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L’implication des médecins français dans les PMA : les conclusions de l’Académie de médecine

16 Juin

Article de Têtu du 11 juin 2014

« « Combien de couples homosexuels souhaitant devenir parents avez-vous reçu en consultation entre 2011 et 2012? À quels types de demandes avez-vous eu à répondre (PMA, GPA, en France, à l’étranger)? Pensez-vous que la PMA devrait être accessible aux couples homosexuels en France? ». Autant de questions auxquelles les médecins pouvaient répondre anonymement »

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Homos : un an après le mariage, la famille pour tous attendra

23 Avr

Article de Métronews du 22 avril 2014

 

« Enfin, la procréation médicalement assistée (PMA) est certainement le plus gros regret des associations LGBT, qui constatent que la loi pour l’ouvrir aux couples homosexuels a été renvoyée aux calendes grecques. « Il y a une vraie hypocrisie puisque les couples de lesbiennes sont contraintes d’aller à l’étranger pour se faire inséminer mais sont autorisés à élever les enfants en France », s’indigne la présidente d’Arc en Ciel, qui milite pour que « le gouvernement aille jusqu’au bout de sa promesse » et que la PMA soit débattue et adoptée. »

« Si le mariage est devenu réalité, la famille pour tous reste le rêve de nombreux couples homosexuels. Et leur combat. »

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Accès à la PMA pour les couples de lesbiennes en Autriche

19 Jan

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/01/18/l-autriche-etend-aux-lesbiennes-l-acces-a-un-don-de-sperme_4350514_3214.html

Un couple de lesbiennes a droit, au même titre qu’un couple hétérosexuel, àbénéficier d’un don de sperme, car la « protection de la famille » n’est pas un argument suffisant pour le leur refuser : la Cour constitutionnelle autrichienne a rendu public, vendredi 17 janvier à Vienne, un verdict ouvrant la voie à une législation plus libérale, dans un pays de culture catholique qui se distinguait surtout, jusqu’alors, par son attitude restrictive sur les questions de bioéthique.

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Témoignage de Sylvie (17)

21 Jan

Dans un mois, ma fille va naître. Elle ne sortira pas de mon ventre mais de celui de ma compagne. Et pourtant, elle sera quand même ma fille.

• Parce que je suis très amoureuse de son autre maman et que fonder une famille nous a semblé naturel. Fonder une famille lorsque l’on est un couple heureux, c’est juste normal.

• Parce qu’avec ma compagne, nous avons réfléchi à la manière de concevoir cet enfant, à la manière de l’éduquer, à la manière de défendre ses droits pendant 2 ans avant de passer à l’acte en prenant contact avec des cliniques belges. Notre désir d’enfant a été murement réfléchi, bien plus que dans la plupart des couples hétérosexuels de ma connaissance.

• Parce que j’ai parlé de ce désir d’enfant à tout mon entourage pendant des années et qu’à tous, ce désir a semblé couler de source. Maintenant que ma compagne est enceinte, ma mère me dit qu’il est possible que ma fille me ressemble. Ma sœur n’arrête pas de me répéter que dès que sa nièce viendra au monde, elle prendra sa voiture et fera 800 km d’une seule traite pour venir embrasser ma fille et me donner des conseils. Mon père m’aide à installer sa chambre. Mes amis me harcèlent pour connaître son prénom.

• Parce que j’ai été là pendant sa conception. C’était en Belgique, dans une clinique où l’on nous a accueillies, conseillées, choyées comme de futurs parents tout simplement, ni plus ni moins.

• Parce que comme tous les parents, je n’arrête pas de penser à ce petit être que je vais élever : la première fois que je la tiendrai dans mes bras, la première fois que je la verrai téter le sein de ma compagne,  la première fois qu’elle me serrera la main, la première fois que je lui ferai prendre un bain, la première fois qu’elle me sourira, la première fois qu’elle m’appellera maman, la première fois qu’elle marchera, … la liste est sans fin.

• Parce que je serai là quand elle viendra au monde. Je tiendrai la main de son autre maman et je couperai le cordon ombilical. Je l’embrasserai avec émerveillement.

• Parce que les liens biologiques n’ont aucune valeur. Ce n’est pas la biologie qui fait des êtres humains de bons parents. Ce qui compte, c’est que je sois là pour la nourrir, la laver, l’habiller, la coiffer, la consoler, l’amuser, lui lire des histoires, lui préparer à manger, l’emmener au parc, l’emmener en vacances, l’aider à faire ses devoirs, l’emmener au musée et au cinéma, … la liste est sans fin.

• Parce que quand je pense à ce petit être qui est en train de grandir dans le ventre de ma compagne, je me dis que je ne peux plus imaginer ma vie sans elle. Elle fait déjà parti intégrante de ma vie, de mes pensées, de mes projections dans l’avenir.

