pensantes, que dans des familles athéistes !

Car notre projet n’était pas uniquement un projet égocentrique, mais bel et bien un projet de vie, un projet de famille, dans le respect de l’enfant !

 

Sylvie

*FIV ICSI: Le sigle ICSI vient de l’anglais   » IntraCytoplasmic Sperm Injection » , ce qui signifie   » injection de spermatozoïde dans le cytoplasme  » (de l’ovocyte). Cette technique vient de la Fécondation In Vitro classique et nécessite ,comme pour la FIV standart , une stimulation ovarienne. La seule différence consiste à introduire directement un seul spermatozoïde à l’aide d’une micro pipette dans chaque ovocyte recueillis.

 

Témoignage d’Emmanuelle (43)

16 Jan

Ma compagne et moi sommes en couple depuis près de 30 ans. Nous sommes mamans de deux grands garçons de 28 et 26 ans nés grâce à une insémination dite “ artisanale” avec deux donneurs connus; nos fils ainés ont donc accès à leurs origines. Nous avons deux  autres fils de 6 et 8 ans que nous avons adoptés. Bien sur, la loi actuelle ne nous permettant pas une adoption en couple, nous avons chacune adoptée un de nos fils en “célibataire”.

Je suis professeur de lettres, ma compagne travaille dans la logistique, notre fils ainé est second de cuisine, en couple avec une charmante jeune femme, le second est professeur d’histoire, fiancé, il doit se marier cette année. Les deux plus jeunes sont bien sûr à l’école, école privée sous contrat, dans laquelle ils n’ont aucuns problèmes, notre famille y est très bien acceptée et nous participons activement à la vie de l’école. Je suis catholique pratiquante et je suis très impliquée dans la vie de ma paroisse, je dois cependant avouer, qu’afin de ménager toutes les susceptibilités, je reste au sein de l’Eglise très discrète sur ma vie privée. Nous payons nos impôts (nos fils ainés aussi), participons à la vie économique, sociale et politique de notre pays et cependant….. si l’une de nous venait à décéder, malgré une tutelle testamentaire déposée chez un notaire, nous n’avons aucune certitude que notre enfant pourrait continuer à vivre avec celle qui l’aurait élevé, aimé, nourri, choyé, depuis son adoption, puisque le droit strict accorderait alors plus de droits à la Mémé Chose ou au tonton Machin qu’à cette maman dite “sociale” ; nos fils ainés ne pourront hériter de celle qui n’est pas leur maman biologique. En cas de séparation de notre couple, nos enfants n’ont aucune garantie, à part celle de notre amour pour eux et de notre intelligence, de pouvoir continuer à voir leur deux parents. Ce ne sont donc pas en premier lieu les parents au sein des familles homoparentales qui sont mis en situation de fragilité et sont des citoyens de “seconde catégorie” mais bien les enfants. Nous ne demandons pas le droit de faire des enfants, Dieu merci, ils sont là !!!!! Nous demandons, nous exigeons pour eux, les mêmes droits à la sécurité et au bonheur que tous les autres enfants, simplement au regard de la priorité absolue que doit être le droit de l’enfant. Les couples homosexuels ne réclament pas un droit à l’enfant, ils l’ont, comme tout un chacun, ils réclament pour leurs enfants un droit à la famille, à leur famille.

 

Emmanuelle

Témoignage de Stéphanie (10)

15 Jan

2 ans pour en arriver là…

Ça fait 2 ans qu’on essaie de faire un bébé, qu’on essaie de fonder notre famille sans se soucier des qu’en dira-t-on, sans prendre la peine de savoir ce que Pierre, Paul ou Jacques peuvent bien en penser.

2 ans qu’on a fait de ce projet un combat quand on sait qu’en France ce projet nous est interdit.

2 ans de parcours, de recherche, de rencontres avec des familles homoparentales, de dialogues, de questions, de doutes, de découvertes, d’ordonnances, de traitements, de piqûres, d’attentes, d’espoirs, de déceptions, d’allers-retours en Espagne, en Belgique, en Belgique, en Belgique…

2 ans de militantisme…

2 ans jusqu’à ce jour de décembre où tout a basculé, et où ce rêve est enfin devenu réalité !

