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Témoignage d’Hélène (n°79)

17 Mar
Pas un jour ne passe sans que je pense à Gabriel.

                Des pensées, la torture de l’esprit, de la colère, des doutes, du désespoir, l’abandon, l’impression d’avoir touché le fond mais parfois des lueurs d’espoir surviennent grâce aux soutiens de mes proches, c’est ces millions de pensées qui ont parcourues ma tête pendant pratiquement 3 ans de combat.

                Un combat, c’est bien ce mot qu’il faut employer lorsque l’on fait fasse à la justice.

Cette promesse faite à mon fils la dernière fois que je l’ai vu en mai 2016, c’est à cette promesse que je me suis accrochée durant ces années de souffrance et d’éloignement, cette promesse qu’un jour nous serions à nouveau réunis et que je ne l’oublierai jamais.

Aurélie et moi avons vécu une magnifique histoire d’amour, ce qui nous a donné l’envie à toutes les 2 d’être parents et de fonder notre propre famille.

Comme en France, la PMA n’est pas autorisée pour les couples de femmes, nous nous sommes rendues en Belgique avec ce projet murement réfléchi d’être parents. J’ai subi 3 inséminations en vain. J’ai été déçue de ces 3 échecs et j’ai demandé à ma conjointe d’essayer, parce que pour moi, le fait d’être parent ne signifiait pas forcément de porter notre enfant.  Aurélie étant d’accord, elle a donc subi quelques temps après une première insémination qui a été concluante de suite ! Quelle chance !

Nous étions folles de bonheur ! Nous allions être Parents !

Comme tous futurs parents, les préparatifs ont débutés. La décoration de la chambre, les vêtements, les accessoires, nous avons absolument tout partagé ensemble. Je l’ai accompagné à chaque rendez vous gynécologiques, chaque écographie, j’ai été présente et aux petits soins pour ma compagne  durant toute sa grossesse.

Nous avons décidé de nous marier avant l’arrivée de Gabriel, pour que je puisse l’adopter dès sa naissance, pour une reconnaissance légale. Nous nous sommes mariées le 18 avril 2015 et Gabriel est né le 26 juillet 2015.

J’ai alors entrepris les démarches d’adoption. Nous avons eu le 1er Rdv chez le notaire pour le consentement à l’adoption par Aurélie à la fin du mois d’août 2015. J’ai retiré le dossier d’adoption et entrepris de le compléter en novembre 2015. Nous avons eu ensuite le 2ème Rdv chez le notaire à la fin du mois de janvier 2016, pour le certificat de non rétractation au consentement à l’adoption.

Le dossier étant complet, je l’ai envoyé au début du mois de février 2016.

La procédure d’adoption devait avoir lieu le 7 avril 2016 au TGI de Valenciennes.

Entre temps, notre relation de couple s’est dégradée. Elle avait beaucoup de mal à supporter que j’avais plus souvent Gabriel qu’elle du fait de ma situation professionnelle. Elle en devenait jalouse et agressive envers moi, si Gabriel me souriait plus. La situation s’est vite envenimée après la naissance de notre fils. Elle m’a quitté courant du mois de mars 2016, soit 7 mois après la naissance de Gabriel.
C’est alors que mon combat a commencé …

Dès notre rupture, elle m’avait promis que je continuerai à voir Gabriel, ce qui fût bien évidemment un leurre. Parce que le lendemain de la décision de rompre, elle adressait un courrier recommandé au procureur de la république pour se rétracter sur son consentement à l’adoption.

J’ai pris rendez vous chez une avocate quelques jours après notre rupture pour expliquer ma situation et surtout pour qu’elle me représente et me défende à l’audience d’adoption qui arrivait quelques semaines après.

Je n’ai malheureusement pas eu gain de cause pour l’adoption car la seule rétractation de la mère biologique prédominait sur tout le reste.

Après ce jour du 7 avril 2016, je n’ai plus eu le droit de voir mon fils sur sa seule décision.

J’ai donc entrepris avec mon avocate de saisir le juge des affaires familiales dans le but d’obtenir un droit de visite légal en août 2016.