• Parce que j’exige l’égalité avec les couples hétérosexuels. Lorsqu’un couple hétérosexuel a recours à la PMA, on leur octroie la filiation automatiquement.

• Parce que si on écoute les « bien pensants », les femmes n’auraient toujours pas le droit de voter, ni celui de divorcer, ni celui d’ouvrir un compte en banque sans l’aval de leur maris, ni celui d’avorter.

Pourtant, tant que la loi ne reconnaîtra pas ma famille :

• Les médecins pourront me refuser l’accès à la salle de naissance lorsque ma fille naîtra.

• Je dépendrai du bon vouloir des médecins s’il arrive quoi que ce soit à ma fille. (Ils peuvent refuser que j’assiste à la consultation)

• Je n’apparaîtrai pas sur le livret de famille de ma fille. Légalement, elle n’aura qu’un seul parent.

• Ma fille ne portera pas mon nom.

• Ma fille aura autant de liens juridiques avec moi et ma famille que ma voisine, autrement dit : aucun.

• J’aurai besoin d’une autorisation de ma compagne pour aller chercher ma fille à la crèche et à l’école.

• Je ne pourrai pas me présenter comme parent d’élève.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne décide de me quitter.

• Je pourrais perdre ma fille si ma compagne venait à décéder.

• Je pourrais abandonner ma compagne et ma fille sans avoir de compte à rendre à personne.

• Ma fille n’aura pas de liens juridiques avec ses frères et sœurs (parce que oui, nous désirons avoir d’autres enfants et je désire en porter aussi).

• Ma fille ne pourra pas hériter de moi.

• Je serai une sous citoyenne avec pour seule raison le fait que je sois homosexuelle, orientation sexuelle que, je le rappelle, je n’ai pas choisie. Cela fait partie de mon identité, de mon essence. Au même titre que ma couleur de cheveux, la grandeur de mes mains, la forme de ma bouche, le timbre de ma voix, la grandeur de mes jambes… Je suis homosexuelle et je suis mère. Donnez-moi des droits parce que je suis une mère comme les autres, ne me les refusez pas parce que je suis lesbienne.

En bref, si la loi ne prend pas en compte nos familles, je devrai continuer à trouver des pansements à mettre sur tous les vides juridiques auxquels ma famille sera confrontée jour après jour.

Témoignage de Florence et Stéphanie (57)

19 Jan

En 2005, Florence et moi avons quitté notre pays natal, la France, pour le Québec. La décision n’a été ni simple ni indolore … Quitter famille et amis, culture et repères n’est pas une mince affaire … Mais nous l’avons fait. Nous l’avons fait par lassitude de la mentalité dans laquelle la France nous enfermait alors qu’ailleurs les choses avançaient … Certains parleront de lâcheté et d’abandon, d’autres de courage de tout quitter pour un pays inconnu, nous, nous avions simplement envie de respirer un air plus frais et cette envie a été plus forte que tout …

L’état des lieux est simple : le Québec marie civilement tous ses citoyens depuis 2003 (le Canada depuis 2005), la filiation est automatique pour tous les couples du moment qu’il s’agit d’un projet parental commun (être marié n’est pas obligatoire évidemment), l’adoption locale (équivalent de la DDASS française) est également ouverte à tous et enfin la PMA est accessible à toutes les femmes sans exception (sinon leur âge).

C’est donc sur ces bases-là et après beaucoup de réflexions, faut-il le rappeler, qu’en 2008 nous avons décidé de rencontrer un médecin dans une des cliniques de fertilité de Montréal. Après bien des péripéties (car non, les lesbiennes ne sont pas toutes fertiles comme on peut le lire dans certains articles ces derniers temps !) notre fils est finalement arrivé en 2011.
Il porte officiellement le nom de ses 2 mamans qui figurent également sur son certificat de naissance en tant que Mère et Mère. Notre enfant et notre famille sont légalement reconnus comme le sont toutes les autres.

Au quotidien, les choses sont très simples. Les commerçants nous connaissent et nous accueillent toujours avec le sourire, le personnel de la garderie a accueilli notre fils et sa famille sans sourciller. Les choses évoluent dans l’intérêt de l’enfant, pour son bien-être et c’est le plus important à nos yeux.

La France est tout à fait capable d’opérer ces changements sociaux importants mais elle doit passer par-dessus ses (fausses) peurs et ses phobies qui ne sont que le reflet de l’ignorance de certains qui ne côtoient pas et ne connaissent pas nos familles. La religion n’a rien à faire dans ce débat laïc et civil qui ne la concerne en rien.