Et pourtant, aujourd’hui, quand je vois la violence des propos des anti, quand j’entends leurs arguments, pauvres arguments,  aussi homophobes qu’ils les pensent pertinents, quand je découvre combien ils ont été à descendre dans la rue pour lutter contre une future loi plus égalitaire pour tous, et qui permettrait à d’autres d’avoir les mêmes droits qu’eux. Oui quand je prends conscience de tout cela, je réalise que finalement je suis presque heureuse que notre enfant ne soit pas encore là, en âge de comprendre tout cela et de subir la violence de ces propos… De ces attaques… De ces discriminations… De cette homophobie décomplexée…

 

Stéphanie

 

Témoignage de Sandrine (9)

14 Jan

Je m’appelle Sandrine et ma compagne Odile. Nous sommes pacsées et vivons ensemble depuis plusieurs années.

Depuis septembre 2010, nous avons entamé notre parcours en Belgique afin d’être aidées pour avoir notre enfant et devenir parents.

Nous avons procédé à 9 IAD et 1 FIV qui ont toutes échoué. Ces échecs sont très difficiles à vivre normalement mais sont accentués par toutes les difficultés que nous rencontrons parallèlement dues à notre statut d’homosexuelles. Néanmoins, malgré les kilomètres à parcourir, malgré les examens à faire en dernière minute et la course aux ordonnances qui s’en suivent, malgré l’épuisement physique dû au traitement, malgré l’épuisement psychologique à devoir faire face à tous ces obstacles dont nous pourrions être soulagées si notre pays nous reconnaissait, malgré les mensonges que nous devons dire à nos employeurs pour justifier nos absences de dernière minute car nous ne pouvons pas leur dire la vérité sans prendre le risque de nous dévoiler et de nuire à notre carrière professionnelle, malgré les frais engagés non remboursés qui entament durement nos économies, malgré tout cela, nous sommes en route pour notre seconde FIV.

Nous sommes plus motivées que jamais grâce à l’équipe médicale Belge qui nous suit et que nous remercions de tout cœur de nous considérer comme un couple à part entière alors que nous ne sommes même pas mariées,

Merci d’avoir considéré avant tout l’amour que nous nous portions et notre désir d’enfant, plutôt que notre orientation sexuelle,

Merci pour votre tolérance, votre compréhension, votre complicité et votre gentillesse à nous encourager,

Merci de ne pas nous juger,

Merci du fond du cœur de nous permettre d’être nous-mêmes et de réaliser notre rêve,

Merci de nous accepter telles que nous sommes et à défaut de l’être dans notre propre pays.

 

Sandrine

 

Témoignage de Marie (8)

14 Jan

Une 1ère rencontre, il y a 8 ans et demi, d’abord un baiser échangé timidement parce que ça ne se fait pas deux filles ensemble… Puis un 2ème, puis s’assumer, accepter, faire accepter, vivre ensemble et avoir des projets communs.  Des projets de plus en plus ambitieux, mais que l’on regarde parfois de loin. Tout ce que j’imaginais avec un homme, en aurais-je le droit ? Aurais-je le droit de faire ce sur quoi tous les contes de fées concluent ? Être heureuses et avoir des tas d’enfants ?

D’accord, pour le prince charmant, on repassera… Mais une princesse charmante a tout autant d’atouts !

Et puis les projets nous rattrapent et prennent de l’ampleur, notre « nous » se concrétise, se solidifie. Finalement nous optons pour un parcours « classique » ; comme tout couple lambda, nous aspirons à un foyer, et y fonder une famille.  Voir des bambins courir dans la maison, les élever ensemble. Avoir le droit de vivre ça, de s’engueuler ensemble à propos de la couleur de la chambre de bébé, veiller des nuits entières auprès de son enfant malade, avoir peur pour lui lors de sa 1ère rentrée, se faire traiter de vieilles chouettes quand il aura 15 ans… Pourquoi ne serait-ce qu’un privilège d’hétéro ?