Durant cette attente, j’étais anéantie par la douleur de ne plus voir mon bébé de 8mois. La souffrance de ne plus rien être, d’être privée de mon fils, mon bébé.

Je n’étais plus autorisée à rentrer à la crèche où j’y déposais mon fils des mois en arrière. Et puis un jour, j’ai insisté pour y rentrer, c’était le 18 mai 2016, cela faisait plus d’1 mois et demi que j’étais empêchée de voir mon fils, et les employées ont finalement cédé à ma requête, de seulement serrer ne serait ce que 10 min Gabriel dans mes bras. Ce sentiment d’impuissance, cette horrible douleur qui me dévorait les entrailles, ce moment a été le plus difficile de toute ma vie, j’ai pleuré, j’ai versé un océan de larmes mais je lui ai promis ce jour, que jamais je ne l’abandonnerai !
Après des mois et des mois d’attente, pratiquement 2 ans, le TGI de Valenciennes m’a octroyé un droit de visite en février 2018, des visites progressives et médiatisées en lieu neutre sur Villeurbanne. Parce qu’entre temps, mon ex-femme avait déménagé avec notre fils à côté de Lyon, à plus de 650km de notre domicile.

J’ai donc fait mon 1er déplacement, au lieu neutre de Villeurbanne le 12 juin 2018 pour une visite d’une heure. Et j’ai revu mon petit garçon de 2ans et 11mois. Elle été partie avec un bébé de 10mois, et je le retrouvais âgé de presque 3 ans.

L’émotion m’a submergeait ce jour là. Je pouvais enfin mettre un visage d’enfant dans ma tête et non plus celle d’un bébé. Je pensais qu’enfin nous allions pouvoir retisser des liens, mais je ne l’ai vu qu’une seule fois, car les autres visites, elle ne s’est plus présentée. J’ai appris par la suite qu’elle avait encore déménagé et ce à plus de 720 km de chez moi, toujours plus loin.

                Entre temps Aurélie a fait appel de la décision de 1ère instance.

                Après 2 visites infructueuses, mon avocate à fait un rapport d’incident au TGI, mais qui n’a pas statuée et se retranchant derrière l’audience de la Cour d’Appel qui devait définitivement clore le dossier.

L’audience a eu lieu le 6 février 2019, avec un délibéré le 28 février 2019.
                La Cour d’Appel, m’a octroyé un droit de visite progressif et non médiatisé. Un weekend sur 2 jusqu’aux vacances estivales, et ensuite je pourrai avoir mon fils 1 semaine  à chaque vacances scolaires.

                Je suis descendue la 1ère fois le 9 et 10 mars, et j’ai enfin pu passer du temps avec mon fils. Il ne me connait plus, il ne savait même pas qui je suis .. Mais nous avons toute la vie maintenant pour apprendre à nous connaître, pour retisser des liens forts et durables. Gabriel est âgé de 3 et demi, c’est un petit garçon formidable et adorable. Il a le droit de savoir d’où il vient, ses origines, et de connaître enfin ses 2 parents.

                Le fait d’être parent, ce n’est pas simplement le lien biologique mais le plus important c’est l’amour inconditionnel qu’on porte à son enfant. Parce que je l’aime plus que tout au monde et il pourra toujours compter sur moi.
J’espère qu’un jour la Loi française évoluera pour permettre à toutes ces mères de ne plus jamais être privées de leurs enfants.

Cette situation inégale dont certaines abusent lors d’un conflit pour priver l’autre de tout lien avec son enfant ne devrait plus exister.
J’espère redonner du courage et de l’espoir à toutes celles qui se battent pour continuer à maintenir une relation avec leur enfant.
Hélène

Témoignage de Céline (68)

22 Jan

Tout commence comme de nombreux jolis témoignages émouvants que j’ai pu lire.

Deux femmes qui s’aiment, un enfant en commun et de belles années.

Comme toute les mamans sociales, j’ai coupé le cordon, j’ai donné le premier biberon, j’ai veillé des nuits entières mon enfant contre mon cœur, j’ai essuyé les premières larmes, naturellement… parce que c’est ma fille tout simplement.

Mais les couples se séparent parfois et l’absence de lois provoque les pires drames.