 

Stéphanie et Florence – Montréal

 

Témoignage d’Elodie (52)

18 Jan

Je sais pas vraiment par quoi commencer parce que comme dit la devise de la France « liberté, égalité, fraternité » si on serait tous égaux nous ne serions pas obligé de faire de témoignages pour nous défendre en espérant que certaines mentalités et lois changent.

Je m’appelle Elodie, j’ai 27 ans et je vis avec ma compagne depuis 5 ans. Elle, elle est maman de 4 filles âgées de 12 à 6 ans. « A cause de cette union » ma compagne n’a plus depuis 5 ans la garde de ces filles, parce que l’avocat adverse ainsi que le juge ont statués sur le fait que les enfants devaient être dans une famille « normale ». Le plus écœurant là-dedans c’est que les enfants ne demandent qu’à venir vivre avec leur maman. Comme quoi les enfants ne regardent pas l’orientation sexuelle de ces parents mais l’amour que celui-ci peut lui apporter. Mes belles filles (les plus grandes) demandent même à aller à la gay pride chaque année pour, comme elles disent : » qu’un jour maman et toi vous puissiez vous marriez ». Même si elles sont jeunes elles savent ce qui se passent en ce moment dans l’actualité et sont pleines de questions à ce propos: « Pourquoi?, mais c’est pas normal ce qu’ils vous font, tout le monde devrait avoir ce qu’ils veulent etc. »

Comment voulez vous qu’on explique à des enfants pourquoi sa maman et sa « chérie » ne peuvent pas se marier comme tout le monde.

Ma belle-sœur vit avec sa compagne depuis plus de 20 ans et depuis elles ont eues 2 magnifiques garçons par FIV en Belgique. Ces deux p’tits mecs sont équilibrés, épanouis, joyeux et remplis d’amour.

Pourquoi devons nous nous battre pour avoir ce que d’autres ont ; on a tous deux bras, deux jambes, deux yeux…..et un cœur alors pourquoi pas les mêmes droits.

L’amour de l’autre ne regarde pas le sexe mais le cœur.

 

Elodie

 

Témoignage de Lulu (7)

18 Jan

Pour tous je suis Lulu, mais surtout Grand-mère Lulu… la mère de Chris. J’ai 74 ans et je suis donc la « grand-mère sociale » de Raphaël, petit bonhomme de 3 mois.
Cela fait neuf ans que je connais Laetitia, la compagne de ma fille Chris, et six ans que je les accompagne dans leur projet de bébé. J’ai connu leurs peines, nombreuses, leurs désespoirs, mais aussi leurs joies jusqu’au jour où j’ai appris que Laetitia attendait un bébé. Quel bonheur!
Puis est venu le jour de la naissance de Raphaël, bébé prématuré tant attendu… Beaucoup de soucis, mais aussi beaucoup de joie pour toute notre famille, et pour moi, déjà grand-mère cinq fois, je deviens grand-mère pour la sixième fois avec la même joie que pour mes autres petits-enfants. Et quelle émotion quand j’ai rencontré Raphaël pour la première fois, si petit et si fragile dans son incubateur en réanimation…

Et pourtant, légalement, je ne suis pas la grand-mère de Raphaël et c’est grave.
L’Amour que l’on porte à un enfant est ce qu’il y a de plus important. Combien d’enfants ont été adoptés et ont été si heureux. Moi-même, je n’ai pas été élevée par mon géniteur, mais par un homme qui m’a accueillie et qui m’a donné son nom, lui qui fut mon vrai père… Mon géniteur m’a donné ses gènes, mais lui m’a offert de l’Amour, ce qui est irremplaçable.
Alors parlons d’Amour et de gènes… A mon tour je suis la grand-mère de Raphaël, par Amour, et si par malheur on devait me l’enlever, ma peine serait aussi grande que si cela touchait un autre de mes petits enfants.
Tous les jours, je vois l’Amour entre ma fille et sa compagne, et l’arrivée de ce bébé concrétise l’Amour de ce couple.

Ce que je demande maintenant c’est une Loi qui, s’il devait leur arriver quelque chose, protège ce lien qui se crée avec Raphaël et entre nos deux familles, celle de Laetitia et la notre.
Le plus important c’est le bonheur de nos enfants, et pas les préjugés. Chacun pense ce qu’il veut, mais beaucoup ont des idées préconçues sans savoir de quoi ils parlent. Tous les jours, on voit des enfants martyrisés, maltraités par des familles dites « normales », et cela crève le cœur, de penser qu’il y a tant d’enfants malheureux et tant d’Amour prêt à être donné…

Voilà, j’aime Raphaël, et lui, si petit, commence à me reconnaître et à m’aimer. Alors, il est URGENT de protéger ce lien entre nous.

Grand-mère Lulu