Un parcours classique dans la tête oui, mais dans la réalité un peu plus compliqué. Etudier la question dans un monde tellement culpabilisant… Devoir parfois se justifier,  dans ce choix si égoïste de vouloir un enfant qui sera malheureux quoiqu’il arrive parce qu’il va naître dans une famille différente. Mais c’est ce regard là qui nous rend différentes…

Depuis quand vouloir un enfant n’est pas un acte égoïste ? Ce prolongement de soi, voir un petit être nous appeler maman, aimer et être aimée…

Et puis on passe le pas, d’abord on n’en parle à personne, de peur d’avoir de la pression de la part de nos proches, et de devoir expliquer nos démarches, les allers-retours en Belgique, les espoirs, les désillusions… Et puis un beau jour, c’est le bon, le test est positif et le ventre s’arrondit autant que nos yeux brillent et nos mains deviennent fébriles… Nous allons être parents !

Et puis la chance d’avoir une famille (presque) totalement derrière nous, à ne pas juger, à nous regarder réellement comme un couple qui souhaite fonder une famille.

Parfois des repères difficiles à trouver dans le couple. Pour la femme enceinte, c’est facile de se représenter, d’assumer le regard des autres et d’avoir une place sociale connue et reconnue. Mais pour celle qui accompagne, celle qui n’est pas le père, n’aura pas de liens biologiques avec cet enfant, aux yeux de ces autres, elle ne ressemble pas à ces futurs papa qui bricolent et retapent la chambre de leurs mains ou se ruent chez le concessionnaire acheter une nouvelle voiture plus grosse… Pourtant ce sont ces mêmes mains qui frôlent la peau, qui ressentent exclusivement les premiers mouvements, qui partagent cette intimité et crée un lien avec son futur enfant. C’est elle qui accompagne, qui vit, subit parfois, répond à certaines exigences de la femme enceinte… Qui emmène à la maternité et coupe le cordon…

Elle est une maman qui n’aura pas été enceinte. Pas simple…

Etre une famille homoparentale, c’est donc tout un schéma à créer, à s’approprier à défaut de pouvoir être reconnu par tous ces gens qui jugent, qui osent interdire à un couple épanoui et prêt (il le faut pour pouvoir emprunter ce parcours…) à être parent. C’est à la fois déroutant et excitant.

D’un point de vue médical, tous les professionnels que l’on a rencontrés en Belgique et en France ne nous ont JAMAIS jugées, nous ne sommes jamais senties différentes, et ils ont accepté sans aucun sous entendu ou mise à distance notre relation. Les échographies, les consultations, la préparation à l’accouchement… Nous ne sommes apparemment pas les premières et ne seront évidemment pas les dernières, même dans notre petite maternité, à être 2 femmes, prêtes à donner la vie, sans mensonge, avec pudeur et avec cette même envie que n’importe quel couple !

Alors, qu’attend-on…

Dans quelques jours, nous serons 3. Alors, oui, nous serons comblées et ravies. Comme un couple hétéro, ce sera le plus beau jour de notre vie. Comme un couple hétéro, nous recevrons famille et amis pour fêter l’arrivée de notre bébé. Comme un couple hétéro, nous élèverons cet enfant avec les valeurs qui nous semblent justes et qui nous correspondent. Mais par contre, parce que nous sommes homos, le livret de famille ne comportera que mon nom. Parce que nous sommes homos, il faudra expliquer notre situation, affronter les regards.  Parce que nous sommes homos, nous n’aurons pas les mêmes droits, bien que nous ayons les mêmes devoirs : assurer la sécurité physique et morale de notre enfant, celui que nous avons fait ensemble, l’aimer, le protéger et le faire grandir du mieux que l’on pourra… Comme dans toutes les familles.