Car à ce jour, la réalité d’une maman sociale c’est d’avoir été séparé de sa fille pendant des semaines, c’est ne plus pourvoir l’amener à l’école du jour au lendemain, c’est accepter tout les chantages pour pouvoir profiter de son enfant, c’est vivre dans la crainte constante que l’autre vous la retire du jour au lendemain, c’est faire le deuil d’être une vraie maman, de partager son quotidien, ses nuits, ses rencontres, ses vacances… C’est ne pas même pouvoir avoir sa première photo de classe… détail insignifiant peut être mais tellement parlant.

La réalité à ce jour c’est n’être qu’une tierce personne au regard de la loi, c’est peut être commencer un procès durant lequel je ne verrai plus ma fille pendant des mois, c’est devoir réunir les preuves de l’évidence, devoir prouver que je me suis occupée de ma fille pendant des années, que j’étais présente de la maternité à ce jour, c’est trouver des attestations quand toutes les portes se ferment.

C’est espérer encore, perdre espoir souvent, aimer son enfant toujours…

Parce que s’il y avait eu une loi, la réalité aurait été toute autre et qu’il ne me faudrait pas me battre contre le système français pour pourvoir simplement exercer mon droit de mère.

 

Céline

 

Témoignage de Chrystelle (55)

19 Jan

En 2007 j’ai rencontré une charmante jeune fille dont je suis tombé amoureuse … tellement amoureuse que 2 ans plus tard, est née de notre amour (et grâce à généreux donneur !) une magnifique petite fille …

Un conte de fée, certain me dirons … la réalité est tout autre … outre le faite que nous nous soyons séparés en 2011, plus que le mariage, ce que d’autres ne veulent pas c’est que mon ex compagne soit reconnue comme le second parent de ma fille, de SA fille, fini le conte de fée … mais qu’ils nous posent la question … qui était là au moment de la conception ? qui était là à toutes les échographies ? Qui s’est inquiétée que je mène à terme cette grossesse ? Qui était là à l’accouchement ? Et maintenant, qui s’occupe d’elle  et de son bien être ? Qui la rassure la nuit quand elle fait des cauchemars ? Qui la prend dans ses bras et lui dis qu’elle l’aime ? Sa seconde maman l’a fait et le fait encore … un père fait tout ça aussi … lui il est reconnu en tant que parent ! Parce qu’il a des attributs que Séverine n’a pas alors il est plus a même d’élever un enfant ?? ils vont dire : il est lié génétiquement à son enfant, je leur dirais : vous allez oser dire a un couple hétéro qui a adopté ou a un autre qui a eu recours a un don de sperme parce que monsieur était stérile, qu’ils ne sont en aucun cas les parents de cet enfant ? …

Notre fille a 2 mamans à part entière qu’ils l’acceptent ou non, c’est un fait !

Que se passerait-il s’il m’arrivait quelque chose ? Nous comptons sur l’intelligence de ma famille … mais qui sait, dans la douleur … la séparerait-ils de la mère qui l’a élevée ?

Que se passerait-il s’il arrivait quelque chose à notre fille quand elle est chez sa mummy et que je sois loin ou pas joignable ?

Chaque jour je prie pour qu’il n’arrive rien de tout cela …alors sereine … non !

Ils disent vouloir protéger nos enfants … alors qu’ils les protègent ! Qu’ils ne se liguent pas contre ce projet de loi ! Et alors là, oui, nous pourrons profiter pleinement de notre bonheur sans cette ombre au tableau

Nous ne demandons rien d’autre que d’avoir les mêmes droits et devoirs.

 

Chrystelle, maman d’une petite Axelle de bientôt 4ans

Témoignage de Karen (44)

16 Jan

Je ne comprends pas pourquoi je dois justifier l existence de ma famille…

Des parents, des enfants conçus avec amour, éduqués avec amour… Rien d anormal, une vie comme toutes les autres.

Pourtant non, chaque jour nous renvoie à notre différence, remet en question la légitimité de l’existence de mes trois filles et du bien fondé de cette existence.