 

Marie

 

Témoignage d’Anne (7)

13 Jan

Au lendemain du 6 mai 2012, c’était la joie complète dans notre foyer et mon cœur se gonflait doublement d’espoir : j’apprenais ma grossesse (ma dernière FIV avait marché)  -promesse d’une vie tellement désirée-, et je venais de contribuer à élire un président qui me donnait à croire en des droits nouveaux pour ma compagne et en une meilleure protection de notre enfant à venir.

Enfin, nous voyions le projet parental que nous portions depuis de longues années aboutir sous des horizons plus favorables pour les familles homoparentales. Nous avions passé tant de temps à réfléchir sur notre envie de fonder une famille et sur notre capacité à devenir parents, à nous projeter dans notre vie à 3, à 4 peut être… Que de lectures et de questionnements sur les familles homoparentales nous avions mis en discussion.

Nous avions fini par choisir la méthode qui nous convenait le mieux et avec laquelle nous nous sentions à l’aise pour expliquer à notre futur enfant son histoire et sa conception ;  nous avons opté pour la Procréation Médicalement Assistée avec donneur anonyme et nous nous sommes alors tournées vers l’étranger.

A cinq semaines de l’accouchement, on oublierait presque les trois difficiles années passées à essayer de faire un bébé :

– les nombreux échecs, les déboires médicaux divers, les fausses couches et leurs lots de peines, de douleurs, de découragement,

– le couple qui souffre et qui s’accroche vaille que vaille,

– les finances qui suivent plus ou moins,

– la vie entre parenthèses conditionnée par un départ au pied levé à 1000 km de chez nous pour réaliser une IAD ou une FIV.

Nous avons eu la chance de croiser des professionnels formidables sur notre chemin. Nous avons été accompagnées par une gynécologue spécialisée en PMA qui voyait en face d’elle un couple désireux de construire une famille, qui a besoin d’un coup de pouce -comme ses patients habituels- et elle a toujours cherché avec nous le meilleur moyen d’aboutir à une grossesse. Nous nous sommes senties pleinement accueillies et reconnues en tant que futur couple parental dans les cliniques qui nous ont ouvert leurs portes en Belgique, comme en Espagne.

Aujourd’hui, nous nous sentons reconnues toutes les deux en tant que parents dans nos premières démarches de mamans. Nous sommes allées ensemble inscrire notre fille à la crèche, et nous avons été reçues comme les deux parents de notre enfant à naître. Tout au long du suivi de la grossesse, le corps médical s’est adressé au couple parental que nous formons avec professionnalisme et bienveillance ; nous ne nous sommes pas sentis des parents différents, mais juste des parents.

Néanmoins, j’ai demandé à la sage-femme qui fait la préparation à l’accouchement, comme à la gynécologue qui me suit à l’hôpital depuis le début de la grossesse, de bien vouloir rédiger une attestation pour prouver le cas échéant l’implication de ma compagne dans la grossesse, expliquant à chaque fois pourquoi ce papier peut être important pour notre famille. Je vais également  rédiger un testament, où je spécifierai qu’au cas où je décèderais je demande à ce que ma compagne soit nommée tuteur légal de mon enfant à naître. Etc…. Nous devons faire tout cela, bien que nous soyons déjà reconnues en tant que parents dans notre quotidien, car légalement à ce jour je suis le seul parent de notre enfant…

Notre fille viendra au monde en janvier 2013, au moment où sera examiné le projet de loi sur le mariage pour tous, la boucle pourrait être bouclée… et pourtant, depuis quelques  semaines j’ai juste envie de fermer ma radio, ma télé, mon ordi, car je ne supporte plus d’entendre des horreurs sur la famille que nous tentons de construire depuis plusieurs années, je ne supporte plus que ma fille soit rejetée avant même d’être née, je ne supporte plus que tant d’homophobie puisse se répandre si facilement dans les médias…

Ce sera notre travail de parents de la protéger de ces jugements qui existent dans la société, mais mesdames et messieurs les députés c’est à vous de fournir le cadre légal que nous attendons pour notre famille ; faites que sa famille et sa filiation soient reconnues, et ensemble nous laisserons moins de champ à l’homophobie et à la haine.

 

Anne