Nous avons voulu ces 3 enfants, nous les avons eues et nous en sommes occupées comme tous les couples,

Au début le manque de droit nous semblait un détail, juste une ombre au tableau , des « et si un jour… » qui planaient au dessus de nos têtes sans vraiment être là au quotidien, où tout du moins dans mon quotidien de maman bio, car pour le parent social les choses sont sans aucun doute plus réelles .

Puis nous nous sommes séparées, et là tout est devenu plus clair…

Aucun cadre juridique,

Et si mon ex ne voulait plus les voir?

Rien ne l y oblige…

Et si elle ne participe pas financièrement ?

Rien ne l y oblige…

Et ce poids sur mes épaules, cette arme dont je dispose dans ma colère, dans ma souffrance, l’envie, l’espace de quelques secondes de blesser l autre,

Si je veux, elle disparaît de nos vies, je lui enlève les enfants pour toujours…

Cette arme je ne devrais pas en disposer, la loi devrait la protéger elle de moi, devrait protéger mes filles de moi même …

Parce que parfois dans la vie on ne sait plus décider calmement, c est pour ça que les lois existent aussi, pour nous protéger les uns des autres.

Je me dis que si ça m’a traversé l’esprit à moi qui suis éduquée, qui suis posée en règle générale, ça doit donc arriver à d autres…

Heureusement j ai eu la présence d’esprit d’avoir vite rejeté ces pensées, mais il faut protéger ceux et celles qui n y parviendraient pas!

Mon ex compagne EST indéniablement parent à part entière, et chaque fois que je croise son regard dans le regard de nos filles, cet amour, cette complicité, je le sens , je le vois , et personne n’a la légitimité pour en juger.

Est ce que moi je viens juger la famille et le droit à procréer des autres ?

Non, je n en ai pas le droit et eux non plus.

Quelqu’un a-t-il vu son émotion à leur naissance? Son expression devant les tests de grossesse positifs?

Sa douceur, sa patience, les éclats de rire échangés, les câlins, les larmes qui coulent pour quelques jours passés sans ses filles…

Non, ceci n appartient qu’à nous, et je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui nous devons apporter la preuve de l’existence de ce qui n’appartient qu’à nous.

Juste pour tenter d’obtenir la même chose que d’autres ont comme ça, parce qu’ils sont hétéros.

Karen

Témoignage de Maud (22)

3 Jan

J’ai vécu dix ans avec une femme. Nous nous sommes rencontrées et nous avons su très rapidement que nous fonderions une famille ensemble. Nous savions avant même de l’envisager que ce serait un combat à mener pour que nous puissions devenir mères.

Dès le départ, nous avons décidé d’un accord commun que je porterai nos enfants. Elle voulait être mère, mais elle ne voulait pas être enceinte. Cela ne me posait aucun problème car mon désir de maternité était vraiment très fort.

Un premier parcours durant lequel il a fallu batailler pour trouver des infos, encore rares sur le net. Déterminer aussi comment nous souhaitions être mères.  Elle m’a dit très rapidement qu’un donneur c’est ce qui lui semblait le mieux, qu’elle puisse avoir son rôle de mère sans avoir à partager son enfant avec une tiers personne.
Il y a dix ans, dans un tel début de parcours, on se sentait bien seules avec nos questions et nos doutes, pour autant, notre détermination était la plus forte.
Puis c’est à cette même époque que les premiers forums ont vu le jour, et que les premiers contacts avec d’autres couples dans la même situation que nous ont été possibles. Dès lors, nous nous sommes senties portées par cela… nous pouvions échanger sur nos difficultés, lire le témoignage de celles déjà mères, être encouragées et cela a été vraiment très important pour la suite.

Nous avons trouvé notre donneur et à l’issu d’un an d’un parcours éprouvant, nous avons eu notre première fille. Elle a huit ans aujourd’hui.
Lorsque l’on est homosexuelle avec un désir d’enfant, on se pose des tonnes de questions avant la conception, pendant la conception et même encore pendant la grossesse. A l’instant où vous devenez mère,  il n’y a plus de questions, juste l’évidence.
Cette enfant est là, nous l’avons désirée, et nous allons l’aimer. Plus de doutes, nous serons assez fortes pour cela.

Soutenues par notre entourage, par les institutions que nous fréquentons au quotidien, nous n’avons jamais eu de soucis. Tout le monde a toujours joué le jeu et fermé les yeux sur l’absence de droit de mon ex compagne.

Nous avons voulu un deuxième enfant. Un combat de plus. Il nous aura fallu trois longues années pour parvenir à être mères à nouveau. Et puis un jour, notre deuxième fille est arrivée. Elle a trois ans aujourd’hui.

Et nous avons poursuivi notre vie comme elle l’était jusque-là.  Oubliant presque l’absence de droit de l’autre maman de mes filles.  Elle était mère au quotidien. Tout comme moi.

Nos enfants sont issues de notre désir à toutes les deux. Elles ont vu le jour après des combats que nous avons menés ensemble, des échecs que nous avons encaissés ensemble. Dès leurs naissances, nous avons été deux à nous en occuper, à nous lever la nuit, à les emmener  chez le médecin, à la crèche, puis à l’école…. Il n’y a rien qui ne peut dissocier notre implication à l’une ou l’autre.

La seule et unique différence c’est que je les ai portées. Mais je ne les aurais jamais portées sans elle. Elle les a portées dans son cœur. C’est ce que nous avons toujours expliqué à nos filles.

Seulement voilà, après dix de vie commune, nous nous sommes séparées. C’est la vie.

Et cette absence de droit, pour mon ex compagne, c’est maintenant que nous en mesurons vraiment toutes les conséquences.

Nous nous entendons bien.  Et c’est là toute la chance que nous avons.
Parce qu’elle n’a toujours pas de droits sur ces enfants qu’elle élève depuis huit ans.  Et qu’à présent plus rien ne la protège. Même plus moi.

Nous avons décidé de mettre en place une garde alternée. Ce qui implique que la moitié du temps, elle continue de s’occuper de ses filles, de s’impliquer dans leur éducation, de s’organiser quand l’une est malade, parce qu’évidement, les journées « enfants malades » c’est exclu.

Elle s’occupe de ses filles sans aucun cadre. Sachant très bien que tout repose sur notre entente. Sachant très bien que je pourrais du jour au lendemain la priver de ses filles. C’est important pour moi de préciser cela, car même si c’est une chose que je ne ferai jamais, j’ai eu trop d’exemples autour de moi de couples qui se promettent que l’autre parent sera toujours le parent. Puis la séparation arrive, avec la mésentente et alors un parent se retrouve coupé de ses enfants sans recours possible.  Il est impératif de protéger les enfants de cela.

Non, je ne lui ferai pas ça. Mais elle vit tout de même avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête.  Toute sa vie de mère repose sur le fait que nous nous entendions bien.

Aujourd’hui, ce qui est important pour moi c’est qu’un jour elle devienne l’autre parent légal de nos filles. A parts égales. Elle l’est depuis huit ans. Elle n’a pas besoin de prouver davantage son implication. Je veux que lorsque je m’absente, lorsque je n’ai pas les filles chez moi, elle puisse être libre de prendre des décisions importantes et médicales si c’est nécessaire. Je ne veux plus écrire de lettre pour l’y autoriser comme j’ai dû me résoudre à le faire lorsque je me suis absentée plusieurs semaines. Parce que c’est une aberration pour moi.

Elle et moi, on ne se mariera pas. Et on ne fera pas non plus de faux mariage pour accéder à l’adoption. Parce qu’il est juste impossible d’expliquer à nos filles qui apprennent à vivre cette séparation, que nous allons nous marier pour qu’elles puissent être mieux protégées.  Elles n’y comprendraient plus rien.

Ce que je veux aujourd’hui, c’est la reconnaissance de l’autre parent  d’emblée. Dès la naissance de ses enfants. Sans parcours d’adoption, sans avoir à se justifier ou à constituer un dossier. Une reconnaissance entière dès le début.  Et rétro active pour les enfants déjà nés.

Parce que mes filles ont deux mamans. Et il n’y en a pas une qui est plus importante que l’autre.  Seulement, il y en a une qui l’est sans que cela ne soit reconnu.
Maintenant que nous sommes séparées,  il devient très très important que mon ex compagne puisse devenir elle aussi un parent légal. Il en va de la protection et de la sécurité de nos filles.

Maud